Plus on sait, moins on affirme

Abiy Ahmed : un second prix Nobel de la Paix consécutif pour l’Afrique

Le prix Nobel de la paix récompense  » la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples. »  Signe d’une harmonie continentale souhaitée, pour une seconde année de suite (2018 et 2019) le Nobel de la Paix tombe dans les mains d’un Africain, Abiy Ahmed, Premier ministre éthiopien.

Cette année, après le docteur Denis Mukwege en 2018, le comité Nobel a déclaré que pour son initiative en vue de résoudre le conflit frontalier avec l’Érythrée, le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, se méritait le convoité prix Nobel de la Paix.

Le 16 octobre 2018, Abiy Ahmed procède à un remaniement ministériel. Il réduit de près d’un tiers la taille du gouvernement et présente une équipe qui, pour la première fois dans l’histoire de l’Éthiopie, compte autant de femmes que d’hommes.

Depuis son arrivée au pouvoir en avril 2018, M. Abiy Ahmed stimule positivement la politique extérieure éthiopienne. Suite à une guerre violente qui sévit entre 1998 et 2000, où les deux nations frères ont englouti des centaines de millions de dollars en plus de supporter la perte de dizaines de milliers d’hommes tués ou blessés lors du conflit, le gouvernement de M. Abiy Ahmed a entamé un rapprochement avec l’Érythrée après presque deux décennies de pure impasse.

 Sans progrès, il n’y a pas de paix possible. Sans paix, il n’y a pas de progrès possible – Kofi Annan

Pour mettre l’épaule à la roue de la Paix, Abiy Ahmed, né d’un père musulman et d’une mère chrétienne orthodoxe, a libéré des dizaines de milliers de prisonniers politiques, réintroduit les partis politiques et les groupes armés bannis, révoqué les lois répressives, commencé à ouvrir l’économie et à nommer des femmes à des postes de responsabilité au sein de son gouvernement, tout ceci, en plus de s’excuser pour les violations des droits de l’homme commis par son pays de la Corne de l’Afrique.

Avec les rails de la démocratie installée dans le second plus populeux pays d’Afrique, les Éthiopiens se promettent une représentativité plus authentique. C’est pourtant ce déséquilibre qui mena Abiy Ahmed au pouvoir en 2018 suite à de sévères répressions qui éliminaient sauvagement plus de 1000 protestants en février 2018, suivi de la démission inévitable du prédécesseur de Abiy Ahmed, M. Haile Mariam Dessalegn.

Tout  honneur à Haile Mariam Dessalegn, il fut le premier dirigeant de l’histoire éthiopienne moderne à se retirer; les anciens dirigeants sont morts au pouvoir ou ont été renversés. Le 14e Premier ministre de l’Éthiopie prétendait, peut-être avec une certaine prémonition, vouloir ouvrir la voie aux réformes.

Au XXIe siècle, les prix Nobel sont décernés au courant du mois d’octobre de chaque année. La cérémonie de remise des prix a lieu le 10 décembre, jour de l’anniversaire de la mort d’Alfred Nobel, l’inventeur de la dynamite.

Dan Philip

Dan Philip annonce son départ de la Ligue des Noirs du Québec lors du 50e de la Ligue

Au Québec lorsque l’on pense a une association de défense des droits des Noirs,  la Ligue des Noirs du Québec vous viendra sûrement  en tête accompagnée immanquablement d’une image mentale de son fondateur M. Dan Philip.

C’est lors du 50e  anniversaire (1969 – 2019) de la Ligue des Noirs du Québec, né dans les cendres d’une émeute d’étudiants noirs en 1969 à l’Université Concordia, que Dan Philip annonce d’une voix mesurée « je vais passer le flambeau et espérer que vous allez continuer » en parlant de la présidence de l’association phare de défense des droits des Noirs au Québec. Le temps est venu, fait-il comprendre, de céder la place qu’il occupe depuis cinq décennies.

La Ligue des Noirs du Québec est un organisme à but non lucratif qui est issue de la Ligue des Noirs du Canada en 1969 pour défendre les droits de la personne et la justice sociale.

If there is no struggle, there is no progress  (s’il n’y a pas de combat, il n’y a pas de progrès) cette phrase que M. Phillip emprunte à l’abolitionniste Frederick Douglass dans son discours d’une dizaine de minutes qu’il livra assis, résume bien l’homme. Ex-syndicaliste, Dan Philip fut dans d’importants combats pour la défense des droits des Noirs depuis un demi-siècle et ceci, surtout contre les services policiers qui, frénétiquement, privent encore injustement des Noirs de leur liberté.

Pour ce 50e de la Ligue des Noirs du Québec, célébré au Living Room, rue Paré, le samedi 5 octobre 2019, Dan Philip a tenu à remercier vigoureusement dans son allocution, ses amitiés qui ont survécu au temps : Louise Harel plusieurs fois ministre sous le Parti Québécois avant de perdre la mairie de Montréal en 2009 et Gérald Larose l’ex-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), une puissante formation syndicale québécoise. D’ailleurs, ces deux complices furent attablés aux tables centrales, deux tables très homogènes où malheureusement presque aucune personne racisée n’était visible. Autour d’elles, rayonnaient à leurs tables près de 400 invités largement issus des diverses communautés noires du pays, et d’ailleurs, très heureux, fier de participer à cette journée historique.

Dans cette soirée animée par Julienne Ngo Nyidi et Marcel Kaboré, les convives furent sapés de belle façon. Le Secrétaire de la Ligue des Noirs du Québec, M. Ryan Cox, prit le premier la parole, par contre, uniquement dans la langue de Shakespeare.  M. Cox évoqua que la Ligue a su, aux travers les décennies d’activités, faire des amis au lieu d’ennemis. « Dan a réussi à faire admettre à la Ville de Montréal que l’esclavage doit être reconnu comme un crime » terminera Cox en soulignant aussi la victoire de la Ligue dans la création d’un recours collectif contre les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour le profilage racial.

Après avoir franchement salué les 50 ans de la Ligue des Noirs du Québec à l’Assemblée Nationale quelques jours auparavant, le Montréalais David Birnbaum, un élu du Parti Libéral du Québec (PLQ), prit sans attendre la parole pour reconnaitre que « la discrimination systémique est toujours présente » et que « les actions et les paroles de Dan démontrent la dignité de toute une communauté ».

Orly Lokango de la jeune Ligue des Noirs du Québec, Mme Magda Popeanu pour remplacer l’absence de la mairesse de Montréal Valérie Plante, Marvin Rotrand un professeur d’histoire convertit en conseiller municipal (un opposant de Valérie Plante) puis finalement Mme Francine Esther Kouablan de Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie  (MRAX) venue expressément de la Belgique ont chacun porté un vibrant hommage au cinquantenaire de la Ligue.

Finalement, après un copieux repas qui validait le 100 $ nécessaire pour le couvert, la Remise de Prix Mathieu Da Costa eut lieu. Des groupes communautaires qui ont longtemps milité aux côtés de la Ligue se sont vus récompensés : Le Community Contact, M. Jean Isseri pour le Carrefour Jeunesse Emploi de Cote-des-Neige, Elisabeth Dembil pour le Carrefour de Liaison et d’aide Multiethnique (CLAM) et l’Union United Church qui est une conscience sociale d’Afro-canadiens depuis 112 ans, offrirent chacun de touchants témoignages à Dan Philip.

Pour les individus, l’ex-député Maka Kotto, Yves Manseau qui déclara Dan Philip comme étant un ami, un frère, l’influent Jean Michel alias Michel Studio, l’érudit Germain Amoni Nikoué, furent aussi récompensé du Prix Mathieu Da Costa.

Dan Philip quittera la présidence de la Ligue des Noirs du Québec par la grande porte. Un processus électoral devrait avoir lieu durant la prochaine année selon les confidences de Dan Philip. Un documentaire réalisé par Olivier Lassu sur ses activités est actuellement en production. Ce documentaire qui durera environ 60 minutes relatera la jadis (et peut-être actuelle) « indifférence du Québec en matière d’intégration » pour citer Mme Louise Harel lors de sa prise de parole.

Compliments à M. Dan Philip pour avoir, durant cinquante années, mené la barque de la Ligue des Noirs du Québec. Comme m’a confié Mme Thérèse Gaubert, épouse de M. Amoni Nikoué, au crépuscule de la soirée anniversaire : « Ce n’est pas tout d’avoir un objectif, encore, il faut le réaliser. »

Le Peuplement de la Casamance (Sénégal) par les Kongo

Depuis la première moitié du XIXe siècle, la région de Casamance située dans le sud du Sénégal, à la frontière de la Guinée-Bissau et de la Gambie, une ancienne colonie portugaise jusqu’en 1908, ensuite cédée aux Français, est peuplée par des Kongo provenant du royaume Kongo et des esclaves libérés des bateaux négriers.

Le drapeau adopté (sans la femme à la croix) par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) en 1988

Pendant la traite négrière entre le XVe et le XIXe siècle, le golfe de Guinée, qui s’étend de l’actuel nord de l’Angola aux côtes méridionales de l’actuelle Mauritanie, était l’un des principaux itinéraires de la traite négrière vers les Amériques.

Comme le savent bien les historiens, dans ce golfe de Guinée, le puissant royaume de Kongo Dia Ntotila et ses vassaux (royaumes du Loango, du Kakongo, de Ngoyo et de Ngola) ont été les plus gros fournisseurs des personnes réduites en esclavage, dès 1520, année d’apogée[1] du commerce négrier dans ce royaume jusqu’à la fin du XIXe siècle, lors du trafic clandestin dans les Amériques principalement organisé par les Portugais et les Brésiliens.

Selon les données de Davis Eltis[2], entre 1676 et 1800, parmi les régions d’approvisionnement en esclaves dans le golfe de Guinée, l’Afrique Centrale était le premier et le plus important fournisseur d’esclaves, contribuant à elle seule (l’Afrique Centrale) à 37,4 % de l’ensemble du commerce des esclaves à cette époque.

Cependant, après trois siècles d’effervescence de la traite négrière, une prise de conscience de la lutte contre ce trafic criminel a commencé à la fin du XVIIIe siècle. Et à partir de ce moment-là, les campagnes abolitionnistes ont commencé à la même période, avec des mouvements britanniques tels que la Society for the Abolition of the Slavery (Société. pour l’abolition de l’esclavage).

En 1833, sous la pression des abolitionnistes, le Congrès britannique abolit le commerce des esclaves dans toutes les colonies du Royaume-Uni. Déjà, il faut dire qu’à partir de 1815, le Royaume-Uni, parmi les puissances esclavagistes, fut le champion de l’éradication de la traite négrière. Il faut dire aussi que la surveillance et la pression exercées par les Britanniques sur les marchands d’esclaves étaient si forte que ce ‘commerce honteux ‘ devint presque impossible à ce moment-là.

C’est dans ce sens que les Britanniques forcèrent les Portugais à signer un traité visant à ralentir le flux de la traite négrière, alors que le Portugal tergiversait à abolir la traite négrière.

Ainsi fut signé le Traité de Vienne du 22 janvier 1815 entre le Portugal et l’Angleterre ratifié le 8 juin de la même année, à Rio de Janeiro, au Brésil, qui imposa la suppression de la traite dans le nord de l’Équateur (Afrique de l’Ouest) et autorisa la traite négrière dans l’hémisphère sud (Afrique centrale et australe) afin d’approvisionner en main-d’oeuvre, les colonies portugaises d’Amérique.

À partir de cette époque du XIXe siècle, le Kongo et ses vassaux sont devenus le plus grand marché de traite négrière de toute l’Afrique.

Les chiffres indiquent qu’entre 1816 et 1851, le nombre total d’esclaves embarqué de Luanda pour les Amériques représentait plus de 71%, tandis que ceux des cotes d’El Mina et Dahomey (actuels Ghana, Togo et Bénin) représentaient moins de 1% du total.

Puis, dans cette croisade abolitionniste britannique du nord de l’équateur, des unités maritimes telles que le British Anty Slave Trade Squadron et la British Navy patrouillèrent les côtes d’Afrique dans la région du golfe de Guinée en Afrique de l’Ouest de 1815 à 1865.

C’est pour cette raison, afin de l’utiliser comme base arrière pour les croisades contre les navires négriers, que les Britanniques ‘achetèrent'[3] le territoire de la Sierra Leone et nommèrent la capitale de ce territoire, Freetown (ville libre). Les Français firent de même avec Libreville, l’actuelle capitale du Gabon, qui servit de base arrière contre la traite des esclaves, lorsque la France abolit l’esclavage en 1848.

Entre cette période, ces deux unités de la marine britannique capturèrent sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest, les navires négriers provenant du royaume de Kongo Dia Ntotila et d’Afrique Australe à partir de 1844. Les esclaves à bord, principalement des Kongo, furent libérés et installés en Sierra Leone et en Casamance dans l’actuel Sénégal en 1844.

Les Kongo installés en Casamance, région qui était alors administrée par le Portugal, peuplèrent cette région sénégalaise ainsi que la Guinée Bissau, en préservant leurs traditions tout en s’imprégnant de celles de la population locale, les Jolas.

Les Kongo de Casamance sont très différents physiquement et sociologiquement des Jolas. La plupart des Kongo de Casamance sont chrétiens, en contrepartie des Jolas qui sont musulmans. Par exemple, la plupart des chefs de guerre de Casamance sont des chrétiens. Du point de vue de la peau, les Kongo de Casamance sont de peau noir clair, tandis que les Jolas sont d’ordinaire d’une teinte plus foncés, comme le reste de la population sénégalaise.

Les femmes Kongo de Casamance, portent généralement le tissu africain le plus utilisé par les femmes d’Afrique Centrale. L’architecture des maisons des Kongo de Casamance est semblable à celle des maisons d’Afrique Centrale, comme celles du Congo Brazzaville et d’Angola. Et même l’accent français est différent de l’accent sénégalais. Les Kongo de Casamance ont beaucoup contribué à la formation socioculturelle de cette région.

En tant que région qui lutte pour son autonomie ou l’indépendance à travers des mouvements extrêmes de rebellions, la Casamance est assez différente du reste du Sénégal, surtout avec près de 30 ans de déconnexion directe de route avec Dakar, faute du manque de pont, ce qui obligea les gens à contourner toute la Gambie pour atteindre la Casamance.

L’une des raisons de ce conflit, à l’exception des raisons historiques pour lesquelles la Casamance fut une ancienne colonie portugaise et qu’une partie de cette région parle le portugais principalement avec les territoires frontaliers de la Guinée Bissau, est le fait que la Casamance est assez sociologiquement différente du reste du Sénégal, comme nous avons vu cela ci-dessus. Et autre cause, c’est que la région est aussi la plus riche de tout le Sénégal, car elle dispose de réserves de pétrole et qu’une bonne partie de l’arachide exportée par le Sénégal provient de là-bas. Malgré cette contribution à la richesse du pays, les habitants de cette région se sentent marginalisés par les politiques publiques sénégalaises. Par exemple, c’est seulement cette année, en 2019, que le pont reliant Dakar à Casamansa a été inauguré.

Personnellement, comme je souhaite l’indépendance du Cabinda, la Casamance doit également être indépendante pour plusieurs raisons mentionnées dans cet article et pour d’autres raisons non mentionnées. Car on ne peut pas prétendre gouverner un pays unifié et harmonieux dont les autorités n’envoient pas de fonds publics ou suffisants à d’autres régions, alors que ces régions produisent la richesse du pays. Il est préférable de donner aux habitants de ces régions (Cabinda et Casamance) leur indépendance pour se gouverner lui-même, comme c’est le cas aujourd’hui du Sud-Soudan.

[1] NKOUKA MENGA, J.M. Chronique Politique Congolaise: Du Nani Kongo a la Guerre Civile. Brazzaville: l’Harmattan. 1991.

[2] ELTIS, David e RICHARDSON, David (Ed.). Extending the Frontiers: Essays on the New Transatlantic Slave Trade Database. New Haven: Yale University Press. 2008.

[3] Nous mettons ce verbe entre guillemets, car acheter quelque chose signifie échanger une transaction financiere ou materielle contre une chose, avec le propreitaire de cette chose. Or dans ce cas, la Sierra Leonne, bien que visitée avant, par les portugais (d’ou le nom de ‘‘Sierra Leone’’ qui signifie la Terre des Lions en portugais ancien), n’était pas une colonie, ni territoire d’influence du Portugal ou de quelle autre puissance européenne. D’ou le verbe acheter reste sujette à question.

Le projet Humanae d’Angélica Dass s’installe au MBAM

Dans le cadre des 20 ans de son programme Le Musée en partage, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) invite le public à découvrir dans son pavillon Jean-Noël Desmarais Humanae, création monumentale de la photographe brésilienne Angélica Dass, réalisée en février dernier avec la participation de 150 Montréalais et Montréalaises. Avec la présentation d’Humanae, le MBAM souhaite réaffirmer son engagement dans la promotion de la diversité et du vivre-ensemble.

Des membres du comité Art et Vivre-Ensemble du MBAM : (de gauche à droite) Moridja Kitenge Banza, artiste et responsable des programmes éducatifs — Cultures du monde et vivre-ensemble, MBAM; Mohammed Makhfi, artiste, calligraphe et éducateur artistique; Nadine St-Louis, fondatrice et directrice générale, Les Productions Feux Sacrés; Cathy Wong, présidente, conseil municipal, Ville de Montréal; Michel de la Chenelière, président du conseil d’administration, MBAM; Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef, MBAM; Marie Houzeau, directrice générale, Groupe de recherche et d’intervention sociale (GRIS) de Montréal; et Moussa Sène, président, Conseil interculturel de Montréal. Photo : MBAM, Christine Guest.

Depuis 2012, Angélica Dass œuvre à la création d’une mosaïque géante composée de milliers de portraits humains, dont les nuances de peau sont représentées à la manière du nuancier PantoneMD, un système de codage universel des couleurs. Le 12 février dernier, la photographe était de passage au MBAM pour photographier des citoyens montréalais. Le projet d’envergure révèle la mixité et l’étendue chromatique de la peau humaine à l’échelle planétaire et remet en question l’idée répandue d’une couleur chair unique.

À ce jour, des milliers de participants bénévoles de 18 pays et de 6 continents, sélectionnés sans égard à leur nationalité, leur sexe, leur âge, leur race, leur classe sociale ou leur religion, ont pris part à ce projet universaliste. Montréal est la deuxième ville canadienne, après Vancouver, et la trentième ville dans le monde a avoir pris part à ce projet international.

Le MBAM, un lieu d’échanges accessible à tous
L’art est un formidable outil de diplomatie culturelle où dialoguent les cultures. Musée citoyen et inclusif, le MBAM propose à la communauté de nombreuses occasions de rencontres et d’échanges, à travers maintes activités qui favorisent l’accessibilité et l’inclusion.

Son programme Le Musée en partage, qui célèbre ses vingt ans, permet chaque année à des milliers de personnes vulnérables ou marginalisées de bénéficier gratuitement d’une multitude d’activités artistiques conçues sur mesure pour elles. Ses expositions et son programme de résidence Empreintes offrent une place importante aux artistes contemporains autochtones et issus de la diversité.

En juillet dernier, le MBAM a mis sur pied le comité consultatif Art et Vivre-Ensemble, formé de spécialistes des questions interculturelles, qui a pour mandat de favoriser la mise en place de projets valorisant la diversité. Le 9 novembre prochain, le Musée inaugurera l’aile Stéphan Crétier et Stéphany Maillery consacrée aux arts du Tout-Monde. Ces galeries réaménagées, situées au 4e étage du pavillon Jean-Noël Desmarais, feront dialoguer l’une des plus importantes collections d’archéologie et de cultures anciennes au Canada avec des œuvres d’artistes contemporains de tous les continents.

À propos du Musée des beaux-arts de Montréal
Avec plus d’un million de visiteurs par année, le MBAM est l’un des musées les plus fréquentés au Canada et en Amérique du Nord. Ses expositions temporaires aux scénographies originales croisent les disciplines artistiques (beaux-arts, musique, cinéma, mode, design) et sont exportées aux quatre coins du monde, tandis que sa riche collection encyclopédique, répartie dans cinq pavillons, comprend l’art international, les cultures du monde, l’art contemporain, les arts décoratifs et le design, ainsi que l’art québécois et canadien. Le Musée a connu une croissance exceptionnelle au cours des dernières années avec l’inauguration de deux nouveaux pavillons : le pavillon Claire et Marc Bourgie, en 2011, et le pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein, en 2016. Le complexe du MBAM est par ailleurs doté d’une salle de concert de 460 places, la salle Bourgie, ainsi que d’un auditorium et d’une salle de cinéma. Le MBAM est en outre l’un des plus importants éditeurs canadiens de livres d’art en français et en anglais diffusés à l’international. Enfin, le Musée abrite l’Atelier international d’éducation et d’art-thérapie Michel de la Chenelière, le plus grand complexe éducatif dans un musée d’art en Amérique du Nord, qui permet la mise en œuvre de projets innovants en éducation, en mieux-être et en art-thérapie.

Changements climatiques : de l’argent pour le Gabon

Mieux vaut prévenir que guérir.  C’est le dicton qui sous-tend un nouvel accord signé dimanche 22 septembre 2019 entre le Gabon, symbole incontestable de la Françafrique, et la Norvège, qui deviendra ainsi le premier pays africain à recevoir de l’argent pour préserver sa forêt.

L’Initiative forestière en Afrique centrale (CAFI) est une collaboration entre le PNUD, la FAO, la Banque mondiale, six pays d’Afrique centrale et une coalition de donateurs, dont le Royaume de Norvège, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Les six pays centrafricains participants sont le Cameroun, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale, le Gabon et la République du Congo.

Les changements climatiques font continuellement l’actualité tout autour de la planète. On réalise vite qu’il n’y a pas que la forêt amazonienne qui fournit l’oxygène tant précieuse aux humains. L’Afrique offre à la planète bleue des forêts qui s’étendent à l’infini, absorbant, piégeant le dioxyde de carbone (CO2), un gaz à effet de serre, en quantité colossale.   Si la forêt amazonienne est le poumon de la Terre, celles d’Afrique équatoriale en sont le poumon droit.

Cette forêt africaine est elle aussi en danger. Son bois satisfait environ 70 % des besoins énergétiques de ses habitants, un taux nettement supérieur à celui du reste de la planète.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que, rien que de 1980 à 1995, la déforestation a représenté plus de 10 % du total de la couverture forestière du continent. Un choc reconnu par cet accord avec le Gabon, qui abrite aussi la moitié de la population totale des éléphants d’Afrique.

Selon l’entente issue de l’Initiative forestière en Afrique centrale (CAFI), une initiative norvégienne datant de septembre 2015, la Norvège versera au Gabon 10 dollars par tonne de carbone non émise, par rapport à la moyenne annuelle du pays d’Afrique centrale entre 2005 et 2014, avec un maximum de 150 millions de dollars (136 millions d’euros)  sur dix ans.

L’annonce intervient dans le cadre du Sommet Action Climat 2019 de l’ONU qui a eu lieu aujourd’hui lundi, le 23 septembre 2019 à New York, auquel le secrétaire général Antonio Guterres a demandé à l’ensemble des pays d’élever leurs objectifs de réduction des gaz à effet de serre.

Né à Manchester au Royaume-Uni, Lee White, le nouveau Ministre gabonais de la Forêt, de la Mer, de l’Environnement, chargé du Plan climat s’est dit heureux de l’entente historique. M. White a été mis au poste de ministre par le Président Ali Bongo il y a quelques mois suite à des saisis inquiétantes de kévazingo, un bois précieux, un bois sacré et vénéré dans la tradition et surtout interdit d’exploitation, au grand dam des Chinois.

Le Gabon est un chef de file en matière de préservation de la forêt pluviale en Afrique centrale, avec la création de treize parcs nationaux depuis l’an 2000.

M3: Mode Masculine Montreal 2019

L’Introduction de la Mode Masculine Montréal (M3) par M. Yves Ulysse

Samedi, le 14 septembre 2019, le Vieux-Port de Montréal recevait la toute première édition du prodigieux M3: Mode Masculine Montréal, un réel tour de force d’Yves Ulysse qui rebrasse les cartes du calendrier de la mode dans la métropole nord-américaine.

Comme on le sait, le monde de la haute couture est un univers plutôt hermétique, clos, difficile d’accès pour les non-initiés. La Mode Masculine Montréal  (M3) 2019, un happening déployé sur trois jours allait temporairement laisser place à un vent nouveau dans ce milieu surnaturel.

Créations du designer Helmer

Inspiré par le défunt Jeff Rustia, fondateur de la Toronto Men’s Fashion Week (TOM*FW),  Yves Ulysse nous explique sa démarche: « Jai voulu créer ce projet parce que j’avais envie de faire une différence à Montréal. Dans la Mode en ce moment, il ne se passe plus grand-chose. Il y a des événements qui sont ponctuels, mais cela fait plusieurs années qui sont là. Le M3 est un renouveau. Tout ce qui est déjà établi,c’est très bien, mais il n’y a absolument rien pour la mode masculine. »

Suite au lancement officiel vendredi 13 septembre au célèbre bar cabaret Vol de Nuit qui a rouvert ses portes l’année dernière, les Aficionados de la mode masculine se sont donné rendez-vous au Centre des Sciences  de Montréal pour lorgner les créations des designers.  Une foule éclectique,  distincte et gracieuse, fut amalgamée avec autant de femmes que d’hommes pour ce premier épisode du M3. Les bises suivaient bonnement les poignées de main.

Des artistes connues (Marie Ange Barbancourt, Eddy Toussaint, Charlotte Cardin, Caroline Davernass, Stéphane Le Duc etc…)  d’autres moins, aux accents divers n’ont pas manqué ce premier rendez-vous avec Yves Ulysse pour le M3.  Je n’ai pu m’empêcher de demander au chef d’orchestre comment cet exploit fut accompli. « Étant une personne qui vient d’une minorité visible, je suis d’origine haïtienne et je suis né en Haïti aussi et je me considère comme un citoyen du monde alors pour moi c’est tout a fait normal de faire quelque chose qui peut connecter tous les gens. Je me considère comme un connecteur, j’ai besoin que les gens échangent, connectent, partagent, c’est surtout cela l’esprit de l’événement. »

19h15,  après Maxime Black, une fusillade de déclics de photographes a accueillit les coutures de l’illustre Helmer, également natif du pays de Dessalines,  qui s’en est pris au catwalk avec une composition accomplie, maîtrisée, aux couleurs vibrantes. Son dernier tableau présenté à la foule béate habite sûrement encore les conversations aujourd’hui et probablement demain: Un Hercule d’ébène au caleçon diaphane, surmonté d’un grand chapeau paré de poupées vaudou aux couleurs sanguines a fait camper la foule qui discernait, peut-être pour une première fois, le génie de l’artiste.

Suivi, une heure plus tard, du designer Vincent La Kuach pour la griffe Lakuachimoto. Vraisemblablement toujours dans l’expérimentation, englouti dans la géométrie, ce designer / mannequin et même dentiste a offert à la foule un style androgyne assumé. Avec ces coutures parfaites, je ne doute pas que ce designer a encore plus à offrir à son art.

Qui plus est, Hollywood PQ s’est même incarné sur le catwalk avec la top modèle Eve Salvail pour le designer de manteaux exclusifs Pascal Labelle. L’acteur/ animateur / professeur Angelo Cadet, plus cool que cool incarnait le bon, la brute et le truand, tout-en-un, dans l’électrisant défilé de Pascal Labelle.

La Mode masculine n’est pas morte.

Rendez-vous avec Gilles Wouanko fondateur de l'African fashion Week Edmonton et Montréal

Rendez-vous avec Gilles Wouanko, fondateur de l'African fashion Week Edmonton et l'African fashion Week Montréal

Posted by LencreNoir.com on Monday, September 2, 2019

Gilles Wouanko, l’Ambassadeur de la mode Afro

La mode africaine devient de plus en plus main stream. Désormais elle est revêtue autant par l’Oriental, l’Occidental et elle est toujours aussi éclatante chez l’Afro-descendant. C’est ce qu’à compris Gilles Wouanko, un designer visionnaire pour la griffe Lord Gilles.

Gilles Wouanko, le 24 août 2019 lors de la 19e édition du Festival Mode & Design au Quartier des Spectacles à Montréal

Gilles Wouanko souhaite, en plus d’être vu par un maximum de paires de yeux possible, démystifier cette mode Afro. Elle a une histoire, est originale, de qualité, et surtout, elle est destiné à tout le monde.

En 2013, contre vents et marées, l’optimiste créateur de mode fonde l’African Fashion Week Edmonton, un happening phare pour la diaspora africaine et caribéenne dans la province de l’Alberta située au cœur du Canada.  Cet exploit permet à toute une communauté de se mettre en évidence et souligne magnifiquement le Mois de l’Histoire des Noirs dans la région métropolitaine le plus au nord de l’Amérique du Nord avec une population de plus d’un million d’habitants.

C’est particulièrement son caractère rassembleur qui permet à Gilles de se démarquer, Il sait rallier, rassembler différents acteurs autour d’une cause commune pour ainsi unir les forces, partager les ressources de chacun.

Cette union nécessaire a surement porté fruits lorsque Gilles Wouanko fonda l’African Fashion Week Montreal qui eut sa première incarnation en 2018.

Nous ne trahirons pas le poème – Rodney Saint-Éloi

L’ancêtre parle, invoque terre, feu, ciel, océan. Des voix résistent, résonnent ; le poème se joue, tambour, espérance et acte de foi. Rien n’est trahison dans cette traversée. Tout porte vers l’incandescence, lumière de nos humanités.

Nous ne trahirons pas le poème
Rodney Saint-Éloi
Poésie

Extrait
pour ma défense
je dirai que je suis poète
les mots m’ont précédé
je n’ai pas tété ma mère
je n’ai pas connu mon père
j’habite loin de mon île
mon ventre n’est pas mon ventre
je n’étais pas convié à ma naissance

Pour l’auteur Rodney Saint-Éloi
Le poème est cette main tendue. Ce fruit rouge. Cette femme qui rit dans la fenêtre. Cet homme qui a faim tous les jours. Ce chat qui cherche la chaleur d’une main. Ce peuplier au bord de la route. Tout cela m’offre un regard. Une perspective. Tout cela me renouvelle. En fait, le poème est la relation. La meilleure manière d’aller vers l’autre. De définir ou de redéfinir.

 

Rodney Saint-Éloi

Poète, écrivain, essayiste, éditeur, né à Cavaillon (Haïti), Rodney Saint-Éloi est l’auteur d’une quinzaine de livres de poésie, dont Je suis la fille du baobab brûlé (2015, finaliste au prix des Libraires, finaliste au Prix du Gouverneur général), Jacques Roche, je t’écris cette lettre (2013, finaliste au Prix du Gouverneur général).

Il est l’auteur de l’essai Passion Haïti (Septentrion, 2016). Le prestigieux prix Charles-Biddle lui a été décerné en 2012. Il a été reçu en 2015 à l’Académie des lettres du Québec et en 2019 à l’Ordre des arts et des lettres du Québec. Il dirige la maison d’édition Mémoire d’encrier qu’il a fondée en 2003 à Montréal.

Entretien avec Zab Maboungou

Rencontrer cette chorégraphe de renom est une leçon de (re)prise de conscience des moindres mouvements de notre propre corps.

Posted by LencreNoir.com on Tuesday, August 27, 2019

Zab Maboungou: le bonheur est dans la danse

À en croire Zab Maboungou, la recette du bonheur semble être dans les pieds qui piétinent un sol au rythme des tambours. Rencontrer cette chorégraphe de renom est une leçon de (re)prise de conscience des moindres mouvements de notre propre corps. Par sa manière enjouée de nous transmettre ce qu’elle professe au fond d’elle-même, nous ne pouvons faire autrement que d’admettre à quel point la danse soit souvent épicentrique pour l’être humain, peu importe d’où il soit.   

Zab Maboungou

Zab Maboungou est la fondatrice de la compagnie de danse Nyata Nyata

Née en France, Zab Maboungou a grandi au Congo et a immigré à Montréal il y a plus d’une trentaine d’années. Elle porte en elle un bagage important de métissages et de rencontres interculturelles. Sa signature est celle d’une artiste complète qui allie poétiquement philosophie et expression corporelle. D’aussi loin qu’elle puisse se souvenir, la danse a continuellement fait partie de son existence et elle en a toujours été fascinée, sachant depuis très jeune qu’elle avait un destin lié avec elle.

Fondatrice de la compagnie de danse Nyata Nyata qui fête ses trente ans cette année, récipiendaire de nombreux prix et titres honorifiques, la réputation de Zab Maboungou n’est plus à faire dans le milieu artistique, au Canada comme à travers le monde.

Le Sénégal sidéré par une série télé: Maîtresse d’un homme marié

Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest à majorité musulmane, la série télé Maîtresse d’un homme marié teste la sensibilité des Sénégalais. Avec des sujets aussi chauds que l’adultère, la violence conjugale, la  jalousie résultant de la polygamie et surtout l’amour au pluriel,  le feuilleton en wolof a rapidement  atteint le niveau de popularité des séries américaines Sex in the City ou Desperate Housewives.

Dans un pays où la sexualité des femmes a souvent été cachée derrière une culture de la discrétion, on catégorise cette télésérie d’acte de rébellion. Pourtant, cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large des femmes pour affirmer leur indépendance.

Extrêmement populaire au Sénégal,  visionné hebdomadairement des millions de fois sur YouTube, diffusée sur la chaîne privée 2STV depuis le 25 janvier 2019, chacun des épisodes écrit par la scénariste Kalista Sy, Khadidjatu Sy de son vrai nom, journaliste et coproductrice de l’émission, confronte la société traditionnelle sénégalaise avec ses nouvelles réalités.

« Je pense que l’on n’a jamais vu des femmes se mettre en avant. On a toujours eu le rôle classique de la femme soumise qui accepte tout et aujourd’hui on voit qu’au-delà de tout cela il y a des femmes qui n’ont pas de tabou pour évoquer tous les sujets, allant de la sexualité, à la maternité, à la vie de couple a la vie de famille. C’est ce que nous sommes réellement dans notre quotidien! »  annonce Kalista Sy, qui n’ignore pas que, parfois, pour être créative, il faut surmonter sa peur.

L’histoire de fiction est racontée par cinq jeunes femmes.  Halima Gadji scandalise la nation sénégalaise dans son rôle de Marème Dial, maîtresse au franc-parler  promu au rang de seconde épouse. D’ailleurs, l’ONG islamique Jamra a portée plainte à l’ordre du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) pour dépravation des mœurs. L’épisode 34 où Marième accède au lit conjugal, celui de Lalla Ndiaye, la parfaite épouse, est un énorme scandale au pays de Senghor.

« Le but n’est pas de dénoncer, mais de faire prendre conscience », avance la scénariste de 34 ans en  déconstruisant l’écriture des auteurs masculins sénégalais qui selon elle, valorise seulement la femme autour de son époux.

En mai 2019, la CNRA, présidée aujourd’hui par Babacar Touré, journaliste et businessmen sénégalais, a mis en demeure 2STV,  jugeant des passages « indécents, obscènes ou injurieux » et quelques scènes d’être « susceptibles de nuire à la préservation des identités culturelles ». Ce scénario ressemble au destin du film Rafiki de la Kenyane Wanuri Kahiu. Ce drame de 83 minutes qui romance une histoire d’amour entre deux femmes fut interdit au public Kenyan le 27 avril 2018.

Pourtant, comme tous les habitants de cette Terre, les Sénégalais ont bien accès aux séries télés américaines, occidentales qui poussent le bouchon encore plus loin dans leur délire.  La télé et les médias ne se doivent-ils par d’être un fidèle reflet de la société qu’elle représente?

La série télé Maîtresse d’un homme marié a au moins le mérite d’ouvrir le débat de féminité contemporaine dans un pays largement musulman d’Afrique de l’Ouest qui, comme une grande partie de la région, s’urbanise à une vitesse vertigineuse. Les valeurs traditionnelles du pays bordé au nord par la Mauritanie se voient immanquablement bousculées par une mondialisation insatiable et surtout incontrôlable.

Jean Félix Tchivaya, Fulbert Youlou et Jacques Opangault

Félix Tchicaya, Jacques Opangault, Fulbert Youlou: Trois Hommes de Grandeur Indélébile dans l’histoire politique du Congo

Du 15 aout 1960 au 15 aout 2019, cela fait 59ans que la République du Congo, ancien Moyen Congo sous l’époque coloniale française, accéda à la souveraineté internationale. À l’occasion de cet illustre anniversaire, il est important de revisiter notre histoire politique avec les trois grandes figures, précurseurs de cette histoire, confondue avec leurs histoires personnelles respectives. En effet, l’histoire politique du Congo débute en octobre 1945, avec trois figures de proue à savoir : Tchicaya, Opangault, Youlou qui constituent le trio de la fine fleur de la nomenklatura congolaise de l’époque dont leurs ombres planent encore dans la mémoire collective de nos jours et leurs actions gravées à jamais dans l’histoire politique du Congo.

Jean Félix Tchivaya, Fulbert Youlou et Jacques Opangault

Jean Félix Tchivaya, Fulbert Youlou et Jacques Opangault

« Ignorer lhistoire de son pays, cest rester enfant, car les vrais hommes de la société sont ceux qui ont le profond respect du passé » disait le penseur français Renaud. C’est pour dire qu’un homme responsable, digne de ce nom, doit pouvoir toujours rendre un hommage mérité aux illustres personnalités politiques ou autres qui ont marqué l’histoire de son pays, car ce sont eux qui ont balisé sa voie du présent et lui servent de modèles et guides.

En effet, l’année 1945, marque un tournant décisif dans l’histoire générale du Moyen-Congo, car c’est l’année où se crée deux grands partis politiques à savoir le PPC (Parti Progressiste Congolais) de Félix Tchicaya avec pour logo la Panthère, et le MSA (Mouvement Socialiste Africain) de Jacques Opangault avec pour logo le Coq. Les deux hommes furent les premiers hommes politiques du Congo. Tchicaya fut instituteur et ancien tirailleur de la 2e guerre mondiale. Son entrée en politique coïncide avec la période où les colonies françaises jouissaient d’un droit de représentativité à l’assemblée métropolitaine en France (l’union française).C’est ainsi qu’il fut élu député du Moyen-Congo et du Gabon le 25 octobre 1945 en battant le MSA d’Opangault. Tchicaya a milité pour la citoyenneté française de tous ses citoyens et fut l’homme de tous les citoyens, en remportant les élections à l’Assemblée Territoriale de 1947, aux Législatives de 1951, aux Assemblées du Groupe et locales de 1952 et de janvier 1956.

Cette dernière élection vit Tchicaya affronter non seulement Opangault, mais aussi Youlou. Celui-ci sortit avec 27,6 % de voix, contre 29,1 % de voix d’Opangault et  30 % de voix pour Tchicaya qui en sortit vainqueur. L’abbé Youlou, ne se découragea pas de ce résultat et fonda le 27 mai 1956, son parti l’UDDIA (Union Démocratique pour la Défense des Intérêts Africains) avec pour emblème le caïman. Ce dernier, après ses échecs aux élections territoriales de 1947 (1ers pas en politiques), et législatives de janvier 1956; remporta les élections municipales du 26 novembre 1956, et l’abbé Youlou devint le premier maire Noir de la ville de Brazzaville. Stéphane Tchitchelle le devint à Pointe-Noire, et Pierre Gourra lui aussi le devint à Dolisie; puisqu’ils furent eux aussi membres de ce parti. Après la loi Gaston Defferre de juin 1956 qui donna de larges pouvoirs aux colonies en mars 1957, des élections furent organisées au Congo à l’assemblée territoriale du Moyen-Congo pour élire un conseil du gouvernement. Opangault les remporta par l’écart d’une voix avec l’UDDIA. Opangault devint vice président du conseil du gouvernement et Youlou, ministre de l’Agriculture et de l’élevage. En novembre 1958, Youlou devint 1er ministre, la suite nous la connaissions avec l’émeute de février 1959. En décembre 1961, Tchicaya mourut à Pointe Noire, malgré des antécédents qu’il avait avec Youlou, ce dernier organisera des obsèques nationales pour le doyen Tchicaya.

Ces trois hommes eurent une grandeur indélébile dans la politique congolaise, parce que Tchicaya eut le sens de ramener le Congolais au rang de citoyen « français » avec son mieux-être,    lui, eut le sens de la paix et de la réconciliation, comme le témoigne l’Unité Nationale  que ce dernier a fait avec Youlou en circulant  tout le pays d’abord et ensuite pour parapher les accords d’indépendance du 12 juillet 1960 à Brazzaville, en devenant aussi son vice-président jusqu’à sa chute. Youlou eut la vision du développement du pays et du grand rassembleur et toujours à l’écoute du peuple comme le témoigne sa démission du 15 aout 1963, sans résistance.

En somme, il sied de dire qu’à l’occasion du 59e anniversaire de l’indépendance, il est important que ces trois hommes politiques congolais, nous inspirent de leurs parcours, pour continuer à tracer le chemin de développement national du Congo, qu’ils avaient commencé en « oubliant tout ce qui nous divise » comme le dit notre hymne national du Congo Brazzaville.

Rencontre avec Dre Fahimy Saoud

Rencontre avec Dre Fahimy Saoud

Posted by LencreNoir.com on Monday, July 29, 2019

Quand le médecin étranger est patient

Docteure Fahimy Saoud est une femme médecin, née en Haïti, de père libanais. À Montréal depuis près de 15 ans, elle nous raconte son parcours courageux afin de pouvoir pratiquer sa profession.

Dre Fahimy Saoud

Malgré quatre ans de médecine interne en Haïti, deux ans de gériatrie à Paris, cinq ans de pratique de médecine gériatrique de retour en Haïti, les institutions québécoises ne l’ont pas automatiquement considérée en tant que médecin. Comme plusieurs de ses collègues médecins étrangers, Dre Saoud a vécu une histoire d’amertume pendant ses années d’intégration à son pays d’accueil.

Il faut se rappeler qu’au Canada, plusieurs migrants à l’origine ingénieurs ou médecins dans leur pays natal ne reçoivent aucune reconnaissance pour leurs diplômes ni leurs expériences étrangères. S’ils désirent poursuivre leur premier choix de carrière, il leur faut s’armer de patience, d’audace, et surtout, il leur faut un encadrement particulier qui les soutient sur tous les aspects de leur intégration.

Le chemin de l’équivalence des études et compétences n’est pas simple et bien souvent, lorsqu’ils songent à s’établir au Québec, ces immigrants n’ont pas en mains les vraies informations pour savoir dans quoi ils s’embarquent réellement. C’est suite à ce constat que Dre Saoud s’est impliquée à la supervision des médecins étrangers pour les aider à intégrer le système de santé au Canada, à la clinique DHCEU (Diplômés hors Canada et États-Unis) de l’Hôpital St-Mary’s.

Un nouveau comité consultatif art et vivre-ensemble au Musée des beaux-arts de Montréal

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) annonce la création du comité Art et vivre-ensemble. Ce comité consultatif aiguillera le Musée dans la poursuite de sa mission afin d’en faire un lieu d’échange et de dialogue accessible à tous. La rencontre, la connaissance et la compréhension de l’altérité sont un enjeu quotidien. Le MBAM souhaite renforcer son action éducative et sociocommunautaire en faveur de la paix sociale avec son nouveau comité Art et vivre-ensemble et poursuivre ses actions avec ses nombreux partenaires.

De gauche à droite : Nadine St-Louis, Cécile Rousseau, Moridja Kitenge Banza, Bob W. White;Nathalie Bondil; Cathy Wong; Thomas Bastien; Marie Houzeau;Mohammed Makhfi et Moussa Sène – Photo : Christine Guest

Le comité consultatif Art et vivre-ensemble du MBAM a pour mandat de favoriser les actions et la réflexion du Musée pour son accessibilité au sein de la société et la rencontre des publics. Il favorisera la mise en place de projets valorisant la diversité et l’inclusion, en plus de fédérer des organisations partenaires autour de questions interculturelles. Le comité est composé de trois membres du MBAM et de sept spécialistes des questions interculturelles, qui se réuniront trois fois par année:

  • Michel de la Chenelière, président du conseil d’administration, MBAM
  • Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef, MBAM
  • Moridja Kitenge Banza, artiste et responsable des programmes éducatifs —Cultures du monde et vivre-ensemble, MBAM
  • Marie Houzeau, directrice générale, Groupe de recherche et d’intervention sociale(GRIS) de Montréal
  • Mohammed Makhfi, artiste, calligraphe et éducateur artistique
  • Cécile Rousseau, pédopsychiatre, professeure titulaire au Département de psychiatrie de l’Université McGill etdirectrice de l’équipe RAPS, Recherche et action sur les polarisations sociales
  • Moussa Sène, président, Conseil interculturel de Montréal
  • Nadine St-Louis, fondatrice et directrice générale, Espace culturel Ashukan
  • Bob W.White, directeur du laboratoire de recherche en relations interculturelles (LABRRI)et responsable du partenariat Montréal ville interculturelle
  • Cathy Wong, présidente, conseil municipal, Ville de Montréal

Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef du MBAM, explique cette initiative: « Après la création en 2010du comité Éducation, puis en 2017du comité Art et santé, ce troisième comité consultatif Art et vivre-ensemble charpente la vision humaniste du MBAM. Nous croyons que le musée est l’outil d’une diplomatie culturelle où dialoguent les cultures. L’apprentissage du vivre-ensemble passe par les échanges culturels. Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts. Notre perspective est ainsi plus interculturelle que multiculturelle. Avec nos experts, nous voulons favoriser la découverte de l’autre sous le chapiteau inclusif et rassembleur du MBAM. Si le Québécois a inventé le mot réseautage, c’est parce que nous voulons, non pas vivre dans une société fragmentée comme une mosaïque, mais bien faire partie d’un carrefour d’échanges. »

À propos du Musée des beaux-arts de Montréal:
Avec plus d’un million de visiteurs par année, le MBAM est l’un des musées les plus fréquentés au Canada et en Amérique du Nord. Ses expositions temporaires aux scénographies originales croisent les disciplines artistiques (beaux-arts, musique, cinéma, mode, design) et sont exportées aux quatre coins du monde, tandis que sa riche collection encyclopédique, répartie dans cinq pavillons, comprend l’art international, les cultures du monde, l’art contemporain, les arts décoratifs et le design, ainsi que l’art québécois et canadien. Le Musée a connu une croissance exceptionnelle au cours des dernières années avec l’inauguration de deux nouveaux pavillons: le pavillon Claire et Marc Bourgie, en 2011, et le pavillon pourla Paix Michal et Renata Hornstein, en 2016. Le complexe du MBAM est par ailleurs doté d’une salle de concert de 460places, la salle Bourgie, ainsi que d’un auditorium et d’une salle de cinéma. Le MBAM est en outre l’un des plus importants éditeurs canadiens de livres d’art en français et en anglais diffusés à l’international. Enfin, le Musée abrite l’Atelier international d’éducation et d’art-thérapie Michel de la Chenelière, le plus grand complexe éducatif dans un musée d’art en Amérique du Nord, qui permet la mise en œuvre de projets innovants en éducation, en mieux-être et en art-thérapie.

Entretien avec Dan Philip - Président de la Ligue des Noirs du Québec

Entretien avec Dan Philip La Ligue des Noirs du Québec

Posted by LencreNoir.com on Thursday, July 18, 2019

Dan Philip: 50 ans de solidarité

Dan Philip est l’un des piliers de la communauté noire de Montréal. Après plus de 50 ans de militantisme, il est toujours animé par le désir de protéger la veuve et l’orphelin. C’est lors des émeutes de l’Université Concordia , que M. Phllip avait ressenti l’urgence et la nécessité de fonder La Ligue des Noirs du Québec en 1969, avec d’autres camarades de l’époque.

Le 3 juin 2019, après plus de 50 ans passés au dans la lutte pour la justice sociale et les droits de la personne, Dan Phillip reçoit la Médaille de l’Assemblée Nationale de la citoyenneté de la circonscription d’Arcy-Mcgee qui souligne ses réalisations exceptionnelles dans le domaine de l’engagement communautaire

Aujourd’hui, c’est un grand homme sage que nous rencontrons, visiblement fier du travail accompli jusqu’ici, conscient et sûr de pouvoir passer le flambeau à une jeunesse apte à poursuivre la mission de l’organisme qui est demeuré la même : dénoncer les injustices, défendre les droits de la personne.

Oui, les mentalités ont peut-être un peu évolué dans la société québécoise lorsqu’on parle de relations interculturelles, diront certains, mais les luttes contre la discrimination raciale sont toujours d’actualité, particulièrement en matière de brutalité policière et de profilage racial dans différentes sphères.

2019 marque les cinquante années de fondation de la Ligue des Noirs du Québec.

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