Le Président angolais João Lourenço

Après 38 ans, l’Angola met au pouvoir un nouveau Président

Pour les élections présidentielles du 23 aout 2017, le Président angolais José Eduardo dos Santos a choisi, contre toute attente, de ne pas se représenter comme candidat.  Placé au pouvoir depuis 1979, l’homme fort du pays lusophone contraste avec les quelques irréductibles qui s’accrochent aux commandes des pays africains.  Un jusqu’au-boutisme qui heureusement se raréfie sur le continent noir.

Le Président angolais João Lourenço

Le Président angolais João Lourenço

José Eduardo dos Santos  était après le Président  équatoguinéen, le chef d’État toujours en fonction qui a conservé le plus longtemps le pouvoir. Notons que l’écart entre ces deux indéboulonnable n’est que de quelques semaines. 10 septembre 1979 pour de Santos,  3 août 1979 pour Teodoro Obiang.

A ce qu’on dit, le pouvoir corrompt, s’il ne corrode pas…

En République Démocratique du Congo, les 17 ans de pouvoir de Joseph Kabila, successeur de son père Laurent-Désiré Kabila assassiné, ne l’empêchent en rien de repousser continuellement ses élections présidentielles à cause de problèmes « logistiques ».

Aucune entrave pour Paul Kagame qui vient tout juste de remporter son élection le 4 aout 2017 avec 98,79% des voix, puisqu’il fait amender la Constitution du pays 2015 afin de s’autoriser un troisième mandat de sept ans. Quand même, cette élection marque la première fois de l’histoire du pays qu’un parti d’opposition est autorisé à participer à une élection présidentielle.  Avec sept autres années au pouvoir au Pays des mille collines M. Kagame comptera près de 25 années de pouvoir. Il est à souligner que Kigali, connu comme la ville la plus propre d’Afrique, malgré le désastre du génocide de 1994, rencontre un essor économique important.

Au Zimbabwe, à 98 ans Robert Mugabe ne démord pas.  Président depuis le 31 décembre 1987, il est le plus âgé des chefs du monde en exercice. Malgré un incontestable aura de dictateur qui plane sur lui, les élections au Zimbabwe n’en ont pas moins été considérées « honnêtes et crédibles », en 2013, par les observateurs de l’Union africaine chargés d’en observer le déroulement. Anticolonialiste, le père de l’indépendance de l’ancienne colonie britannique de Rhodésie du Sud est dans la mire des pouvoirs occidentaux selon un câble de Wikileaks.

Teodoro Obiang, le plus ancien chef d’État africain en exercice, est à la tête de la Guinée équatoriale depuis 1979. Il est le neveu du premier Président du pays Francisco Macías Nguema de qui il s’accapara le pouvoir par la force militaire. Ce dernier sera exécuté le 3 aout 1979. En février 1997, l’International Narcotics Board, dans son rapport officiel, plaça la Guinée équatoriale parmi les neuf narcoÉtats africains. La Dépêche internationale des drogues, publiée par l’observatoire géopolitique des drogues de Paris, publia en août de la même année : « Depuis 1988, plus d’une dizaine de diplomates ou membres de la famille présidentielle ont été arrêtés à cause du trafic des drogues dans différents pays. ». Obiang-fils surnommé Teodorin, ancien diplomate aux États-Unis, y a été arrêté en février 2001 pour détention illicite et introduction illégale de drogue aux États-Unis et n’a dû son salut qu’à son immunité diplomatique (l’affaire est étouffée). Teodorin a fréquenté la rappeuse Eve qu’il nomma présidente, trésorière et directrice financière de son entreprise-écran Sweet Pink.

L’apparence éthique du tournant angolais, troisième puissance du continent africain, demeure selon les pronostics, que fumée. Le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), le parti au pouvoir, conservera ce privilège. Après avoir tenté d’installer son fils, José Filomeno de Sousa dos Santos, puis un ami redevable,  le dauphin de dos Santos, João Lourenço est le candidat du parti et nouveau Président élu.

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