Plus on sait, moins on affirme

Le musée royal de l’Afrique centrale est un établissement scientifique fédéral belge situé en Brabant flamand à Tervueren, à quelques kilomètres de Bruxelles.

Jugé offensif, la Belgique renouvelle son musée sur l’Afrique

Le musée royal de l’Afrique centrale (ou AfricaMuseum) a été modernisé, passant d’une exposition de propagande procoloniale à une critique du passé impérialiste belge.

Le musée royal de l’Afrique centrale est un établissement scientifique fédéral belge situé en Brabant flamand à Tervueren, à quelques kilomètres de Bruxelles.

Pour donner une vitrine à son Congo et une idée du potentiel économique de cette région aux Belges et ainsi attirer les investissements, Léopold II souhaitait aménager une sorte de musée en mettant en scène les objets originaux, importés en quantité. Jusqu’en 1960, année de l’indépendance du Congo, les collections ne cessèrent de s’agrandir par les envois d’objets et d’échantillons de toutes sortes effectués par des militaires, des missionnaires, des administrateurs coloniaux, des commerçants et des scientifiques.

Léopold II , le plus important génocidaire de tous les temps avec « 10 millions de morts sur la conscience », comme le note l’écrivain Mark Twain (auteur des Aventures de Tom Sawyer) dans le soliloque du roi Léopold, a imprégné la direction de ce musée depuis ces débuts à l’aube des années 1900. Un cynique fantasme suprémaciste que le musée conserva jusqu’à sa très récente fermeture.

Il a fallu une demie décennie de travaux et 77 M$ pour transformer ce qui était le musée du Congo Belge vers le redessiné musée royal de l’Afrique central. Le musée fut fermé durant cinq ans, de fin 2013 à fait 2018. Il rouvre officiellement le 9 décembre 2018.

Rempli d’artefacts et d’animaux empaillés, cet établissement a souvent été critiqué pour avoir ignoré les sauvageries du roi Léopold II, dont les troupes conservaient les mains de ceux qui résistaient au travail forcé à une époque où des millions de Congolais ont trouvé atrocement la mort.

Le directeur général du musée royal de l’Afrique centrale se défend bien d’être une source du problème en pointant du doigt le système d’éducation : « Ce qu’il faut faire, c’est que l’histoire coloniale fasse partie du programme scolaire dans les écoles belges. /…/  Vous ne pouvez pas laisser à notre musée le soin de raconter l’histoire sur l’Afrique contemporaine et sur les problèmes du passé colonial. C’est vraiment quelque chose qui devrait être traité par le système éducatif en commençant par toutes les écoles. »

Le roi Philippe, descendant direct de Léopold II, n’a pas assisté à la cérémonie officielle réservée aux « partenaires » de la rénovation du musée royal de l’Afrique centrale le samedi 8 décembre 2018, un jour avant l’ouverture des portes au grand public. « La métamorphose du lieu va être magnifique, mais c’est prématuré d’y aller », rapportait le palais belge face à ce que l’on perçoit toujours comme un placard à trophées alors que des crânes de chefs congolais gisent toujours dans des enceintes étatiques de la Belgique.

Les activistes ont communiqué que les collections du musée contiennent des artefacts volés au Congo sous le régime colonial. Jusqu’à ce que ces artefacts soient rendus, ils affirment que le musée continuera à être une extension du colonialisme.

Entamé par la France, la question du rapatriement des artefacts du musée africain plane toujours dans les conversations en Belgique.

« On est en retard par rapport à la dynamique internationale (…) nous voulons une commission transparente, mixte, avec un calendrier et un canevas, pas du flou», a révèle mardi Mireille-Tsheusi Robert, de l’association Bamko-Cran ASBL, un Comité afrodescendant pour l’interculturalité en Belgique. « Je ne mettrai pas les pieds au musée parce que pour moi ça revient à danser et à festoyer autour de tombes » certifie l’auteure militante qui exige leur restitution.

L’Espace Mushagalusa ne fermera pas ses portes

Après la tempête qui vient de le secouer, Guy Mushagalusa Chigoho peut enfin respirer et profiter de la soirée de collecte de fonds organisée ce jeudi au profit de sa galerie, l’Espace Mashagalusa.  Le défi de collecter avant minuit, un minimum de 12000 $, pour payer le retard d’un mois et demi de  loyer a  été relevé. Faute de quoi, il aurait été obligé de libérer les lieux le lendemain avant midi.

Guy Mushagalusa Chigoho

Guy Mushagalusa Chigoho

Alors qu’il pensait que l’Espace Mushagalusa, la galerie d’art africain qu’il a fondé et financé sur fonds propres depuis 2014, allait bientôt mettre la clé sous la porte pour défaut de paiement d’un mois et demi de loyer, Guy Mushagalusa Chigoho, a été surpris par l’élan de solidarité qui s’était tissé autour de lui pour sauver la galerie.

Les artistes et les musiciens, habitués à fréquenter la galerie depuis des années, ont décidé de créer le collectif, Les amis de l’Espace Mushagalusa pour collecter les fonds nécessaires. Ils ont lancé sur la toile une campagne de collecte de fonds et organisé ce jeudi une soirée moyennant une participation individuelle de 20$ ou plus. « Quand on a su que l’espace allait fermer pour une question d’argent, nous n’avons pas hésité à nous engager » nous raconte Mayamba Luboya, un des membres fondateurs du collectif.

« J’étais sur le point de craquer, c’est grâce à eux que j’ai pu tenir, ils m’ont rendu fort et beau » déclare tout ému Guy Mashagalusa Chigoho, quand il réalise que les 12000$ avaient été collectés.

Afrique, mon Afrique !

C’est dans une ambiance musicale aux vibrants sons d’Afrique, avec des chansons telles que « Amiwo » de Bebe Manga, que de nombreux musiciens issus de la diaspora tels que Mona Muse, Naxx Mulumba, Donald Dogbo, Niakale, Abéna Antagana, Elete Rimtobaye, Paul Regem, et bien d’autres se sont succédé sur scène pour exprimer leur solidarité.

La styliste Bobette NL a offert deux créations de sa marque UZURI et s’était improvisée, hôtesse d’accueil. Quant à Diogène Ntirandekura, il faisait office de maître de cérémonie.

En seulement quatre jours, l’objectif a été atteint « C’est la preuve que quand les noirs se mettent ensemble pour travailler, on peut accomplir des miracles » dit Mayamba Luboya

On pouvait lire sur chaque visage la fierté de faire partie de la grande famille des amis de l’espace Mushagalusa, et d’avoir ainsi contribué à sauver, cet espace qualifié à l’unanimité d’unique et de rare sur Montréal.

Un lieu d’exception

Créé en 2014, pour promouvoir l’art africain et les artistes de la diaspora africaine, l’espace Mushagalusa est devenu au fil des années, le lieu de rassemblement, de débats d’idées et d’échanges culturels des africains de Montréal. Pour Zab Maboungou, chorégraphe et directrice artistique de la compagnie Nyata Nyata, « l’espace Mushagalusa est un lieu fantastique impliqué auprès de la communauté artistique de Montréal, je ne peux que soutenir. »

Même son de cloche du côté de Karla Etienne, la directrice adjointe de la compagnie Nyata Nyata « l’espace Mushagalusa nous est précieux, car il représente plus que dignement l’art africain. C’est également un lieu de rassemblement unique dont nous avons grandement besoin. Je souhaite ardemment la pérennité de ce lieu. »

Quant à Yvette Mongo, adjointe à la programmation du festival Vues d’Afrique « Perdre ce lieu, serait une gifle sur le plan culturel et artistique pour la communauté noire de Montréal. Il fait notre fierté, c’est un point d’ancrage pour les artistes et les Afro-Caribéens. »

Tchana Bernadette, une parisienne, de passage à Montréal et passionnée d’art africain est impressionnée par la capacité de la communauté noire de Montréal à avoir réussi une telle prouesse dans un délai aussi court « C’est louable d’arriver en quelques jours à faire une telle levée de fonds. » Probablement, une façon de pointer le manque de solidarité souvent décrié au sein de la communauté noire de France.

Plus jamais ça!

Pour que cela ne se reproduise plus jamais, Guy Mushagalusa Chigoho, compte réunir très prochainement des personnes ressources pour ne plus avoir à travailler seul. Cette situation a été pour lui un choc et même s’il s’en sort bien grâce à l’excellente réputation de la galerie et la mobilisation de la communauté noire, il souhaiterait revoir très rapidement son modèle d’affaires.

Il rappelle que les entreprises culturelles de cette nature sont très fragiles et sont tributaires des financements  « en l’espace de quelques instants, on peut tout perdre, les milliers de dollars investis et le travail de toute une vie. Cela ne se reproduira plus » rajoute t-il.

Souhaitons une longue vie à l’Espace Mashagalusa situé au 533 Rue Ontario E, Montréal, QC H2L 1N8. Vous pouvez continuer à soutenir en envoyant vos dons à www.gofundme.com/sauvons-notre-espace-mushagalusa.

Retour imminent d’œuvres d’art pillé par la France vers l’Afrique

Pendant des siècles la France, et autres colonisateurs de même acabit, se sont enorgueilli avec des œuvres d’arts pillés sur le continent noir. Après un rapport sur ce rapt étatique générationnel et de constantes réclamations de chefs d’états africains à cet égard, certains de ses trésors seront enfin restitués à leurs propriétaires.

En novembre 2017, lors de son discours à Ouagadougou au Burkina Faso, le Président français qui célébrera son 41e anniversaire le 21 décembre, affirmait : «D’ici cinq ans, je veux que les conditions soient réunies pour un retour du patrimoine africain à l’Afrique. » Vendredi, le 23 novembre 2018, le Président Emmanuel Macron annonçait une restitution de 26 œuvres réclamées antérieurement officiellement par le Bénin.

Tous le savent, et ils s’en vantent même, les musées français ont amoncelé les trésors du continent noir pendant des siècles. Impunément. Le rapport de l’historienne Bénédicte Savoy (France) et l’écrivain sénégalais Felwine Sarr (Afrique), rendu public il y a quelques jours, concluait au « retour définitif et sans condition d’objets du patrimoine sur le continent africain. »

Bénédicte Savoy et l’écrivain sénégalais Felwine Sarr

 Felwine Sarr et Bénédicte Savoy

Des dizaines de milliers d’objets d’art africains devraient, selon le rapport commandé par Emmanuel Macron, retrouver le chemin du retour. Le rapport « sur la restitution du patrimoine culturel africain » recommande une modification de la législation française pour autoriser la restitution d’œuvres culturelles en Afrique.

On ignore à quel point la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont pillé l’Afrique de ses artefacts pendant le colonialisme, mais selon le rapport, environ 90 % du patrimoine culturel de l’Afrique se trouvent actuellement hors du continent.

Felwine Sarr également économiste commente: L’Afrique subsaharienne est un cas d’école: elle est la région du monde qui connaît la plus grande expropriation de son patrimoine.

Mais 26 œuvres, c’est très loin des près des 5000 articles (trônes, sceptres, gravures) revendiqués par le Bénin en juillet 2016. Ce n’est qu’un début, car selon Bénédicte Savoy « Au seul Musée du Quai Branly-Jacques Chirac sont conservées 70 000 pièces venues en France depuis l’Afrique subsaharienne depuis le milieu du XIXe siècle. »

Une véritable boite de Pandore muséale vient donc de s’ouvrir puisque jusqu’ici, la législation protectrice française lui permettait de conserver sur son territoire des trésors culturels issus du monde entier, mal acquis ou non. Le principe d’inaliénabilité des collections publiques garanti par le droit français bloque a priori toute restitution. C’est derrière ces dispositions instituées aux 16e siècles que l’ex-Président François Hollande s’était réfugié pour émettre une fin de non-recevoir à la réclamation officielle du Bénin de juillet 2016, estimant que ces biens culturels étaient soumis aux principes d’insaisissabilité de la France.

Devant ce rééquilibrage, cette restitution éminente, le peuple béninois dévalisé, selon Irénée Zevounou, ambassadeur du Bénin auprès de l’UNESCO, de près de 90 % de leurs objets patrimoniaux, annonce avec nécessité la mise en chantier de trois musées en plus d’une mise en place par le Président Patrice Talon d’une commission qui réfléchira sur l’avenir de ces œuvres inestimables.

Le Sénégal se prépare aussi activement à récupérer des œuvres de son patrimoine culturel au travers de cette nouvelle politique initiée par le gouvernement d’Emmanuel Macron.

Du coté de l’Allemagne, il s’est efforcée de restituer les œuvres saisies par les nazis. En mai, l’organisme qui coordonne cet effort, la German Lost Art Foundation, a annoncé le lancement d’un programme de recherche sur la provenance des objets culturels rassemblés au cours de son passé colonial.

Le rapport pourrait aussi inspirer d’autres anciennes puissances coloniales à considérer la provenance de leurs propres collections muséale. En 1897 dans l’actuel Nigeria, les troupes britanniques ont détruit une grande partie du Palais Royal du Royaume du Bénin, brûlé le palais royal et pillé 4 000 œuvres d’art, y compris d’élégantes têtes en laiton et des bronzes du Bénin. 200 d’entre elles ont été remises au British Museum à Londres, tandis que le reste a été réparti dans plusieurs musées de l’Empire britannique.

Salon du Livre de Montréal 2018

Salon du Livre de Montréal 2018. Diversifié? Un point de vue.

Le Salon du Livre de Montréal est la Mecque de  la littérature pour les inconditionnelles de la lecture. Une « organisation phare dans le monde de l’édition francophone en Amérique du Nord» comme le veut le Salon sur le web.

L’édition 2017, la 40e manifestation du Salon, a réuni plus de 2000 auteurs. Alors quelle est la réelle place offerte à l’éclatante diversité au sein de cette institution en 2018? Ouvert du 14 au 19 novembre 2018, nous avons sillonné les innombrables allées du  Salon du Livre de Montréal à la Place Bonaventure pour nous en faire une idée plus précise.

À notre grande surprise, dès nos premiers pas dans cet océan de livres proposés par des libraires, des éditeurs, des auteurs et de bibliothécaires passionnés, notre œil accueillait avec plaisir la vision de la maison d’édition Mémoire d’Encrier. Mémoire d’Encrier regroupe un noyau dur d’auteurs issus de la marge.

Lorrie Jean-Louis au Salon du Livre de Montréal 2018

Lorrie Jean-Louis au Salon du Livre de Montréal 2018

Au kiosque de Mémoire d’Encrier, une souriante Lorrie Jean-Louis répondait à notre question sur la diversité du Salon: « A Mémoire d’Encrier on pousse beaucoup pour que les auteurs, dits de la diversité, ressortent. Ce sont des voix qu’on ne connait pas, que l’on n’entend pas dans le Québec actuel.»

L’Encre Noir (Pallina Michelot): Est-ce important?

Lorrie Jean-Louis : C’est essentiel. C’est plus qu’important. On est présentement au Salon du Livre de Montréal, le livre est l’objet même qui porte la voix de tous et de chacun. Il faut des voix qui ne riment pas avec l’ordre social, des voix de gens qui sont dans la marge, des gens qui ont autre chose à dire,  c’est essentiel. Parce que, sinon, on a une représentation du monde qui est faussée.

Ce visage falsifié de notre société par livres imposés se dévoile incontestablement lorsqu’on apprend que pour la première fois depuis les 41 ans qu’existe le Salon du Livre de Montréal, qui a toujours lieu dans cette ville construite sur des terres amérindiennes il y a environ 500 ans, pour une première fois une auteure des premières nations, Joséphine Bacon y est invité, tandis que depuis plus d’un siècle, les peuples autochtones, vivant à l’intérieur ou en périphérie de Montréal,  souffrent des profonds traumatismes infligés entre autres par leur évangélisation forcée.

Pour celles et ceux qui veulent lire Black, ils peuvent se réunir à une extrémité du salon, dans le coin, c’est le cas de la dire, « Diversité», à bien été aménagé au Salon du Livre de Montréal 2018, en marge des autres kiosques centraux. Mireille Frenette de la librairie Zone Libre, responsable de cet espace nous explique sa démarche : « Le thème qu’on devait suivre est les voix de la résistance. On avait déjà fait l’année passée le même exercice au Salon du Livre avec un thème qui était les écrivains contre le racisme. J’avais déjà donc une petite sélection établie de choses qui avaient bien fonctionné et aussi j’ai été voir ce qui était sorti de nouveau. J’ai essayé d’établir les thèmes en fonction des événements qui ont lieu à l’Espace de la diversité. »

À 19h30, en hommage à la diversité, on y offrait un spectacle « Exister c’est résister ». Yara El-Ghadban présidente de l’Espace de la diversité a trouvé convenable d’introduire dans ce court spectacle d’une heure des gens que l’on peut qualifier de « non issue de la diversité »,  comme le comédien de Moncton Gabriel Robichaud, Isabelle St-Pierre  ou la Montréalaise Marie-Paule Grimaldi. «  Il y a une idée que la diversité doit être nécessairement les personnes racisées.«  avance Yara El-Ghadban. Puis, elle poursuit:  « Mais en fait, ce qui m’intéresse c’est faire entrer en dialogue les personnes racisée, marginalisées et souvent invisibilisées, ou ghettoïsées avec d’autres personnes qui ont d’autres expériences. » conclut Yara El-Ghadban devant l’étonnement que pourrait provoquer son choix d’artistes diversifiés.

Le livre de Franck Sylvestre «L’incroyable secret de Barbe Noire» fut récompensé en France en 2017

Franck Sylvestre vit au Canada depuis 1998. Son livre «L’incroyable secret de Barbe Noire» fut récompensé en France en 2017

Hormis ces deux ilots imposés, les centaines d’autres kiosques n’ont rien de particulier à offrir à un public cosmopolite. On peut cependant remarquer le penchant marqué pour le personnage de Nelson Mandela par plusieurs libraires. Décliné en BD ou en biographie, cette figure célèbre semble faire l’unanimité des biens pensants qui s’affranchissent ainsi d’une représentativité douteuse au sein de leur marchandise.

On a bien réussi à dénicher un auteur Noir dans l’immensité du Salon du Livre de Montréal 2018. Né à Paris, d’origine martiniquaise, Frank Sylvestre semblait bien heureux d’y présenter son dernier-né d’octobre 2018, Histoires Slammés, publié chez Planète Rebelle. « Histoires slammés est le résultat d’une réflexion d’un parcours. Je me suis retourné, j’ai regardé ce qu’il y a eu derrière moi, que ce soit personnelle ou plus large, j’ai écrit des textes sur ce que j’ai pu capter. Je les ai mis en musique.  » En  plus du livre, son premier pour adultes, l’œuvre contient un cd que l’ont peut écouter. Questionné sur la diversité chez les libraires, l’auteur-comédien, friand de l’auteur martiniquais Patrick Chamoiseau, affirme avec lucidité ne pas être certain de voir cela de son vivant.

Il faut mentionner la présence particulière  de l’éditeur Pathfinder. Ce petit kiosque avait des allures des kiosques de livres qui occupent les espaces touristiques à la Havane, à Cuba. Les couvertures des livres acclamaient  des personnages révolutionnaires noirs mythiques, ceux  qui ont mené les indépendances  africaines, ou éveillé antérieurement la conscience noire, tout cela teinté d’idéologie communiste de l’époque. Sankara, Lumumba, Castro, X, y étaient tous à l’honneur.

La présence attendue de l’auteur haïtien Dany Laferrière, samedi le 17 novembre pour une session de dédicace maquillera astucieusement, le manque de diversité dans les assises du  Salon du Livre de Montréal. Les médias de masse se l’arracheront et déclineront sa présence en une centaine de papiers imagés à leur avantage qui serviront tous de paravent à leur perpétuel dénigrement de la réelle diversité que symbolise Montréal.

La rue peut faire halte aux grands de ce monde, la rue peut bloquer le chemin aux ivres du pouvoir

En Afrique, la démocratie on y croit… jusqu’aux élections

Paradoxal, mais bien réel, le jour de la proclamation des résultats est un véritable lendemain de veille, une douche froide pour les derniers idéalistes.

La rue peut faire halte aux grands de ce monde, la rue peut bloquer le chemin aux ivres du pouvoir

La rue peut faire halte aux grands de ce monde, la rue peut bloquer le chemin aux ivres du pouvoir

Récemment, le triomphe de Paul Biya au Cameroun, avec un « score africain » de 71 % des voix, vient rappeler aux plus naïfs d’entre nous que les élections dans bons nombres de pays africains ne sont qu’un dîner de cons, ou si vous préférez une formule moins grossière, une marche santé pour de millions d’électeurs.

Au pays de Roger Milla, le principal challenger du président sortant, le Dr Maurice Kamto, réclame timidement sa victoire par des vidéos diffusées sur le net, où l’avocat de formation plaide sa cause, documents à l’appui, prenant la communauté internationale pour jury.

Son dircab durant la campagne présidentielle, le très bouillant Paul Éric Kingue, n’a cessé de crier sur tous les toits que 32 procès-verbaux, représentants 1 300 000 votes, n’ont jamais été signés, sont donc illégaux.

Que de guerres lasses, que de prêches dans le désert. Comment gagner un procès lorsque le jury est corrompu, et que l’accusé et le juge sont blanc bonnet, bonnet…

Nous nous retrouvons ainsi devant cette question que se posait Lénine : que faire?

Une interrogation désormais panafricaine, tellement elle trotte dans l’esprit de plusieurs devant une injustice semblable.

Non loin du Cameroun, en R.D. Congo cette fois, le président sortant Joseph Kabila, lui aussi, rit dans sa barbe grisette. C’est qu’il prépare le coup du siècle : il ne briguera pas un troisième mandat, mais compte bien installer son propre YesMan au Palais de la Nation. En effet, au soir du 23 décembre, jour de la 3e élection de l’histoire du pays, le pouvoir congolais tentera de faire avaler à ses concitoyens qu’ils ont voté massivement pour son dauphin, Emmanuel Shadary. Un monsieur qu’ils ne connaissaient pas il y a à peine trois mois, un technicien au charisme d’une feuille morte.

Les opposants politiques les plus sincères savent au plus profond de leur conscience qu’en cas de hold-up électoral, leurs recours sont limités. Très souvent, si la communauté internationale s’en mêle, c’est qu’on ne pourra payer la facture sans y laisser une partie de son âme.

Les politiques sont donc devant un cul-de-sac. Mais, dans cette route du désespoir, la rue reste le joker de ce jeu dangereux, la rue peut faire halte aux grands de ce monde, la rue peut bloquer le chemin aux ivres du pouvoir.

Parce que nul n’est au-dessus de la loi, la rue peut se faire justice.

Dans cet écosystème cynique, comme la nature, la rue reprendra ses droits.

À l’instar des cités en France, je sens que mon Afrique va craquer.

Élu à la tête du Liberia avec 61,5 % des voix au second tour de la présidentielle du 26 décembre 2017, George Weah succède à Ellen Johnson Sirleaf, lauréate du prix Nobel de la paix, au pouvoir depuis janvier 2006. Dans une interview accordée à Reuters le 2 janvier 2018, l’ancienne star du football, 51 ans, a promis de rendre le pays autonome sur le plan agricole et de rénover les infrastructures.

Le Président George Weah annonce l’enseignement gratuit dans les Universités du Liberia

Le Liberia fait suivre l’action aux discours en ouvrant large les vannes de l’Éducation.  L’Université est maintenant offerte gratuitement dans le pays ouest-africain présidé depuis le 22 janvier 2018 par l’ex-footballeur récipiendaire du  Ballon d’or, George Weah.

Le président libérien George Weah a déclaré  que tous les étudiants de premier cycle entrant dans une université publique du pays bénéficieraient d’un enseignement gratuit.

Élu à la tête du Liberia avec 61,5 % des voix au second tour de la présidentielle du 26 décembre 2017, George Weah succède à Ellen Johnson Sirleaf, lauréate du prix Nobel de la paix, au pouvoir depuis janvier 2006. Dans une interview accordée à Reuters le 2 janvier 2018, l’ancienne star du football, 51 ans, a promis de rendre le pays autonome sur le plan agricole et de rénover les infrastructures.

Élu à la tête du Liberia avec 61,5 % des voix au second tour de la présidentielle du 26 décembre 2017, George Weah succède à Ellen Johnson Sirleaf, lauréate du prix Nobel de la paix, au pouvoir depuis janvier 2006. Dans une interview accordée à Reuters le 2 janvier 2018, l’ancienne star du football, 51 ans, a promis de rendre le pays autonome sur le plan agricole et de rénover les infrastructures.

Ce n’est pas anodin que ce soit le Libéria qui choisi d’adopter une telle politique en Afrique.  Au 19e siècle le pays est alors peuplé par d’anciens esclaves américains qui rêvaient de liberté : une concrétisation du fameux Back to Africa. Le Libéria trouvera son indépendance très tôt, en 1847, qui le consacre premier pays indépendant du continent africain. Le drapeau libérien est d’ailleurs une franche inspiration du drapeau américain. En revanche, ceci résulte aujourd’hui en une élite hermétique de 20.000 descendants d’Américains (5% de la population) aux noms anglophones qui tient fermement les rênes du Pouvoir au Libéria devant les «Indigènes» aux noms africains.

Dans cet esprit, les populations Noires ont toujours eu au cœur l’idée d’une Réparation quelconque qui dans le génie de certains prend la forme d’une d’éducation gratuite pour tous les afrodescendants parallèlement a une compensation monétaire qu’on ne peut, qu’on ose chiffrer puisque toutes les richesses occidentales, aussi abyssales, réhabilitées ou compatissantes soient-elles,  découlent directement des  quatre cents d’esclavage des Noirs et du néo-colonialiste ambiant actuel.

Cette décision cadre avec la plate-forme de campagne du nouveau chef d’État, qui avait notamment pour objectif de lutter contre la pauvreté et de relancer l’économie libérienne après la guerre civile qui, de 1989 à 2003, a fait 300.000 morts sur une population de 3.300.000 de personnes.

La plupart des pays africains tentent, malgré le couteau de la Banque mondiale et du FMI à la gorge des Présidents africains,  de mettre en place une éducation gratuite. Le Ghana qui a adopté une loi relative au droit de résidence  qui permet aux  personnes d’ascendance africaine de demander et d’obtenir le droit de résidence permanente, a mis en place un système ambitieux d’écoles secondaires gratuites. Ce concept d’éducation gratuit n’est pas nouveau au Ghana. Immédiatement après l’indépendance (1957), Kwame Nkrumah, le premier Président du pays, à la recherche d’un développement rapide et transformateur pour l’ensemble du pays,  avait décidé de mettre en œuvre la politique de gratuité de l’éducation dans les territoires du nord afin de combler l’écart de développement entre le nord et le sud du pays.

La Sierra Leone est également en train de mettre en place une éducation primaire gratuite. Au Kenya, les écoles publiques sont gratuites du premier au dernier jour du lycée (école secondaire). Le Rwanda est aussi l’un de ces pays. Dans ses institutions publiques, les écoles primaires et secondaires y sont gratuites. Et aussi, sous Mouammar Kadhafi, la Libye offrait un enseignement gratuit et des bourses d’études supérieures jusqu’aux écoles supérieures à ses étudiants et ceci, partout dans le monde…

Robyn Maynard au lancement de son livre NoirEs sous surveillance le 25 octobre 2018

Robyn Maynard lance son dernier livre, NoirEs sous surveillance, à la librairie Racines dans Montréal-Nord

Jeudi, le 25 octobre 2018, les résidents nord-montréalais recevaient une visite de marque à la librairie Racines. L’auteure activiste, féministe Robyn Maynard lançait son dernier livre intitulé NoirEs sous surveillance:  Esclavage, Répression, Violence d’État au Canada.

Le contexte choisi pour ce lancement est exemplaire et parle vrai. C’est  dans l’arrondissement de Montréal-Nord,  qui additionnent profilages raciales excessifs, marginalisation d’une population à forte densité de migrants et qui de plus, soulignait le 21 septembre 2018, les dix ans de la mort du jeune Fredy Villanueva, abattu froidement par les services policiers du quartier, que le lancement a eu lieu.

Un peu après 18 h dans la librairie Racines fondée par Gabriella Kinté, dans une librairie pleine à craquer, Rito Joseph animait l’heure de questions et réponses dirigées vers la militante Robyn Maynard.

Rodney Saint-Eloi

Rodney Saint-Eloi

Sur les origines du livre, Robyn Maynard s’explique: « Lorsqu’ils jouent au basketball ou attendent le métro, les Noirs se font constamment harceler par les forces policières. C’est quelque chose qui me touche, que les communautés noires n’ont pas le droit à l’espace public. Les médias diront “Ce qui disent les activistes …” que c’est une perception, mais c’est une réalité.»

L’auteure-activiste-féministe poursuit: « Ce qui est important de savoir est qu’au Canada il y avait un système de contrôle racial qui a duré plusieurs centaines d’années qui était l’esclavage. Les Noirs étaient considérés comme une propriété. Et ça, au Canada c’est quelque chose de méconnu, on n’apprend pas cela dans nos écoles, même à l’Université ce n’était pas mentionné. Après l’abolition de l’esclavage, en 1834, on a vu que les  institutions publiques telles que le milieu carcéral, les services sociaux, le contrôle des douanes ont conservé la même philosophie basée sur l’esclavage des Noirs.»

Pour la sortie du livre NoirEs sous surveillance, originellement en anglais, titré Policing Black Lives: State violence in Canada from slavery to the present, Robyn Maynard a choisi les éditions Fernwood comme éditeur. Un choix calculé puisque, fondés en 1991, ils affirment sur leurs site web, « offrir une voix alors que les corporations tentent d’imposer le silence.»

Policing Black Lives: State violence in Canada from slavery to the present est un best-seller national. Il en est actuellement à sa troisième édition. Il a été largement salué depuis sa parution. Il a été désigné comme l’un des «100 meilleurs livres de 2017 » par le Hill Times.  Cet ouvrage a également fait l’objet d’une critique élogieuse par le Publishers Weekly et le Toronto Star, le Globe and Mail et le magazine Maclean’s.

Rodney Saint-Éloi de la maison d’édition Mémoire d’Encrier, éditeur du livre à qui l’on doit la version française de l’oeuvre NoirEs sous surveillance de Roby Maynard s’exprime sur l’importance de l’action:  » Il y a pleins de vérités qu’on a pas dites aux sociétés. C’est une histoire du Canada qu’on ne connaît pas. Pour nous, à Mémoire d’Encrier, notre objectif est de poser la condition noire.  Non pas les Noirs contre les Blancs, mais la vie des Noirs,  pour que la société avance, parce que si les Noirs n’ont pas d’avenir ici, le Canada n’a pas d’avenir.»

Les médias québécois exposent une fois de plus leur inconfort face à la population migrante, racisée. Malgré la notoriété de l’auteure et du sérieux du sujet traité, aucun politique, ni média de masse québécois ne s’est pointé à la librairie afro-centriste Racines pour la sortie officielle du livre.  Les résidents du quartier dont plus de deux résidents sur trois sont issus directement ou indirectement de l’immigration (67 % des citoyens sont en effet soit nés à l’étranger, ou  ont au moins un de leurs deux parents nés à l’extérieur du Canada), se sont pourtant, eux, massés dans la librairie afrocentriste qui tient pied sur la rue Henri-Bourassa.

Et ce n’est pas que les habitants du quartier de 85.000 âmes qui ont tiré parti de la précieuse présence de la militante féministe Robyn Maynard. Plusieurs adeptes de l’auteure,  étudiants étrangers, Noirs ou Blancs, dont Nadhuir Mohamady, natif d’un arrondissement parisien et curieux d’en apprendre plus sur les violences policières bien réelles au Canada envers sa population afro-canadienne, se sont déplacés dans l’arrondissement qui compte, dans l’ordre comme principal pays d’origine de ses migrants: Haïti, l’Algérie, l’Italie, le Maroc et le Liban.

Le Canada excelle dans l’art d’enjoliver sa réputation sur les panels internationaux quant au traitement qu’il inflige à ses minorités visibles alors que les chiffres démontrent une situation alarmante, préoccupante, dévoilée récemment par un rapport de l’ONU sur le quotidien des Afro-Canadiens, tenu une fois de plus muet par les médias canadiens convergés.  Ce travail effectué par Robyn Maynard avec son livre NoirEs sous surveillance:  Esclavage, Répression, Violence d’État au Canada (Policing Black Lives: State violence in Canada from slavery to the present) est un must pour celles et ceux qui veulent saisir l’Histoire afro-canadienne qu’on ose les avouer.

 

James commença à militer très tôt pour l'indépendance de son pays et défendait l'idée d'une fédération des Antilles britanniques (cette fédération vit le jour après l'indépendance, mais ne dura que quelques années). Il œuvra toute sa vie pour la révolution prolétarienne mondiale et pour la cause du panafricanisme.

Cyril Lionel Robert James, l’intellect sans frontière

L’idée d’États Noirs fédérés sous une bannière unique n’est pas exclusive à l’Afrique. Dans les Caraïbes, ce mouvement identitaire s’est aussi fortement érigé avec le Trinidadien Cyril Lionel Robert James.

Le 4 janvier 1901, sur l’ile de Trinité et Tobago, Cyril Lionel Robert, un fils d’instituteur et d’une bibliophile, vit le jour. Historien, romancier avec un penchant assumé pour Shakespeare, à 19 ans C.L.R. James devint lui-même instituteur.

Comme la plupart des intellectuels de l’époque, la vie coloniale insulaire était perçue par C.L.R. James comme une limitation et une frustration.  Bien que brillant, la couleur noire prononcée de sa peau fut un frein pour ses aspirations.

James commença à militer très tôt pour l'indépendance de son pays et défendait l'idée d'une fédération des Antilles britanniques (cette fédération vit le jour après l'indépendance, mais ne dura que quelques années). Il œuvra toute sa vie pour la révolution prolétarienne mondiale et pour la cause du panafricanisme.

James commença à militer très tôt pour l’indépendance de son pays et défendait l’idée d’une fédération des Antilles britanniques (cette fédération vit le jour après l’indépendance, mais ne dura que quelques années). Il œuvra toute sa vie pour la révolution prolétarienne mondiale et pour la cause du panafricanisme.

James quitte son pays natal en 1932 pour le Lancashire en Angleterre où il aida son ami, le joueur de cricket antillais Learie Constantine (le futur Lord Constantine) à écrire ses mémoires. Déjà à cette époque, il soutenait que la Grande-Bretagne et les autres puissances européennes devaient lâcher leur mainmise sur la région des Caraïbes. Il passe quelque temps en France puis part aux États-Unis en 1938, où il milite pour les droits des Noirs. Cet exil salvateur lui permit d’analyser de l’extérieur l’état de la Caraïbe.

Dans les années 30, Cyril Lionel Robert James baignait dans les idées révolutionnaires du communiste. Il débattait avec Marcus Garvey de l’importance du mouvement Harlem Renaissance et des idées de la Négritude qui étaient alors véhiculées par Aimé Césaire et Léopold Senghor.

Très vite, Cyril Lionel Robert James eut une énorme influence sur la veine radicale des penseurs Noirs. Son éditeur Frederick Warburg dira de lui: « Si la politique était sa religion et Marx son dieu, la littérature sa passion, Shakespeare le prince des dramaturges, le cricket, lui, était l’activité qu’il chérissait.»

En 1938, Cyril Lionel Robert James publie « Les Jacobins Noirs, un ouvrage majeur, un impératif pour toutes personnes s’intéressant à l’Histoire d’Haïti et de la Caraïbe. Le protagoniste de l’œuvre est Toussaint Louverture, ancien esclave, maître stratège plongé dans une guerre civile de onze ans dans le St Domingue colonial pour chasser l’oppresseur.

Les Jacobins Noirs démontre que “la Révolution française n’était pas une expérience insurrectionnelle limitée à l’Europe. En raison de ses origines d’esclave dans un pays colonisé et du courant incontestable de l’idéologie de la Révolution française qu’il a imbibée et soutenue, Toussaint L’Ouverture devient, selon une lecture de James, non seulement le dirigeant extraordinaire d’une révolte insulaire, mais l’apogée des doctrines révolutionnaires qui sous-tendaient la Révolution française .

Ouvrage historique remarquable, le message politique y est sans équivoque, car James est convaincu que seule la révolution en Afrique pouvait mettre terme à la colonisation européenne qui régnait.

La stature de penseur marxisme du 20e siècle qu’avait James ne fit que s’accroître . C’est grâce à Cyril Lionel Robert James que des panafricanistes comme Kwame Nkrumah et George Padmore se rencontrent.

C.L.R. James n’entretenait aucune illusion quant aux défis que devait surmonter l’Afrique postcoloniale, ni sur les responsables de sa déroute :

Dans le meilleur des cas, l’avenir de l’Afrique est un avenir fait de bouleversements, de stress et de tiraillements, de révolutions et de contre-révolutions, de différends entre les tribus et les entités nationales, compliqués par les litiges entre les puissances européennes et les Africains et entre les puissances européennes elles-mêmes. C’est pure chimère de penser que les puissances impérialistes seront les guides qui permettront à l’Afrique de sortir de ces remous. Ils en sont responsables. Ce sont eux qui rendent les choses plus difficiles encore pour les Africains dans la quête de la juste voie à emprunter.

James passe les dernières années de sa vie en Angleterre à Brixton, quartier de Londres célèbre pour sa communauté afro-caribéenne. Loin d’être oublié, il eut une influence considérable sur la jeune génération de militants de la cause noire et de l’extrême gauche. Il meurt à 88 ans en 1989. Sa pierre tombale porte l’inscription : Au delà des Limites…

Similairement à l’Afrique coloniale des années 40, 50, la Caraïbe est encore aujourd’hui particulièrement attachée aux intérêts de ses métropoles, des pouvoirs coloniaux persistants, anglais, français ou hollandais qui ont des priorités diamétralement opposées a celles des nations indépendantes de la région.

La défaite de l'armée de Napoléon Bonaparte lors de la bataille de Vertières en 1803 est à l’origine de la création de la république d’Haïti, qui devient en 1804 la première République noire indépendante du monde. Haïti est aussi le seul territoire francophone indépendant des Caraïbes.

« Spiritus Sancti »

Si un beau jour le St-Esprit décidait d’effectuer un petit tour dans la caraïbe, histoire de faire un brin de causette avec les enfants de Dessalines et de Pétion.

La défaite de l'armée de Napoléon Bonaparte lors de la bataille de Vertières en 1803 est à l’origine de la création de la république d’Haïti, qui devient en 1804 la première République noire indépendante du monde. Haïti est aussi le seul territoire francophone indépendant des Caraïbes.

La défaite de l’armée de Napoléon Bonaparte lors de la bataille de Vertières en 1803 est à l’origine de la création de la république d’Haïti, qui devient en 1804 la première République noire indépendante du monde. Haïti est aussi le seul territoire francophone indépendant des Caraïbes.
Une réplique sismique de magnitude 5,2 a frappé Haïti le 7 octobre 2018 après le terrible tremblement de terre de 7,0 le 12 janvier 2010.

Trêve de bobard, il y est déjà puisqu’il est omniprésent, mais plutôt silencieux car ses desseins demeurent impénétrables. Ce qui ne nous empêche nullement de prier, de rêver et d’espérer.

L’espoir fait vivre, dit le vieil adage. Sauf que vautrer dans des conditions infrahumaines ne s’appelle pas « vivre ».

En tout état de cause, imaginons qu’il se manifeste comme bon lui semble et réunisse autour de lui ses brebis égarées en terre kiskeyenne pour faire mieux qu’à El Rancho ou ailleurs. Se plaçant au-dessus de la mêlée, des querelles de clocher, de particules ou autres engeances, il n’en aurait cure. Ses préoccupations s’étendraient à l’ensemble de la population au nom des intérêts supérieurs de la nation.

Il recommanderait à nos « grands amis » qui ont, au cours de ces dix dernières années, lamentablement échoué dans leur soi-disant appui à la stabilisation du pays, si ce n’est celle de la pauvreté et de la misère, de se tasser, autant que faire se peut, afin que ces Nègres turbulents arrivent à se prendre en main en tenant compte de leurs spécificités propres.

Dussions-nous nous répéter : « Imiter, oui, singer, jamais! »?

L’union fait la force ne fait plus aucun sens pour qui que ce soit au pays le plus corrompu et le plus pauvre de l’hémisphère, autrement comment expliquer la prolifération exponentielle de ces cent cinquante machins-choses qui n’ont de parti que le nom et qui polluent le paysage politique avec arrogance et dans l’indifférence des couches dites saines de la société.

Lorsqu’en mars mil neuf cent quatre-vingt-trois S.E. Jean Paul II disait : « Il faut que quelque change ici », il n’insinuait pas que cela allait se faire par elle-même, mais que nous devions mettre en pratique la maxime chrétienne : « Aide-toi et le ciel t’aidera ».

Hélas, à l’époque, nous avons décidé d’attendre et nous attendons encore!

Denis Mukwege, né le 1er mars 1955 à Bukavu dans le Kivu au Congo belge, est un gynécologue et un militant des droits humains congolais. Il est surnommé « l'homme qui répare les femmes »

Dr Denis Mukwege: Prix Nobel pour la Paix 2018

Cette année, en 2018, le prix Nobel de la Paix tombe entre les mains du gynécologue congolais Denis Mukwege ainsi que l’Irakienne Nadia Mural qui a survécu à l’asservissement sexuel par des groupes armés.

Denis Mukwege, né le 1er mars 1955 à Bukavu dans le Kivu au Congo belge, est un gynécologue et un militant des droits humains congolais. Il est surnommé « l'homme qui répare les femmes »

Denis Mukwege, né le 1er mars 1955 à Bukavu dans le Kivu au Congo belge, est un gynécologue et un militant des droits humains congolais. Il est surnommé « l’homme qui répare les femmes »

Le Dr Mukwege (63 ans) a passé des décennies à s’occuper des victimes d’agression sexuelle dans son pays. Nadia Murad (25 ans) est le reflet du travail acharné du gynécologue puisqu’elle  a utilisé sa propre histoire d’esclavage et de viol par l’État islamique pour sensibiliser sur les violations des droits humains que subissent les femmes dans les conflits armés.

« Les deux lauréats ont largement contribué à attirer l’attention sur ces crimes de guerre et à les combattre », a déclaré Berit Reiss-Andersen, présidente du comité Nobel norvégien, en annonçant ce prix,  vendredi 5 octobre,  à l’institut norvégien Nobel d’Oslo.

Le docteur Denis Mukwege a déclaré qu’il était en train de subir une opération chirurgicale dans son hôpital lorsqu’il a appris qu’il avait remporté le prix – et qu’il dédiait son prix à toutes les victimes de violences sexuelles dans le monde.

Le gouvernement congolais s’est félicité du tout premier Prix Nobel accordé à un Congolais tout en déplorant les « déclarations politisées » du docteur. « Le gouvernement félicite Dénis Mukwege pour cette reconnaissance, par l’Académie Nobel de Suède, du travail important et significatif qu’il fait en faveur de nos compatriotes, particulièrement des femmes victimes de violences sexuelles », a déclaré le porte-parole Lambert Mende sur les ondes de la radio Okapi.

Est-ce que l’État congolais reconnaît le travail abattu par le Dr Mukwege? Écoutez vous-même la réponse de Lambert Mende, président national du parti politique Convention des congolais unis, diplômé en criminologie à l’université libre de Bruxelles :

Denis Mukwege est le symbole le plus fédérateur, au niveau national et international, de la lutte contre la violence sexuelle en temps de guerre et de conflits armés.

Né un premier mars dans le Congo Belge, après des études à l’institut Bwindi de Bukavu  « l’homme qui répare les femmes »,  trouve sa voie à la faculté de médecine du Burundi en 1976 puis se spécialise en gynécologie à l’université d’Angers, en France.

En 1996, lors de la première guerre du Congo, son hôpital est brutalement détruit. Denis Mukwege échappe à la mort alors que plusieurs malades et infirmiers sont assassinés. Il se réfugie à Nairobi, puis décide de retourner au Congo. Avec l’aide du PMU (un organisme caritatif suédois), il y fonde l’hôpital Panzi situé dans le quartier très peuplé de Panzi à Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, à l’Est de la République Démocratique du Congo.

Il se voit alors confronté aux mutilations génitales pratiquées sur les femmes. Profondément marqué par ces violences, il décide de faire connaître au monde la barbarie sexuelle dont sont victimes les femmes à l’Est de la République démocratique du Congo, et d’agir pour leur venir en aide.

Aujourd'hui, l'hôpital Panzi emploie environ 370 médecins, infirmières et infirmiers, ainsi que du personnel de soutien et dessert une population de 400 000 personnes en fournissant un large éventail de services de santé.  La Fondation Panzi RD Congo, située à proximité de l’hôpital, fournit logement, repas et accès à divers services, tels que l’alphabétisation, le soutien à la création de petites entreprises ainsi que différentes formes de soutien psychologique, y compris la musicothérapie.

Aujourd’hui, l’hôpital Panzi emploie environ 370 médecins, infirmières et infirmiers, ainsi que du personnel de soutien et dessert une population de 400 000 personnes en fournissant un large éventail de services de santé. La Fondation Panzi RD Congo, située à proximité de l’hôpital, fournit logement, repas et accès à divers services, tels que l’alphabétisation, le soutien à la création de petites entreprises ainsi que différentes formes de soutien psychologique, y compris la musicothérapie.

Dans une région où le viol collectif est utilisé comme arme de guerre, il se spécialise dans la prise en charge des femmes victimes de ces agressions sexuelles, leur apportant une aide médicale, mais aussi psychique, économique et juridique.

Le nombre de victimes de violences sexuelles arrivant à l’Hôpital et à la Fondation Panzi en RDC se situe en moyenne entre 2 000 et 3 000 personnes par an depuis 2014. Aujourd’hui, en 2018,on dénombre déjà 2 077 victimes de violences sexuelles. Ce chiffre est en augmentation à cause des violences sexuelles perpétrées dans et par les pays voisins.

La Fondation Dr Denis Mukwege, une organisation de défense des droits humains basée aux Pays-Bas, qui tente de pour mettre fin aux violences sexuelles dans les guerres et pour laquelle le gynécologue est un conseiller, a déclaré que le comité du prix Nobel avait envoyé un message clair: les violences sexuelles sont inacceptables et doivent arrêter.

Cette année, 216 personnes et 115 organisations ont été sélectionnées pour le prix. Parmi eux figuraient le groupe d’assistance civile syrienne, les Casques blancs, le journal russe Novaya Gazeta et le lanceur d’alarme américain Edward Snowden. Le prix Nobel de la Paix 2018 vient avec un peu plus d’un million de dollars remit aux récipiendaires.

Harlem est un quartier du nord de l'arrondissement de Manhattan à New York, aux États-Unis. Il se situe entre le nord de la 96e rue et Washington Heights. Toutefois, l'espace est officieusement délimité par la 110e rue au sud et par la 155e rue au nord. Harlem a joué un rôle majeur tout au long de l'histoire de New York : au début du XXe siècle, le mouvement de la Renaissance de Harlem fit de New York le principal foyer de la culture afro-américaine ; par la suite, le quartier devint l'un des centres de la lutte pour l'égalité des droits civiques, étant donné que Harlem a longtemps été et demeure encore aujourd'hui un lieu où se concentrent les Afro-Américains.

Harlem: Grandeur et Décadence

Pendant longtemps, Harlem a été le centre spirituel du monde afro-américain. Ce Harlem, telle une terre promise, où les Noirs allaient au cinéma à l’époque alors que ceux du sud des États-Unis vivaient sur le qui-vive. Là où les afro-descendants respiraient ce vent de liberté qui leur permit d’exprimer toute leur créativité.

Harlem est un quartier du nord de l'arrondissement de Manhattan à New York, aux États-Unis. Il se situe entre le nord de la 96e rue et Washington Heights. Toutefois, l'espace est officieusement délimité par la 110e rue au sud et par la 155e rue au nord. Harlem a joué un rôle majeur tout au long de l'histoire de New York : au début du XXe siècle, le mouvement de la Renaissance de Harlem fit de New York le principal foyer de la culture afro-américaine ; par la suite, le quartier devint l'un des centres de la lutte pour l'égalité des droits civiques, étant donné que Harlem a longtemps été et demeure encore aujourd'hui un lieu où se concentrent les Afro-Américains.

Harlem est un quartier du nord de l’arrondissement de Manhattan à New York, aux États-Unis. Harlem a joué un rôle majeur tout au long de l’histoire de New York : au début du XXe siècle, le mouvement de la Renaissance de Harlem fit de New York le principal foyer de la culture afro-américaine ; par la suite, le quartier devint l’un des centres de la lutte pour l’égalité des droits civiques, étant donné que Harlem a longtemps été et demeure encore aujourd’hui un lieu où se concentrent les Afro-Américains.

Le Harlem où Marcus Garvey, campé sur un coin de rue, y électrisait les passants avec ses discours-fleuves. Le Harlem de Malcolm X, là où le jeune prédicateur y arpentait les allées pour convertir ses compatriotes en membres de la Nation Of Islam.

C’est toujours dans ce Harlem que le Président Thomas Sankara tenu mordicus à s’y rendre pendant son séjour New-yorkais afin d’y rencontrer la communauté. Le Burkinabé le plus célèbre prononça ensuite cette formule restée dans les esprits, « notre Maison-Blanche se trouve dans notre Harlem Noir ». À une époque très discriminatoire, Harlem faisait donc office de « Washington parallèle » pour les laissés pour compte sous le drapeau le plus puissant du monde contemporain.

Hasardeusement, la sélection naturelle a voulu que Harlem présente un taux élevé de fibre entrepreneuriale. En effet, de Puff Daddy à Dame Dash, et j’en passe, le quartier a été le berceau de plusieurs têtes de l’élite entrepreneuriale afro-américaine. Comme si l’art des affaires s’absorbait dans l’air à Harlem. Partis de rien, ces hommes et femmes ont bâti des entreprises qui ont façonné le paysage économique américain et fait la fierté de leur groupe.

Mais, les entrepreneurs qui ont réussi légalement ne représentent qu’un côté de la médaille. La grande majorité de ces jeunes dotés d’un énorme potentiel d’entreprendre, qui auraient pu devenir les nouveaux industriels du pays, ont été ramassés par la séduction maléfique de la rue, trop tentante dans ce piège à con que sont les ghettos américains.

Ainsi, ceux qui auraient pu devenir PDG d’une entreprise « top500 » du magazine Fortune, ont terminé drogués, emprisonnés, et souvent, morts.

C’est les cas de Guy Fisher et Richard Porter. Le premier est emprisonné depuis 1984 pour trafic de drogue. Dr Fisher a complété un doctorat en sociologie en prison. D’ailleurs, une pétition pour sa remise en liberté circule actuellement sur internet. Le second a eu moins de chance, « Rich », comme le surnommait ses proches, a été assassiné par un de ses acolytes.

La dernière fois que j’ai été à Harlem, c’était en septembre 2017. J’ai été frappé par la souffrance sur les visages des gens et les nombreuses personnes aux prises avec un trouble mental évident. Harlem la Belle a perdu de son charme.

Espérant qu’elle ne perdra pas son âme.

Le Canada et le Mali ont une étroite collaboration depuis 1962. Le Mali est le cinquième plus important bénéficiaire de l'aide internationale canadienne. L'année dernière, en 2017, 725 étudiants maliens détenaient un permis valide pour étudier au Canada pour six mois ou plus.

58 ans d’indépendance du Mali souligné à Montréal

Le samedi 22 septembre, alors qu’au continent noir, le Mali célébrait ses 58 années d’accès à l’indépendance,  et puis aussi, il faut le souligner, la nouvelle investiture d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). Le Canada calquait cette réjouissance dans une soirée de réjouissance au centre-ville de Montréal.

Le Canada et le Mali ont une étroite collaboration depuis 1962. Le Mali est le cinquième plus important bénéficiaire de l'aide internationale canadienne. L'année dernière, en 2017, 725 étudiants maliens détenaient un permis valide pour étudier au Canada pour six mois ou plus.

Le Canada et le Mali ont une étroite collaboration depuis 1962. Le Mali est le cinquième plus important bénéficiaire de l’aide internationale canadienne. L’année dernière, en 2017, 725 étudiants maliens détenaient un permis valide pour étudier au Canada pour six mois ou plus.

À 20 heures, une foule de Maliens et amis du pays francophone d’Afrique de l’Ouest se sont rendu, pour une première fois dans ces journées commémoratives, à l’hôtel Hyatt, campé devant la Place-des-Arts de Montréal, pour une soirée festive, chaleureuse qui allait acclamer la culture malienne intemporelle, toujours très vive. L’heure et demie de retard au programme n’a pas semblé amoindrir l’enthousiasme des quelques centaines de Maliens présent à cette soirée qui devait se terminer au petit matin.

Formalité oblige, le programme bien étoffé avec plusieurs discours dont Fatima Touré, marraine de l’événement, M. Chérif Mohamed Kanauté, chargé d’affaires de l’Ambassade du Mali au Canada, ceci accompagné d’un repas trois services servis avec finesse, allait asseoir la foule durant une bonne heure avant que le spectacle ne débute.

Le défilé des créations de la talentueuse styliste malienne Gaye Sy, suivis de celui d’habits traditionnels qui enveloppaient avantageusement des beautés maliennes, culminé par une musique entraînante d’instruments typiques maliens, tous de calebasses conçues, ont attesté que l’énergie ne manquait pas dans la salle comble malgré l’heure tardive. Vers 23 h 30, directement venue du Mali, la voix de Safi Diabaté a enchanté l’assistance par sa voix profonde et chargée. Tous furent debout.

Nos hôtes, Lassine Traoré, Président du Conseil des Maliens à l’extérieur du Canada et Djely Tapa, griotte, fille de la chanteuse Kandia Kouyaté, ont conjointement coanimé la réception qui allait se conclure dans l’allégresse, la joie totale.

Malgré que le Mali est le cinquième plus important bénéficiaire de l’aide internationale canadienne et accueille des investissements canadiens significatifs dans le secteur minier, aucun dignitaire du pays ne s’est pointé. La maire de la ville de Montréal, Valérie Plante, élections loin derrière et devant, s’est laissé représenté par Mme Magda Popeanu, responsable de l’habitation, de la gestion et planification immobilière ainsi que de la diversité montréalaise.

 

Le terme « Nollywood » est un mot-valise associant le « N » de Nigéria et le « ollywood » de Hollywood (suivant le même modèle que l'expression Bollywood : « B » de Bombay et « ollywood » de Hollywood)

Netflix s’empare de Nollywood

Netflix, le géant du streaming en ligne basé aux États-Unis investit un montant colossal de huit milliards de dollars dans le cinéma africain.

Fort de ses 125 millions d’abonnés en 2018, présent dans plus de 130 pays, Netflix qui offre des films et des séries en streaming ne pouvait qu’embrasser le cinéma original africain et spécialement celui de Nollywood qui est, devant Hollywood, juste derrière Bollywood, le second plus important producteur de films au monde.

Le terme « Nollywood » est un mot-valise associant le « N » de Nigéria et le « ollywood » de Hollywood (suivant le même modèle que l'expression Bollywood : « B » de Bombay et « ollywood » de Hollywood)

Le terme « Nollywood » est un mot-valise associant le « N » de Nigéria et le « ollywood » de Hollywood (suivant le même modèle que l’expression Bollywood : « B » de Bombay et « ollywood » de Hollywood)

Nollywood, qui évoque le cinéma nigérian, est une source abondante de créations cinématographiques. Chaque année, plus de 2000 titres y voient le jour pour un public estimé à plus de 100 millions de cinéphiles. Connu pour mettre l’accent sur l’abondance plutôt que sur la qualité du long métrage, cette variable a évolué pour maintenant offrir au spectateur une expérience plus léchée. C’est peut-être cet effort qui a attiré le regard de Netflix ou peut-être son manque de choix de créations non-américaines qui a mené leur flaire vers d’autres lieux.

Netflix a déjà acquis des droits pour des films de Nollywood, dont la comédie romantique The Wedding Party, ainsi que le thriller October 1 , mais seulement après qu’ils furent projetés dans les cinémas locaux.  Cette fois-ci, Netflix  a pris les devants et a racheté les droits mondiaux de la comédie de Geneviève Nnaji  Lionheart à la veille de sa première mondiale au Festival international du film de Toronto (TIFF). Netflix a annoncé l’accord il y a quelques semaines. Cette acquisition marque le premier film original de Netflix au Nigéria.

On sent le nouveau penchant de Netflix pour le cinéma black indépendant. Il y a quelques mois elle offrait un lucratif contrat de 100 M$ pour trois ans au producteur afro-américain Kenya Barris, auteur de la série Black-Ish qui déménagera sa série sur la plateforme en ligne ou, pense-t-il, il trouvera plus de liberté dans son scénario qui met en scène une famille afro-américaine.

Netflix peut désormais tenter le marché africain au côté de la plateforme lancé le 1er décembre 2011, iROKOtv surnommé le « Netflix of Africa ». Le succès d’iROKOtv qui compte plus de 5000 titres de Nollywood, est le premier service de streaming majeur à proposer du contenu Nollywood, offre une mesure du marché et de l’attrait des films africains. Iroko a également réussi à porter sa relation avec Nollywood à Nokia et dans des chaînes de diffusion internationales sur DStv (Afrique du Sud), Sky (Royaume-Uni) et de Canal Plus (France).

Comme partout ailleurs, les joueurs locaux de la télévision ont réagi à l’intrusion de ce nouveau compétiteur aux poches profondes.  Une demande de réglementation est un appel commun des monopoles établis qui trouvent leur emprise sur un marché local contesté par un perturbateur technologique, et MultiChoice, n’est pas différente. Au début, la société sud-africaine a tenté de concurrencer Netflix en lançant son propre service de diffusion en continu alors que la tendance des visionnements marquait un avantage pour le web. Maintenant, MultiChoice, la plus grande plateforme de télévision africaine, exige des règles plus strictes sur son propre marché.

Calvo Mawela, un exécutif de MultiChoice qui compte dans ses rangs 88 % de Noirs (56 % de femmes noires), a accusé Netflix d’avoir fait perdre à la compagnie présente dans au moins quinze pays africains plus de 100 000 abonnés l’année dernière et 40 000 dans l’année en court. Dans un entretien accordé le 12 juillet 2018 au journal Business Day en Afrique du Sud, M. Mawela a appelé les régulateurs à mettre un terme à Netflix et à d’autres services du genre.

Il y a là, sans l’ombre d’un doute, entre la tradition congolaise et le Rastafarisme, une connexion spirituelle.

Tradition congolaise et Rastafarisme, la connexion spirituelle…

La spiritualité est une expérience intime, un marathon plutôt qu’un sprint, un des rares chemins où la route est autant importante que la destination.

La spiritualité est propre à un peuple, avec son repère de pensée et ses représentations divines.

De ces éléments, et avec un consensus au sein de sa communauté, l’être spirituel rassemble les bases de ce qui constitue sa religion.

Il y a là, sans l’ombre d’un doute, entre la tradition congolaise et le Rastafarisme, une connexion spirituelle.

Il y a là, sans l’ombre d’un doute, entre la tradition congolaise et le Rastafarisme, une connexion spirituelle.

S’il y a tant de religions, c’est parce qu’il y a tant de peuples. Les Luba du Congo appellent Maweja Nangila l’être suprême que les Maures de Mauritanie appellent Allah.

Dans la tradition de certaines collectivités du bassin du Congo, « Nganga », un mot en lingala, signifiait connaisseur, voyant, guérisseur. J’écris « signifiait », car le nom a hérité d’un équivalent de plus depuis le contact avec les colonisateurs. En effet, aujourd’hui, Nganga signifie aussi « sorcier ». Même que ce dernier synonyme a pris le dessus sur tous les autres.

Pourtant, d’un regard étymologique, le terme Nganga n’a aucune racine de sorcellerie. En fait, Nga signifie Moi, Nganga veut donc littéralement dire « MoiMoi ». Une représentation pour désigner le moi intérieur, le moi supérieur, le moi spirituel. Le Nganga était donc celui censé avoir une connaissance profonde de son âme, d’où son rôle de guérisseur parmi les siens.

D’ailleurs, la traduction lingala de médecin est « Monganga », dont Nganga en est la radicale et qui signifie fidèlement : celui qui est « MoiMoi », que l’on peut interpréter par celui qui est guérisseur.

Le Nganga d’antan pratiquait le Nkisi, un exercice mystique afin d’opérer ses visiteurs. De nos jours, Nkisi est associé au mot fétiche. Parce que le lingala compte plusieurs mots polysémiques, curieusement, Nkisi veut aussi dire médicament. Ce qui nous renvoie encore une fois à la posture du Docteur.

Ce qui est encore plus étonnant est de retrouver la notion de Nganga en plein cœur du Rastafarisme. Le Rastafarisme, une religion issue de la Jamaïque, prophétisée par Marcus Garvey au début du 20e siècle et galvanisée par Bob Marley près de 50 ans plus tard.

Les croyants de Ras Tafari suivent trois concepts fondamentaux, et une de ces trois doctrines est l’« I and I » (Moi et Moi). Force est de constater qu’ « I and I » n’est que la version anglophone de Nganga. Les « Rastas » définissent l’ « I and I » comme étant « Jah (Dieu) est en chacun ».

Le Rastafarisme n’a pas fait de copier-coller sur la tradition congolaise, il a découvert ce principe grâce à sa propre inspiration spirituelle.

Il est frappant de voir qu’à des siècles d’intervalles, dans des environnements bien différents, deux communautés arrivent exactement à la même conception de l’esprit.

Il y a là, sans l’ombre d’un doute, entre la tradition congolaise et le Rastafarisme, une connexion spirituelle.

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