Plus on sait, moins on affirme

Selon Mme Jee-Peng Tan, consultante à la Banque mondiale, le Rwanda fait partie des pays subsahariens qui ont fortement investi dans l'éducation de base de qualité. « Après le génocide de 1994 contre les Tutsis, le pays a mis en place de bonnes politiques et le taux de scolarisation dans l'éducation de base est louable », a-t-elle déclaré. En 2011. Le taux d'alphabétisation au Rwanda est, selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de 71 %.

Le Rwanda retire les téléphones portables des écoles

Le gouvernement rwandais de Paul Kagame interdit l’utilisation des téléphones cellulaires aux élèves des écoles primaires et secondaires pour lutter contre la distraction des jeunes étudiants et aussi pour les protéger contre les risques de la traite humaine.

Selon Mme Jee-Peng Tan, consultante à la Banque mondiale, le Rwanda fait partie des pays subsahariens qui ont fortement investi dans l'éducation de base de qualité. « Après le génocide de 1994 contre les Tutsis, le pays a mis en place de bonnes politiques et le taux de scolarisation dans l'éducation de base est louable », a-t-elle déclaré. En 2011. Le taux d'alphabétisation au Rwanda est, selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de 71 %.

Selon Mme Jee-Peng Tan, consultante à la Banque mondiale, le Rwanda fait partie des pays subsahariens qui ont fortement investi dans l’éducation de base de qualité. « Après le génocide de 1994 contre les Tutsis, le pays a mis en place de bonnes politiques et le taux de scolarisation dans l’éducation de base est louable », a-t-elle déclaré. En 2011. Le taux d’alphabétisation au Rwanda est, selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), de 71 %.

Cette initiative du ministère du Genre et de la Famille est le fer de lance de nouvelles politiques approuvées par le cabinet cette semaine.

Une fois de plus, comme pour le sac plastique au Cameroun depuis 2014, l’Afrique innove avec des politiques audacieuses qui sauront inspirer sinon courber positivement les politiques occidentales.

Selon cette décision de Kigali, il est conseillé aux étudiants d’utiliser un téléphone mobile uniquement lorsqu’ils sont avec leurs parents et de les laisser à la maison lorsqu’ils vont à l’école.

« Vous ne pouvez pas enseigner à un enfant qui discute sur les médias sociaux et qui envoie des photos », a déclaré, le jeudi 14 juin 2018, la Ministre du Genre et de la Promotion de la famille, Espérance Nyirasafari, qui a perdu ses parents lors du génocide des Tutsis de 1994.

La Ministre, nommée depuis 2016, a également déclaré que les téléphones portables facilitent l’accès des étudiants aux criminels. Elle a donné un exemple de trafiquants d’êtres humains qui traquent avec leur téléphone leurs prochaines victimes qui, dans la plupart des cas, sont de jeunes filles et garçons.

« La plupart des crimes de traite d’êtres humains sont commis par téléphone. Les trafiquants dirigent leurs victimes potentielles jusqu’à ce qu’elles tombent entre leurs mains », a déclaré Mme Nyirasafari.

Pour dissuader les jeunes étudiants d’utiliser leurs téléphones portables dans l’établissement scolaire, il a été décidé qu’un enfant qui serait pris la main dans le sac serait renvoyé chez lui et devrait y retourner accompagné de ses parents. Les parents eux-mêmes seront sensibilisés sur les directives d’utilisation des téléphones et devront rédiger une lettre d’engagement conjointe avec le jeune qui assurera que l’enfant ne l’utilisera plus à l’avenir.

« En cas de récidive, l’étudiant sera définitivement expulsé », a annoncé le Dr, Eugène Mutimura, le Ministre de l’Éducation du pays d’Afrique de l’Est où la scolarité est obligatoire jusqu’à l’âge de 18 ans.

L’impact négatif de cellulaire ne se limite vraisemblablement pas aux jeunes personnes. Une étude menée par des chercheurs de l’Université Kent aux États-Unis en 2013 concluait que l’utilisation du téléphone cellulaire était corrélée négativement aux résultats universitaires, mais positivement à l’anxiété. En d’autres termes, les plus accros à leur mobile sont aussi les plus anxieux, et obtiennent de moins bonnes notes que les étudiants qui savent décrocher de leur téléphone.

Wiel Prosper

Wiel Prosper: sous la casquette, mille chapeaux bien campés

Wiel Prosper est  de ces êtres à l’âme révolutionnaire comme il s’en fait trop peu. Sous sa casquette gavroche qui ne le quitte pas, il porte en fait plusieurs chapeaux qui lui vont bien. Il est philosophe, cinéaste, documentariste, militant, ex-policier de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), mais également papa et citoyen engagé.

Au restaurant Steve-Anna où nous lui avions donné rendez-vous, nous avons rencontré un homme charmant, éloquent, intelligent, qui a le cœur des braves.

Natif de Montréal Nord, de père d’origine haïtienne et de mère d’origine québécoise, il semble malicieux et effronté juste assez comme il faut l’être lorsqu’on défend ses idées. Wiel Prosper croit que grandir dans ce quartier porte naturellement à avoir conscience des injustices sociales et raciales, et à être sensible aux inégalités des chances pour les enfants de toutes cultures confondues. C’est d’ailleurs l’essence de son combat : il voudrait que tous les enfants se reconnaissent dans les livres d’Histoire, qu’ils aient tous les mêmes possibilités dans tous les domaines, particulièrement dans les arts (musique, cinéma). Il dit : « Je veux m’assurer que chaque enfant puisse rêver ce qu’il et elle veut être, et qu’on leur donne les moyens de réaliser leurs rêves. »

Entrevue entre Wiel Prosper et Odile Rampy, le mardi 5 juin au restaurant Steve-Anna dans le quartier Saint-Michel

Entrevue entre Wiel Prosper et Odile Rampy, le mardi 5 juin au restaurant Steve-Anna dans le quartier Saint-Michel

Plus jeune, Wiel Prosper militait contre la brutalité policière, tout comme son père l’a fait il y a une trentaine d’années pour l’affaire Anthony Griffin (le 11 novembre 1987, un jeune homme noir de 19 ans, non armé, a été abattu par un policier devant un poste de police de Montréal). De père en fils, la fibre de contestataire s’est visiblement transmise, et quelques années plus tard en 2008, c’est lors du cas Fredy Villanueva (né au Honduras, âgé de 18 ans,  sans antécédent judiciaire, non armé, il est abattu lors d’une intervention policière dans l’arrondissement Montréal-Nord, le ) qu’il  a fondé avec d’autres activistes le mouvement social Montréal-Nord Républik. Ce groupe vise à dénoncer les actes de brutalité policière et à sensibiliser la population aux notions de profilage racial et aux injustices commises envers les citoyens issus des minorités visibles.

Lorsqu’il pose des actions de désobéissance civile, ce sont ses enfants et sa connaissance de la loi de par son passé dans la GRC qui l’aident à garder des balises pour ne pas aller trop loin. Certaines histoires génèrent énormément de frustration, mais Wiel Prosper maintient un calme olympien et choisit de canaliser sa colère en pratiquant plusieurs sports. Son attitude pacifique et son savoir l’aident assurément à s’exprimer devant les médias, et vulgariser certaines problématiques à la population. Toujours articulé et posé lors de ses interventions et explications, il semble zen et imperturbable. Cela ne l’empêche pas d’avoir reçu des menaces et des commentaires haineux pour qu’il se taise. Il brasse les consciences et cela dérange.

Chaque petit pas compte

Lorsqu’on lui demande quelles sont les personnes qui l’inspirent dans ses luttes, il répond spontanément que « ce sont ceux et celles qu’on ne connaît pas et qui font un travail de terrain chaque jour. » Tous les intervenants qui travaillent d’arrache-pied, dans l’ombre, dans les organismes communautaires comme à la Maison d’Haïti ou ailleurs. Quotidiennement, elles font un travail colossal , souvent sans compter les heures en tant que bénévoles, et surtout sans recevoir de rémunération. C’est grâce à toutes ces personnes que les causes sociales évoluent. « Si ces gens-là disparaissaient, on verrait tout le travail qui ne se fait pas dans notre société », dit-il.

Pourtant, dans la société québécoise, il y a encore des gens qui nient l’existence même du racisme, alors que nous pouvons régulièrement entendre des dérapages dans nos médias, tel que récemment l’animateur de radio Énergie, José Gaudet, qui comparait Gregory Charles à un excrément. Wiel Prosper a déposé une plainte à ce sujet, et se demande comment se fait-il que personne du milieu artistique ne réagisse ouvertement et nettement sur la question. Même les politiciens comme Emmanuel Dubourg ou Dominique  Anglade se taisent.

Restaurant Steve-Anna

Restaurant Steve-Anna

Faisant un parallèle avec le cas de la comédienne américaine Roseanne Barr qui a récemment  émis des gazouillis à caractère raciste, Prosper souligne que la société québécoise réagit bien différemment au racisme perpétué par ses vedettes. Pour avoir comparé une ancienne employée de Barack Obama à un singe, l’émission de Roseanne Barr dont elle est l’actrice principale a été carrément retirée des ondes malgré son immense popularité. « Ici, de simples excuses suffisent, alors que les Américains choisissent d’envoyer un message fort et clair à la population, en disant que ça, c’est inacceptable en 2018 », note Wiel Prosper.  La liberté d’expression serait-elle un privilège blanc? Ou existe-t-elle également pour les personnes noires et racisées? C’est une question qu’il se pose dans ce genre de cas. L’histoire de José Gaudet et surtout le constat du silence des personnes en position de pouvoir laissent comprendre que le million de personnes racisées du Québec sont encore considérées comme des citoyens de seconde classe, nous explique-t-il, et c’est très décevant.

« Mais les choses avancent, même si elles le font lentement. Grâce aux médias sociaux, les gens ont accès à ce qui se passe à l’extérieur, les nouvelles voyagent vite. Il y a quelques années, peu de gens parlaient de la notion de profilage racial, alors qu’aujourd’hui tout le monde admet que cela existe dans notre société. De là à prendre les moyens pour la combattre, c’est autre chose. Mais ça avance. »

Du cinéma qui bouscule

Wiel Prosper est documentariste. Ses implications sociales ont un coût, celui de lui fermer des portes au niveau des producteurs, diffuseurs et maisons de médias importants. Ses films sont toujours en lien avec ses idéaux. Il a son propre créneau en quelque sorte, qui relie ses deux grandes passions, le militantisme et la réalisation cinématographique. Bien sûr, on y retrouve également une touche multiculturelle, souvent haïtienne, agrémentée de féminisme et de rébellion juvénile. L’homme ne se renie pas. Sa mémoire cellulaire agit dans chacun de ses gestes.

Le documentaire dont il est le plus fier est son premier, The lost tapes, réalisé en 2006, qui dresse le portrait des jeunes rappeurs québécois des années 2000. Le documentariste affirme qu’il aimait le fait de suivre ces jeunes dans leur quotidien, et que cette proximité apportait un regard cru sur les embûches qu’ils vivaient comme jeunes entrepreneurs dans le milieu de la musique hip-hop de l’époque. C’est un film rempli de moments forts, souligne-t-il, dont le parcours fût sinueux  afin de le rendre public. Après avoir d’abord perdu ses fichiers pendant plusieurs années, puis les avoir retrouvés et mis en ordre, le documentariste-militant a envoyé son résultat final à plusieurs postes de diffusion et aucun ne lui a donné suite. C’est uniquement le vice-président de la programmation de Canal D à ce moment-là, Jean-Pierre Laurendeau, qui a cru en lui et lui a donné la chance de diffuser ses documentaires suivants sur la chaîne de télévision.

En plus d'être père, Wiel Prosper, 6 pieds 4 pouces, qui est en fait le diminutif de Wieland Prosper est un grand sportif: l'activiste pratique le basketball, le football, le hockey et le soccer.

En plus d’être père, diplômé en Philosophie, Wiel Prosper, 6 pieds 4 pouces, qui est en fait le diminutif de Wieland Prosper est un grand sportif: l’activiste pratique le basketball, le football, le hockey et le soccer.

Par la suite, Canal D est devenu en quelque sorte son principal diffuseur, pour ses documentaires suivants : Les derniers pèlerins (2012), Republik basket (2015), Aller simple Haïti (2017).

Dans tous ses documentaires, Wiel Prosper tient à apporter une touche féministe, en gardant une grande humilité face à tout ce qu’il a encore à apprendre, en matière de black feminism entre autres. Ses histoires comportent ainsi impérativement des personnages féminins, même s’il s’agit de hip-hop ou de basket. Il défait les stéréotypes en impliquant les femmes dans ses œuvres, autant avec les personnages que dans la trame sonore ou la réalisation. Dans son prochain documentaire, Combattant, il a insisté pour qu’une camerawoman travaille avec lui, Vanessa Abadhir, dont il vante l’excellence. Il relate que pendant le tournage, les gens étaient bien impressionnés de la voir travailler, notamment en pilotant des drones en Haïti. Il est fier de l’image laissée dans la population sur place.

Prosper travaille également sur un projet de fiction avec l’ONF (Office national du film) et le collectif Black on black films, inspiré des événements autour de la mort de Bony Jean-Pierre, abattu par l’agent de police Christian Gilbert en 2016. Ce sera pour lui l’exploration d’un nouveau genre, en gardant tout de même un fond de revendication contre la brutalité policière, et surtout, une ambiance « totalement black ». Ce sera l’occasion selon lui de « parler de certaines vérités dont on parle beaucoup entre nous mais dont on ne parle pas assez souvent dans les médias.»

Dans toutes les sphères de sa vie, Wiel Prosper dénonce les injustices et veut faire tomber des murs, en déconstruisant les biais que la population maintient à l’égard des communautés culturelles. Pour ce faire, il utilise sa notoriété pour mettre impérativement en lumière des talents qui sont méconnus et qui n’ont souvent pas de tribune autrement.

« Je me considère comme un éternel stagiaire, je suis toujours en apprentissage, en perfectionnement. Je pense que cette voie-là, à chaque fois, selon ce qui se passe dans la société, elle change et s’adapte. (…) Je ne suis pas encore exactement ou j’aimerais être, je pense que je peux pousser plus loin, mais je vais vers cette direction-là. Je fais quelque chose que j’adore, que j’ai toujours voulu faire depuis que je suis jeune. Mon premier rêve c’était d’être réalisateur. Je suis déjà comblé de pouvoir faire ça. (…) J’ai hâte de voir les prochains films que je vais sortir. »

Et nous aussi.

En 2017, un internaute malgache sur dix déclare avoir déjà effectué un achat en ligne. Les produits les plus achetés sur Internet concernent le hi-tech et le prêt-à-porter, ces deux catégories rassemblant à elles seules près de 50% des ventes en ligne. Les freins majeurs au développement du commerce en ligne à Madagascar sont le manque de confiance dans l'économie numérique et les problèmes de paiement en ligne. C'est ainsi que la majorité des achats en ligne sont payés en espèces à la livraison.

Quatrième édition d’Africa Code Week lancée à Madagascar avec l’objectif de toucher 600 000 jeunes en 2018

Avec plus d’1.8 million de jeunes bénéficiaires à ce jour, Africa Code Week s’appuie sur de solides partenariats pour renforcer les capacités de formation aux compétences numériques sur tout le continent africain.

L’édition 2018 d’Africa Code Week (ACW) a été lancée aujourd’hui lors des toutes premières formations de formateurs (TTT) à Madagascar. Plus de 200 enseignants ont ainsi pu se former au logiciel pédagogique Scratch qui leur permettra d’enseigner la programmation et les compétences numériques à leurs élèves.

En 2017, un internaute malgache sur dix déclare avoir déjà effectué un achat en ligne. Les produits les plus achetés sur Internet concernent le hi-tech et le prêt-à-porter, ces deux catégories rassemblant à elles seules près de 50% des ventes en ligne. Les freins majeurs au développement du commerce en ligne à Madagascar sont le manque de confiance dans l'économie numérique et les problèmes de paiement en ligne. C'est ainsi que la majorité des achats en ligne sont payés en espèces à la livraison.

En 2017, un internaute malgache sur dix déclare avoir déjà effectué un achat en ligne. Les produits les plus achetés sur Internet concernent le hi-tech et le prêt-à-porter, ces deux catégories rassemblant à elles seules près de 50% des ventes en ligne. Les freins majeurs au développement du commerce en ligne à Madagascar sont le manque de confiance dans l’économie numérique et les problèmes de paiement en ligne. C’est ainsi que la majorité des achats en ligne sont payés en espèces à la livraison.

Il s’agit de la quatrième édition de ce programme panafricain d’alphabétisation numérique, avec, cette année, un accent particulier sur le renforcement des capacités pédagogiques et la participation des filles dans le cadre de l’initiative #eskills4girls. Lancé par SAP CSR EMEA en 2015, ACW compte aujourd’hui sur le soutien de partenaires stratégiques comme l’UNESCO à travers son initiative YouthMobile, Google, le Cape Town Science Centre, le Ministère fédéral allemand de la coopération et du développement économique (BMZ), une quinzaine de gouvernements africains, plus de 150 partenaires réseau et une centaine d’ambassadeurs sur 35 pays. Au sein du réseau ACW, ils mettent leurs forces vives en commun pour réduire la fracture des compétences et les inégalités entre les sexes en matière d’éducation numérique en Afrique, mettant entre les mains de la jeune génération les compétences dont ils ont besoin pour devenir les acteurs clés de l’économie numérique.

La pédagogie au cœur des objectifs stratégiques

Après avoir permis à plus d’1,8 million de jeunes sur 35 pays africains de faire leurs premiers pas dans l’univers du code informatique depuis son lancement en 2015, ACW se fixe pour objectif de former 70 000 enseignants et de toucher 2 millions de jeunes à l’horizon 2020. Cette année SAP prévoit d’initier 600 000 jeunes au numérique sur 35 pays au mois d’octobre. Afin de respecter les différents calendriers scolaires, chaque pays décidera de la ou les semaines d’octobre lors desquelles se tiendra l’édition 2018 d’Africa Code Week. « De la sensibilisation de tout un continent à l’éducation numérique au renforcement des capacités pour un impact qui s’inscrit dans la durée : Africa Code Week 2018 passe à la vitesse supérieure en étroite collaboration avec les gouvernements, les écoles et le tissu associatif local et le tissu associatif local, » explique Karolina Telejko, Directrice de la responsabilité sociétale d’entreprise en Europe, Moyen-Orient et Afrique et Chef de projet Africa Code Week chez SAP.

Avec plus de 25 000 enseignants formés sur les trois dernières années et une moyenne de 72 jeunes initiés au numérique par enseignant formé, les formations de formateurs (TTT) sont la pierre angulaire d’ACW et de son impact durable à l’échelle de tout un continent. Ces formations mettent entre les mains des enseignants les compétences et outils pédagogiques qui leur permettent d’intégrer facilement l’enseignement numérique aux cursus scolaires existants. Au cours de cette édition 2018, SAP CSR EMEA financera ainsi plus de vingt TTT qui seront organisés soit par l’équipe ACW, soit par les instances ministérielles, soit par les structures associatives. « Renforcer les capacités pédagogiques ne signifie pas seulement multiplier les formations de formateurs à l’échelle nationale et continentale. Il s’agit également de proposer un programme pédagogique exhaustif qui inculque aux jeunes les compétences du 21ème siècle au-delà de l’apprentissage du code : pensée computationnelle, analytique ou encore science des données, » précise Karolina Telejko.

L’impact des partenariats à Madagascar et au-delà
Quatrième île du globe, Madagascar compte 26 millions d’habitants, dont plus de la moitié sont des jeunes. Son économie dépend largement de l’export de sa production agricole, secteur qui emploie environ 80% de la population. Le pays prend de nombreuses mesures visant à éradiquer la pauvreté, comme l’expansion des infrastructures et de l’accès aux TICE, ou encore la mise en place de centres TICE dans les écoles. « Nous tenons à saluer SAP, l’UNESCO et leur partenaires pour l’initiative Africa Code Week, dont l’objectif répond parfaitement aux attentes du Ministère en termes de renforcement des capacités des enseignants et de tous les acteurs œuvrant au développement des TICE, » a tenu à souligner Lalaharontsoa Rakotojaona, Directeur Général de l’Enseignement Secondaire et de la Formation de Masse au Ministère de l’Education Nationale, lors de la conférence de presse qui s’est tenue à l’EPP Antanimbarinandriana le 6 juin.

Cathy Smith, Directrice générale de SAP Africa, insiste sur l’importance des partenariats public-privé et de la collaboration ouverte pour apporter et accompagner le changement dont la jeunesse africaine a besoin. « Make the world run better and improve people’s lives : c’est la mission de SAP, pour qui l’inclusion par le numérique est synonyme de perspectives pour les jeunes. D’où l’importance d’aider les acteurs des secteurs public, privé et associatif à renforcer les capacités de formation, chacun à leur échelle. L’Afrique étant le plus jeune talent du monde et avec la puissance d’un réseau ACW qui ne cesse de grandir, le développement des compétences STEM est en train d’entrer dans une nouvelle ère de collaboration et d’impact sans précédent. »

Un autre élément du pragmatisme du gouvernement ougandais est le projet du pays de dévoiler sa propre version de Facebook et Twitter cette année. Selon Godfrey Mutabazi, chef de la commission de communication du pays, « l'inspiration de développer des plateformes locales est d'héberger du contenu en ligne dans le pays. »

Nouvelle charge de l’Ouganda contre les réseaux sociaux: Facebook, Twitter et Whatsapp seront taxés

Mercredi dernier, le Parlement ougandais a voté la mise en place d’une nouvelle taxe sur les médias sociaux, limitant bar la bande l’accès à des applications telles que WhatsApp, Facebook et Twitter.

La nouvelle taxe sur les médias sociaux entrera en vigueur le 1er juillet 2018. Selon la BBC, les taxes seraient une tentative du gouvernement ougandais pour aider à alléger la dette du pays. De plus, le président Yoweri Museveni, qui est au pouvoir depuis 1986, a plaidé en faveur de la taxe en disant que les médias sociaux « encourageaient les commérages ».

Un autre élément du pragmatisme du gouvernement ougandais est le projet du pays de dévoiler sa propre version de Facebook et Twitter cette année. Selon Godfrey Mutabazi, chef de la commission de communication du pays, « l'inspiration de développer des plateformes locales est d'héberger du contenu en ligne dans le pays. »

Un autre élément du pragmatisme du gouvernement ougandais est le projet du pays de dévoiler sa propre version de Facebook et Twitter cette année. Selon Godfrey Mutabazi, chef de la commission de communication du pays, « l’inspiration de développer des plateformes locales est d’héberger du contenu en ligne dans le pays. »

Avec cette « taxe sur les commérages », comme l’appellent à juste titre les Ougandais, les activistes affirment que c’est une autre tentative du président Yoweri Museveni d’étouffer la liberté d’expression et d’annihiler la dissidence de son éternel règne de 32 ans puisque le gouvernement avait déjà bloqué l’accès à Facebook, Twitter et WhatsApp lors de la dernière élection générale en 2016 prétextant de vouloir mettre un frein à la propagation de mensonges.

Selon Reuters, la nouvelle taxe facturera aux utilisateurs de médias sociaux 200 shillings (0,07$ CAD / 0.05 euro) par jour. Si un citoyen utilise quotidiennement les médias sociaux, il dépensera environ 25 $ par an, soit environ 3 % du revenu moyen d’un Ougandais. Le revenu moyen d’un individu en Ouganda est d’environ 800 $ canadien (530 euros).

Le nouveau projet de loi a été perçu négativement parce qu’il limiterait la liberté d’expression. Dans une interview, Livingstone Sewanyana, le fondateur et chef de la direction de la Fondation pour les droits de l’homme (FHRI), une organisation de la société civile ougandaise, a déclaré que la nouvelle taxe « ne nuira pas seulement à ceux qui critiquent le gouvernement, mais même aux innocents. Cette taxe vise à exploiter les populations locales. C’est de la diversion, de la tromperie et un fardeau pour les gens. »

Les membres du Parlement ougandais défendent la nouvelle taxe, déclarant qu’elle ne sera pas lourde pour les utilisateurs des médias sociaux. Dans une interview accordée à CNN, le porte-parole du Parlement, Chris Obore, a déclaré: « Il s’agit simplement d’une taxe qui redistribuera l’argent, car le gouvernement cherche à obtenir des fonds de ceux qui doivent financer des projets. La taxe est très basse. »

Robert Kyagulanyi, membre du Parlement, a commenté : «Le régime a tellement peur de cette population si connectée et si informée. Tout est exposé chaque jour sur les réseaux sociaux, toute la décadence de la gouvernance dans toutes les institutions. On les diffuse tous les jours sur les réseaux sociaux, et dans le but de réduire les médias sociaux, ils les taxent et je crois que beaucoup plus sera fait pour restreindre l’usage des médias sociaux en Ouganda. »

On peut être pour ou contre cette initiative du gouvernement ougandais, mais on peut nier l’influence des réseaux sociaux lors d’élection. Souvenez-vous du célèbre scandale Facebook / Cambridge Analytical d’il y a quelques mois, qui a permis à Cambridge Analytical d’endoctriner 87 millions de comptes Facebook de fausses nouvelles. Ces idées fourbues auraient été répandues dans le monde entier, y compris pour des élections au Kenya et au Nigeria. Eh bien, qui sait, si dans un pays comme les États-Unis, si on avait seulement contrôlé l’accès aux médias sociaux d’une manière ou d’une autre, dans les mois et les jours qui ont précédé l’élection présidentielle, une personne différente aurait pu bien être à la Maison Blanche aujourd’hui?

En Ouganda, 40 % de la population,  16 millions de personnes, utilisent Internet. L’Ouganda n’est pas le seul pays à restreindre l’accès au contenu numérique. Le Kenya a récemment signé une loi criminalisant les fausses nouvelles, créant une certaine méfiance à l’égard de l’affichage sur les médias sociaux et d’autres plateformes en ligne.

Fermeture de 8000 Starbucks pour une formation sur la tolérance raciale

Starbucks, la plus importante chaîne de cafés au monde, fermait le 29 mai 2018, 8000 de ces établissements pour sensibiliser ses employés face aux préjugés racistes.

Le 14 avril 2018, le président de Starbucks, Kevin Johnson, met en ligne un tweet d'excuse sur le réseau social et présente des excuses à la télévision. Il informe par ailleurs que l'employée à l'origine de l'appel à la police a été remerciée. Le rappeur T.I., considérant que de simples excuses sont insuffisantes, appelle au boycott de la marque Starbucks.

Le 14 avril 2018, le président de Starbucks, Kevin Johnson, met en ligne un tweet d’excuse sur le réseau social et présente des excuses à la télévision. Il informe par ailleurs que l’employée à l’origine de l’appel à la police a été remerciée. Le rappeur T.I., considérant que de simples excuses sont insuffisantes, appelle au boycott de la marque Starbucks.

Cette mise à jour officiel d’environ 175 000 employés, payé pour ces quatre heures de formation, ce mea culpa organisé, est la résultante d’un embarras largement médiatisé.  Revenons en arrière. An avril dernier, dans l’un des 12 000 Starbucks étatsuniens, dans un café situé dans la ville de Philadelphie, deux hommes Noirs, Rashon Nelson et Donte Robinson, après avoir utilisé les toilettes,  ont été arrêtés, menottés puis escortés par la police hors de l’établissement. Une employée avait préalablement contacté les forces policières au contact de ces hommes Noirs.

Malheureusement pour Starbucks et heureusement pour nous, le public, l’incident a été filmé grâce à un appareil mobile et immédiatement diffusé sur les réseaux sociaux et visualisée plusieurs millions de fois en quelques jours. La vidéo a fait grand bruit et a été rediffusée sur les chaines de nouvelles à travers le monde. Dans le même temps une campagne anti-Starbucks se met en place autour du hashtag #BoycottStarbucks. Des manifestations ont lieu localement devant le magasin où se sont passés les faits.

L’entreprise avec un chiffre d’affaires de 23 milliards de dollars en 2017, avec environ 30 000 établissements implantés dans 77 pays, a subi un contrecoup de la part de ses consommateurs après l’incident racial. Dans une tentative de tracer une ligne de conduite avec les personnes racisées , ou peut-être de minimiser les dégâts, Starbucks essaie maintenant d’éradiquer le profilage racial de ses magasins.

On pouvait lire cet avertissement sur leur fil twitter, mardi 30 mai 2018: « Pendant plusieurs heures cet après-midi, nous fermerons les magasins et les bureaux pour discuter de la façon de faire de Starbucks un endroit où tout le monde se sentira le bienvenu. Nous vous remercions de votre patience et de votre soutien alors que nous renouvelons notre promesse de faire de Starbucks un lieu de rassemblement inclusif pour tous. À demain. »

Avant la fermeture sans précédent de 8 000 magasins américains de Starbucks mardi, le président exécutif Howard Schultz a déclaré aux journalistes que lui-même et les hauts dirigeants de la compagnie avaient suivi la même formation antiraciste la semaine précédente. « Il y avait un certain nombre de tables où les gens ont commencé à pleurer », a-t-il dit à propos de la session avec une quarantaine de cadres supérieurs de Starbucks au siège social de Seattle.

La formation comprenait la diffusion d’une vidéo du documentaliste Stanley Nelson. Ses films, comme il le stipule dans les premières secondes de la vidéo, sont à propos de la race et les décennies de combat pour l’égalité.

M. Schultz a indiqué que l’entreprise avait tenté de réparer les dommages subis par les deux hommes de Philadelphie en leur offrant des frais de scolarité, un règlement financier non divulgué et une journée passée au siège de Starbucks vendredi dernier, organisée par le directeur général Kevin Johnson.

Certainement, on peut se demander si de tels efforts auraient été mis en place si le monde n’avait pas été spectateur de cette catastrophe digne de l’Amérique ségrégationniste des années soixante.

Lancement des Journées Africaines 2018 à l'espace Mushagalusa

Montréal: Lancement des Journées Africaines 2018

Vendredi 25 mai 2018, l’espace Mushagalusa, une galerie d’art, un centre culturel cher aux communautés africaines montréalaises, annonçait pour une toute première fois les deux journées qui seront consacrées au rayonnement de la culture africaine. Les Journées Africaines 2018 tenues à l’Écomusée du fier monde du 26 au 27 mai 2018 auront pour thème: Regard vers l’avenir.

Guy Mushagalusa

Guy Mushagalusa

Cette initiative du Centre Africa, une création en 1988 des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs), un partenaire important de l’espace Mushagalusa depuis plusieurs années qui, « bon vent, mauvais vent » comme nous annonce notre hôte Guy Mushagalusa, travaille de concert avec cet espace sur différents projets culturels.

Plus qu’un honneur, une marque de reconnaissance pour Guy Mushagalusa  qui donc ravi, exulté, prêtait son espace au lancement des 14e Journées Africaines portées par le Centre Africa. Cette gratitude resplendissait dans un menu chaleureux, surtout généreux, offert par la maison et irradiait d’une pleine gaité et de réjouissances le 533 Ontario Est.

« On voulait souligner dans ce lancement la mémoire d’un de nos disparus, Guy Amou qui était un pilier des Journées Africaines.» nous confie M. Mushagalusa en plus d’émettre de soutenus remerciement à l’équipe du Centre Africa.

Guy Vignon Amou, un écrivain d’origine togolaise, un scientifique, quelqu’un qui était à la fois socialement et communautairement très impliqué, s’est éteint à l’âge de 59 ans, le 18 janvier dernier, laissant dans le deuil sa femme Thi Huu Hanh Pham, présente à ce lancement.

Serge St-Arneault, prêtre-missionnaire , directeur du Centre Africa, « un Noir de race Blanche » blagua-t-il, qui a vécu des dizaines d’années au Malawi, au Congo et en Zambie, assure un rôle d’observateur en tant que nouveau membre dans l’organisation (depuis le mois d’août dernier) qui accompagne toutes personnes liées au monde africain dans son intégration québécoise.

Sans retard, il faut bien le souligner, dans cette soirée bien rodée, vers 18 h 15, la chanteuse griotte Djély Tapa accompagnée de deux hardis musiciens engageait agréablement la foule d’une soixantaine d’âmes, de sa voix ardente avant les discours officiels de Guy Mushagalusa, Serge St-Arneault, et Jean-François Bégin, coordonnateur au Centre Africa qui a su éclaircir les racines de cette journée. « Il y a la vie après la vie. Guy nous a laissé un héritage et on avait le goût de le souligner. » tenait-il à discourir.

Alors au menu des deux journées à l’Écomusée du fier monde: « Découvertes, ouvertures, rapprochement » laisse entendre Réné Binette, directeur de l’Écomusée dans un communiqué.

Samedi vous pourrez, en plus d’autres activités (Atelier de henné, danse africaine avec Fodé Bamab et Daradji, Capoiera)  assister aux prestations de Sanza Percussions qui vous fera vibrer avant que dimanche 27 mai, les peintres de Réminiscence vous fassent voir la profondeur de leur talent avec une exposition d’arts visuels.

Entrée libre pour tous pour les Journées Africaines 2018 supportées par la Ville de Montréal et le Gouvernement du Québec

Victimes d'apartheid

L’Afrique du Sud retire son ambassadeur d’Israël

L’Afrique du Sud n’a pu digérer les images criantes de protestants non armés Palestiniens se faisant canarder par milliers par les forces israéliennes lors de l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem.

Alors que du coté Israélien on jubilait du déménagement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, du coté palestinien on protestait pour une action unilatérale qui les dépouillera, une nouvelle fois, un peu plus de leurs terres qui sont aujourd’hui sous toujours sous occupation illégale israélienne.

Victimes d'apartheid

Victimes d’apartheid

Devant cette mer de protestation, les forces israélienne ont choisi de tirer à balles réelles sur des gens qui n’ont que pour défense, que des pierres, des cerfs-volants enflammés qu’ils tentent de faire survoler la frontière établit entre les uns et les autres.

Devant l’apartheid palestinien, qui est un calque de l’apartheid sud-africain, l’Afrique du Sud demeure très sensible à ce combat à force inégale puisque, il y a quelques années, c’était le tien. De même, il y a quelques décennies, fatigués d’être des citoyens de second ordre, les Sud-africains noirs avançaient devant les forces armées du pays, défiant les canons des fusils-mitrailleurs qui crachaient leurs munitions sur une foule désarmée, de même l’histoire s’est répétée hier dans une autre partie du monde mais avec un résultat identique; les Palestiniens n’avaient que leurs bras pour ramasser leurs morts et blessés.

Les protestations du lundi, 14 mai 2018 on fait plus de cinq douzaines de morts, parmi lesquels se trouve des enfants, trois milles blessée à Gaza, tous des Palestiniens, qui eux, n’ont même pas le droit a un simple passeport à Jérusalem, ville occupée, qu’ils y soit né ou pas. Dans le  territoire enclavé de Gaza, c’est toujours Israël qui contrôle tout ce qui y entre et tout ce qui en sort, les gens comme la marchandise.

« Compte tenu de la manière discriminante et grave de la dernière attaque israélienne, le gouvernement sud-africain a pris la décision de rappeler l’ambassadeur Sisa Ngombane jusqu’à nouvel ordre. », a déclaré le ministère sud-africain des Affaires étrangères dans un communiqué. « Les victimes participaient à une manifestation pacifique contre l’inauguration provocatrice de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem », a-t-il dit, condamnant « l’agression violente menée par les forces armées israéliennes ». « Cette dernière attaque a eu pour conséquence que de nombreux autres citoyens palestiniens ont été blessés et que des biens ont été détruit », a-t-il ajouté.

Les Economic Freedom Fighters ((EFF) Combattants pour la liberté économique en français) est un parti politique d’extrême gauche d’Afrique du Sud fondé en 2013 par d’anciens membres du congrès national africain. Leurs membres ont été indignés par les événements de lundi.

« Le EFF se félicite de la décision de l’Afrique du Sud de rappeler son ambassadeur en Israël pour protester contre l’agression raciste israélienne contre la Palestine. Ceci, cependant, est une réponse très simple vers un problème plus profond que vivent les Palestiniens par l’état d’apartheid d’Israël. » Les bérets rouges poursuivent :  « Le gouvernement démocratique sud-africain, étant un des principaux bénéficiaires des boycotts internationaux sur l’apartheid, doit prendre les devants. L’expulsion de la mission israélienne doit faire partie du premier mouvement vers un isolement international d’Israël par le monde entier. »

On se souvient que le gouvernement d’apartheid sud-africain s’est écroulé face au boycottage international. On avait même refusé la candidature de la Miss Univers sud-africaine au concours de beauté. En avril 1985, la ville de Miami a demandé à l’organisation Miss Universe d’insister pour que l’Afrique du Sud n’envoie pas de représentante en raison de la menace de manifestations sur la politique d’apartheid de son pays. À la mi-mai, la nation a annoncé qu’elle n’allait pas envoyer son tenant du titre, Andrea Steltzer, à la cérémonie. C’était la première fois depuis 1975 que le pays était hors de la compétition; ils ne reviendraient pas à l’événement avant 1995… L’Apartheid sud-africain fut aboli le 30 juin 1991.

Le Boycott, Divestment and Sanctions against Israel (BDS) ont fait écho aux sentiments du EFFP. Ils appellent également à l’expulsion de l’ambassadeur d’Israël en Afrique du Sud, Lior Keinan, afin de résister au régime de « l’apartheid ».

« Ce que nous voyons qu’Israël fait aux Palestiniens, c’est comme les massacres et les massacres de notre peuple pendant l’apartheid. Nous appelons le gouvernement sud-africain à prendre des mesures décisives contre ce dernier bain de sang israélien et le massacre qui a entraîné l’expulsion de l’ambassadeur d’Israël en Afrique du Sud. »

Aujourd’hui, le Ministre turc des Affaires étrangères a laissé entendre à l’ambassadeur israélien en Turquie qu’ « il serait approprié pour lui de retourner dans son pays pour quelque temps ».

Le patriotisme est une maladie incurable, il est un concept beaucoup trop chargé d’émotions pour qu’il puisse se faire et se défaire simplement par des formules administratives.

R.D. Congo: L’identité du cœur

La constitution de la République Démocratique du Congo est tranchée sur la question identitaire, elle stipule ceci : « En ce qui concerne la nationalité, le constituant maintient le principe de l’unicité et de l’exclusivité de la nationalité congolaise. » C’est-à-dire que toute naturalisation sous d’autres cieux fait d’un citoyen congolais, de facto, un non-Congolais.

Le patriotisme est une maladie incurable, il est un concept beaucoup trop chargé d’émotions pour qu’il puisse se faire et se défaire simplement par des formules administratives.

Le patriotisme est une maladie incurable, il est un concept beaucoup trop chargé d’émotions pour qu’il puisse se faire et se défaire simplement par des formules administratives.

Lorsque l’on compte les millions d’individus qui ont eu à quitter ce pays, larme à l’œil, afin de fuir la guerre, le chômage, la misère et j’en passe, pour embrasser la citoyenneté de leur pays d’adoption, on comprend vite que par ce bout de texte législatif, la République a déshérité bon nombre de ses enfants.

Une situation injuste pour les exilés et leurs descendants nés dans la diaspora. En effet, comment pénaliser ceux qui ont été contraints de partir la mort dans l’âme? Leur seul crime aura été d’avoir échappé aux flammes d’une maison en feu…

En mode « sauve qui peut », les professeurs, les médecins, les avocats et autres professionnelles ont été les premiers à prendre la poudre d’escampette. À la recherche d’horizons plus prometteurs, ils ont prouvé leur savoir-faire ailleurs, se sont accommodé dans leur nouveau confort, et il est devenu alors très difficile de rentrer au bercail…

Un curieux hasard, car une élite en exil, hors d’état de nuire, a toujours fait l’affaire des dominants impérialistes et de leurs sous-fifres locaux transformés en dictateurs.

En effet, cela ne date pas d’hier, déjà à l’époque de la colonisation belge, les exploitants se plaisaient à répéter « pas d’élite, pas de problèmes ». C’est ainsi que dans les années pré-indépendance, les 500 prêtres formés au grand séminaire — l’équivalent d’une formation universitaire — n’avaient pas le droit de s’impliquer dans le débat politico-social de ce Congo indépendant en phase de voir le jour et avec un besoin pourtant si criant d’intellectuels congolais.

C’est encore par cette logique grossière d’isoler les cerveaux que l’administration coloniale poussa l’audace à son paroxysme en expulsant du Congo le jeune Thomas Kanza, premier universitaire-laïc congolais, à son retour sur la terre de ses ancêtres, après des études en Belgique.

Les Congolais, comme bien d’autres, ont été victimes de la schizophrénie des super puissances : le syndrome du pompier pyromane. Dans un premier temps, ils allument l’incendie dans votre domicile, et subséquemment, comme par magie, ils vous ouvrent grand les bras, la porte de leur demeure. Comment expliquer que les États-Unis, ceux-là mêmes qui ont comploté pour assassiner Patrice Lumumba avec des plans des plus sordides, les mêmes qui ont soutenu sans vergogne la dictature de Mobutu, ont au même moment, reçu les intellectuels victimes de ce même despotisme en les donnant grands accès aux titres d’enseigner dans leurs universités : les cas de Marcel Lihau et Yves Mudimbe en témoignent.

Les intellectuels restés au pays deviennent « de services », et les plus illustres disparaissent dans des conditions des plus ambiguës : les cas de Samba Kaputo et Katumba Mwanke sont notoires.

Bien entendu, cet article sur la nationalité congolaise devra être ajusté quand cette constitution sera revisitée par les prochains gouvernants.

En attendant, aux Congolais dépossédés, il restera toujours leur patriotisme. Car on peut sortir le patriote de la patrie, mais jamais la patrie du patriote.

Le patriotisme est une maladie incurable, il est un concept beaucoup trop chargé d’émotions pour qu’il puisse se faire et se défaire simplement par des formules administratives.

On ne peut pas effacer des siècles d’histoires de famille sur une terre parce qu’une génération a dû la quitter. « *Eza likambo ya mabele » vous diront les principaux concernés.

Car peu importe les manœuvres de changement constitutionnelles, peu importe où on va, savoir d’où on vient c’est connaître l’identité de son cœur.

 

*C’est une affaire de terre. Traduction libre du lingala.

Rafiki: Deux jeunes femmes se rencontrent, deviennent amies et tombent amoureuses l’une de l’autre. Elles sont confrontrées aux préjugés de leurs parents et de leurs voisins homophobes, à Nairobi.

Rafiki: un premier film kenyan sélectionné au Festival de Cannes en 2018

Rafiki de la réalisatrice Wanuri Kahiu est le premier film kenyan sélectionné au Festival de Cannes, le festival de films le plus médiatisé du monde. Rafiki est un drame humain qui dépeint la vie de deux jeunes femmes kenyanes saisies dans un amour lesbien, un sujet toujours tabou au Kenya.

Rafiki: Deux jeunes femmes se rencontrent, deviennent amies et tombent amoureuses l’une de l’autre. Elles sont confrontrées aux préjugés de leurs parents et de leurs voisins homophobes, à Nairobi.

Rafiki: Deux jeunes femmes se rencontrent, deviennent amies et tombent amoureuses l’une de l’autre. Elles sont confrontrées aux préjugés de leurs parents et de leurs voisins homophobes, à Nairobi.

Fille d’un businessman et d’une docteure, Wanuri Kahiu a été couronné (12 nominations, 5 trophées) aux Africa Movie Academy Awards en 2009 pour son film From a Whisper qui est basé sur les événements réels entourant les attentats à la bombe contre l’ambassade américaine à Nairobi en 1998. La réalisatrice qui vit entre Nairobi et Mombasa, a étudié le cinéma à l’Université Los Angeles aux États-Unis.

La nomination au Festival de Cannes est une excellente nouvelle pour le septième art africain qui transporte des drames émotifs, à fleur de peau, comme l’excellent film Timbuktu (Le Changrin des oiseaux) d’Abderrahmane Sissako,  le seul long métrage africain en compétition à Cannes en 2014.

Le Festival de Cannes, avec une sélection officielle qui se veut le reflet de la production cinématographique mondiale, choisie de mettre son certain regard, présidé cette année par le Portoricain Benicio de Toro, sur la production kenyane Rafiki qui se traduit par « ami » en Swahili, une langue est-Africaine qu’échange près de 150 millions de locuteurs.

Rafiki, un film de 83 minutes n’est pourtant pas bien reçu au Kenya, pays du tournage et de naissance de la réalisatrice Wanuri Kahiu qui représente la génération émergente de nouveaux cinéastes africains. Au-delà des préjugés de la société kenyane, Wanuri Kahiu a dû faire face à ceux de sa propre équipe de tournage. « Réaliser un film sur deux femmes amoureuses au Kenya revient à bousculer le cynisme profondément ancré dans la société concernant l’homosexualité à la fois auprès des acteurs, de l’équipe, de mes amis et de ma famille. »

Il semble bien que ce soient les films traitants d’homosexualités entre Noirs qui percent l’hymen de l’acceptation hollywoodienne dans le monde contemporain des films afros. Le film Moonlight  (2016) de Barry Jenkins a aussi été un précurseur important. C’est le premier film avec une distribution Noire, un premier film LGBT, à remporter la plus prestigieuse des statuettes, un Oscar, dans la plus prestigieuse des catégories, celui du meilleur film.

Malgré le franc succès du poignant long métrage kenyan, les autorités kényanes ne voient pas les choses du même œil. La société d’État Kenya Film and Classification Board  (KFCB)  a déclaré le jeudi 26 avril 2018 que Rafiki avait été interdit en raison de son intention de « promouvoir le lesbianisme » dans le pays. L’Article 45 de la Constitution de 2010 y interdit le mariage du même sexe. Et les sections 162, 163, 165 du Code pénal criminalisent les comportements homosexuels. Le communiqué officiel émis sur Twitter justifie: « Conséquemment, le film ne peut être distribué, présenté, diffusé, et ce, partout à l’intérieur des frontières de la République du Kenya et toutes personnes se trouvant en sa possession contrevient à la loi. », ceci en plus d’émettre des menaces de poursuites contres les producteurs et les bailleurs de fonds du film.

Qu’à cela tienne. Le réalisatrice Wanuri Kahiu a laissé entendre dans des interviews qu’elle avait été nerveuse quant à la réception du film au Kenya, mais qu’elle a réussi  à trouver un certain soutien aux gouvernement et dans l’industrie cinématographique locale.

La réforme vise à faire disparaître le passé colonial britannique du pays. Le Swaziland fut un protectorat britannique de 1871 jusqu'à son indépendance le 6 septembre 1968. Il était dirigé par le roi Sobhuza II, qui suspendit la constitution en 1973 parce qu'il pensait que le pacte colonial ne reflétait pas la volonté du peuple. Depuis lors, le roi jouit d'un pouvoir absolu. Son fils, le roi actuel, a régné depuis 1986, en supprimant toute tentative de démocratie multipartite.

Décolonisation : le Swaziland revient à son nom d’origine

Le Swaziland n’est plus. L’État africain, situé entre le Mozambique et L’Afrique du Sud, plus petit que les Fidji ou Haïti, sera désormais figé dans les mappemondes comme le Royaume d’eSwatini (Kingdom of eSwatini).

La réforme vise à faire disparaître le passé colonial britannique du pays. Le Swaziland fut un protectorat britannique de 1871 jusqu'à son indépendance le 6 septembre 1968. Il était dirigé par le roi Sobhuza II, qui suspendit la constitution en 1973 parce qu'il pensait que le pacte colonial ne reflétait pas la volonté du peuple. Depuis lors, le roi jouit d'un pouvoir absolu. Son fils, le roi actuel, a régné depuis 1986, en supprimant toute tentative de démocratie multipartite.

La réforme vise à faire disparaître le passé colonial britannique du pays. Le Swaziland fut un protectorat britannique de 1871 jusqu’à son indépendance le 6 septembre 1968. Il était dirigé par le roi Sobhuza II, qui suspendit la constitution en 1973 parce qu’il pensait que le pacte colonial ne reflétait pas la volonté du peuple. Depuis lors, le roi jouit d’un pouvoir absolu. Son fils Mswati III, le roi actuel, a régné depuis 1986, en supprimant toute tentative de démocratie multipartite.

Pour marquer les cinquante ans d’indépendance du pays des Britanniques le 6 septembre 1968, le roi Mswati III, qui célébrait également son cinquantième anniversaire,  a annoncé ce 19 avril 2018 que le Swaziland, un nom combiné, anglicisé du nom de son peuple, les Swazis, et le mot terre,  serait désormais connu sous le nom d’eSwatini. eSwatini est le mot approprié pour représenter la langue et les gens du pays qui recueille près d’un million et un tiers d’âmes.

« Je voudrais annoncer que le Swaziland va maintenant revenir à son nom d’origine », a déclaré le roi africain.

Les célébrations d’anniversaire du roi ont été marquées par de rares protestations à Mbabane, capitale du pays. Pas plus tard que le 13 avril dernier, la police a tiré des balles en caoutchouc sur près de 2.000 personnes qui ont défilé contre la dilapidation des fonds publics sur les célébrations pour le double jubilé, malgré une fortune personnelle du roi aux quinze épouses, le dernier monarque absolu d’Afrique subsaharienne, estimé à 200 USD.

La police a affronté les manifestants, dont certains ont brûlé des pneus et bloqué des routes, alors qu’ils se rendaient au bureau du premier ministre pour présenter une pétition. Les médias locaux ont affirmé que le gouvernement du Swaziland avait acheté une flotte de luxueuses BMW pour l’occasion, ce que les autorités ont nié.  Par contre, on connait au roi Mswati III treize palais, un jet privé, des flottes de voitures Mercedes et BMW et au moins une Rolls Royce, tandis que la majorité de ses sujets comptent sur une certaine forme d’aide alimentaire pour éviter la faim. Sept eSwatinis sur dix vivent dans une pauvreté abjecte avec des revenus inférieurs à deux dollars par jour, mais depuis 2000, le Royaume du Swaziland met en œuvre un plan de réduction de la pauvreté. Certains objectifs comprennent l’accès à l’eau à tous les ménages ruraux et l’octroi aux femmes des mêmes droits sur leurs terres que les hommes.

Et parce que le Royaume d’eSwatini est une monarchie absolue, il semble avoir été facile pour le pays d’enclencher un changement aussi important. Bien qu’existants, les Partis politiques y sont reconnus comme de commodes associations et les magistrats ne peuvent scruter la monarchie dans l’exercice de leur fonction.

Maintenant, le monde attendra et verra à quelle vitesse les cartes, les signes et les ambassades devront suivre le Décret royal du roi Mswati III. À l’instant où cet article est rédigé (22 avril 2018), ni Bing, ni Google Maps,  n’ont encore suivi le changement.

Aimé Fernand David Césaire, surnommé « le nègre fondamental », sa pensée et sa poésie ont nettement marqué les intellectuels africains et noirs américains en lutte contre la colonisation et l'acculturation.

Aimé Césaire – Les Armes miraculeuses

Poète solaire de la Négritude, Aimé Césaire implante des mots qui éclairent comme un réverbère dans la nuit moite d’une soif de liberté insatiable des peuples noirs endurcit par un calvaire voilé.

Aimé Fernand David Césaire, surnommé « le nègre fondamental », sa pensée et sa poésie ont  nettement marqué les intellectuels africains et noirs américains en lutte contre la colonisation et l'acculturation.

Aimé Fernand David Césaire, surnommé « le nègre fondamental », sa pensée et sa poésie ont nettement marqué les intellectuels africains et noirs américains en lutte contre la colonisation et l’acculturation.

C’est lui, ce Martiniquais qui en 1939 inventa ce mot puissant « Négritude ». Un terme palpable dans sa littérature noire ou Crainte et Désir s’unissent et réclament l’émancipation d’un peule, son peuple, enchaîné dans un calvaire indigne.

Né le 26 juin 1913, le Nègre fondamental meurt,  il y a aujourd’hui dix ans, le 17 avril 2008 à Fort-de-France en Martinique.

Essayez de compléter cet extrait de Les Armes miraculeuses écrit par ce poète martiniquais  en 1946 en glissant les mots au bon endroit.

assassiné
aimé
humains
chrétien
bon
calme
pièce
lames
poings
esclave
haï
saigne
humilié
féconde
souvenirs
baptême
fraternité
mère
fumier

Le rebelle (dur)
Mon nom: offensé; mon prénom: _______ ; mon état: révolté; mon âge: l’âge de pierre.

La mère
Ma race : la race humaine. Ma religion: la _______ .

Le rebelle
Ma race: la race tombée. Ma religion… mais ce n’est pas vous qui la préparerez avec votre désarmement… c’est moi avec ma révolte et mes pauvres _______ serrés et ma tête hirsute.
(très calme) Je me souviens d’un jour de novembre; il n’avait pas six mois et le maître est entré dans la case fuligineuse comme une lune rousse, et il tâtait ses petits membres musclés, c’était un très _______ maître, il promenait d’une caresse ses doigts gros sur son petit visage plein de fossettes. Ses yeux bleus riaient et sa bouche le taquinait de choses sucrées: ce sera une bonne _______ , dit-il en me regardant, et il disait d’autres choses aimables le maître, qu’il fallait s’y prendre très tôt, que ce n’était pas trop de vingt ans pour faire un bon _______ et un bon esclave, bon sujet et bien dévoué, un bon garde-chiourme de commandeur, oeil vif et le bras ferme. Et cet homme spéculait sur le berceau de mon fils un berceau de garde-chiourme.

La mère
Hélas ! tu mourras.

Le rebelle
Tué… Je l’ai tué de mes propres mains…
Oui: de mort _______ et plantureuse…
C’était la nuit. Nous rampâmes parmi les cannes à sucre. Les coutelas riaient aux étoiles, mais on se moquait des étoiles. Les cannes à sucre nous balafraient le visage de ruisseaux de _______ vertes. Nous rampâmes coutelas au poing…

La mère
J’avais rêvé d’un fils pour fermer les yeux de sa _______ .

Le rebelle
J’ai choisi d’ouvrir sur un autre soleil les yeux de mon fils.

La mère
…Ô mon fils… de mort mauvaise et pernicieuse

Le rebelle
Mère, de mort vivace et somptueuse

La mère
pour avoir trop _______

Le rebelle
pour avoir trop _______ .

La mère
Épargne-moi j’étouffe de tes liens. Je _______ de tes blessures.

Le rebelle
Et le monde n’épargne pas… Il n’y a pas dans le monde un pauvre type lynché, un pauvre homme torturé, en qui je ne sois _______ et humilié.

La mère
Dieu du ciel, délivre-le.

Le rebelle
Mon coeur, tu ne me délivreras pas de mes _______ . C’était un soir de novembre… Et subitement des clameurs éclairèrent le silence. Nous avions bondi nous les esclaves, nous le _______ , nous les bêtes aux sabots de patience. Nous courions comme des forcenés; les coups de feu éclatèrent… Nous frappions. La sueur et le sang nous faisaient une fraîcheur. Nous frappions parmi les cris et les cris devinrent plus stridents et une grande clameur s’éleva vers l’est, c’étaient les communs qui brûlaient et la flamme flaqua douce sur nos joues. Alors ce fut l’assaut donné à la maison du maître. On tirait des fenêtres.
Nous forçâmes les portes.
La chambre du maître était grande ouverte. La chambre du maître était brillamment éclairée, et le maître était là très _______ .. et les nôtres s’arrêtèrent… c’était le maître… J’entrai. C’est toi, me dit-il, très calme… C’était moi, c’était bien moi, lui disais-je, le bon esclave, le fidèle esclave, l’esclave _______ , et soudain ses yeux furent deux ravets apeurés les jours de pluie… Je frappai, le sang gicla: c’est le seul _______ dont je me souvienne aujourd’hui.

La mère
J’ai peur de la balle de tes mots, j’ai peur de tes mots de poix et d’embuscade. J’ai peur de tes mots parce que je ne peux pas les prendre dans ma main et les peser… Ce ne sont pas des mots _______ . Ce ne sont point des mots que l’on puisse prendre dans la paume de ses mains et peser dans la balance rayée de routes et qui tremble…

(la mère s’écroule)

Extrait de Les Armes miraculeuses, Gallimard 2001

Le 8 janvier 1454, le Pape Nicolas V, Tommaso Parentucelli (1398 - 1455), autorisa l'esclavage. C'est la sinistre journée où le Vatican déclara la guerre sainte contre l'Afrique dans sa bulle papale "Romanus Pontifex". Par cette bulle, le pape Nicolas V concédait au roi du Portugal Afonso V et au Prince Henry ainsi qu'à tous leurs successeurs, toutes les conquêtes en Afrique en y réduisant en servitude perpétuelle toutes les personnes, considérées comme infidèles et ennemies du Christ, et en s'appropriant tous leurs biens et royaumes.

L’Église et l’Esclavage : une relation ambiguë

L’attitude de l’Église concernant l’esclavagisme à travers les cinq derniers siècles est marquée d’une inconstance étrange. Cette inconstance était dictée par les conditions politiques et économiques desquelles dépendaient les circonstances de chaque époque, ainsi que par les choix stratégiques de l’institut ecclésiastique.

Vers la fin du XVe, siècle l’histoire allait connaître un phénomène traumatisant sans précédent. Il s’agit de la traite négrière. Des commerçants, des concessionnaires et des administrateurs étaient arrivés aux côtes africaines à la recherche d’hommes valides et de jeunes femmes pour en faire des esclaves et les embarquer vers l’Occident. Il faudrait signaler à ce propos que les pays de la péninsule ibérique étaient les premiers à pratiquer la traite négrière.

Le 8 janvier 1454, le Pape Nicolas V, Tommaso Parentucelli (1398 - 1455), autorisa l'esclavage. C'est la sinistre journée où le Vatican déclara la guerre sainte contre l'Afrique dans sa bulle papale "Romanus Pontifex".  Par cette bulle, le pape Nicolas V concédait au roi du Portugal Afonso V et au Prince Henry ainsi qu'à tous leurs successeurs, toutes les conquêtes en Afrique en y réduisant en servitude perpétuelle toutes les personnes, considérées comme infidèles et ennemies du Christ, et en s'appropriant tous leurs biens et royaumes.

Le 8 janvier 1454, le Pape Nicolas V, Tommaso Parentucelli (1398 – 1455), autorisa l’esclavage. C’est la sinistre journée où le Vatican déclara la guerre sainte contre l’Afrique dans sa bulle papale « Romanus Pontifex ». Par cette bulle, le pape Nicolas V concédait au roi du Portugal Afonso V et au Prince Henry ainsi qu’à tous leurs successeurs, toutes les conquêtes en Afrique en y réduisant en servitude perpétuelle toutes les personnes, considérées comme infidèles et ennemies du Christ, et en s’appropriant tous leurs biens et royaumes.

Plus tard, vers la fin du XVIe siècle, la France, la Hollande, la Grande-Bretagne ou encore le Danemark entraient en concurrence dans le commerce des esclaves. Des armateurs avaient l’idée de transporter les Nègres vers l’Amérique pour les vendre ou les échanger contre des produits. C’est le début du commerce triangulaire : expression désignant le processus d’échange et de commerce entre la France, l’Afrique et les Antilles. Des bateaux partaient de l’Hexagone, ils embarquaient des marchandises de toutes sortes : verroteries, des armes, des bijoux… etc. Arrivés en Afrique, les négriers échangeaient leur cargaison contre des esclaves. Le voyage se prolongeait vers les Antilles, où des êtres humains étaient débarqués chaque année en échange de sucre, de vanille et de différents produits tropicaux, rapportés en France pour y être vendus.

À l’époque des grandes conquêtes maritimes, l’Église avait considéré la traite négrière comme une chance de pouvoir étendre l’Évangile. Elle semble avoir oublié un commandement de l’Exode qui dit  que  Celui qui dérobera un homme et qui l’aura vendu ou retenu entre ses mains, sera puni de mort. (Exode XXI : 16). Elle trouvait même des justifications afin de disculper les consciences des traitants chrétiens : La position de l’Église catholique par rapport à la Traite négrière n’allait pas être un épiphénomène loin de là, ses encouragements à l’ensauvagement esclavagiste continueraient tout au long de la période négrière, à l’instar de l’activisme doctrinaire de l’éminent théologien français Bellon de Saint-Quentin, qui se servait des Saintes Écritures pour libérer la conscience des traitants qui s’en remettaient à sa science*.

C’est pourquoi l’Église avait pris une position favorable pour le commerce des Nègres. Elle l’avait même soutenu pourvu que les esclaves soient convertis. Le Code Noir demande dès le premier article de faire instruire la religion catholique et de faire baptiser tous les esclaves. C’est en vue d’une large christianisation des Nègres que l’Église avait montré sa disposition pour assister l’esclavagisme.

Une nouvelle ère commença dans l’histoire de l’humanité : l’ère de l’esclavage bénit et soutenu par l’Église puisqu’elle en tire un profit inestimable :  La découverte du potentiel commercial énorme qu’offrait la traite des ‘‘nègres’’ était une opportunité que la nouvelle anthropologie religieuse ne Pouvait pas laisser échapper d’entre les griffes de rome… car la papauté, Qui venait de goûter à une grande hausse de ses richesses grâce aux croisades, Devenait de plus en plus exigeante au niveau de son accumulation D’argent. Lesquelles croisades venaient d’établir, par les faits, que des Guerres conduites dans et pour les intérêts du saint siège étaient toujours Justes et que les fruits de ces guerres étaient bons, et par conséquent que Toutes ces entreprises étaient ‘‘saintes’’ ! Ainsi, d’après la mentalité des Croisades – et celle des croisés – l’anthropologie religieuse coloniale de L’église catholique, comme toute l’anthropologie chrétienne du moment, Ne s’oppose nullement, ni à l’esclavagisme ni à la traite des noirs, bien au Contraire, elle prône que c’était une entreprise ‘‘sainte’’, qu’il fallait la Réaliser au nom de jésus-christ, le seigneur et sauveur !**

C’est pourquoi le Pape Eugène IV accorda au Portugal, et spécialement à son prince Henri le Navigateur (le nom est assez révélateur!) le titre de propriété de toutes les terres à l’est de Côte Ouest au-dessus du Sénégal. Cela n’empêche que l’Église avait imposé quelques conditions pour légitimer l’esclavage. En voici des exemples : Tous les esclaves qui seront dans notre dite province seront instruits dans la religion catholique, apostolique et romaine, et baptisés. Ordonnons aux habitants qui achèteront des nègres nouvellement arrivés de les faire instruire et baptiser dans le temps convenable, à peine d’amende arbitraire. Enjoignons aux directeurs généraux de ladite Compagnie et à tous nos officiers d’y tenir exactement la main.***

Toutes ces conditions n’étaient qu’une théorie puisque pour la réalité, il en allait autrement. Les représentants de l’Église missionnaire évitaient de mécontenter les colons. Ils limitaient le nombre de fêtes religieuses parce que les Noirs désœuvrés étaient un sujet à comploter. Ils se montraient également conciliants quant à la non-assistance au culte, « car les esclaves tirent si bien en longueur pour leur retour que la journée se trouve totalement perdue pour leur maître« ****.

En outre, le clergé médiocre et affairiste, peu préoccupé par la justice sociale dans les colonies, et ne se souciant guerre de changer les tares du colonialisme, s’est consacré au commerce dans des domaines variés et à la possession des esclaves. Les affaires du commerce faisaient passer au second plan l’évangélisation. Un abbé condamnait le climat d’affairisme dans lequel beaucoup de prêtres vivaient. Il notait à ce propos : Le clergé était propriétaire d’esclaves et capitaliste.  « Les prêtres, suivant en cela l’exemple donné par M. le préfet apostolique, achetaient, vendaient des esclaves, soit pour leur service particulier, soit pour retirer par le travail ou la location de ces propriétés humaines l’intérêt des économies qu’ils n’osaient pas tous placer dans les maisons de commerce du pays… »*****

Oui… quinze ecclésiastiques… et les premiers du clergé de la Réunion ont trempé, leur supérieur en tête, dans ce commerce…

 Une idéologie religieuse dominait à l’époque. Elle consiste à valoriser l’humanité de l’être selon sa religion. Aux yeux de l’Église, il n’existe sur Terre que deux sortes de gens à savoir les chrétiens et les païens. Toute personne non chrétienne était païenne. Les Noirs étaient donc des païens. L’Église avait pris une position hostile envers ces créatures sauvages, sans âme et possédées des diables. Tuer l’un d’eux équivalait à abattre une bête sauvage. Après la chute de Constantinople en 1453, le Pape Nicolas V autorisa officiellement le roi du Portugal à faire de tous les « noirs » – donc des « païens » — des esclaves, à saisir leurs biens puisqu’ils sont  les ennemis du Christ !

Après quarante-quatre ans d’apostolat, Pierre Claver aura baptisé plus de trois cent mille esclaves. Léon XIII, 256e pape de l'Église catholique qui jette un nouveau regard sur l'esclavagisme, le canonise en 1888 et le déclare «patron universel des missions auprès des Noirs».

Après quarante-quatre ans d’apostolat, Pierre Claver aura baptisé plus de trois cent mille esclaves. Léon XIII, 256e pape de l’Église catholique qui jette un nouveau regard sur l’esclavagisme, le canonise en 1888 et le déclare «patron universel des missions auprès des Noirs».

L’envoie des missionnaires pour propager un christianisme déformé et des évangiles mal interprétés avait pour objectif d’inciter le sujet colonial à se désintéresser des richesses et d’amasser ses « trésors » au Ciel ainsi que d’abandonner tout esprit de révolte. Nous disons ici christianisme « déformé » et « mal interprété » puisque les missionnaires œuvraient à mettre tout au service de l’administration coloniale. En voici la justification dans un extrait d’une lettre du ministre belge des colonies, Mr Renquin en 1920, adressée aux missionnaires envoyés au Congo :

La tâche que vous êtes conviés à accomplir est très délicate et demande beaucoup de tacts : Prêtres, vous venez certes pour évangéliser, mais cette évangélisation doit s’inspirer de notre grand principe : avant tout, les intérêts de la métropole. Le but essentiel de votre mission n’est donc point d’apprendre aux noirs à connaître Dieu. Ils le connaissent déjà. Ils parlent et se soumettent à Mangu, Zambé ou à Ngalkola et que sais-je encore. Ils savent que tuer, voler, calomnier, injurier … est mauvais. Ayons le courage de l’avouer, vous ne venez donc pas leur apprendre ce qu’ils savent déjà. Votre rôle consiste essentiellement à faciliter la tâche aux administrateurs et aux industriels. C’est donc dire que vous interpréterez l’évangile de la façon qui sert mieux nos intérêts dans cette partie du monde. ******

Ce n’est que vers le XIXe siècle que l’aile évangélique de l’Eglise s’est levée contre l’esclavage. Les campagnes associatives et les décrets gouvernementaux avaient devancé de loin l’Eglise  et ses missions pour l’abolition de ce phénomène. En ce qui concerne la dénonciation, elle n’avait été proclamée que tardivement vers la fin du XXe siècle avec la visite du Pape Jean Paul II à Gorée, « sanctuaire de la douleur noire», pour accuser « le péché de l’homme contre l’homme ». Un  R. P. S. au sein de l’institut ecclésiastique reconnaît l’implication de l’Église dans la propagation de l’esclavagisme: Nous étions au cœur de l’esclavage, nous étions directement responsables de ce qui est arrivé, nous pouvons même dire que nous possédions des esclaves, nous en avions même labellisés certains, c’est pourquoi je pense que nous devons reconnaître notre histoire et présenter nos excuses.

Si l’aveu de la responsabilité est franc, le long silence gardé par l’Eglise pendant des dizaines de décennies est significatif. Charles Vaudet se moque de  la réticence de l’Église à abolir l’esclavage en disant : Rappelons-nous encore que les derniers esclaves appartenaient aux missionnaires catholiques et protestants. Du reste, ce qu’il y a de certain, c’est que le Jésus des chrétiens n’a jamais eu un mot de protestation contre l’esclavage, au contraire, il estime que lorsque l’esclave a fait ce que le maître lui a commandé, celui-ci ne lui doit aucune reconnaissance.

On pourrait dire que l’histoire restera témoin de la complicité, ou du moins, du rôle passif, qu’avait joué l’Église face au phénomène le plus honteux de l’humanité. Cette attitude envers l’esclavage n’était pas isolée de la stratégie de l’Église et de certains de ses missionnaires qui décidaient non selon les principes, mais selon les circonstances.

ANNEXES

 

* Mariam SERI-SIDIBE,  Article publié dans: https://blogs.mediapart.fr/mariam-seri-sidibe/blog/230712/le-8-janvier-1854-le-pape-nicolas-v-et-leglise-catholique-beniss

** Kayemb Nawej. Poison Blanc : Un noir chrétien est un traître à la mémoire de ses ancêtres, Ed. Kayemb Uriel Nawej. 2007, p. 39.

*** Code Noir de 1724. Article 2

**** Claude PREUDHOME , L’Histoire religieuse de La Réunion, Ed. KARTHALA, Paris, 1984, p.31.

***** Claude PREUDHOME , L’Histoire religieuse de La Réunion, Ed. KARTHALA, Paris, 1984, p.77.

****** EXTRAIT DE MESSAGE DU MINISTRE DES COLONIES, Monsieur RENQUIN en 1920, Adressé aux MISSIONNAIRES

Winnie Mandela, née le 26 septembre 1936 est morte le 2 avril 2018

Winnie Mandela aura des funérailles d’État

Dans une église où les murs ont contenu les espoirs de nombreux activistes antiapartheid, s’est tenu le dimanche 8 avril 2018, un hommage à Winnie Mandela, celle qui fut la seconde épouse, mais combien la plus marquante du père de la Nation arc-en-ciel, Nelson Mandela.

Winnie Mandela, née le 26 septembre 1936 est morte le 2 avril 2018

Winnie Mandela, née le 26 septembre 1936 est morte le 2 avril 2018

C’est à l’intérieur de la banlieue noire de Soweto, à Johannesburg, dans l’église catholique Regina Mundi, lieu mythique où avait lieu des réunions secrètes d’activistes antiapartheid pendant la domination de la minorité sud-africaine blanche, que Mama Winnie, une des dernières figures de la lutte pour la liberté des noirs Sud-Africains fut commémorée en ce 8 avril 2018.

Winnie Mandela, controversée pour ses prises de position qualifiées de radicales, la combattante des premiers jours de l’ANC (African National Congress) alors classé comme une organisation terroriste de 1986 à 2008 par les États-Unis, aujourd’hui un parti politique confortablement au pourvoir en Afrique du Sud, est morte à l’âge de 81 ans, le 2 avril 2018.

La famille a déclaré dans un communiqué qu’elle est décédée à l’hôpital Netcare Milpark de Johannesburg, après une longue maladie.

L’ex-première dame d’Afrique du Sud qui tient le rôle de mère de la Nation, amoché par le poids de l’apartheid dans son pays, dans son corps, torturée, s’est laissé au fil des années glisser vers un discours plus radical qui miroitait et même surclassait le discours revendicateur de Robert  Mugabe, Président déchu du Zimbabwe voisin.

Avec son discours moins conciliant envers la minorité blanche que son mari, Nelson Mandela désirait, choisit même de laisser tomber les armes pour embrasser une fraternisation assumée dans une nation fracturée par violences raciales porter à son paroxysme. Le couple présidentiel ne pouvait survivre à cette distance morale.

Après avoir siégé au premier gouvernement postapartheid en 1994, divorcée après 38 années de mariage,  Winnie Madikizela-Mandela alors, incarne l’antagoniste de Nelson Mandela.  Elle accuse Nelson Mandela, d’avoir pactisé avec les Blancs pour avoir accepté de partager son Prix Nobel de la Paix avec le Président sud-africain blanc de l’époque Frederik Willem de Klerk.

Elle aurait même été jusqu’à uriner sur sa statue située au beau milieu du quartier blanc de Sandton, le plus riche de Johannesburg et non à Soweto comme elle le reproche à Madiba. Seule Winnie aurait pu s’en sortir avec un geste aussi disgracieux envers Nelson Mandela, fondateur et dirigeant la branche militaire de l’ANC en 1961, premier Président noir de l’Afrique du Sud en 1994 après presque trente d’années d’emprisonnement, loin des siens, loin de sa femme.

Alors, l’histoire raconte que Winnie, volage, avait délaissé son mari, mais non ses convictions. Winnie Mandela affirme que son mariage avec Madiba, décédé en 2013, s’est effondré non pas à cause de son infidélité, mais parce qu’elle avait perdu le respect pour son mari quand ses négociations pacifiques avec le gouvernement de l’apartheid signifiaient faire des concessions que Winnie n’aurait jamais faites elle-même.

Jusqu’à sa mort, elle choisit de vivre à Soweto, ou en juin 1976 elle vit des policiers qui y tuèrent de leurs fusils une centaine d’enfants. Jusqu’à sa mort, celle qui fut rendue coupable de fraudes, refusait la vie dans une grande villa près des Blancs, ou plusieurs de ses camarades ont choisir de s’établir.

Les drapeaux sud-africains resteront en berne alors que le pays observe le deuil national. Winnie Madikizela-Mandela recevra des funérailles d’État le 14 avril 2018.

Afrique: Jusqu’où ira l’aliénation?

Une image circulait récemment sur les réseaux sociaux. Il s’agit, apparemment, d’une jeune écolière africaine essayant de conjuguer au présent, le verbe « s’aimer », sur un tableau noir dans ce qui semble être une salle de classe dans un pays africain. Sur l’image, l’étudiante a vraisemblablement du mal à conjuguer ce verbe, il est écrit : « je même, tu thèmes, il sème…».

Une image circulant sur les réseaux sociaux

Une image circulant sur les réseaux sociaux

L’auteur de ce texte n’a pas eu l’authentification de l’illustration, à savoir si elle a été retouchée ou non, mais là n’est pas le souci, car là n’est plus la question.

La problématique est la raillerie que ce genre de photographie suscite chez l’Africain lui-même. Moquant les siens de ne pas avoir été bon élève à l’école de l’assimilation, de ne pas saisir naturellement un langage pourtant  à des kilomètres de leur structure de pensée originelle.

Aussi gênante qu’elle puisse paraître, cette photo vaut mille mots, elle relève de la biologie, elle est une preuve scientifique de plus de la génétique des populations, car elle affiche les cicatrices d’un peuple ayant vécu sous tutelle pendant des générations. Cette obsession de plaire qui hante l’âme du colonisé.

La non-maîtrise du français attire donc les moqueries de ses compatriotes africains francophones. Cette pression populaire d’exceller dans la langue de l’ancien dominateur s’avère nettement plus efficace que n’importe quel discours de Jules Ferry.

L’adresse du français à créer des complexes de supériorité à un point tel qu’en République Démocratique du Congo un dicton est né pour ramener les choses à l’ordre. En effet, les Congolais vous diront « koloba français eza mayele te », du lingala, « parler français ne signifie guère être  intelligent ». Comme quoi, pour rappel : maîtriser le verbe comme Rousseau ne fait pas de vous un philosophe des lumières.

Il est plus que temps que cessent ces critères intellectuels faussés par le regard de l’autre, comme si la langue de Molière donnait des capacités cognitives.

Nous serions dans un sacré pétrin si l’on mesurait la vivacité d’esprit par la potentialité des uns à s’approprier le langage des autres. Les étudiants de Harvard perdraient subitement de leur brillance si on les passait un examen obligatoire de…kikongo.

« L’Afrique est le seul continent où la majorité des enfants commencent l’école dans une langue étrangère », comme l’indique un rapport de l’UNESCO intitulé « Pourquoi et comment l’Afrique doit investir dans les langues africaines et l’enseignement multilingue ». Cette situation est un crime contre l’humanité. Car, bien plus que le redoublement de classes parce qu’ils ne saisissent pas le parler de l’enseignant, cela casse l’estime de soi du petit, transforme des surdoués en cancres en les mettant des bâtons dans les roues dès la ligne de départ de la course de leur vie.

Le français est une belle langue, c’est son imposition et son application contre le bon sens qui est aberrant.

L’école primaire africaine doit être dans la langue locale la plus nationale. Pour ce faire, il faut traduire les ouvrages de mathématiques, histoires et autres dans cette langue. Un travail colossal, certes, mais indispensable pour cette nouvelle génération d’Africains. Beaucoup vivent déjà dans des pays instables, ne pas hypothéquer leur éducation serait le moindre des services à rendre.

Continuer sur la voie actuelle serait un suicide. Une course vers un mur en béton. Tel un aliéné dans le déni de son mal, se ruant vers le néant, il y a matière à se poser la question suivante : jusqu’où ira l’aliénation?

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