Plus on sait, moins on affirme

Rencontre avec Dre Fahimy Saoud

Rencontre avec Dre Fahimy Saoud

Posted by LencreNoir.com on Monday, July 29, 2019

Quand le médecin étranger est patient

Docteure Fahimy Saoud est une femme médecin, née en Haïti, de père libanais. À Montréal depuis près de 15 ans, elle nous raconte son parcours courageux afin de pouvoir pratiquer sa profession.

Dre Fahimy Saoud

Malgré quatre ans de médecine interne en Haïti, deux ans de gériatrie à Paris, cinq ans de pratique de médecine gériatrique de retour en Haïti, les institutions québécoises ne l’ont pas automatiquement considérée en tant que médecin. Comme plusieurs de ses collègues médecins étrangers, Dre Saoud a vécu une histoire d’amertume pendant ses années d’intégration à son pays d’accueil.

Il faut se rappeler qu’au Canada, plusieurs migrants à l’origine ingénieurs ou médecins dans leur pays natal ne reçoivent aucune reconnaissance pour leurs diplômes ni leurs expériences étrangères. S’ils désirent poursuivre leur premier choix de carrière, il leur faut s’armer de patience, d’audace, et surtout, il leur faut un encadrement particulier qui les soutient sur tous les aspects de leur intégration.

Le chemin de l’équivalence des études et compétences n’est pas simple et bien souvent, lorsqu’ils songent à s’établir au Québec, ces immigrants n’ont pas en mains les vraies informations pour savoir dans quoi ils s’embarquent réellement. C’est suite à ce constat que Dre Saoud s’est impliquée à la supervision des médecins étrangers pour les aider à intégrer le système de santé au Canada, à la clinique DHCEU (Diplômés hors Canada et États-Unis) de l’Hôpital St-Mary’s.

Un nouveau comité consultatif art et vivre-ensemble au Musée des beaux-arts de Montréal

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) annonce la création du comité Art et vivre-ensemble. Ce comité consultatif aiguillera le Musée dans la poursuite de sa mission afin d’en faire un lieu d’échange et de dialogue accessible à tous. La rencontre, la connaissance et la compréhension de l’altérité sont un enjeu quotidien. Le MBAM souhaite renforcer son action éducative et sociocommunautaire en faveur de la paix sociale avec son nouveau comité Art et vivre-ensemble et poursuivre ses actions avec ses nombreux partenaires.

De gauche à droite : Nadine St-Louis, Cécile Rousseau, Moridja Kitenge Banza, Bob W. White;Nathalie Bondil; Cathy Wong; Thomas Bastien; Marie Houzeau;Mohammed Makhfi et Moussa Sène – Photo : Christine Guest

Le comité consultatif Art et vivre-ensemble du MBAM a pour mandat de favoriser les actions et la réflexion du Musée pour son accessibilité au sein de la société et la rencontre des publics. Il favorisera la mise en place de projets valorisant la diversité et l’inclusion, en plus de fédérer des organisations partenaires autour de questions interculturelles. Le comité est composé de trois membres du MBAM et de sept spécialistes des questions interculturelles, qui se réuniront trois fois par année:

  • Michel de la Chenelière, président du conseil d’administration, MBAM
  • Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef, MBAM
  • Moridja Kitenge Banza, artiste et responsable des programmes éducatifs —Cultures du monde et vivre-ensemble, MBAM
  • Marie Houzeau, directrice générale, Groupe de recherche et d’intervention sociale(GRIS) de Montréal
  • Mohammed Makhfi, artiste, calligraphe et éducateur artistique
  • Cécile Rousseau, pédopsychiatre, professeure titulaire au Département de psychiatrie de l’Université McGill etdirectrice de l’équipe RAPS, Recherche et action sur les polarisations sociales
  • Moussa Sène, président, Conseil interculturel de Montréal
  • Nadine St-Louis, fondatrice et directrice générale, Espace culturel Ashukan
  • Bob W.White, directeur du laboratoire de recherche en relations interculturelles (LABRRI)et responsable du partenariat Montréal ville interculturelle
  • Cathy Wong, présidente, conseil municipal, Ville de Montréal

Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef du MBAM, explique cette initiative: « Après la création en 2010du comité Éducation, puis en 2017du comité Art et santé, ce troisième comité consultatif Art et vivre-ensemble charpente la vision humaniste du MBAM. Nous croyons que le musée est l’outil d’une diplomatie culturelle où dialoguent les cultures. L’apprentissage du vivre-ensemble passe par les échanges culturels. Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts. Notre perspective est ainsi plus interculturelle que multiculturelle. Avec nos experts, nous voulons favoriser la découverte de l’autre sous le chapiteau inclusif et rassembleur du MBAM. Si le Québécois a inventé le mot réseautage, c’est parce que nous voulons, non pas vivre dans une société fragmentée comme une mosaïque, mais bien faire partie d’un carrefour d’échanges. »

À propos du Musée des beaux-arts de Montréal:
Avec plus d’un million de visiteurs par année, le MBAM est l’un des musées les plus fréquentés au Canada et en Amérique du Nord. Ses expositions temporaires aux scénographies originales croisent les disciplines artistiques (beaux-arts, musique, cinéma, mode, design) et sont exportées aux quatre coins du monde, tandis que sa riche collection encyclopédique, répartie dans cinq pavillons, comprend l’art international, les cultures du monde, l’art contemporain, les arts décoratifs et le design, ainsi que l’art québécois et canadien. Le Musée a connu une croissance exceptionnelle au cours des dernières années avec l’inauguration de deux nouveaux pavillons: le pavillon Claire et Marc Bourgie, en 2011, et le pavillon pourla Paix Michal et Renata Hornstein, en 2016. Le complexe du MBAM est par ailleurs doté d’une salle de concert de 460places, la salle Bourgie, ainsi que d’un auditorium et d’une salle de cinéma. Le MBAM est en outre l’un des plus importants éditeurs canadiens de livres d’art en français et en anglais diffusés à l’international. Enfin, le Musée abrite l’Atelier international d’éducation et d’art-thérapie Michel de la Chenelière, le plus grand complexe éducatif dans un musée d’art en Amérique du Nord, qui permet la mise en œuvre de projets innovants en éducation, en mieux-être et en art-thérapie.

Entretien avec Dan Philip - Président de la Ligue des Noirs du Québec

Entretien avec Dan Philip La Ligue des Noirs du Québec

Posted by LencreNoir.com on Thursday, July 18, 2019

Dan Philip: 50 ans de solidarité

Dan Philip est l’un des piliers de la communauté noire de Montréal. Après plus de 50 ans de militantisme, il est toujours animé par le désir de protéger la veuve et l’orphelin. C’est lors des émeutes de l’Université Concordia , que M. Phllip avait ressenti l’urgence et la nécessité de fonder La Ligue des Noirs du Québec en 1969, avec d’autres camarades de l’époque.

Le 3 juin 2019, après plus de 50 ans passés au dans la lutte pour la justice sociale et les droits de la personne, Dan Phillip reçoit la Médaille de l’Assemblée Nationale de la citoyenneté de la circonscription d’Arcy-Mcgee qui souligne ses réalisations exceptionnelles dans le domaine de l’engagement communautaire

Aujourd’hui, c’est un grand homme sage que nous rencontrons, visiblement fier du travail accompli jusqu’ici, conscient et sûr de pouvoir passer le flambeau à une jeunesse apte à poursuivre la mission de l’organisme qui est demeuré la même : dénoncer les injustices, défendre les droits de la personne.

Oui, les mentalités ont peut-être un peu évolué dans la société québécoise lorsqu’on parle de relations interculturelles, diront certains, mais les luttes contre la discrimination raciale sont toujours d’actualité, particulièrement en matière de brutalité policière et de profilage racial dans différentes sphères.

2019 marque les cinquante années de fondation de la Ligue des Noirs du Québec.

ALPA —Accueil Liaison Pour Arrivants se réjouit de voir le gouvernement du Québec investir des sommes supplémentaires pour mieux franciser les personnes immigrantes

Dans l’offre intégrée de services pour les personnes immigrantes d’ALPA, organisme à but non lucratif basé dans l’est de Montréal, le programme de francisation représente un volet important, et ce depuis la création de l’organisme en 1984. Le 5 juillet dernier, le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, M. Simon Jolin-Barrette, annonçait un investissement supplémentaire pour la francisation des personnes immigrantes. ALPA, qui offre des cours à temps partiel à des centaines de personnes immigrantes chaque année, accueille cette annonce très favorablement, car la connaissance du français est un facteur considérable pour une intégration réussie à la société québécoise.

Faits saillants des annonces pour les clientèles d’ALPA :
– Élargissement de l’accès aux services de francisation à temps partiel ainsi qu’aux aides financières afférentes aux travailleurs et aux étudiants étrangers temporaires ainsi qu’à leur conjoint ou conjointe;
– Élargissement de l’accès aux services de francisation à temps partiel ainsi qu’aux aides financières afférentes aux personnes immigrantes admises au Québec depuis plus de 5 ans;
– Création d’une allocation de participation pour les cours à temps partiel de 15 $ par jour (à l’exception des demandeurs d’asile);
– Bonification du montant de l’allocation de frais de garde, pour les cours à temps partiel, de 7 $ à 9 $ par jour par enfant ou personne handicapée à charge.
Citation
« Apprendre le français, c’est un défi de taille quand il faut aussi organiser sa vie et soutenir sa famille. Les mesures annoncées aujourd’hui par le ministre Jolin-Barrette encourageront plus de gens à s’inscrire aux cours et favoriseront la persévérance. Une bonne connaissance de la langue française donne des outils à la personne pour trouver un meilleur emploi. »
René Fréchette, directeur général d’ALPA

Pour la session de 11 semaines qui s’amorçait le 8 juillet, 420 élèves issus de l’immigration sont inscrits au cours qui se donnent le matin, l’après-midi, le soir et le samedi. Pour informations, visitez www.alpaong.ca.

À propos d’ALPA
ALPA et son équipe spécialisée en immigration accompagnent 4 000 personnes immigrantes chaque année pour qu’elles concrétisent leurs rêves et contribuent à la prospérité du Québec. Dans l’offre intégrée de services, on retrouve l’accompagnement dans les démarches d’installation, un service-conseil en recherche d’emploi répondant aux exigences du marché du travail à Montréal et à l’extérieur de la région métropolitaine, un programme de francisation, et un service aux employeurs pour favoriser un meilleur accès à des postes qualifiés et un maintien en emploi. En offrant des services de qualité, ALPA vise la réussite du projet d’immigration et une pleine participation des personnes immigrantes à la société québécoise.

Loi 21: La loi Québécoise anti-migrants

Au Québec, la Coalition Avenir de Québec (CAQ) a récemment adopté les lois 21 et 9. La loi 21 stipule que les fonctionnaires de l’État, tels que les enseignants, les juges, les policiers et les gardiens de prison, ne peuvent plus porter de symboles religieux. Parallèlement, le projet de loi 9 propose un test des valeurs québécoises pour ceux qui veulent s’établir dans la province canadienne. Bien qu’il y ait des partisans de ces législations, la question qui devrait être posée à tous les citoyens du Québec en général est : « Comment cela m’impacte-t-il? »

Par ailleurs, le projet de loi (21) modifie la Charte des droits et libertés de la personne afin d’y inscrire que les libertés et droits
fondamentaux doivent s’exercer dans le respect de la laïcité de l’État.

Pour les fonctionnaires directement affectés par ce décret adopté sous le bâillon, la réponse est évidente: le gouvernement restreint leur employabilité sur la base de leur croyance religieuse et détermine ce qu’une personne peut ou ne peut pas porter au boulot. Cependant, pour d’autres, les conséquences de la loi sur leur vie quotidienne ne sont pas aussi bien définies.

Mais alors, pourquoi devrions-nous nous être préoccupés si ces lois n’affectent pas nécessairement la population québécoise dans son entier. Elles ne devraient limiter qu’un groupe de personnes en particulier – ceux et celles qui portent des symboles religieux visibles, ostentatoires. Très rapidement ces lois qui tentent d’encadrer la pratique de la foi des Québécois, nous atteindrons tous. Donc, ceci a nécessairement de l’importance. Nous devrions nous demander:quelle est l’esprit de ces lois?

J’avancerais que ces lois sont tout bonnement racistes et introduisent davantage de racisme dans notre société. En 2018, Corolyn B. Helsel a publié le livre Preaching about Racism: A Guide for Faith Leaders qui aborde la façon dont les gens perçoivent le racisme. Elle défroque certains mythes raciaux et examine l’approche des gens devant la question de la race. L’un des mythes abordés est que l’on n’est pas raciste parce que le racisme est une intention. L’auteure soutient que certains pensent que si l’intention n’est pas raciste, alors en vertu du fait qu’on n’a pas l’intention de l’être, alors, on ne peut être taxé de raciste. Cet argument peut certainement être appliqué ic,i au Québec, car le CAQ croit défendre les valeurs de la majorité et du Québec. Cependant, bien que la CAQ agirait, dans sa lunette, dans l’intérêt supérieur de la province, cette loi est contestée et des citoyens subissent une discrimination accrue, amplifiée par le gouvernement de la CAQ. En tant que Québécois, tous, nous ne pouvons ignorer la résultante de ces lois. Sinon, de nos yeux fermés, nous collaborons au racisme systémique ambiant.

Notre inattention à la situation québécoise actuelle et périlleux et ouvre grande la porte à de nouvelles injustices. En tant que citoyens canadiens, si nous ignorons les répercussions néfastes de ces deux lois sur nos vies quotidiennes, nous permettons à celles-ci de nous miner. Non seulement ces lois nous frappent de manière injuste, mais notre incapacité à prendre la défense de l’autre est outrageant.

En tant que membre des sociétés québécoises et canadiennes, il est dans notre intérêt de porter une attention particulière à la manière dont ces deux lois continuent à privilégier injustement les personnes qui ne sont pas touchées par ces celles-ci. Il est dans notre intérêt de réagir. Ici, toutes formes d’action seraient salvatrices. Cela peut se produire sous forme de dialogues, de partage de statuts sur les médias sociaux, d’écriture d’opinion, d’établir un dialogue avec quelqu’un de son passé, d’écrire une lettre à son député, d’assister à une manifestation ou de simplement être conscient, mais surtout, être actif.

Nous n’avons plus le luxe de nous cacher derrière nos différences en prétextant ne pas être musulman, ne pas porter d’hijab ou ne pas faire partie de la communauté sikhe ou juive… « Ce n’est pas grave pour un médecin juif d’enlever sa Kippa lorsqu’il pratique médicaments. »« Pourquoi un officier sikh de la SQ devrait-il bénéficier d’une exemption lui permettant de porter son turban? » Ces réflexions creuses nous font contribuer à la montée du racisme dans notre société bien québécoise.

Jessica Nabongo : Tour du monde d’une femme Noire

Lorsqu’on parle de réaliser un tour du monde, on a en tête de choisir quelques pays sur chaque continent et de partir en voyage pour une très longue période. Ce fantasme de voyageur s’est développé en vraie quête pour Jessica Nabongo. Cette blogueuse, entrepreneure et voyageuse accomplie a décidé de réaliser l’exploit suivant : être la première femme Noire à visiter tous les pays du monde.

Américaine de première génération, Jessica est née et a grandi à Détroit, dans le Michigan, avec des parents ougandais. Elle a fréquenté la St. John’s University à New York, où elle a obtenu son diplôme de premier cycle en littérature anglaise. Quelques années seulement après ses études, elle entame (et termine) une carrière dans la vente de produits pharmaceutiques, s’installe au Japon pour enseigner l’anglais. Au fur et à mesure que sa carrière changeait, Jessica réalisa que les voyages, l’écriture et la photographie continuaient de se révéler comme des moyens d’expression de soi et constituaient des éléments essentiels de sa vie.

Au moment de l’écriture de cet article, soit le 2 juillet 2019, Jessica Nabongo avait atteint son 180e pays sur 195. Il ne lui manque donc que 15 pays à visiter d’ici le 6 octobre 2019, date anniversaire de son père. Le choix de cette date n’est pas anodin, car elle veut rendre hommage à ses parents, ceux qui lui ont transmis l’amour du voyage. D’origine ougandaise, née et élevée à Détroit aux États-Unis, Jessica Nabongo a eu la piqûre du voyage dès son jeune âge. Toute famille à ses normes, faire ses valises et partir découvrir le monde en était une chez les Nabongo.

C’est avec beaucoup de sincérité et d’honnêteté que l’on peut suivre Jessica Nabongo sur sa page Instragram @thecatchmeifyoucan quotidiennement. Elle nous fait découvrir ces journées qui ne sortent pas nécessairement de l’ordinaire : elle se promène avec des locaux et tente de vivre l’authenticité des lieux qu’elle visite. Elle ne voyage pas pour les grands hôtels, bien que sa renommée lui permette de dormir dans de magnifiques endroits, mais bien pour nous démontrer que chaque partie du monde peut receler une beauté particulière si on se donne la peine d’y aller. On découvre, à travers son regard, des pays qu’on ne soupçonnait même pas, des cultures qui aiguisent notre curiosité. L’ouverture au monde ne pourrait pas être mieux définie.

En la suivant, on comprend que les nombreuses péripéties de Jessica ont développé sa fibre environnementaliste. Elle a vu beaucoup trop de lieux pollués par le plastique, elle nous sensibilise donc à ce niveau. On peut également retrouver des conseils et astuces pour optimiser nos voyages sur sa page. Sa compagnie Jet Black fait également la promotion de voyage dans des pays majoritairement Noirs.

Le plus beau dans l’aventure de Jessica Nobongo c’est qu’elle permet à d’innombrables gens d’avoir un contact avec une personne Noire positive et engagée. Elle fait briller la communauté à travers le monde à chaque contact humain qu’elle réalise et brise également bien des préjugés dans l’esprit de ceux qui la suivent. Laissez-vous inspirer et suivez-la dans les derniers tournants de son incroyable aventure en allant visiter son site www.thecatchmeifyoucan.com.

Bonnes découvertes!

 

Rimouski: Des personnes immigrantes et nouveaux arrivants à la découverte du patrimoine de la région

Les 5 à 7 Découvertes sont de retour cet été à raison d’une fois par mois. Découvrir le terroir tout en socialisant. Le Cabaret de la diversité invite la population de Rimouski-Neigette et des environs au pique-nique interculturel, le samedi 29 juin 2019, dans le cadre du premier d’une série de 5 à 7 – Découvertes; réalisé en partenariat avec Place aux jeunes Rimouski-Neigette et REZO Rimouski-Neigette.

Lenine Nankassa Boucal du Cabaret de la diversité, Julie Carré de Rézo Rimouski-Neigette et Martin Poirier de Place aux jeunes Rimouski-Neigette

Convaincu que la connaissance des codes culturels de la société d’accueil peut être un outil à l’intégration, ce projet d’innovation sociale et culturelle vise à faire connaitre le patrimoine local et régional aux personnes immigrantes et nouveaux arrivants tout en favorisant les rapprochements interculturels, le réseautage et le maillage avec la société d’accueil. Une occasion à la fois pour les néo-rimouskois de découvrir le patrimoine et s’imprégner davantage de la culture, des valeurs, des us et coutumes de leur société d’accueil et pour cette dernière de se réapproprier et de partager son propre patrimoine.

Contrairement à la première édition 2017 qui consistait en des 5 à 7 où le site touristique ou patrimonial parrain mandatait une personne pour venir faire un exposée et échanger avec le public, l’innovation de cette édition 2019 est de se déplacer sur le site proprement dit et faire vivre concrètement une expérience aux participants.

Pour s’inscrire ou suivre ce projet, suivez la page Facebook : Le Cabaret de la diversité ou nous écrire à : cabaretdiversite@gmail.com

Entretien avec Ndiaga Loum, prix d'excellence en enseignement à l'Université du Québec en Outaouais

Entretien avec Ndiaga Loum à l'exposition d'Omar Ba au Musée des Beaux-Arts de Montréal

Posted by LencreNoir.com on Thursday, June 20, 2019

Ndiaga Loum s’exprime sur le 4e pouvoir, la place des médias en Afrique

Rencontré le 10 juin au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) au milieu de l’exposition Vision Partagée de l’artiste sénégalais Omar Ba, Ndiaga Loum, professeur agrégé au Département des sciences sociales à l’université de l’Outaouais  s’est confié à L’Encre Noir.

Le dernier ouvrage, de Ndiaga Loum coécrit avec Ibrahima Sarr, professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar,  « Les médias en Afrique depuis les indépendances : Bilan, enjeux et perspectives », fait un état des lieux de la place des médias en Afrique aujourd’hui, de leurs rôles dans la démocratisation des États et comment la création de l’Internet et les médias sociaux a permis de créer un nouveau rapport de force.

Le professeur Ndiaga Loum consacre ses recherches aux questions touchant la communication internationale, les rapports entre les médias et les États en démocraties. Il s’intéresse également droit, à l’éthique, la déontologie et la régulation en information et en communication, aux relations internationales, au droit international humanitaire et aux Droits de la personne. – UQO

La compréhension des enjeux et du rôle des médias en Afrique aujourd’hui, ne peut se faire sans une analyse éclairée du passé culturel, économique, social et politique des États, confronté à un bilan des réalités actuelles. Pendant longtemps, les médias classiques étaient la chasse gardée des européens et d’une élite africaine émergente. Ils constituaient le « quatrième pouvoir ».  Pour Ndiaga Loum «Ils sont les témoins privilégiés de la trajectoire politique, économique, sociale et culturelle de l’Afrique avec les différentes séquences liées à la colonisation, à la décolonisation, au règne du parti unique, à l’avènement du « printemps politique africain », à la fin du monopole de l’État sur les médias. »

Mais depuis l’avènement de l’Internet et des réseaux sociaux, les rapports de force ont changé de paradigme. Le pouvoir des médias classique a diminué  pour laisser place au pouvoir social également appelé « le cinquième pouvoir ». Pour Ndiaga Loum « c’est la fin d’une ère, la fin du monopole de l’État sur les médias. »

Rappelons que,  le professeur Ndiaga Loum, est également expert en communications internationales et médias. Il est titulaire de la chaire Senghor de la Francophonie créée par le président Abdou Diouf.  Il a reçu en novembre 2018,  le Prix d’excellence Christiane-Melançon en enseignement de l’Université du Québec en Outaouais. Il a publié plus d’une centaine d’articles et écrit plus six ouvrages dont «  Les médias et l’État au Sénégal : l’impossible autonomie » et « Essai sur la justice pénale internationale »

Marié, il s’est aussi vu décerné par trois enfants, le prix du « Papa le plus cool au monde ».

Pour celles et ceux qui voudraient admirer en personnes les pièces uniques d’Omar Ba, en plus de celles que vous pouvez observer dans la vidéo ci-dessus,  eh bien, direction Musée des beaux-arts de Montréal situé en plein coeur de son centre-ville. Vous avez jusqu’au 10 novembre 2019 pour être témoin des oeuvres de  l’un des artistes les plus influents de sa génération.

55 ans des relations Russo-Congolaises (Congo Brazzaville) sous le signe de l’Amitié et de Coopération politico-économique

Du 16 mars 1964 au 16 mars 2019, cela fait 55 ans qu’ont été établies les relations bilatérales entre la République du Congo, jeune république nouvellement indépendante au moment de ce début de coopération et la Fédération de Russie, qui à cette époque, faisait encore partie de l’URSS.

La République du Congo, indépendante le 15 août 1960, pays francophone d’Afrique Centrale, de 242.000 km2 avec une population d’environ 5 millions d’habitants, a connu depuis son indépendance jusqu’au 15 août 1963, le chemin de l’idéologie capitaliste avec son premier président de la République, l’abbé Fulbert Youlou, un homme grandeur nature, qui a posé les prémices démocratiques et du développement du Congo devançant beaucoup les autres pays d’Afrique Noire à cette époque, comme le témoigne par exemple la chaine publique de télévision Congolaise, la toute première dans toute l’Afrique Noire francophone, inaugurée le 28 novembre 1962 par l’abbé Youlou.

En rappel, c’est le 16 mars 1964 que l’ex-URSS et le Congo ont établi leurs relations diplomatiques et signé les premiers accords bilatéraux. En 2018, dans le domaine de la formation des cadres congolais dans les universités civiles et militaires russes ainsi que de l’octroi de bourses d’études aux jeunes congolais, deux domaines qui demeurent « la locomotive de la coopération bilatérale », plus de trois cents étudiants ont bénéficié de la bourse russe pour une formation dans diverses filières.

Après le 15 août 1963, après la démission forcée ou le coup d’État du palais, le destin idéologique du Congo a basculé vers la gauche ou le socialisme. Le 15 août 1963, fait partie des trois journées symboliques, le 13, 14 et le 15 août 1963, appelées dans l’histoire politique du Congo, « Les Trois Glorieuses », du fait de la Révolution socialiste déclenchée par les Syndicats et les militaires socialistes pendant ces trois jours, pour renverser l’abbé Youlou.

La même année de 1963, voit arriver au pouvoir sur proposition des militaires putschistes ou révolutionnaires, Alphonse Massamba-Debat, qui jusqu’à là, était président de l’Assemblée Nationale du pays.

Massamba-Debat socialiste dans l’âme, instaure un régime politique socialiste. Mais son socialisme n’est pas le socialisme dit scientifique ou marxiste léniniste de l’URSS. Son socialisme est dénommé « Le Socialisme Bantu». Un Socialisme qui s’inspire des us et coutumes bantous, des traditions africaines, qui puise son identité dans la solidarité, la communauté africaine bantu, tout en coopérant avec les pays socialistes ayant réussi dans cette idéologie, comme l’URSS, la Chine de Mao Tse Toung, le Cuba de Fidel Castro, etc. pour doter le pays d’industries et d’infrastructures nécessaires.

C’est dans cette perspective que le 16 mars 1964, le président Massamba-Debat établit officiellement les relations bilatérales de coopération multiforme avec l’URSS. Cette coopération était initialement basée sur la formation des futurs cadres congolais dans divers domaines comme l’agriculture, l’élevage, la santé, l’enseignement et la formation militaire.

Ainsi à l’issue de cette coopération, plusieurs Congolais, étudiants, fonctionnaires civils et militaires ont été envoyés en URSS pour se perfectionner. De même, plusieurs cadres russes sont arrivés au Congo, pour justement encadrer et accompagner le personnel congolais travaillant avec les domaines des connaissances et l’expertise soviétique.

En 1965, suite aux nombreuses dérives du pouvoir dont plusieurs militaires en souffriront le martyre, Massamba-Debat est renversé du pouvoir par un groupe d’officiers militaires parachutistes socialistes, se revendiquant du socialisme scientifique ou marxiste léniniste, dont le chef du groupe, était Marien Ngouabi, le futur troisième président du Congo, victime aussi de ces dérives. Et parmi d’autres figures de ce groupe, il y’avait aussi l’officier Denis Sassou Nguesso (actuel président du Congo), Joachim Yombi (ancien président du Congo).

Marien Ngouabi et certains de ses proches prônaient la révolution populaire, sur toutes ses tendances. Selon lui, l’Union des Républiques Socialistes Sovietiques(URSS), Karl Marx, Lénine, Staline, étaient des modèles de la révolution qu’il fallait suivre du doigt et à l’oeil. Cette idéologie sera son leitmotiv.

Sous sa présidence, Marien Ngouabi applique le Socialisme marxiste-léniniste à la lettre. C’est ainsi, il rebaptise le pays « République Populaire du Congo » change l’hymne national par « Les Trois Glorieuses » et le drapeau national devient rouge avec un marteau et une faucette croisés à sa gauche et une étoile jaune en haut. Au niveau d’éducation, les pionniers font leur apparition avec des matières d’éducation civique populaire enseignant les vertus socialistes et du patriotisme.

Marien Ngouabi renforce de même sa coopération avec l’URSS, notamment dans la formation militaire et des cadres administratifs congolais, dont plusieurs cadres politiques de son parti politique le PCT (Parti Congolais du travail). À cet effet, plusieurs contingents militaires sont envoyés en URSS pour aller se former. Sa présidence a été marquée entre autres faits, dans cette coopération soviétique congolaise, par l’appui de l’URSS au Congo pour la libération de l’Angola du joug colonial portugais, avec l’hébergement, la logistique et la protection des membres du MPLA (parti au pouvoir en Angola)

À la mort de Marien Ngouabi, le 18 mars 1977, du à un assassinat, il y eu un bref passage à la présidence de Joachim Yombi sous le même régime socialiste.

En 1979, sous la même idéologie socialiste, Denis Sassou Nguesso prend le pouvoir pendant 13 ans (1979-1991) et même lui continue et renforce la coopération bilatérale avec l’URSS. Après la chute de celle-ci, il continue la coopération avec la Russie, jusqu’à la fin du socialisme d’État en 1992. Par exemple parmi les faits marquants de cette coopération sous la présidence du président Sassou, le Congo et la Russie ont oeuvré pour la fin de l’apartheid en Afrique du Sud avec la libération de Nelson Mandela en 1990.

Lorsque le Congo fait un retour à la démocratie libérale occidentale, il garde ses relations privilégiées avec Moscou, qui jusqu’à de nos jours, elles sont toujours au beau fixe, tant dans le domaine d’éducation ou militaire, comme en témoignent de nombreuses bourses d’études de la Russie et du Congo offertes aux étudiants et militaires congolais formés en Russie. Ou encore la coopération économique avec les commissions mixtes entre les deux pays, notamment pour le commerce, les infrastructures, le gaz, le pétrole.

Pour ces 55 ans, le président Sassou Nguesso a effectué en mai de cette année, une visite officielle d’une semaine en Russie, où il est attendu pour des entretiens en tête à tête avec son homologue russe Vladmir Poutine, une adresse devant la Douma (le parlement russe) et la signature de plusieurs accords de coopération entre le Congo et la Russie.

55 ans de coopération bilatérale, est sans doute, l’âge de maturité, de raison, d’histoire commune partagé, de partenariats et d’intérêts mutuels. C’est aussi une relation renforcée qui certainement profitera aux « deux pays camarades », s’il le faut le dire ainsi.

Une allée « Solitude » ou une allée de « la Mulâtresse Solitude » à Paris?

Le 12 juin 2019, par un voeu défendu par l’adjointe à la mémoire Catherine Vieu-Charier, la ville de Paris envisageait de donner à une voie parisienne le nom de Solitude, et l’on ne peut que s’en réjouir, car Solitude est une héroïne bien ancrée dans la mémoire collective des Guadeloupéens.

Née vers 1772, Solitude est la fille d’une esclave africaine, violée par un marin sur le bateau qui la déportait aux Antilles.
Lorsque, par la loi du 20 mai 1802, Napoléon Bonaparte rétablit l’esclavage dans les colonies, Solitude se rallie à l’appel de Louis Delgrès et combat à ses côtés pour la liberté. Survivante de la bataille du 28 mai 1802, elle est condamnée à mort et emprisonnée, entre mai et décembre 1802, jusqu’à son accouchement. Elle est exécutée par pendaison le 29 novembre 1802, le lendemain de son accouchement.

Cependant, l’idée de reprendre l’épithète de « mulâtresse » accolée au nom de Solitude dès 1858 par le magistrat Auguste Lacour, conseiller à la cour de Basse-Terre, héritier d’une grande famille esclavagiste, et par ailleurs auteur d’une histoire de la Guadeloupe, intéressante, mais bien souvent discutable, a de quoi surprendre.

Tous les personnages guadeloupéens présentés par Lacour comme secondaires dans son histoire sont en effet affublés d’une épithète raciste évoquant leur couleur: le nègre Sans-Peur, la mulâtresse Marthe-Rose… Bien sûr, Solitude n’échappe pas à la règle.

Lacour partageait les préjugés coloniaux de son époque — le Second Empire — et surtout de sa caste, celle des grands planteurs.

Force est de reconnaître, pourtant, que c’est grâce à lui que Solitude est connue.

Et voici ce qu’il en dit (Histoire de la Guadeloupe, Basse-Terre, 1858, tome 3, p 311):

« Les négresses et les mulâtresses surtout se montraient acharnées contre les femmes blanches. La mulâtresse Solitude, venue de la Pointe-à-Pitre à la Basse-Terre, était alors dans le camp de Palerme. Elle laissait éclater, dans toutes les occasions, sa haine et sa fureur. Elle avait des lapins. L’un d’eux s’étant échappé, elle s’arme d’une broche; court, le perce, le lève, et le présentant aux prisonnières : “Tiens, dit-elle, en mêlant à ses paroles les épithètes les plus injurieuses, voilà comme je vais vous traiter quand il en sera temps!” Et cette malheureuse allait devenir mère! Solitude n’abandonna pas les rebelles et resta près d’eux, comme leur mauvais génie, pour les exciter aux plus grands forfaits. Arrêtée enfin au milieu d’une bande d’insurgés, elle fut condamnée à mort; mais on dut surseoir à l’exécution et la sentence. Elle fut suppliciée le 29 novembre [1802], après sa délivrance. »

Solitude avait évidemment laissé une trace dans la mémoire collective. Mais c’est à partir de ce paragraphe de Lacour que les Guadeloupéens du XIXe et du XXe siècle ont fait de Solitude — par réaction sans doute à l’image féroce qu’en donne le magistrat — une héroïne de la résistance à l’esclavage qui a inspiré plusieurs romans.

Le plus célèbre est celui d’André Schwarz-Bart, publié en 1972, qui a repris pour titre la formule de Lacour, La mulâtresse Solitude. Outre qu’il ne faut pas prendre ce titre au premier degré, un nom de rue n’est pas la même chose qu’un titre de livre. On imagine difficilement à Paris une rue du Nègre qui vous emmerde, en hommage à Aimé Césaire.

D’ailleurs, la traduction américaine de l’ouvrage de Schwarz-Bart est A woman called Solitude (une femme nommée Solitude). « Mulatto », l’équivalent de « mulâtresse » est une épithète si dégradante en anglais qu’elle n’était pas envisageable un seul instant.

Il en va de même en français. Plus encore que « mulâtre », « mulâtresse », comme l’a bien reconnu le lexicologue Jean Rey dans l’édition de 2011 du Robert, est un adjectif particulièrement péjoratif et dépréciateur.

Bien sûr, il y aura toujours des gens pour dire le contraire et pour vouloir donner des leçons d’histoire aux Guadeloupéens. Des gens qui savent mieux qu’eux ce qui est bon ou mauvais pour eux. Ce sont les mêmes pour qui c’était une bonne idée de rebaptiser Bal nègre, le Bal Blomet.

Pourtant, « mulâtresse » ou « mule », c’étaient des termes méprisants de colons racistes pour désigner les filles issues généralement d’un viol, avec l’idée sous-jacente d’une prétendue lubricité appelant de nouveau au viol.

On sait par ailleurs que le mulet est le produit stérile de la relation âne-cheval. Le terme de mulâtre – mulatto – était une façon de plus d’animaliser pour inférioriser.

Le plus triste, c’est que beaucoup reprennent l’expression en ignorant complètement ce qu’elle véhicule.

S’il est évident que Solitude ne mérite pas d’être rabaissée par une épithète outrageante — surtout sous le prétexte d’être honorée — les Guadeloupéens, déjà meurtris par les propos de Christine Angot (que la classe politique est loin d’avoir unanimement condamnés) n’avaient, en ce qui les concerne, pas besoin d’une humiliation de plus.

À moins qu’on en arrive, comme dans le livre de Lacour, à indiquer sur (presque) toutes les plaques des noms de rue de Paris qu’il s’agit bien de « blancs ».

À moins que demain, dans les écoles parisiennes, certains professeurs, encouragés par l’existence d’une allée de la mulâtresse Solitude, puissent impunément apostropher certains de leurs élèves en accolant eux aussi l’épithète de « mulâtre » ou de « mulâtresse » aux patronymes.

Pour en savoir plus sur Solitude

Pour en savoir plus sur les termes « mulâtre » et « mulâtresse »

Propos de Christine Angot sur l’esclavage sur France 2

L’association des amis du général Dumas, organisatrice des commémorations du 10 mai à Paris et Villers-Cotterêts (journée nationale des mémoires de la traite et de l’esclavage) sous le haut patronage du Président de la République, et présidée par l’écrivain Claude Ribbe, dépose plainte contre X pour apologie de réduction en esclavage (article 24 de la loi du 29 juillet 1881).

L’association des amis du général Dumas, déclarée à la préfecture de police de Paris (récépissé du 28 juin 2006) a pour objet de « faire connaître la vie du général Thomas-Alexandre Davy de La Pailleterie, dit Alexandre Dumas (1762-1806), figure emblématique issue de l’esclavage, général républicain, d’origine africaine par sa mère, né esclave à Saint-Domingue (république d’Haïti), mort libre à Villers-Cotterêts (Aisne) ; honorer et défendre sa mémoire, au regard notamment de ses origines africaines et de la condition d’esclavage qui fut la sienne dans sa jeunesse ; honorer et défendre la mémoire de sa famille : ascendants, descendants ou collatéraux » (journal officiel de la République française du 5 août 2006, p 3812)
Depuis 2009, l’association des amis du général Dumas, qui est à l’origine de l’installation du monument Fers, place du général-Catroux à Paris, 17e arrondissement, organise, tous les 10 mai – à l’occasion de la journée nationale des mémoires des traites, de l’esclavage et de leurs abolitions- une commémoration populaire et consensuelle de l’abolition de l’esclavage à Paris, place du général-Catroux et à Villers-Cotterêts (depuis 2018 dans la cour du château), en présence de nombreuses personnalités.

Christine Angot

Depuis 2018, la commémoration organisée par l’association des amis du général Dumas est placée sous le haut patronage du Président de la République.

Le samedi 1er juin, lors de la diffusion de l’émission (préalablement enregistrée) « On n’est pas couchés », animée par Monsieur Laurent Ruquier, sur la chaîne de service public France 2, Madame Christine Angot a déclaré :« Les Juifs, pendant la guerre, ça a bien été de les exterminer, c’est-à-dire de les tuer. Et ça introduit par exemple une différence fondamentale, alors que l’on veut confondre, avec par exemple l’esclavage des noirs, envoyés aux Etats-Unis, ou ailleurs… C’était exactement le contraire : l’idée c’était au contraire qu’ils soient en pleine forme, en bonne santé pour pouvoir les vendre et qu’ils soient commercialisables. Donc non, ce n’est pas vrai que les traumatismes sont les mêmes, que les souffrances infligées aux peuples sont les mêmes »

L’animateur de l’émission, M. Ruquier, n’est pas intervenu pour modérer sa chroniqueuse. Bien au contraire, il a maintenu la séquence au visionnage pour qu’elle soit diffusée et il a ultérieurement déclaré que les réactions indignées provoquées par les propos de Madame Angot constituaient une « polémique inutile ».

Il est par ailleurs constatable que M. Franz Giesbert, qui était aux côtés de Madame Angot pendant l’émission, approuve manifestement ce qu’elle dit, non seulement en hochant la tête, mais en lui suggérant des mots : « pour qu’ils soient en bonne santé, bien sûr… travailler massivement, oui… » L’incident a très profondément choqué l’opinion et a donné lieu à plus de 900 signalements au conseil supérieur de l’audiovisuel.

Ces propos, en l’occurrence appliqués aux victimes de l’esclavage à un moment et à un lieu donnés, ne concernent pas seulement les Africains déportés en Amérique. Ils sont manifestement et logiquement transposables à toutes les victimes de l’esclavage, quelle que soit leur origine ou la couleur de leur peau, et en particulier aux victimes de l’esclavage contemporain, puisqu’ils tendent à démontrer que, de manière générale, l’esclave est en quelque sorte préservé, voire bien traité par l’esclavagiste et que, dès lors, il ne subit pas de préjudice, où en tout cas un préjudice mineur.
Il est d’ailleurs assez courant que le parallèle soit fait, notamment à l’occasion des journées mémorielles, tant par la presse que par les responsables politiques, entre l’esclavage du passé et l’esclavage contemporain.

De ce fait, les propos tenus par Madame Angot et diffusés par la chaîne France 2 sont de nature à atténuer la culpabilité de tout auteur du crime de réduction en esclavage et ils sont par conséquent constitutifs du délit d’apologie du crime de réduction en esclavage visé et réprimé par l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881.

C’est la raison pour laquelle, Claude Ribbe, en sa qualité de président de l’association des amis du général Dumas, a déposé plainte le 5 juin 2019 contre X du chef d’apologie du crime de réduction en esclavage entre les mains du Procureur de la République de Paris.

5 conseils de voyage pour Noirs avertis

Visiter un autre pays, c’est décider de devenir l’étranger pour un moment. Bien qu’on puisse être surexcité par la nouveauté et tout ce qui va avec, il ne faut pas oublier que votre terrain de jeu, c’est la maison des autres. Par simple instinct de survie, le corps humain se met sur la défensive devant la nouveauté. Il a besoin d’être sûr que ce qui rentre dans son environnement n’est pas dangereux pour lui. En ayant cela en tête, il est bien possible que les gens rencontrés en voyage soient sur la défensive à votre contact, surtout s’ils n’ont jamais vu de personnes Noires.

Sur le continent noir, après l’Afrique du Sud et le Maroc, le Rwanda s’impose comme troisième destination du continent avec 1,2 million de visiteurs par an en se positionnant sur le haut de gamme et le tourisme d’affaires.

Voici donc 5 conseils de voyage pour les Noirs afin de rendre votre séjour le plus agréable possible.

1. Soyez prêt mentalement

Si vous vivez dans un milieu pluriethnique, il faut comprendre que partout, ce n’est pas le cas. Certaines populations restent entre elles seulement ou ne sont habituées qu’à voir des gens qui habitent dans un espace plus ou moins rapproché d’eux. Il faut donc se préparer mentalement à se faire regarder, admirer, parfois même dévisager et, dans le monde technologique dans lequel on vit, filmer et prendre en photo sans consentement. Je peux vous dire que ce dernier point m’a vraiment choqué durant mon voyage en Asie en 2018. C’est bien pour cela que je vous le dis : soyez prêt mentalement.  De plus, il ne faut pas minimaliser les impacts du colonialisme sur des générations de personnes. Certains seront curieux par ignorance, mais d’autres seront malheureusement carrément racistes à votre égard. Je le répète : soyez prêt mentalement.

2. Allez-y graduellement

On peut avoir la fibre voyageuse, mais il faut aussi savoir se ménager pour ne pas qu’une grande histoire d’amour avec la découverte devienne une catastrophe traumatisante. Commencez par voyager avec quelqu’un, si possible, dans des pays où il y a beaucoup de tourismes et où vous maitrisez la langue. Cela vous permettra de vous accoutumer au dépaysement plus facilement que de vous lancer dans un voyage solitaire en sac à dos au fond d’une jungle où il n’y aurait aucune connexion Internet. J’ai d’ailleurs commencé à voyager en tout inclus, ce qui m’a permis de profiter de belles vacances avant de connaître le voyage, car, avec l’expérience, vous verrez qu’il y a bien une distinction entre les deux!

3. Amenez « vos produits blacks »

On se sent encore mieux ailleurs quand on part avec une partie de chez soi. Amenez donc votre sauce piquante préférée, vos produits pour cheveux crépus, votre huile pour les petits bobos, votre crème pour la peau. N’oubliez pas que vous êtes l’étranger. Les magasins où vous irez offriront des produits aimés par les locaux. Ils peuvent bien différer de vos goûts et habitudes quotidiennes.

4. Écoutez-vous

Ce conseil, comme le second, peut rejoindre tous les voyageurs. Si vous avez l’impression d’être discriminé ou que vous ne vous sentez pas à l’aise quelque part, peu importe la raison, changez d’endroit. Oui, vous aurez peut-être déjà payé votre séjour au complet, mais la paix d’esprit n’a pas de prix.

5. Oubliez votre couleur de peau

Soyons clairs là-dessus : soyez toujours fière de vos origines Noires et de votre parcours. Ce que je veux dire par «oubliez votre couleur de peau» c’est que vous n’avez pas à voyager en ayant en tête l’évangélisation du monde entier sur la culture noire. Il faut que les gens que vous rencontrez tombent amoureux de votre personne avant tout. C’est avec une attitude d’ouverture et d’échange qu’ils seront plus aptes à s’intéresser à la culture noire et aux beautés qu’elles cachent. N’allez pas vers les gens en pensant qu’ils ont automatiquement une réticence à rencontrer une personne Noire. Vous êtes, que vous le vouliez ou non, pour ceux qui ne Nous côtoient pas, des représentants de toute une communauté. Allez vers le monde avec positivisme. On a plus de chance de recevoir un sourire quand on en offre un.

Élections 2019 en Belgique, une pléthore de candidats afrodescendants pour très peu d’élus

Comme les années électorales précédentes, les afrodescendants de Belgique se sont retrouvés nombreux sur les listes électorales. Comme en 2014, ils sortiront déçus des élections de 2019. Car ils ne seront que très peu à être élus, victimes du jeu mesquin, voire méprisant des partis politiques à l’égard d’une certaine classe politique afrodescendante.

Le système électoral de listes et les votes de préférence devraient inviter les élus politiques afrodescendants à faire attention à leurs positions sur les listes et à exiger des places éligibles. Car dans ce genre de système, toutes les voix comptent.

Les Afrodescendants doivent se rendre compte que malgré la négation publique des élites politiques, la Belgique est un pays « communautariste » par son histoire, sa composition humaine, socio-ethnologique, géographique et linguistique. Par conséquent, son système politique et électoral n’en est que la pure expression.

Le système électoral de listes et les votes de préférence devraient inviter les élus politiques afrodescendants à faire attention à leurs positions sur les listes et à exiger des places éligibles. Car dans ce genre de système, toutes les voix comptent.

En outre, la nature et la réalité du racisme devraient être reconnues : le racisme est avant tout le premier des « communautarismes », du fait des privilèges et places de préférences et d’emplois, qui sont accordés ou que s’accordent les uns en fonction de la prétendue supériorité ou suprématie de leur « race » sur les autres.

Fort des deux éléments ci-dessus, la réponse efficace contre le racisme et les discriminations qui en découlent consiste à se faire valablement représenter dans les instances de décisions des organisations publiques et privées. Ce communautarisme de réaction et « d’autodéfense » est malheureusement peu compris de la majorité des afrodescendants. Les autres communautés l’ont compris, et les résultats électoraux parlent pour elles positivement à chaque élection.

 

À quoi assistons-nous en réalité? Un spectacle puéril et désolant d’une classe politique afrodescendantes, qui, depuis des années a bâti sa « carrière politique » à travers des concurrences stériles entre hommes et femmes politiques originaires parfois du même pays ou de pays différents. Parmi eux, certains, adoubés par le système dominant, s’illustrent dans le « diviser pour mieux régner », jouent de leur « congolité » pour affirmer leur préséance et légitimité historique et sociale en Belgique par rapport à d’autres communautés africaines. En fait, ils revendiquent en quelque sorte leur « statut d’évolué », comme à l’époque coloniale.

Les conséquences, que certains d’entre nous n’ont cessé de dénoncer depuis un quart de siècle, sont celles que Bertin Mampaka, un des leaders incontestés de la communauté afrodescendante en Belgique, constate lui-même dans une interview du 22 mai 2019, dans le journal en ligne « Congo indépendant »[1] : « On a assisté une prolifération de candidatures. Le risque est qu’il y ait une énorme dispersion des voix au niveau spécialement de la communauté congolaise. À titre d’exemple, Ixelles compte 45 candidats dont 5 Subsahariens. Il y a sans doute des candidatures de complaisance. Des attrapes-voix. Contrairement aux Belges d’origine turque et maghrébine, les Congolais de Kinshasa voient leur représentativité s’amenuiser. Sans vouloir jeter la pierre sur qui que ce soit, je constate que le subsaharien est facilement « divisables ». Les Européens, eux, sont constamment dans une attitude de rapports de force. Nos divisions sont exploitées par les autres communautés. En fait, il manque à la communauté congolaise une sorte de « sage » devant jouer le rôle « d’arbitre ». Pour tout vous dire, nous avons eu une « campagne électorale pourrie ».

Bertin Mampaka, qui ne peut pas se plaindre de n’avoir pas reçu le soutien de la communauté, fait-il une autocritique de plus d’un quart de siècle de vie politique ? regrette-t-il de n’avoir pas pu faire plus pour renforcer les capacités politiques des afrodescendants ? Est-ce le constat d’un héritage politique mal préparé ?

« Je veux simplement dire, poursuit Bertin Mampaka, qu’on ne s’improvise pas politicien. On assiste à l’apparition d’une importance quantité de jeunes candidats – toutes tendances politiques confondues – quelque peu « indisciplinés ». Ces jeunes considèrent que « les anciens n’ont rien fait ». Que dire des emplois créés, des logements sociaux pour lesquels nous nous sommes battus et des subsides accordés à des associations? La campagne a été « pourrie » parce que nous avons côtoyé des gens dénués d’une bonne éducation. Je leur dis: on peut battre campagne tout en restant courtois et respectueux des autres » (…) Il s’agit, à mon avis, d’un problème d’ambitions mal gérées, voire démesurées. Une situation due à une ignorance des « codes » de la politique. Pour réussir en politique, il faut commencer par coller les affiches d’un candidat. Lorsqu’on colle ses propres affiches, on ne va jamais loin… ». Bertin Mampaka peut se tromper.

En effet, la nouvelle génération de jeunes afrodescendants est certainement mieux outillée, encadrée et consciente des dégâts de la mentalité de « colonisé » et du racisme et de la négrophobie, tirent les leçons de l’expérience de leurs aînés. Le rapport de force dont parle Bertin Mampaka se construit, dans une attitude et posture de dignité. Ce que les jeunes mettent en avant. Le résultat des prochaines élections surprendront sûrement, des jeunes afrodescendants détrôneront des anciens. On pourra être surpris par une volonté de changement de génération : au CdH par exemple, une surprise pourra venir de la jeune comme Gladys Kazadi, 12e effective à la région de Bruxelles.Doit-on s’en offusquer ? N’est-ce pas la nature des choses ?

Les jeunes générations doivent cependant se garder de trois attitudes pièges/défauts : le complexe de « colonisé », une intériorisation de la supposée infériorité dans laquelle enferme le discours raciste. Or, l’amour de soi doit être entretenu, qui favorise la confiance en soi et le développement des potentialités intrinsèques. Le second défaut est le « Mhoiceulisme » (« moi seul » décrié par l’écrivain africain Bernard Dadié dans les années des indépendances africaines), attitude solitaire qui anéantit toute posture de travail en équipe. Enfin, il faut s’écarter du « plairisme », qui consiste selon nous à faire plaisir à l’Homme « Blanc » et au système dominant, ceci parfois dédoublé de bouffonnerie et de pitrerie.

Aussi, conseillerions-nous aux afrodescendants conscients des réalités et difficultés de la communauté, de ne pas gaspiller leurs « munitions » électorales le 26 mai prochain. Allez voter. Tout vote compte. Voter nominativement, donner votre voix de préférence à des candidats épris de changement politique et social de la société. Donnez vos voix à ceux qui vous ont démontré qu’ils se battaient pour la justice et l’égalité sociale réelle. Donnez vos voix aux afrodescendants qui ont mis leur expertise et leur savoir-faire au servir d’un autre monde, d’une société ouverte pour une meilleure vivre ensemble.

Une analyse attentive des listes laisse entrevoir les choix politiques communautaristes fait par les partis politiques dans la composition des listes, élargissant la base des nationalités africaines. Cependant, on ne prend que rarement en compte et le respect de la compétence, de la notoriété affirmée des afrodescendants. Comme ci le système dominant a manifestement peur de la montée des afrodescendants de qualité dans la politique européenne, notamment dans le fait qu’il trouve sa force de domination de l’Afrique dans la neutralisation de l’émergence de toute force politique afrodescendante en Europe. La précarisation des afrodescendants en Europe a pour projet politique leur affaiblissement vis-à-vis du continent africain.

Pour le 26 mai 2019, ceux des afrodescendants qui ont des chances d’être élus ne sont pas nombreux. Les candidats en positions éligibles sont les suivants : au niveau fédéral, à la chambre, Alain Eyenga de Défi (2e effectif sur la liste du Hainaut qui compte 18 députés à élire) ; à la région de Bruxelles : Barbara Trachte et Kalvin Soiresse d’Ecolo, respectivement 2e et 3e effectifs et Pierre Kompany, du CdH, 2e effectif ; à la région wallonne : Germain Muguemangango, PTB de Charleroi et Joelle Kampompole, PS de Mons, respectivement têtes de liste.

Aux autres candidats, donnez-leur vos voix pour les aider à faire du poids à l’intérieur de leur parti politique. Mais qu’ils ne vous fassent pas croire que vos voix permettront leur propre élection. Donnez-leur directement vos suffrages (voix), ils pourront mieux défendre vos droits. Votez pour changer la, société. Votez pour changer le monde. Votez pour combattre le racisme, la négrophobie et l’islamophobie. Mais gardez-vous des discours des bonimenteurs, qui, à la veille de chaque élection, vous font des promesses pour les renier, et vous reniez le lendemain.

[1]– Mampaka Bertin : « Le royaume de Belgique n’est pas un ennemi. C’est un allié du Congo », Baudouin Amba Wetshi, 22 mai 2019 (https://www.congoindependant.com/mampaka-le-royaume-de-belgique-nest-pas-un-ennemi-cest-un-allie-du-congo/comment-page-1/….).

Un moment avec Michael Farkas

Michael Farkas: Président de la Table Ronde du Mois de l'Histoire des Noirs

Posted by LencreNoir.com on Thursday, May 23, 2019

Michael P. Farkas: le dandy de la Table ronde du mois de l’Histoire des Noirs

Mi-dandy, mi-épicurien, Michael P. Farkas, est une personnalité incontournable de l’environnement culturel et communautaire montréalais.  Président de la Table ronde du mois de l’Histoire des Noirs depuis 2009 et directeur de la maison des jeunes, Youth in Motion depuis 2008, Michael Farkas est ce que les Américains appellent le Self-Made-Man, c’est-à-dire  l’homme qui a acquis son statut social par son mérite personnel, en partant de rien ou avec peu de choses.

Entrevue avec Michael Farkas

Michael P. Farkas a grandi dans la ville de Mont-Saint-Hilaire dans sa famille adoptive avec une mère suisse, un père hongrois, et huit frères et sœurs issus de toutes les communautés culturelles du monde.

Cet environnement familial aux allures d’un sommet des Nations-Unies ne l’a pour autant pas protégé du racisme et du rejet. « C’est au secondaire que j’ai le plus souffert d’être le seul Noir. Bien que mes parents étaient aussi blancs, je n’étais pas autorisé à rentrer dans la maison de mes ami(e)s. » Consciente de la souffrance que cela générait chez son fils, sa mère lui répétait régulièrement cette phrase « Sois juste toi-même et puis, ça va aller. »

Difficile d’être soi-même, quand on ne sait pas qui on est réellement et qu’on a baigné dans autant de diversité. Cette quête identitaire l’a amené sur des chemins peu recommandables. Il aurait pu ne jamais s’en sortir, mais c’était sans compter sur sa résilience, le goût d’aider les autres et sa passion pour la musique. S’il y a bien un proverbe qui illustre la personnalité de Michael P. Farkas, c’est celui de Winston Churchill qui dit « l’échec n’est pas fatal, le succès n’est pas final. »  C’est ce que Michael Farkas tente à son tour de transmettre à ses enfants, ainsi qu’aux jeunes de l’organisation Youth in Motion.

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