Fitzroy Linton à passé trois années incarcérées dans une cellule de 10 X 10 avec 64 autres détenus dans des conditions inhumaines en Haiti.

Un pêcheur jamaïcain vit l’enfer des prisons haïtiennes

Fitzroy Linton à passé trois années incarcérées dans une cellule de 10 X 10 avec 64 autres détenus dans des conditions inhumaines en Haiti.

Fitzroy Linton à passé trois années incarcérées dans une cellule de 10 X 10 avec 64 autres détenus dans des conditions inhumaines en Haiti. Il affirme avoir été obligé de pratiquer le cannibalisme.

Quand un pêcheur jamaïcain Fitzroy Linton a été condamné à sept mois de prison avoir entré illégalement en Haiti par un tribunal haïtien en 2007, il ne se doutait pas qu’il passera les trois prochaines années incarcéré dans une cellule avec 64 autres détenus dans ce qu’il décrit comme étant des conditions inhumaines.

Les souvenirs de voir des corps brûlés étant découpés et préparés pour la cuisson, et les martèlements quotidiens des détenus par des gardiens de prison ne sont que quelques-uns des souvenirs douloureux qui continuent à hanter le jeune homme qui baissa la tête, la luttant contre ses larmes, lorsqu’il se confia aux journalistes à Port Antonio hier.

« Il y avait beaucoup de choses j’ai été obligé de faire pour survivre », raconte le pêcheur de 24 ans .  » Nous étions entassés dans ce qui est probablement une cellule 10×10 pour 64 prisonniers. Nous avons été nourris deux fois par jour, à 11 h et à 17 heures, nous n’avions pas d’eau potable, et, par conséquent,nous avons dû acheter de l’eau dans la rue, qui était sale et fétide.  »

Fitzroy  Linton préise qu’il a quitté la Jamaïque au 18 mai 2007 avec deux autres pêcheurs sur un bateau en fibre de verre de 28 pieds quand il subit une panne de moteur et a dérivé loin des eaux de la Jamaïque à cause de vents violents et d’une mer agitée.

Il se souvint avoir dérivé pendant plus de cinq jours, et pendant ce temps, il est tombé malade et était gravement déshydraté et très faible.

Selon le pêcheur, il se réveilla un matin au son d’étranges bruits et a été retiré du bateau par des gens dont, il ne comprenait pas la langue. Linton a dit qu’il a été transporté à un hôpital, où il a été traité par des médecins et placé en détention par la police le lendemain.

« C’est alors que j’ai réalisé que j’étais en Haïti », a-t-il ajouté. « Je ne pouvais pas comprendre ce qu’ils disaient, cependant. J’ai été emprisonné au mois de juin de cette même année, et j’ai comparu devant le tribunal en décembre, où j’ai été condamné à sept mois de prison sur une accusation d’être entré illégalement en Haïti. En conséquence, j’ai été placé dans une cellule avec 64 autres personnes. »

Linton est incertain du sort de ses deux collègues avec lesquels il avait quitté la Jamaïque.

Une chance de m’échapper est survenue le 12 janvier, pendant le séisme qui a dévasté Haïti et fait plus de 200.000 morts.

«  Le bloc de la prison se balançait çà et là, et il y avait des cris à l’aide de tous les bords », dit-il. « Nous avons grimpé sur le toit de la cellule, qui a été recouvert de zinc, mais deux autres détenus, qui étaient devant moi, ont été abattus par les balles par des policiers et d’autres membres du personnel armé à l’extérieur de la prison. J’ai donc été forcé de revenir en arrière et de retourner à l’intérieur. »

Linton  explique qu’à la suite du tremblement de terre, des personnes représentant les droits de l’homme ont visité la prison offrant repas et médicaments aux détenus. Il affirme qu’à plusieurs reprises, des soldats de la Force de défense de la Jamaïque (Jamaica Defence Force), qui étaient en mission en Haïti, lui ont parlé, et ont pris des photos en promettant de l’aider.

Les prisons haitiennes sont surpeuplés et les prisonniers eux-mêmes sont brimés de leurs droits fondamentaux.

Les prisons haitiennes sont surpeuplés et les prisonniers eux-mêmes sont brimés de leurs droits fondamentaux.

Mais tandis que Linton avait renoncé à tout espoir de retour à la maison, un gardien haïtien lui a illégalement prêté un téléphone portable au mois de mars. Le jeune jamaïcain a donc pu prendre contact avec sa mère en Jamaïque.

Après avoir reçu un appel de son fils, qui pensait-elle avait disparu en mer, Carlene Lyon s’est enquis rapidement des services d’un avocat haïtien dans une quête pour libéré son fils, Linton.

« Quand j’ai appris comment il était traité, j’ai pleuré », a déclaré Mme Lyon émue. « Les Jamaïcains sont des gens chaleureux et aimable, et chaque fois que les Haïtiens visitent nos côtes, ils sont bien pris en charge. Ils ne sont pas maltraités ou abusés. Et d’apprendre que mon fils était battu et forcé de manger la chair humaine comme un cannibale c’est de la barbarie. »

«J’ai contacté le ministère des Affaires étrangères par le biais d’une lettre, dit-elle. « Ils étaient très encourageants, et ont travaillé sans relâche après avoir été mis au courant de toute l’histoire…»

Wilton Dyer, directeur des communications au ministère des Affaires étrangères et du Commerce extérieur jamaïcain, a confirmé l’incident, notant que des efforts constants par le ministère aboutirent à la libération de Fitzroy Linton.

Linton a été emmené en Jamaïque le 28 septembre 2010.

« Je veux continuer ma vie comme pêcheur », dit-il« Mais j’ai besoin d’un bateau et un moteur qui fonctionne. Ma vie pourrait ne plus être la même, mais Dieu merci, je vis toujours, malgré cette expérience cauchemardesque. J’ai survécu pour raconter l’histoire, mais les souvenirs douloureux me hanteront encore longtemps. »

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