Plus on sait, moins on affirme

Les Zébrures d’automne

Les Francophonies – Des écritures à la scène présentent 37e édition du Festival Les Zébrures d’automne du 23 septembre au 3 octobre 2020

Programme du Vendredi 25 septembre

Sous la houlette de Hassane Kassi Kouyaté, directeur depuis janvier 2019, le festival des Francophonies en Limousin devient « Les Francophonies – Des écritures à la scène » avec notamment deux temps forts “Les Zébrures d’automne” et “Les Zébrures du printemps”.

MARIONNETTES / CONTES
Deux représentations à 10h et 14h30
Dit par Dib : Lyyli des 4 saisons – L’hippopotame qui se trouvait vilain
Algérie / France / Finlande
Texte Mohammed Dib
Conception et interprétation Marja Nykanen
Mise en scène Théâtre d’Illusia
Marionnette Romain Nikiema, Jean-Christophe Canivet, Marka Nykanen, Ainartist
Jeune public et tout public à partir de 5 ans. Durée : 40 minutes + exposition

Théâtre Expression 7, Limoges

MUSIQUE

18h – Popimane – Burkina-Faso
Avec Dramane Dembélé (alias Popimane)
Bfm Centre-Ville, Limoges

DANSE

18h30 – Akzak, l’impatience d’une jeunesse reliée – Durée : 1h
France
Création
Chorégraphie et scénographie Héla Fattoumi & Eric Lamoureux
Composition et interprétation musicale Xavier Desandre Navarre
Avec Sarath Amarasingam, Teguawende Yasinthe Bamogo, Meriem Bouajaja, Juliette
Bouissou, Mohamed Chniti, Chourouk El Mahati, Adama Gnissi, Moad Haddadi, Synda Jebali,
Mohamed Lamqayssi / Mohamed Fouad, Fatou Traoré, Angéla Vanoni

CCM Jean Moulin, Limoges

THÉÂTRE
20h – Là-bas
Côte d’Ivoire
Création
Texte, mise en scène et scénographie Fargass Assandé
Avec Fargass Assandé, Yaya Mbilé Bitang
Musique Les brûleurs de planches
Théâtre de l’Union, Limoges

THÉÂTRE/MUSIQUE

20h30 – Congo Jazz band
Durée estimée : 1h20
Algérie / France / Burkina Faso
Création
Texte Mohamed Kacimi
Mise en scène Hassane Kassi Kouyaté
Avec Alvi Bitemo, Dominique Larose, Miss Nath, Abdon Fortuné Koumbha, Marcel Mankita, Criss Niangouna
Opéra, Limoges

MUSIQUE

22h – Bab L’Buz
Maroc
Avec Yousra Mansour (lead vocal/awisha /percussions), Brice Bottin
(guembri/choeurs/percussions), Hafid Zouaoui (drums/choeurs), Jérôme Bartolome
(flûte/percussions/choeurs)
Caserne Marceau, Limoges

ANNULATIONS ET MODIFICATIONS
Jeudi 1er octobre, 21h : Phaon, initialement prévu en 1ère partie, assurera la totalité de la soirée suite à l’annulation du concert de DJ Missy Ness.

La Librairie des Territoires vous accueille sur place tous les jours de 11h à 20h sous le Zébrô de la caserne Marceau

Créateurs de cette librairie-tartinerie, Catherine Mitjana-Bardy et Didier Bardy vous proposent leurs sélections d’ouvrages difficilement trouvables ailleurs, leurs savoirs, leurs conseils, leurs tartines et leur grande générosité.

À deux pas de la librairie, il y a bien entendu le bar du Zébrô, ouvert tous les jours de 10h à minuit.

Informations :
Le restaurant de la caserne Marceau sera ouvert au public de 12h à 14h et de 19h à 23h30
Réservation conseillée

MAI (Montréal, arts interculturels) présente ZOM-FAM de Kama La Mackerel

Artiste interdisciplinaire et écrivain-ne, Kama La Mackerel combine poésie, conte, danse, voix féminines et débris de langages coloniaux dans un solo tant personnel que politique : ZOM-FAM (“homme-femme” ou “transgenre” en kréol mauricien) est le récit d’un-e enfant transgenre vivant sur une plantation de canne à sucre à l’île Maurice pendant les années 1980-90.

ZOM-FAM entrenoue une multiplicité de mouvements et d’énonciations au sein d’une narration fluide, invoquant des voix ancestrales, des langues féminines, une poétique décoloniale et une subjectivité queer qui portent une réflexion sur l’héritage du déplacement forcé et de l’esclavagisme sur l’île plantationaire.

Kama La Mackerel (iel) est un·e artiste pluridisciplinaire, éducateur·ice, médiateur·ice culturel·le, écrivain·e et traducteur·rice littéraire qui vient de l’île Maurice et est maintenant établi·e à tio’tia:ke (Montréal), au Canada. Son travail est ancré dans l’exploration de la justice, de l’amour, de la guérison, de la décolonialité et de l’émancipation individuelle et collective. La pratique artistique de Kama comprend la création textile, visuelle, digitale, poétique ainsi que la performance : sa démarche est à la fois narratologique et théorique, à la fois personnelle et politique.

L’œuvre se sert du foyer familial comme espace littéraire et scénographique sur lequel se calque l’île plantationaire, faisant de la maison-île (« home-island », île maternelle) une figure spatiale, poétique et politique, qui expose la condition coloniale dans l’intimité du nid familial et vice-versa. Émanant d’un processus de création en poésie, conte, chant, rituel, dramaturgie et danse (kathak, danse contemporaine, et séga mauricien), l’œuvre convie son audience à une traversée intime dans le vocabulaire littéraire, spatial, chorégraphique, et scénographique d’une subjectivité riche et multiple, d’un « je » décolonial et queer.

Maniant une multitude de voix et imprégnée d’une narration complexe, ZOM-FAM mêle invocations ancestrales, langues maternelles, débris de langages coloniaux et une subjectivité queer et délicate, dans un contexte d’esclavage et d’engagisme.

« J’explore les pertes ancestrales – comme la perte de corps, d’histoires, de cultures, de langues, de genres, de systèmes de connaissances et de pratiques spirituelles – afin de réécrire la voix marginalisée et réduite au silence dans le contexte contemporain de l’impérialisme mondial. » – Kama La Mackerel, metteur.e en scène

ZOM-FAM vient aussi de paraître comme un recueil de poésie lyrique publié par les éditions Metonymy Press.

À PROPOS DE L’ARTISTE

Kama La Mackerel (iel) est un·e artiste pluridisciplinaire, éducateur·ice, médiateur·ice culturel·le, écrivain·e et traducteur·rice littéraire qui vient de l’île Maurice et est maintenant établi·e à tio’tia:ke (Montréal), au Canada. Son travail est ancré dans l’exploration de la justice, de l’amour, de la guérison, de la décolonialité et de l’émancipation individuelle et collective. La pratique artistique de Kama comprend la création textile, visuelle, digitale, poétique ainsi que la performance : sa démarche est à la fois narratologique et théorique, à la fois personnelle et politique. Persuadé·e que les pratiques artistiques ont le pouvoir de renforcer la résilience, de guérir, et de faire office de résistance au statu quo, son travail met en marche une praxis anticoloniale grâce à la production culturelle.

Praticien·ne du théâtre depuis ses 15 ans, Kama a immigré en Inde à l’âge de 18 ans et a obtenu un baccalauréat en littérature et en études culturelles à l’Université de Pune. Pendant ce temps, iel a aussi été formé·e en danse contemporaine indienne et en Kathak sous le mentorat de Pt. Nandkishore Kapote. En 2008, Kama a déménagé au Canada, où iel a obtenu une maîtrise en théorie, culture et politique à l’Université Trent tout en se formant en théâtre physique avec le Théâtre Korzenie.

Kama est arrivé·e à tio’tia:ke (Montréal) en 2012, où iel a développé une pratique artistique communautaire pluridisciplinaire. La même année, aux côtés de l’artiste et illustrateur·ice Elisha Lim, Kama a co-fondé 2-qtbipocmontreal, un collectif d’arts visant à visibiliser les pratiques des pratiques queer et trans racisé·es et autochton·es à Montréal. Kama est aussi créateur·ice et animateur·ice de GENDER B(L)ENDER: scène ouverte queer (2013-18), mettant sur pied l’un des piliers majeurs de la scène de performance queer montréalaise, où en l’espace de 5 ans, iel a présenté plus de 650 performances de plus de 300 artistes et collectifs de Montréal et d’ailleurs. Iel a également organisé et animé The Self-Love Cabaret: l’amour se conjugue à la première personne (2012-16), résistance//résidence (2012), Home Invasion: Queers Shaking the foundations of all White Houses (2015), Contemporary Poetics of Trans Women of Colour (2016-18), SPEAK B(L)ACK: a Black History Month Spoken Word Show (2016-19) et Voix et Résiliences (2019). Kama a été mentor·e au sein du AMY Project (Artists Mentoring Youth) à Toronto en 2017-18, et a également été directeur·ice artistique de Trans Gemmes: Performance Poetry Program for Trans Women and Femmes du AMY Project (2017-20).

Son travail a été présenté dans plusieurs espaces de Montréal (La Centrale Galerie Powerhouse, articule, MAI (Montréal, arts interculturels), Fonderie Darling, Monument National, Studio 303, Studio XX), et aussi à l’échelle nationale et internationale. En 2016, lors de la journée internationale des femmes, Kama a eu l’honneur d’être reconnu·e par CBC/Radio Canada comme étant l’un·e de 9 artistes dont le travail fait une différence au Canada.

Manuel Mathieu: l’Art humain

L’art a besoin ou de la solitude, ou de la misère, ou de la passion, gravait intemporellement Alexandre Dumas fils dans le fil du temps. Né en Haïti, résidant au Canada depuis  presque 15 ans, Manuel Mathieu possède ce génie artistique qui fascine les foules.

Solitude, Étude de la Vulnérabilité, Rédemption, Amnésie chacune de ces toiles porte en elle une humanité féconde de fantaisie, d’illusions et de désillusions, de mouvements et de retenus. Les titres des toiles importent beaucoup pour l’artiste haïtiano-canadien.  « Le titre peut être extrêmement loin de l’œuvre, mais il y a toujours une connexion. Quand il y a des œuvres qui sont plus personnelles comme Solitude la connexion est directe, pour d’autres  comme Naked Truth et  Frontière, c’est plus élaboré [… ] J’ai appris cela il y a plusieurs années, d’être conscient de l’impact que le titre peut avoir. » partage Manuel Mathieu dans une salle du Musée des Beaux-Arts de Montréal ( MBAM), mardi le 15 septembre 2020, devant un parterre de chroniqueurs, endroit qui d’ailleurs accueillera au 1380 rue Sherbrooke Ouest, l’exposition Survivance du 17 septembre 2020 au 28 mars 2021.

La grand-mère de Manuel Mathieu, Marie-Solange Apollon est l’inspiration derrière cette toile, Rempart, où Manuel est assis sur les genoux de cette femme forte.

Homme au regard inquisiteur, Manuel Mathieu se livre totalement dans son art. « Il y a beaucoup d’œuvres qui deviennent des autoportraits quand je suis au milieu du processus » se confie l’artiste.  Ses pièces transportent des états d’âme qui aspirent le spectateur au cœur de la toile. Une toile souvent teinte de couleurs vives par le rose, le mauve, un faux bleu, un blanc cassé, amalgamé à de l’encre, du silicone et même de l’intime poussière de son studio.

Haïtien de naissance, Manuel Mathieu, né en 1986, année qui marque la fin de la dictature des Duvalier en Haïti, débarque dans la banlieue montréalaise à l’âge de 19 ans accompagnés, entre autres, de sa grand-mère, Marie-Solange Apollon à qui il dédira un fonds (le premier créé par un artiste canado-haïtien) consacré à l’acquisition d’œuvres d’artistes canadiens sous-représentés. Leila Zelli, une artiste native de Téhéran est la première artiste à bénéficier de ce fonds.

Aujourd’hui, à 33 ans, bientôt 34, Manuel  Mathieu, artiste peintre, maitre de l’abstrait, est déjà dans la mire de grands collectionneurs d’art. Ce diplômé du Goldsmiths College, l’un des 18 établissements d’enseignement supérieur qui composent l’Université de Londres, a déjà exposé en Angleterre, Belgique, en Chine, en Espagne,  au Maroc et bien sûr en Haïti. D’ailleurs, Manuel Mathieu est très critique envers cet état insulaire de la Caraïbe, premier pays indépendant noir, qui , a son avis ferme les portes de l’art au peuple par son approche verticale de l’art, « un privilège en Haïti » glisse l’artiste Noir.

Haïti m’a jamais quitté les visions de Manuel. « Depuis quelque temps je suis en train de m’éloigner de l’héritage occidental pour parler, peut-être, des mêmes choses, mais sous un angle différent. » explique Manuel qui admire un autre peintre haïtien: Jasmin Joseph. La  toile St Jak, faite par Manuel Mathieu à partir d’une photographie en témoigne largement.   Une Haïtienne embouée, des animaux, une cérémonie vaudou sont une image positive pour le peintre qui redore sa négritude sur la scène mondiale. « Moi je ne suis pas pratiquant. Ma perspective c’est que, que ce soit du vaudou, de la franc-maçonnerie, le christianisme, tous, ils ont la même quête, de se connecter avec les esprits, de se connecter avec Dieu. Comme je suis né en Haïti, je suis sensible à cela. Je ne suis pas indifférent par rapport à cet héritage là.»

Akon aura son Wakanda au Sénégal

Le chanteur américano-sénégalais Alioune Badara Thiam, plus connu sous le non de Akon, va de l’avant avec son projet de 6 milliards de dollars américains pour l’élaboration d’une ville futuriste au Sénégal.

Akon City sera érigé dans le village de Mbodiène, sur les rives de l’Océan Atlantique, à une centaine de kilomètres au sud de Dakar avec une promesse du ministre Alioune Sarr que « ce projet soit réalisé dans les délais indiqués ».

Les conceptions presque surréalistes de Akon City qui occupera 55 hectares en 2023 puis 500 hectares à la fin de la décennie ont été inspirées par les formes de sculptures traditionnelles longtemps réalisées dans les villages africains. Cependant, les structures brillantes seront faites de métal et de verre, pas de bois. Un hôtel de la ville proposera des chambres décorées chacune à la saveur des des 54 pays d’Afrique. Cependant, le projet a été conçu par Hussein Bakri, un architecte basé à Dubaï, car Akon a déclaré qu’il ne pouvait pas en trouver assez rapidement en Afrique.

Akon, qui a ventilé pour la première fois son idée d’une ville surréelle en 2018, l’a décrite comme un «Wakanda réel», en la comparant à la nation africaine fictive technologiquement avancée décrite dans le film à succès Black Panther de Marvel / Walt Disney.

Akon: « Nous voulons qu’Akon City soit le début de l’avenir pour l’Afrique. » Il poursuit: « Notre idée est de construire une ville futuriste qui intègre toutes les dernières technologies, les cryptomonnaies, ainsi que l’avenir de la société africaine. » Le ministre de l’Afrique de l’Ouest, Alioune Sarr, présent soutenait pleinement l’idée malgré que son pays, le Sénégal, soit toujours visiblement sous le joug du Franc CFA.

Akon, né aux États-Unis de parents sénégalais, a passé une grande partie de son enfance au Sénégal, un pays d’Afrique de l’Ouest qui est à 95 % de confession musulmane. Lundi, le 31 août 2020 à Dakar, flanqué du ministre sénégalais du tourisme Alioune Sarr, Akon a déclaré qu’il espérait que son projet de ville futuriste qui épouse le nom de « Akon City » fournirait des emplois indispensables aux Sénégalais et servirait également de « chez soi » pour les Afro-Américains et d’autres victimes d’injustices raciales.

« Le système américain les traite injustement de tant de façons différentes que vous ne pouvez jamais imaginer. Et, ils le subissent, que parce qu’ils sentent qu’il n’y a aucun autre moyen », a-t-il déclaré. « Donc, si vous venez d’Amérique, d’Europe ou d’ailleurs dans la diaspora et que vous sentez que vous voulez visiter l’Afrique, nous voulons que le Sénégal soit votre premier arrêt. » ajoute le chanteur né dans le Missouri, état américain qui a soulevé le mouvement Black Lives Matter consterné devant la mort du jeune Michael Brown dans les mains de policiers Blancs en 2014.

Cet investissement de six milliards américains est une bouffée d’air pour le Sénégal, l’un des pays les plus stables d’Afrique. Depuis son indépendance en 1960, il a connu trois grandes alternances politiques, toutes pacifiques.

Le ministre du Tourisme, Alioune Sarr, a déclaré qu’Akon City se dresse à un moment où les investissements privés sont rares et indispensables. Depuis le COVID-19, les vols internationaux ont repris au Sénégal, mais pour le moment, ils ne sont réservés qu’aux citoyens et aux résidents, à quelques exceptions près.

Akon a déclaré que le projet avait déjà obtenu environ un tiers des 6 milliards de dollars nécessaires, mais a refusé d’identifier publiquement ses investisseurs, invoquant des accords de non-divulgation.

Le coût de l’électricité est une contrainte majeure pour le développement du Sénégal. Les prix de l’électricité au Sénégal sont parmi les plus élevés au monde. Power Africa, une initiative présidentielle américaine dirigée par l’Agence des États-Unis pour le développement international (en anglais : United States Agency for International Development, USAID).

USAID fut expulsé de la Bolivie par le Président Evo Morales. Selon des informations dévoilées par WikiLeaks, l’USAID a versé 4 millions de dollars en 2007 à des organisations séparatistes de Santa Cruz afin de déstabiliser le gouvernement bolivien. Selon l’ONG Les Amis de la Terre, les autorités américaines utiliseraient « la faim à des fins commerciales et politiques, au bénéfice des grosses industries agroalimentaires », notamment par le biais de l’USAID pour livrer du « maïs transgénique dans les pays d’Afrique australe ». En 2002, l’USAID a joué un rôle essentiel dans la tentative de coup d’État contre Hugo Chávez, d’après les messages secrets révélés par encore une fois par WikiLeaks.

D’autres figures publiques africaines ont aussi cette envie de retour aux sources. L’acteur britannico nigérian Idris Elba pense aussi bâtir un complexe touristique écoresponsable en la Sierra Leone, pays également d’Afrique de l’Ouest, d’où son père est originaire.

Akon City sera érigé dans le village de Mbodiène, sur les rives de l’Océan Atlantique, à une centaine de kilomètres au sud de Dakar avec une promesse du ministre Alioune Sarr que « ce projet soit réalisé dans les délais indiqués ».

Gaël Faye – Petit Pays

Gaël Faye, né le 6 août 1982 à Bujumbura (Burundi), est un auteur-compositeur-interprète, rappeur et écrivain franco-rwandais.

Gaël Faye est né en 1982 à Bujumbura au Burundi d’une mère rwandaise et d’un père français. Suite au déclenchement de la guerre civile au Burundi en 1993 et du génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, il fuit son pays natal pour la France en 1995, à l’âge de 13 ans.

En août 2016, Gaël Faye publie chez Grasset un premier roman, partiellement autobiographique, Petit Pays bien accueilli selon les actualités littéraires. Le livre remporte de nombreux prix en 2016, dont le Prix du roman Fnac, le Prix du premier roman français, le prix Goncourt des lycéens et le prix du roman des étudiants France Culture-Télérama. Le succès du livre permet à Gaël Faye de gagner en notoriété notamment avec l’emballement médiatique qu’il rencontre.

Petit Pays est adapté au cinéma sous le même nom par Éric Barbier, sur un scénario qu’il a co-écrit avec Gaël Faye. un film tourné au Rwanda.

Essayez de compléter cet extrait de Petit Pays en glissant les mots au bon endroit.

petits
dense
chewing-gums
pierres
air
pierre
animation
écroulé
attaqué
passants
cadavre
pointe
fracassé
enfant
lynchage
agresseurs
soleil

Un jour, a l’heure de _______ , j’avais assisté au _______ d’un homme devant la Poste centrale. Papa était dans la voiture. Il m’avait envoyé récupérer le courrier dans notre boîte aux lettres. Je croisais les doigts pour avoir des nouvelles de Laure. Trois jeunes gens qui passaient devant moi ont subitement _______ un homme, sans raison apparente. A coups de _______ . A l’angle de la rue, deux policiers regardaient la scène sans bouger. Les passants se sont arrêtés un instant, comme pour profiter d’une _______ gratuite. Un des trois agresseurs est allé chercher la grosse _______ sous le frangipanier, celle sur laquelle les vendeurs de cigarettes et de _______ avaient l’habitude de s’asseoir. L’homme était en train d’essayer de se relever quand le gros caillou lui a _______ la tête. Il s’est _______ de tout son long sur le bitume. Sa poitrine s’est soulevée trois fois sous sa chemise. Rapidement. Il cherchait de l’_______ . Et puis plus rien. Les _______ sont repartis, aussi tranquillement qu’ils étaient arrivés, et les _______ ont repris leur route en évitant le _______ comme on contourne un cône de signalisation. La ville entière remuait, poursuivait ses activités, ses emplettes, son train-train. La circulation était _______ , les minibus klaxonnaient, les _______ vendeurs proposaient des sachets d’eau et de cacahuètes, les amoureux espéraient trouver des lettres d’amours dans leur boîte postale, un _______ achetait des roses blanches pour sa mère malade, une femme négociait des boîtes de concentré de tomates, un adolescent sortait de chez le coiffeur avec une coupe à la mode, et, depuis quelque temps, des hommes en assassinaient d’autres en toute impunité, sous le même _______ de midi qu’autrefois.

La Marche pour l’émancipation: de 1834 au Negro Community Centre

Le 1er août 1834, le Le Slavery Abolition Act de 1833 devint Loi. Il y a 186 ans, les afro-descendants réduits en esclavage dans les colonies britanniques aspiraient à la liberté.   Les Noirs ont vite compris que cette pseudoliberté était conditionnelle. Seuls les enfants noirs de moins de 6 ans seraient libres. Pour les autres, ils n’étaient plus esclaves, mais ils se transforment en de serviteurs non rémunérés, travaillant au moins 40 heures semaine. Ainsi, la journée de l’émancipation de 1834 jette les bases de nombreuses luttes que les Noirs auront à livrer.

Pendant que nous poursuivons cette marche, nous devrions nous poser deux questions: Un: Pourquoi marchons-nous? Et deux : Quelles mesures prenons-nous?

Commençons par le pourquoi maintenant?
La réponse complexe commence par un traumatisme racial. Mondialement, bien avant le meurtre de George Floyd aux États-Unis, les Noirs ont été assassinés et certains de ces meurtres atroces ont été causés par les forces de l’ordre. Ici même au Canada, il y a des centaines de victimes noires qui ont perdu prématurément la vie aux mains des forces policières. Mais le traumatisme ressenti en voyant un humain perdre la vie lentement pendant 8 minutes a fait déborder le vase. Cette exécution en direct fut un signal de fumée pour les Noirs. C’était un horrible rappel de notre traumatisme que nous voyons et vivons tous les jours. Les Afro-Canadiens ne sont pas libres. Le symbolisme du Jour de l’Émancipation est ici plus important que jamais.

Maintenant, nous exigeons notre liberté. Cette marche pour l’émancipation n’est pas terminée. Oui, physiquement, nous sommes libres, mais nous devons émanciper notre également existence. Avec l’augmentation des protestations pour le  Black Lives Matter, nos pieds sont sur l’accélérateur. Nous marchons et conduisons vers notre pleine liberté.

La deuxième question: quelles mesures prenons-nous?
À Montréal, la prochaine étape est l’émancipation de l’espace Noir. Les Afro-Montréalais ressaisissent leurs espaces et l’un de ces espaces se trouve être le Negro Community Centre,  affectueusement connu sous le nom de NCC.  Le NCC a été créé en 1927, sous la direction du révérend Charles H. Este, pasteur de l’Église Unie de l’Union. L’Église elle-même a une histoire et un lien formidable  avec la communauté noire de Montréal.

Dr Sabrina Jafralie

La programmation du NCC était axée sur les besoins éducatifs et récréatifs des enfants et des adolescents. Diverses activités et services ont été offerts au fil des ans, dont une garderie, des camps d’été, des cours de danse et de musique, des programmes parascolaires, un programme pour les aînés et des cours de langue. En fin de compte, c’était un espace Noir pour les Noirs. Notamment, la NCC a accueilli Nelson Mandela lors de sa visite à Montréal en 1990, et plusieurs personnalités connues mondialement ont également fréquenté assidument le centre, dont Oscar Peterson et Oliver Jones.

Malheureusement  en 2014, face à une faillite, l’organisation de la NCC a vendu le terrain à Paul Sen Chher, un promoteur immobilier,  pour la somme de 300 000 $. Quelques mois plus tard, la NCC a été démolie. Cependant, le site reste zoné comme patrimoine culturel. Et maintenant les Afro-Montréalais veulent récupérer leur espace. Ils veulent construire leur histoire et y replanter leurs racines pour leurs avenirs.

Alors, ils l’ont fait. Le 1er août, le comité de la NCC a lancé le Long Walk Home. Les Afro-Montréalais veulent récupérer cette terre. Récupérer cette terre, c’est avoir un endroit où les Noirs peuvent être culturellement libres. Ainsi, une centaine de Montréalais se sont rassemblés à la Place d’Youville, au même endroit où se sont rendus leurs ancêtres en 1834. La communauté est arrivée prête à marcher 2,5 km jusqu’au site historique du  Negro Community Center. Cette solidarité démontre que cette marche essentielle pour défendre un espace d’Afro-descendants  n’est pas terminée

Samedi, le premier aout 2020, les Noirs ont marché pour démontrer que les actions des Noirs comptent. Ce sont les premiers pas qui culminent une longue marche de revendications. Les Afro-Canadiens ne seront plus divisés selon les lignes coloniales jadis de la langue, du français ou de l’anglais. Ils  s’unissent plutôt  en une seule communauté. Alors qu’ils marchaient pacifiquement du Vieux-Montréal à la Petite Bourgogne, vous pouviez entendre les voix de l’émancipation. Des voix de gens investis de leur pouvoir,  agissant selon leurs désirs pour dessiner leur avenir.

À mesure que la destination se matérialisait au parc Oscar Peterson, l’Histoire se revivifiait. Oliver Jones, musicien de jazz de renommée mondiale et ancien résident de la NCC, a clairement indiqué lors de sa prise de parole: ” This is our place! And for many this is their home, in both their hearts and minds. (Ici, c’est à nous! Et pour beaucoup, c’est leur maison, à la fois dans leur cœur et dans leur esprit)”

Le Negro Community Centre, une halte d’une marche longue de 186 années pour notre émancipation amène forcément les Noirs vers leur pleine liberté : une émancipation de nos esprits, cœurs et âmes.

 

People march to legalise abortion

People march to legalise abortionStaff ReporterSEVENTY thousand people in Namibia have put their signatures to a petition that implores the government to do away with archaic abortion laws in Namibia.A multitude of people on Saturday marched from the Katutura State Hospital to Zoo Park in Windhoek to garner even more support for their campaign to legalise of abortion. One of the organisers of the march, Beauty Boois stated that the purpose of the petition is to express a collective plea to legalize abortion in Namibia as well as to display, by way of petition, that thousands of Namibians, Namibian women, in particular, have a similar desire.The petition was handed to ministries of health, justice, youth, gender, the youth advisor of the Office of the President and the parliament secretary. The petition so far has gathered the signatures of 70 000 people.She added that as equal citizens of Namibia with Human Rights, women deserve to be heard and to practice autonomy over their own bodies. When it comes to his views on legalizing abortion in Namibia, the President of the Namibian Nation is quoted in local media saying, “One day, we have to pass the law to legalise abortion. People are dying because they have to go to dark corners. So, whether it is legal or not, people are doing it,” when asked whether the government would consider legalizing abortion in Namibia. Reverberating the president sentiments, Boois added that Namibian women are left with no choice but to break the law in order to practice their right of choice, but they are also risking their lives, health, and wellbeing in order to obtain illegal abortions. "This puts Namibian women at risk, due to the fact that about 500 women die every year because of illegal abortions, adding onto the threat against their wellbeing posed by other social issues such as Gender-Based Violence and Sexual Gender-Based Violence in the country; which are at alarmingly high rates," Boois said. She further argued that the right to be able to access legal abortion in Namibia should be accompanied by education of matters relating to Sexual Health and Reproductive Rights as well as consent in order to prevent unwanted pregnancies, baby dumping, and encourage safe, legal abortions in the Namibian nation. "Counseling and Support Structures will also need to be implemented in order to empower Namibian women, who are considering or have undergone abortion with the necessary guidance and support to make well-informed decisions and freely practice rights and freedom of autonomy over our own bodies.Namibia is currently operating under the Abortion and Sterilization Act of South Africa (1975), which was developed during the apartheid era, which is an indication that the Act was never created for Namibians, by Namibians and in consideration of Namibian social issues as well as Namibian people in general. We hope that a new Act can be developed for Namibians, by Namibians and that this petition results in the legalisation of abortion in Namibia" Boois stated. LEGALIZE ABORTION: Concerned Namibians over this weekend raised their concerns on reproductive health rights and called for the legalisation of abortion.

Posted by Informanté on Sunday, July 19, 2020

Marche en Namibie pour la légalisation de l’avortement

L’Afrique est l’une des zones les plus restrictives en matière d’avortement. La zone est dominée par une illégalité de l’avortement avec l’exception de la Tunisie, de la Guinée-Bissau et de l’Afrique du Sud. Certains Namibiens désirent bien rejoindre le rang des pays ouverts à cette pratique.

Cofondé par Beauty Boois ,Voices for Choices and Rights Coalition a lancé une pétition en ligne pour légaliser l’avortement en Namibie le 11 juin 2020. La pétition a depuis recueilli plus de 60000 signatures et demande le droit d’accéder à un avortement légal en Namibie, accompagnée d’une éducation relative à la santé sexuelle et aux droits en matière de procréation pour prévenir les grossesses non désirées, le dumping de bébés et encourager les avortements légaux en toute sécurité.

Le samedi 18 juillet 2020, des manifestants pro-choix se sont dirigés au Zoo Park de Windhoek en Namibie pour exiger la légalisation de l’avortement et le renforcement des droits des femmes en matière de santé reproductive.

Selon les organisateurs de la Voices for Choices and Rights Coalitiontrop de femmes namibiennes ont perdu la vie en raison directe d’avortements illégaux risqués. Les femmes n’ont pas accès aux soins de santé après un avortement,  un avortement peut-être raté, dangereux et sûrement illégal.

Le samedi 18 juillet 2020, des manifestant.e.s namibiens sont descendus dans la rue pour aussi exiger la légalisation de l’avortement et un renforcement des droits des femmes en matière de santé reproductive. Dans cette marche de 5.7 km, on pouvait entendre des cris de ralliement : « My vagina, my choice, mind your own womb, legalize abortion now (mon vagin mon choix, mêlez-vous de votre propre matrice, légalisez l’avortement maintenant).»

La marche qui suggérait un habit rouge pour les manifestant.e.s a commencé à l’hôpital d’État de Katutura pour se clore au Zoo Park, un point focal de la vie sociale de la capitale Windhoek où plusieurs intervenants se sont adressés à la foule. L’une des organisatrices de l’événement, Hildegard Titus, a déclaré que la marche avait débuté à l’hôpital de Katutura, car elle est la plus grande et réputé de la Namibie où la densité de la population est la plus faible d’Afrique et avant-dernière au monde.

« C’est un endroit symbolique qui fournit des soins de santé au public, mais n’offre pas d’avortements », a-t-elle déclaré.

En vertu de la loi namibienne sur l’avortement et la stérilisation de 1975, hérité de son voisin l’Afrique du Sud, les avortements sont illégaux pour les femmes et les filles, sauf dans les cas tels que le viol, l’inceste ou lorsque la vie de la mère ou de l’enfant est en danger.

L’année dernière, dans le but de réduire le taux endémique d’avortements, le ministère de l‘Égalité des sexes de Namibie légiférait pour décriminaliser l’abandon de bébés. Le pays qui connait le quatrième plus haut taux de suicide d’Afrique prévoyait des centres d’accueil de circonstances, dont les hôpitaux, les bureaux de police ou d’autres lieux sécurisés pour les bébés abandonnés.

L’organisation a déclaré samedi que l’accès à l’avortement doit être un service de santé essentiel et que continuer à utiliser des lois archaïques de l’époque de l’apartheid en Namibie porte atteinte aux droits fondamentaux de la santé des femmes namibiennes.

« Les avortements pratiqués dans les rues dans des conditions dangereuses sont la principale cause de mortalité maternelle dans le monde et sont complètement évitables », émet l’organisation.

La lettre et la pétition pour légaliser l’avortement en Namibie ont été rédigées en collaboration par Beauty Boois et la militante pour les droits LGBT+ Ndiilokelwa Nthengwe. La lettre a été cosignée par des membres de la coalition, qui comprend Out-Right Namibia, le Young Feminist Movement of Namibia, Power Pad Girls, Slut-Shame Movement, I Am Not Next Namibia, l’Association of Medical Students of Namibia et l’Organisation de solidarité pour la sensibilisation à la santé mentale.

La manifestation de samedi a été diffusée pour ceux qui n’ont pas pu participer en raison de restrictions liées à la COVID-19.

Un collectif d’artistes montréalais réalise une immense fresque de rue en soutien aux communautés noires

Montréal a arboré une fresque géante en soutien aux communautés noires et des revendications qui émanent depuis l’assassinat de George Floyd aux États-Unis. Ce projet, une initiative de la Fondation Dynastie réunissant plusieurs organismes communautaires et artistes montréalais, est réalisé grâce au soutien de la Ville de Montréal avec le Ministère de la Culture et des Communications, dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal, ainsi que de la Société de développement commercial du Village.

Un cri de ralliement pour dénoncer l’injustice

La mort de George Floyd a déclenché de vives protestations et a suscité un mouvement de solidarité sans précédent partout à travers le monde. #BlackLivesMatter est devenu le symbole dénonçant l’injustice, les discriminations et les inégalités que peuvent subir les communautés noires à travers le monde.

« À l’instar des villes telles que Washington, New York, Los Angeles, le slogan #BlackLivesMatter a eu une forte résonance à Montréal. Nous souhaitions exprimer notre solidarité contre le racisme et les disparités en unissant nos voix au-delà des frontières à travers la puissance de l’art. Cette œuvre se veut un espace de conversations positives et un rappel durable du message de justice sociale qui est au cœur de ce mouvement », a déclaré Carla Beauvais, cofondatrice de la Fondation Dynastie.

Carla Beauvais et Marjorie Morin-Lapointe de la Fondation Dynastie, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, Yannick Brouillette et Stéfane Campbell de la SDC du Village, ainsi que Harry Julmice et Hanna Che de Never Was Average avec les artistes, les membres d’organismes et les invités (crédit photo : Abel H. / Never Was Average)

« Depuis plusieurs années, le mouvement Black Lives Matter nous conscientise sur les enjeux liés au racisme et aux discriminations vécus par nos concitoyennes et concitoyens des communautés noires et milite pour une plus grande justice sociale. En soutenant la création de cette œuvre, la Ville de Montréal souhaite exprimer sa solidarité au mouvement et joindre sa voix pour affirmer haut et fort que la vie des Noir.e.s compte. Je réitère aujourd’hui notre ferme engagement à combattre le racisme et les discriminations systémiques en mettant en place les mesures nécessaires pour faire de Montréal une ville où toutes les Montréalaises et tous les Montréalais peuvent vivre dignement et s’épanouir pleinement », a souligné Valérie Plante, mairesse de la Ville de Montréal.

« La Société de développement commercial du Village est extrêmement heureuse d’accueillir l’initiative LA VIE DES NOIR.E.S COMPTE. Un moment plus que propice pour réitérer que notre territoire en est un d’accueil pour toutes les réalités – qu’elles soient racisées, marginalisées, trans, migrées ou encore bi-spirituelles. C’est donc porté par un souffle continu à se projeter dans l’inclusion, l’intersectionnalité et la créativité, que la multiplicité des modes de vie et des cultures de notre communauté se rencontrent et se déploient. Ensemble, chérissons et célébrons ce qui est nôtre – sous ses multiples coutures et avec toutes sans exception », a partagé Yannick Brouillette, directeur général de la SDC du Village.

Des artistes solidaires au mouvement anti-racisme

Sous la direction de Never Was Average (Harry Julmice et Hanna Che) et de Niti Marcelle Mueth, près d’une vingtaine d’artistes ont réalisé une murale de 7 mètres par 100 mètres qui s’étend sur la rue Sainte-Catherine, entre les rues Saint-Hubert et Saint-André.

Chaque lettre de LA VIE DES NOIR.E.S COMPTE a été peinte par un artiste local différent utilisant principalement une peinture blanche ainsi qu’une palette de couleur désignée afin de créer un effet d’ensemble harmonieux. La voix des communautés LGBTQ+ se retrouve également au centre de l’œuvre; les lettres COMPTE ont été peintes aux couleurs de l’arc-en-ciel faisant du même coup un clin d’œil au message d’espoir « Ça va bien aller » adopté durant la crise de la pandémie.

La lettre finale de la fresque a été peinte par les enfants de la garderie du Collège LaSalle avec l’aimable autorisation de Geurlaine Guerrier.

Chacune des lettres de #BlackLivesMatter a été peinturée par un organisme montréalais qui adresse les inégalités sociales.

C’est une première de voir une fresque de rue de ce type reprendre le slogan #BlackLivesMatter en français. La particularité linguistique de la métropole est mise à l’honneur et permet à l’œuvre de se distinguer à l’échelle internationale.

« Au delà du symbole, nous espérons que ce projet suscite une réelle prise de conscience et fasse émerger un vrai changement de société dans la lutte contre le racisme systémique », a indiqué Marhilan Lopez de Black Lives Matter Montréal.

Remerciements

La Fondation Dynastie aimerait remercier tous les finalistes de l’édition 2020 qui ont pris part à cette initiative et tous les bénévoles qui ont prêté main-forte pour réaliser ce projet.

Elle aimerait également remercier tous les artistes qui se sont exprimés à travers leur art : Marc-Alain Félix, Lana Denina, TEENADULT, Niti Marcelle Mueth, D. Mathieu Cassendo, Kando, MALICIOUZ, Simo, A X L, G L O W Z I, MÏNS (Made In Shaïna), Eelise Ndri, Anastasia Erickson (aeri), Franco E., Awa Banmana, Michaëlle Sergile, Marie-Denise Douyon, Yarijey Tetcher.

La Fondation aimerait saluer le travail incroyable des organismes qui se sont joints à la réalisation de la fresque et qui militent depuis des années pour une société plus juste et équitable : Black Lives Matter Montréal, Hilarious Riders, Hoodstock, Massimadi, Librairie Racines, Montréal en Action, Maison d’Haïti, DESTA, Ligue des Noirs Nouvelle Génération, Comité d’Action des Personnes Sans Statut, One Full Circle (OFC), Nigra Iuventa.

Elle aimerait aussi remercier les entreprises qui ont supporté ce mouvement : Heyseller, Tigre Géant Montréal-Nord, Tigre Géant Greenfield Park, BeLOUD Ministry, Hotel Place Dupuis.

Finalement, la Fondation Dynastie tient à remercier la SDC du Village, l’arrondissement de Ville-Marie, la Ville de Montréal et le Ministère de la Culture et des Communications (l’Entente sur le développement culturel de Montréal).

Fémi l’incomprise: 6 Juillet 2020

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Homme engagé aux multiples talents, illustrateur, graphiste de formation. Maxime a toujours milité pour l’émancipation des peuples noirs. Son désir de participer positivement au développement identitaire des jeunes afro-descendants a inspiré la création du personnage Manu, un petit garçon curieux, pétillant et idéaliste qui découvre à travers des scènes de son quotidien, sa riche histoire et son héritage culturel. Apercu de son travail >>

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Les Afro-Argentins, les Afro-Paraguayens et les Afro-Uruguayens: Des histoires Nationales Invisibles

Nous le dirons jamais assez, que l’Empire espagnol qui a longtemps été hégémonique aux Amériques durant quatre siècles (XVe au XIXe siècles), a eu comme base la main d’oeuvre servile africaine dans son double système esclavagiste et colonial. Nous avons évoqué récemment que du Mexique (la Nouvelle Espagne), qui fut le centre de répartition des contingents esclavagistes, de là sont partis des milliers d’esclaves vers d’autres colonies d’Amérique Espagnole, mais aussi alimentant le trafic humain entre le Río de la Plata (Argentine, Paraguay, Uruguay), l’Afrique Centrale et l’Afrique en général.

C’est de cette manière que des milliers d’Africains Bantus et d’autres groupes d’Africains sont débarqués en Argentine, au Paraguay, en Uruguy et même au Pérou, pour travailler dans des plantations et les maisons de ces colonies. Ces Africains ont contribué grandement au paysage socio-culturel et politique de ces pays, comme en témoigne le Tango en Argentine, le Candombé en Uruguay, le tambour ou tam-tam au Paraguay et en Uruguay.

Scène de Candombe, à Montevideo, Uruguay (1870)

‘‘La Connaissance du Passé est la clé de notre compréhension du Présent’’ avance la maxime. Cela revient à dire qu’un meilleur examen de l’histoire nous permet de comprendre les aspects ou les faits que nous pouvons voir dans nos sociétés actuelles..

Pendant quatre siècles, l’Empire espagnol aux Amériques a beaucoup reçu de l’Afrique via des commerçants portugais, une main d’oeuvre en abondance, pratiquement gratuite. Cette main d’oeuvre en provenance principalement d’Afrique Centrale (les deux Congo actuel, le Gabon, l’Angola et Sao Tomé-et-Principe), dont les ressortissants sont appelés Bantus aux Amériques portugaises et espagnoles et ensuite d’Afrique de l’Ouest et australe. Les documents historiques confirment la provenance de ces Africains et cela ne fait aucun doute de la part des historiens.

Depuis 1556, le port de Luanda, faisant partie du royaume de Ndongo (vassal du Kongo), avait exporté des milliers de cargaisons de Bantus vers l’Amérique, entre autres vers la région appelée Río de la Plata, une région qui englobe l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay. La prépondérance des ressortissants d’Afrique centrale est principalement due à la proximité géographique.

Tenant compte des délais de voyage, relativement, moins longs, entre l’Afrique centrale et l’embouchure de la Rio de la Plata et le caractère stratégique de ce couloir dans l’introduction de la main d’œuvre malimbe, congo, ngola, mundongo, matamba, imbangala et benguela en Amérique du sud, le port de Buenos Aires sera intensément exploité concluait le défunt historien Angolais Simão Souindoula dans son exposé[1].

Donc, le Río de la Plata recevait approximativement 100.000 Africains par an, principalement des Bantus provenant des ports de Mpinda, ensuite de Luanda, de Loango, de Badagry (état de Lagos, Nigéria), de Dahomey et enfin de la Côte-de-l’Or (actuel Ghana). En 1808, trois habitants sur dix de Buenos Aires étaient Noirs. Les Afro-Argentins représentaient plus de la moitié de la population dans certaines provinces agricoles. Au XXe siècle, ces derniers auraient littéralement « disparu » du paysage, selon la thèse dominante. Leur participation forcée aux guerres, la fièvre jaune qui a frappé les quartiers noirs de Buenos Aires en 1871 et le métissage seraient à l’origine de ce phénomène.

En réalité, la communauté afro-argentine a été radicalement « invisibilisée » par l’histoire officielle, et continue à l’être par les politiques eugéniques mises en place depuis fort longtemps. Cette politique peut se voir dans l’envoi en masse des Noirs dans la guerre de la Triple-Alliance (1874-1870) et de l’immigration massive européenne en 1953. Elle a aussi longtemps été et est encore dans une certaine mesure, victime des stigmates, du racisme professionnel (l’obligation de lisser ses cheveux pour un emploi), comme en témoigne l’expression « negro de alma » (noir d’âme)  qui y est devenue l’expression familière pour désigner des voyous, quelle que soit leur couleur de leur peau. Les Afro-Argentins à l’image de leurs frères Afro-Méxicains, ont longtemps été exclus des services publics. Beaucoup n’ont pas accès à des structures publiques comme les universités et finissent dans des emplois précaires ou informels, selon plusieurs études sociologiques.

Cependant cette occultation volontaire de la population Noire d’Argentine, n’a jamais pu effacer l’héritage culturel que ces populations ont apporté dans ce pays.  L’exemple le plus emblématique de cet héritage culturel, est la danse emblème nationale, le Tango. Le Tango est une danse africaine aux rythmes métissés ibériques. Le nom du “Tango” vient du verbe kikongo “Tanga”, qui signifie chanter en langue kikongo, une langue bantu d’Afrique Centrale.

En outre, sociologiquement les Afro-Argentins sont encore nombreux, contrairement à ce que dit l’opinion en général, car selon Carlos Lamadrid, secrétaire de l’association Misibamba[2], il estime à 2 millions le nombre d’Afro-Argentins : « Beaucoup de ceux qui savent qu’ils sont des descendants d’Africains ne le disent pas, et d’autres ne le savent pas. » Explique-t-il. Car après des années de métissage, une origine ne se lit pas toujours sur un visage.

Dans la quête de leur reconnaissance, une date a été établie comme « Jour de l’Afro-Argentin et de la culture afro », fixée le 17 avril, ce qui est une avancée symbolique, bien qu’insuffisante. C’est ce qu’en pense Carlos Lamadrid : « Nous, Afros, sommes fatigués des spectacles. Fatigués de jouer le Noir musicien, ou la danseuse aux formes généreuses pour divertir les foules un jour dans l’année. C’est de l’histoire dont nous voulons parler et de notre réalité aujourd’hui ». Il veut que les Afro-Argentins, considérés comme la troisième racine de l’Argentine, soient partie intégrante de la société argentine.

Quant aux Noirs du Paraguay, ils sont arrivés par deux vagues historiques. Ceux qui sont rentrés ‘‘légalement’’, sont venus de Buenos Aires, Montevideo et Córdoba. Tandis que les Africains asservis qui sont entrés illégalement au Paraguay provenaient du Brésil selon l’historien argentin José Ignacio Telesca[3], qui parle des deux origines principales des Africains du Paraguay : de l’Angola ou d’Afrique Centrale et du Nigéria.

Selon l’Association afro-paraguayenne dénommée “Kamba Cuá”, en 1782, la population afro-paraguayenne représentait 11,2 % de la population. En 1811, selon le même historien cité dessus, les Noirs représentaient la moitié de la population paraguayenne, vivant dans plusieurs villes, comme Arégua, Emboscada, Guarambaré. Une partie des Noirs du Paraguay sont venus de l’Uruguay avec le général José Gervasio Artigas, leader révolutionnaire de l’actuel Uruguay dans son exil au Paraguay. Ils sont arrivés en hommes libres en régiment de lanciers de 250 hommes et femmes, qui combattirent avec lui lors de l’indépendance de l’Uruguay.

Comme en Argentine, les Afro-Paraguayens sont longtemps restés invisibles ou invisibilisés dans le récit national, car n’ayant pas accès aux services publics, ni pris en compte dans le recensement officiel, ce qui rend impossible de savoir leur nombre exact. Ils seraient entre 10000 et 20000 Noirs selon plusieurs estimations. Leur invisibilité est due aussi au récit populaire selon lequel, ils ont été décimés par les guerres paraguayennes brésiliennes, qui ont dévasté le Paraguay. Il faut le reconnaître, beaucoup de Noirs ont été envoyés en guerre, mais une partie est restée bien vivante, notamment les femmes et les enfants. Les Afro-Paraguayens ont beaucoup contribué culturellement au paysage de ce pays avec l’introduction du Tam-Tam ou tambour dont plusieurs Afro-descendants de ce pays jouent lors des différents festivals du pays.

En ce qui concerne les Afro-Uruguayens, comme nous l’avons mentionné, ils ont en grande partie débarqué via le Río de la Plata. La plupart des récits compilés dans les conversations avec les Afro-Uruguayennes disent qu’ils ont en grande partie des origines d’Afrique Centrale, notamment de l’ancien royaume Kongo et de ses vassaux. Et comme nous l’avons également évoqué ci-dessus, les Noirs de ce pays ont grandement contribué à écrire l’histoire de ce pays, avec leur participation dans la guerre d’indépendance contre l’Espagne, ensuite contre le Brésil, sous l’empire de Pedro I.

Aujourd’hui, les Afro-Uruguayens représentent 8% de la population totale du pays. Et comme dans le cas des Afro-Argentins et Afro-Paraguayens, les Afro-Uruguayens sont restés longtemps marginalisés, jusqu’à l’arrivée de la gauche au pouvoir qui a dirigé le pays pendant treize ans. Grâce à ces politiques progressistes, les Afro-Uruguayens sont peu à peu sorti de l’invisibilité et ont eu accès aux différents services publics (éducation, emplois formels, et bien d’autre reconnaissance de divers droits).

Politiquement, aujourd’hui, une femme Afro-Uruguayenne Gloria Rodríguez a été élue sénatrice sous la bannière du parti de la droite, actuellement au pouvoir. Elle est la première femme Afro-descendante à être élue sénatrice dans l’histoire de ce pays et l’unique aussi, avoir été députée. Culturellement, comme dans plusieurs pays d’Amérique, les Afro-Uruguayens ont contribué de manière importante dans ce pays, comme en témoigne le Candombe[4], style musical avec des tambours, d’origine africaine. Plus qu’un style de musique, il s’agit d’un héritage culturel. Lors du carnaval de Montevideo, considéré comme la plus africaine des fêtes populaires sud-américaines, selon RFI, ce rythme musical fait vibrer les festifs.

En somme, il sied de dire que les Afro-descendants de l’Argentine, du Paraguay et de l’Uruguay longtemps invisibilisés par le récit national, doivent être reconnus comme partie intégrante de ces pays, car, ces Noirs, ont grandement contribué à la formation de ces pays tels que nous les reconnaissons aujourd’hui.

[1] Souindoula Simão. Trafic Negrier Transatlantique (XVIe et XIXe siècles). Luanda, novembre 2013.

[2] : Misibamba est entre autres une preuve de la contribution des Noirs dans la langue espagnole d’Argentine. Car ‘‘Misibamba’’ est un mot de la langue bantu kikongo, qui signifie ‘‘Les Bambas ou les Mbambas’’, Une ethnie existante aujourd’hui dans les 2 Congo, au nord de l’Angola et au Gabon.

[3] Documentaire : ‘‘Black Beauty of Paraguay. The Forgotten People’’. Chaine Youtube Afropride.

[4] Le terme Candombé s’apparente avec le nom de la réligion afro-brésilienne Candomblé, dont les termes signifient : musique des Noirs, fête ou coutumes des Noirs. Bien que pour le nom ‘‘Candomblé’’ donne encore des larges perspectives de définitions et significations : confère : SAMBA TOMBA, Justes Axel : ‘‘A Vivência e a Réinvenção da África Central nas Religiões de Matriz Africana do Brasil : Candomblé Congo Angola’’. Mémoire de Master en Sciences Sociales. Université Fédérale Rurale de Rio de Janeiro. Janvier 2019.

L’humoriste Dieudonné coupé de ses 400 000 abonné.e.s par YouTube

Un nouvel épisode dans la saga Dieudonné M’ Bala M’ Bala, dit Dieudonné. YouTube, la plateforme vidéo bien connue de tous qui en 2019 représentait à lui seul 37% du trafic mondial d’internet vient de couper l’herbe sous le pied de l’humoriste français Dieudonné en lui retirant sa chaine YouTube, lui éclipsant sans préavis par ce décret plus de 400.000 abonnés.

Le public de Dieudonné le suit également beaucoup via Internet et les réseaux sociaux. Les vidéos qu’il poste sur ses comptes Internet, et qui incluent aussi bien des sketches que des règlements de compte avec ses différents adversaires, sont très suivies : certaines totalisent plusieurs millions de clics

Né en France de l’union d’un père comptable camerounais noir et d’une mère bretonne blanche, Dieudonné se moque des puissants, de ceux qui bulldozent l’histoire, écrasent de leurs milliards. Un humour risqué pour ce talentueux humoriste qui s’est fait connaître avec un duo désopilant accompagné d’Élie Semoun, un humoriste juif marocain.

Mais voilà, vibrant sur les limites, Dieudonné se fait taxer d’anti ceci et d’anti cela. Il nargue les acteurs de l’esclavage qui, faut se le dire, ont façonné le monde actuel. Il nargue ouvertement l’État d’Israël qui est mené par un gouvernement corrompu, un gouvernement condamné par sa propre Justice, un État blâmé par l’ONU, mais par aucun homme, si ce n’est par les Israéliens eux-mêmes qui n’hésitent pas a investir leurs propres rues pour réclamer un changement de cap.

Dans la foulée du Black Lives Matter, YouTube, pour ne pas dire Google, qui se l’est payé 1.6 milliard US en 2006, a choisi d’éteindre cette voix. Pour le géant du web, même gabarit pour les suprématistes blancs que pour la gauche black, on delete, on étouffe ces discours discordants de la toile.

Facebook, depuis déjà plusieurs années, s’inscrit dans cette même tendance du musellement. Les intérêts du réseau social de Mark Zuckerberg semblent être en discordance avec les idéaux des militants Noirs. La fermeture de la page de Negronews en 2017, 500.000 abonné.e.s en témoigne éloquemment. Seulement pour ce média, L’Encre Noir, au cours des 2 derniers mois Facebook a délibérément refusé la promotion de ces articles:  Une histoire a connaître, La mort de George Floyd engendre une manifestation mondiale pour le Black Lives Matter, Le Burundi annonce sa première alternance démocratique avec Évariste Ndayishimiye, Afrophobie: Racisme Anti-Noirs en Chine, Frederik Willem De Klerk et le refus de reconnaissance de l’Apartheid en tant que Crime contre l’Humanité.

Les répercussions de cette politique du bâillon sont immenses pour l’Afrodescendant. Le Noir est inéluctablement coupé de ces voix, qui sont siennes, par un modérateur détaché, cousu de fait à un tout autre agenda, qu’il soit mercantile ou idéologique.

Les communautés afrodescendantes se doivent d’édifier leurs propres plateformes ou éviter qu’ils soient dénaturés comme le réseau BET (Black Entertainment Television) racheté par Viacom en 2001 pour un pactole de 3 milliards de dollars US! Sur la toile qui accueille 53 % des humains quotidiennement, aucun réseau social de premier plan qui soutient solidairement les doléances afrodescendantes, aucun refuge numérique pour consolider activement les idées novatrices d’acteur.e.s Noir.e.s qui seront peut-être en dichotomie avec l’idéologie omnipressante qui a ouvert la porte depuis déjà des siècles à l’oppression, à l’avilissement de la majorité globale.

Si la douceur et l’optimisme ont une voix, c’est bien celle de Dominique Fils-Aimé

Plongée dans la chanson depuis une vingtaine d’années, Dominique Fils-Aimé est une Montréalaise vibrante et lumineuse, qui transmet instantanément la puissance de ses sources d’inspiration, des femmes fortes et légendaires qui ont laissé leur marque dans sa vie et dans le monde de la Soul. Elle est en quelque sorte la digne héritière de Nina Simone et Billie Holiday; voir son prochain spectacle vous en convaincra.

Dominique Fils-Aimé

Sur scène, Dominique Fils-Aimé sait séduire le public grâce à son authenticité et à sa voix envoûtante. L’artiste cumule les spectacles à guichets fermés, participe à de nombreux festivals de renom, dont le Winter Jazz Fest à New York, et entamera une tournée européenne en 2020.

C’est après son enrichissante expérience à La Voix (2015), sous l’aile de Pierre Lapointe, qu’elle a été propulsée sur la place publique. Dominique Fils-Aimé est une femme d’énergie, et cela est palpable simplement par la présence qu’elle nous donne si généreusement, en entrevue comme sur scène.  Pour sa troisième participation au Festival International de Jazz de Montréal, elle ne cache pas que ce soit bien différent cette année, en contexte de distanciation sociale. L’organisation de cette édition 2020 prouve cependant que l’espoir revient doucement, montrant une évolution dans les nouvelles manières de faire des spectacles pour toucher le public malgré tout.

Concernant le mouvement Black Lives matter, l’artiste nous rappelle qu’il existe depuis bien longtemps, que ses chansons empruntent ce chemin depuis déjà plusieurs années, et que le combat ne s’arrêtera pas avant qu’on ait fait les avancées et les pas nécessaires. Elle nous dit que « l’important c’est de promouvoir l’empathie dans les discussions qu’on a sur le sujet, car c’est ce qui est le plus constructif afin de trouver un endroit commun où on respecte les sensibilités de chacun. »  C’est en gardant cette douceur et cette empathie en tête qu’elle achèvera dans les prochains mois le troisième album de sa trilogie.

Dominique Fils-Aimé nous invite le 30 juin 2020 à 19h40 sur la plate-forme numérique du Festival International de Jazz de Montréal. Elle nous encourage à venir découvrir différents types de musique, et d’avoir la curiosité d’aller à la rencontre des autres. Elle déposera sur nous un paquet d’énergie et de lumière, espérant que cela nous fasse du bien pendant cette période d’introspection forcée que nous vivons.

Djely Tapa: La Griotte de Montréal

Djely Tapa, descendante de griots maliens notoires, est tombée amoureuse de Montréal et des Montréalais au début des années 2000. Auteure-compositrice-interprète, elle transmet d’une part ses racines mandingues (de l’Afrique de l’Ouest) et d’autre part des valeurs universelles qui touchent l’Humain avec un grand H. Les thèmes qu’elle exploite sont souvent liés à la place des femmes dans la société et à l’africanité, mais ce sont surtout, dit-elle, des valeurs universelles.  L’entendre et la voir sur scène est une expérience d’enracinement et d’enseignement, même pour celui ou celle qui ne comprend pas un mot de toutes les langues africaines qu’elle emploie.

Reflet de son identité musicale, son nouvel album Barokan est un hommage retentissant à la femme et à l’africanité. Djely Tapa a été nommée Révélation Musique du Monde de Radio-Canada pour 2019-2020. Crédit photo: JYPHEAL

L’édition particulière du Festival International de Jazz de Montréal de cette année 2020, son premier qu’elle performera en solo, a forcé une adaptation dans un décor sobre, avec des ressources minimalistes, question de bien respecter les consignes de sécurité en temps de pandémie. Le nombre de ses musiciens a été diminué, mais on y retrouve les instruments traditionnels incontournables : la kora, le tamani, le n’goni et le taman.  Sa musique est mélangée avec des rythmes afro futuristes, d’électro, « avec des couleurs et des saveurs d’ailleurs ». En somme, nous assisterons en l’écoutant au solide métissage culturel qui caractérise si bien le Festival International de Jazz de Montréal.

Djely Tapa nous explique que malgré les contraintes nouvelles et l’absence du public dans la salle, l’expérience fut extraordinaire et toute l’équipe s’est appliquée pour que chacun soit à l’aise afin de transmettre l’essence du festival que nous connaissons depuis plus de trente ans. Elle nous invite à regarder cette édition car, précise-t-elle, « cette fois-ci ce sont les artistes locaux qui performeront.  On verra que le jazz existe bel et bien à Montréal, même sans les artistes invités qui viennent de l’étranger. »

Au sujet du mouvement Black Lives Matter, la chanteuse affirme simplement ceci : « Bienvenue à ceux qui viennent de comprendre que tous ces problèmes existent. Depuis longtemps mes valeurs ne sont pas négociables, mon héritage n’est pas négociable. Qui je suis, tu ne viendras pas me le déformer. »

Djely Tapa nous donne rendez-vous le 27 juin 2020 à 19h20, sur la plate-forme numérique du Festival International de Jazz de Montréal. Elle nous assure que ce sera explosif, car elle y mettra toute l’énergie qu’elle a conservée précieusement en elle pendant la période du confinement de deux mois! Ce spectacle vous fera l’effet d’une bombe de soleil et de joie, qui vous revitalisera assurément.

Clerel

Clerel - Festival International de Jazz de Montréal

Posted by LencreNoir.com on Tuesday, June 23, 2020

Clerel en concert intime au Festival International de Jazz de Montréal 2020

Alors que la pandémie de la COVID 19 continue d’imposer son rythme aux agendas des évènements les plus prestigieux du monde, le Festival International de Jazz de Montréal décide de faire une édition spéciale entièrement numérique du 27 au 30 juin 2020 « LES RYTHMES RIO TINTO ». Les  Concerts intimes exclusifs sont enregistrés dans un studio spécialement conçu pour l’occasion à l’Astral, dans la Maison du Festival.

Aujourd’hui basé à Montréal, Clerel se sert désormais de son oreille mélodique et de sa sensibilité poétique pour créer des chansons simples aux sonorités qui évoquent la soul, le R&B ou le highlife.

L’artiste Clerel s’est prêté au jeu et nous invite dès le 27 juin à 19h40, à découvrir son expression musicale ; des chansons simples aux sonorités qui évoquent la soul, le R&B ou le highlife. Ses chansons sont portées par sa voix authentique et saisissante dès la première écoute, comme en témoigne son premier EP, “Songs From Under A Guava Tree” paru à l’automne 2019. Cette voix l’a notamment amené à partager la scène avec Mavis Staples à l’édition 2019 du festival POP Montréal.

Originaire du Cameroun, Clerel nourrit son goût pour la mélodie durant une enfance bercée au rythme des cantiques d’église, des comptines locales et des chansons pop françaises. Un déménagement familial aux États-Unis lui offre la possibilité de poursuivre des études en chimie et de découvrir la guitare acoustique. Aujourd’hui basé à Montréal, Clerel se sert désormais de son oreille mélodique et de sa sensibilité poétique pour créer des chansons qui lui ressemblent et qui valorisent sa multiculturalité.

Quand on évoque les récents évènements survenus aux États-Unis avec l’assassinat de George Floyd et les revendications du mouvement « BlacK Lives Matter », il préfère avec beaucoup d’humilité exprimer son indignation et son soutien, non pas au nom de l’artiste, mais en tant que personne « Aucun être humain ne saurait être insensible à ce qui se passe aujourd’hui, nous devrions tous essayer de comprendre et d’accepter les points de vue qui diffèrent des nôtres, mais surtout se respecter et traiter l’autre comme une personne, un être humain ».

« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années » disait Corneille. Clerel en est la parfaite illustration. Rendez-vous donc en ligne le 27 juin à 19h40 et bon festival.

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