Les oeuvres d'Alain Mabanckou sont traduites dans une douzaine de langues dont l’anglais, l’américain, l’hébreu, le coréen, l’espagnol, le catalan et l’italien. Verre cassé a fait l’objet de plusieurs adaptations théâtrales.

Alain Mabanckou parmi les plus grands écrivains du siècle

Alain Mabanckou né à Pointe-Noire (République du Congo) le 24 février 1966 passe son enfance dans cette ville côtière où il obtient un baccalauréat en Lettres et Philosophie au Lycée Karl-Marx. Il s’oriente alors vers le droit, sa mère souhaitant qu’il devienne magistrat ou avocat. Avec une bourse d’études, il part en France à partir du Congo-Brazzaville pour étudier le droit en 1989.

Les oeuvres d'Alain Mabanckou sont traduites dans une douzaine de langues dont l’anglais, l’américain, l’hébreu, le coréen, l’espagnol, le catalan et l’italien. Verre cassé a fait l’objet de plusieurs adaptations théâtrales.

Les oeuvres d'Alain Mabanckou sont traduites dans une douzaine de langues dont l’anglais, l’américain, l’hébreu, le coréen, l’espagnol, le catalan et l’italien. Verre cassé a fait l’objet de plusieurs adaptations théâtrales.

Alain Mabanckou est amateur du Jip, un bar afro-cubain de salsa aux Halles, situé dans le centre de Paris. Dans une veste en jean délavé et son bonnet typique, il partage des récits de sa carrière et de ses voyages tricontinentaux avec des membres de communautés noires de Paris, de la Guadeloupe à la Guinée. Qu’ils soient barmen ou écrivains en herbe, ils auraient pu tomber d’emblée sur une page écrite par ce romancier franco-congolais, qui au cours des dix dernières années, s’est fait connaître comme étant le Samuel Beckett Africain.

Maintenant à 45 ans, il se passionne pour la lecture et la rumba, et avec un dédain marqué pour le président Denis Sassou-Nguesso, président de la République populaire du Congo de 1979 à 1992 et le président en exercice de la République du Congo depuis 1997. Malgré tout Alain Mabanckou revisite le Congo annuellement.

Mabanckou a une écriture brutalement drôle. Il décrit un concours dont les participants pissent sur une carte de France afin d’en délimiter les frontières ou encore il parodie de ce genre de tueur en série morbide qui doit autant à Albert Camus  L’Étranger  que de Bret Easton Ellis, un écrivain américain de la génération « X ».

Avec neuf romans à son actif, six volumes de poésie, un hommage biographique à James Baldwin, l’un des plus grands écrivains de sa génération, très marqué par la situation des Noirs dans son pays, et une pléthore de prix littéraires, M. Mabanckou a innové quand il a récemment troqué son prestigieux éditeur français  Le Seuil  pour celui de « Gallimard ».

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Il a romancé les mémoires de son enfance  Demain J’aurais Vingt Ans  sous Gallimard dans la collection La Blanche. La prestigieuse collection a été créée en mai 1911 et depuis plus d’un siècle est la collection qui, sans en être véritablement une, rassemble pourtant sous son enseigne le plus prestigieux générique de la littérature française du vingtième siècle. C’est sans aucun doute son ticket d’entrée au canon de la littérature française. M. Mabanckou est le premier écrivain d’Afrique noire francophone à être inclus, et est maintenant publié aux côtés de Marcel Proust et Jean-Paul Sartre. Une Légion d’honneur a rapidement suivi en 2010 par décret du Président de la République française. En Mars, le ministre de la Culture française, Frédéric Mitterrand, a surnommé « Mabancool » « un ambassadeur rayonnant de la langue française aux États-Unis « .

Beaucoup de ses modèles ont su briser les « chaînes d’une langue immaculée» sont des écrivains anglophones comme le Nigerian Amos Tutuola, qui a été un des premiers auteurs africains à ne pas écrire selon le modèle littéraire européen.

« C’est peut-être en France que je me suis senti le plus africain. Et aux États unis que je me sens européen. Que va-t-il se passer, si je pars en Asie ? »

Se rebellant contre les règles de l’Académie Française, la libre prose de M. Mabanckou se marie élégamment au français classique, avec un argot parisien au rythme congolais. Il marie la culture orale de sa mère illettrée (la dédicataire de tous ses livres) pour une bibliophilie omnivore encouragée par son beau-père, réceptionniste dans un hôtel à Pointe-Noire.

Depuis son premier roman,  Bleu Blanc Rouge  (1998), une référence ironique au drapeau tricolore français, la fiction de M. Mabanckou nous emmène entre les rêves déçus de migrants à Paris et des maux de la postindépendance Africaine, avec ses dictateurs kleptocrates et guerres fratricides. Pourtant, en insistant sur le rire au milieu du désespoir, il sucre la pilule de la critique avec l’humour.

Le travail de Mabancool a été traduit en 16 langues, dont le coréen et le polonais. Mais le monde anglo-saxon a été lent à succomber à son charme. Seuls trois de ses livres sont parus en anglais (avec une version anglaise de Black Bazar sous peu). Et ils sont publiés par de petites entreprises à l’œil vif: Soft Skull Press en Amérique et Serpent’s Tail en Grande-Bretagne. Cela peut changer rapidement, maintenant qu’il est professeur titulaire à l’Université de Californie à Los Angeles, où il passe huit mois chaque année.

M. Mabanckou est convaincu que la France métropolitaine n’est plus le centre de la littérature française. Comme Gallimard a reconnu, les écrivains de l’extérieur de la France sont ceux maintenant qui arrachent les prix et transportent l’influence du Français à l’étranger. M. Mabanckou le prouve.

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