Plus on sait, moins on affirme

MrBoom

La Cabane à sucre des Blacks… ouverte à tous!

Au Québec de mars à avril on célèbre le temps de sucre. Cette coutume qui traverse les époques se voit donner un nouvel élan avec des Afro-québécois qui s’approprient, embrassent inéluctablement des traditions de la Belle Province. C’est ce que l’on a pu apercevoir, hier, le 16 mars 2019 alors que la Cabane à sucre Jean-Renauld & Fils à St-Eustache accueillait à bras ouvert une clientèle presque exclusivement antillaise. Konpa, reggae et hip-hop se sont mêlés au traditionnel rigodon.

Goofy Welldone

L’humoriste / comédien Goofy Welldone

Cette journée survoltée, nous la devons à Ralph Jean-Pierre de GoodLife Productions, un promoteur/DJ accompli qui compte dix années d’expérience dans le domaine du divertissement. « En 2017 ce fut la première édition du Sugar Shack. » nous confie fièrement Ralph plus connu sous le pseudonyme Mr. Boom. Le DJ qui a déjà mixé aux cotés de la légendaire Spinderella du groupe Salt n Pepa poursuit, sans attendre : « La cabane à sucre comme tout le monde le sait est une tradition québécoise. Nous, on a amené une touche de notre communauté, notre vibe. C’est ce qui fait que c’est un grand succès! »

L’idée de cette fusion des genres revient à Frantz jr. Pierre de Spotlight Entertainment qui depuis déjà un an, plus hardiment depuis décembre 2018, buche sur cette date qui accueillait plus de 500 personnes, très majoritairement d’origine haïtienne, à la cabane à sucre. « L’idée est que j’aime ça l’ambiance, la réunion, que tout le monde se rassemble, que le monde puisse se parler. Même si on ne se connait pas, on s’assoit à une table et à la fin de la soirée, on peut être en mesure d’avoir une communication avec l’autre. »

Comme les Haïtiens se font toujours un devoir d’arriver tard, vers 20h, après que le beurre et le pain furent déjà installés sur les tables, les participants à cette journée arrivèrent enfin dans la cabane à sucre en activité depuis 1957. Les bouteilles de rhum accolées au mythique sirop d’érable, dont le Québec produit 72% de la production mondiale, se sont mis à trôner au milieu des tables. A coté, le menu classique: des érablières composé de la fameuse soupe aux pois, des oreilles de crisse, des cretons, crêpes, jambon et omelette.

Frantz jr. Pierre de Spotlight Entertainment

Frantz jr. Pierre de Spotlight Entertainment

La Comedy Édition, comme nous précise M. Pierre fut supporté par Goofy Welldone, Renzel Dashington et Jmjelie. Le maitre de cérémonie de cette « Cabane à sucre des Blacks… ouverte à tous » comme le martela l’extravagant Goofy Welldone que l’on peut apprécier plus crument sur son Snapchat, cumule ses présences sur la scène québécoise où il anime plusieurs événements du genre. Courtisant maintenant les Français, il s’est retrouvé à l’Ivress d’Humour Comedy Club et au Paname. Cet exil annoncé est imposé s’il souhaite perdurer dans son métier pense-t-il: « Au Québec, dans la télévision québécoise francophone, il n’y en a pas de place pour le Black.» L’humoriste et comédien s’explique : « Il y a zéro Black à la télévision francophone québécoise. Là, quand je dis ça, les gens vont dire ‘ ahhh Goofy t’exageres’. Alors moi je dis OK, il y a 0,7 % de Blacks, et ça c’est une réalité… À l’international il y a plus de débouchés. »

Son compère, Renzel Dashington, 20 années dans le spectacle, fondateur des Bads Boys  du rire en ajoute aux inquiétudes de Goofy Welldone « La culture de l’humour québécois est une culture d’humour qui fonctionne par elle-même et ne sens pas le besoin de nous inclure. » C’est ce regard qui amena Renzel a formé le collectif d’humoristes montréalais, Les Bads Boys du Rire. Ainsi, il offre un open mic tous les mercredis à 8h au Petit Agrikol, le bar flanqué au coté du restaurant haïtien Agrikol cofondé par Regine Chassagne du groupe les Arcade Fire  dans une soirée gratuite au centre-ville de Montréal ou les amateurs peuvent savoir s’ils ont l’étoffe d’un ou d’une humoriste. Lors de cette cabane à sucre, Renzel Dashington raconta une histoire « bien rodée » d’un Noir s’adonnant au jogging avant que Goofy ne fasse participer la foule à des jeux plus farfelus les uns que les autres.

Quant à la jeune foule de plus de 500 âmes, ces Québécois, d’une ou deux générations pour une écrasante majorité, elle a pu festoyer joyeusement dans cette coutume canadienne datant du 19e siècle, sur du zouk, konpa, reggae et des airs de rigodon bien poussé par les DJ amusés. Pas d’animosité, que des rires, de vives échanges, des chants et de la danse dans cette veillée particulière à la cabane à sucre située à St-Eustache sur la rive nord de Montréal.

 

Les responsables d'un centre de distribution UPS aux États-Unis « ont permis, toléré, encouragé et encouragé » une culture de racisme sur le site qui a conduit à des actes racistes et à des décisions d'emploi discriminatoires, selon la plainte.

UPS poursuivit, une nouvelle fois, pour racisme

Au pays de l’oncle Tom, l’entreprise postale UPS (United Parcel Service), se fait poursuivre par dix-neuf employés Noirs pour avoir prétendument entretenu une atmosphère raciale tendue envers ses employés afro-américains.

Les responsables d'un centre de distribution UPS aux États-Unis « ont permis, toléré, encouragé et encouragé » une culture de racisme sur le site qui a conduit à des actes racistes et à des décisions d'emploi discriminatoires, selon la plainte.

Les responsables d’un centre de distribution UPS aux États-Unis « ont permis, toléré, encouragé et encouragé » une culture de racisme sur le site qui a conduit à des actes racistes et à des décisions d’emploi discriminatoires, selon la plainte.

La plainte déposée mercredi révèle que les directeurs et les superviseurs « avaient permis, toléré, promu et encouragé une culture du racisme et des comportements racistes discriminatoires » au centre de distribution UPS à Maumee, dans l’Ohio.

Dans la compagnie américaine connue sous le nom The Big Brown par rapport à la couleur de l’uniforme brun de leurs travailleurs, sans aucune mesure disciplinaire, des commis Blancs humiliaient pendant des décennies leurs collègues Noirs. Ainsi, des employés Blancs interpelaient les Noirs par le mot « Nègre », accrochent des nœuds de pendu sur le plafond, ou plaçaient des singes aux endroits où évoluaient plusieurs travailleurs noirs.

La plainte soutient également qu’un salarié Blanc de l’entreprise fondée 1907 aux États-Unis, refusait de livré des colis dans un quartier habité majoritairement par des Afro-américains. Licencié, cet employé ouvertement raciste a été réadmis dans l’entreprise postale.

UPS a un historique profond de discrimination raciale dans son ADN. Dans les années 60 et 70, la Big Brown a connu de fortes pressions pour enfin admettre des Noirs parmi ses salariés. Greg Niemann,  un gestionnaire et historien de la compagnie, dans son livre Big Brown: The Untold Story raconte: « Selon une longue tradition, de nombreuses entreprises n’engageaient pas de minorités, et UPS en faisait partie. UPS a trouvé qu’il était plus facile de suivre la majorité de l’Amérique blanche et ses dirigeants se sont livrés au stéréotypage des minorités plutôt que de les embaucher. »

La plainte contre UPS soutient que ce climat raciste persiste encore aujourd’hui puisque les travailleurs affirment également qu’ils n’ont pu avoir de promotions et des postes plus désirables en raison de la discrimination raciale ambiante. Après trente années de loyaux services dans l’entreprise, une employée Pamela Camper, a toujours un quart à temps partiel.  « J’ai essayé à plusieurs reprises d’obtenir une promotion à un poste à temps plein et on me néglige constamment », a déclaré Pamela Camper, affirmant qu’UPS faisait souvent la promotion de personnes moins expérimentées qui étaient de race blanche. Mme Camper est l’un des dix-neuf employés qui portent plainte contre UPS.

Pour se défendre, la compagnie avec un chiffre d’affaires de plus de 60 milliards de dollars américains soutient dans un communiqué émis hier, jeudi le 15 mars 2019, que les comportements évoqués dans cette action en justice sont « odieux et en conflit avec nos valeurs et notre culture ».

En avril 2016, huit hommes Noirs ont reçu un montant de 5,3 millions de dollars en dommages et intérêts après avoir poursuivi UPS en justice pour avoir favorisé un lieu de travail hostile au Kentucky. Les travailleurs ont déclaré que leurs collègues Blancs avaient suspendu au plafond une effigie d’un afro-américaine et avaient utilisé des insultes raciales.

Dayana Ntibarikure, Jamila Shani Joseph et Keren Roberts

Ces mères qui aiment en couleurs

Si vous voulez prolonger un peu le Mois de l’Histoire des Noirs, nous vous suggérons la pièce de la talentueuse dramaturge, actrice et productrice, Trey Anthony : How Black Mothers Say I Love You,  que le Black Theatre Workshop (BTW) présente jusqu’au 16 mars 2019.  Cette œuvre sera bientôt portée à l’écran, avec la collaboration du réalisateur, producteur et scénariste Clement Virgo (The Book of Negroes, Poor Boy’s Game).   

Faire parler les silences qui tuent

L'équipe de How Black Mothers Say I Love You de Trey Anthony

L’équipe de How Black Mothers Say I Love You de Trey Anthony

L’histoire de cette pièce est celle des relations épineuses entre mères et filles, issues de ces décennies qui ont porté l’odieux des séparations familiales dans l’espoir d’améliorer le sort de ses proches. Daphné (Andrea Davis) a laissé pendant six ans ses deux filles en Jamaïque avec leur grand-mère, et son aînée ne le lui a jamais pardonné. Claudette (Dayana Ntibarikure) est l’enfant qui se rebelle et veut provoquer sa mère, la blâmer de l’avoir abandonnée.

Sa cadette, Valérie (Karen Roberts), personnifie l’enfant qui essaie d’être parfaite pour faire plaisir à sa mère. Elle s’habille bien, se tient bien, elle entre dans le moule demandé, avec le bon mari qui s’occupe bien d’elle et le projet de maternité.

À l’annonce de la maladie incurable de sa mère, Claudette revient chez elle après trois ans de silence, et tente tant bien que mal de faire accepter celle qu’elle est devenue, une femme de caractère, indépendante et lesbienne.

À la recherche du temps perdu

Pour écrire How Black Mothers Say I Love You, l’auteure Trey Anthony, récipiendaire de quatre NAACP Award (les NAACP Awards sont des récompenses de cinéma, télévision, musique et littérature américaines, remises par la National Association for the Advancement of Colored People, qui honorent chaque année les meilleurs films, musiques, livres, émissions et les meilleurs professionnels de la communauté afro-américaine) s’est inspirée de la vie de sa propre grand-mère alors qu’elle était en phase terminale d’un cancer, ressentant l’urgence de témoigner du vécu d’une immigrante d’origine jamaïcaine. Celle-ci avait laissé en Jamaïque ses enfants pour Londres, où elle travailla comme aide domestique, s’occupant des enfants des autres. Des années plus tard, sa fille vécut la même expérience, quittant l’Angleterre pour le Canada, laissant ses enfants derrière elle pendant quelques années également.

Trey Anthony s’est attardée aux sentiments douloureux vécus à cause de ces séparations. Les personnages de cette pièce parlent beaucoup et expriment leurs blessures afin de les soigner, de les guérir. L’auteure croit que son travail l’a aidée à mieux comprendre les choix de sa mère et ultimement, à mieux l’aimer.  Cette pièce sert précisément à mieux aimer nos mères afro-descendantes, à mieux comprendre la forme de leur amour pour nous.

Une main de velours dans un gant de fer

En tant que directrice, le talent de Tamara Brown a pu être apprécié à Toronto, Winnipeg, New York Stratford et Montréal

En tant que directrice artistique, le talent de Tamara Brown a pu être apprécié à Toronto, Winnipeg, New York Stratford et Montréal

Ceux et celles qui ont une maman noire le savent, elle nous éduque souvent de manière particulière, bien différemment de celles de nos amis en dehors de notre Communauté. La mère noire est orgueilleuse et a la fierté propre aux descendants d’esclaves qui se sont affranchis. Elle est sévère et exigeante, s’inquiète de l’opinion du voisinage, est très pieuse et vendrait sa chemise pour nourrir sa progéniture. Elle est souvent obsédée par la perfection et les tabous, au risque d’en rendre malheureux ses enfants. Et surtout, elle dit rarement, voire jamais, « je t’aime ».

Fréquemment dysfonctionnelle, la famille noire regorge de secrets et de non-dits, qui jalonnent le parcours des enfants qui y grandissent. Si le langage d’amour de la mère noire ne passe définitivement pas par la parole, il se mesure probablement à son don de soi absolu pour ses enfants. Elle te porte, te fait naître, te nourrit, te coiffe, t’habille proprement, t’envoie à l’école, t’amène à l’église, prie pour toi, et c’est là que gisent toutes les preuves de son amour, de son dévouement. Comment pourrait-on douter de son amour, même si elle ne te le dit pas avec des mots?

À la soirée de première, la directrice artistique, Tamara Brown, a révélé que « How Black Mothers Say I Love You est un travail d’amour. Les gens qui ont travaillé pour cette pièce aiment leurs mères, ils aiment leur travail, et vous êtes ici témoins d’un travail d’amour. Les mères noires comptent. Les filles noires compte. L’amour noir compte. »

Joseph Bitamba, l'homme, le film et l'Afrique

Journaliste, producteur et réalisateur, Joseph Bitamba, est originaire du Burundi, mais vit à Toronto depuis 2003.

Posted by LencreNoir.com on Wednesday, February 27, 2019

Joseph Bitamba: l’homme, le film et l’Afrique

Parmi les nombreux évènements organisés à Montréal dans le cadre du mois de l’Histoire des Noirs 2019, L’Espasce Mushagalusa a brillé par son originalité, en mettant à l’honneur le documentaire Tambours sacrés de Joseph Bitamba.

Joseph Bitamba a démarré sa carrière à la télévision nationale du Burundi, son pays d’origine. Ensuite, il en est parti pour suivre des stages de perfectionnement au Burkina Faso, en Belgique, et en France. Il a donc obtenu un certificat en scénarisation à l’Ecole Internationale de Bordeaux et un Certificat en direction de production à l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) à Paris. Il vit à Toronto depuis 2003 où il continue à développer son art.

Cinéaste, scénariste et réalisateur indépendant depuis 2011, Joseph Bitamba réalise des documentaires engagés sur le thème de la paix, de la diversité et de la tolérance, tels que Le métis (1996), Iskyaka, la volonté de vivre (2016).

A travers le documentaire, Tambours Sacrés, il a voulu mettre en évidence les similitudes sacrales et artistiques entre les tambours burundais et ceux des Premières Nations canadiennes.

Deeshorty

Deeshorty lance son nouveau single Faux Dieux!

Deeshorty nous présente son nouvel extrait Faux Dieux tiré de son EP «777» qui paraîtra en mai 2019.

Deeshorty

Deeshorty

Son EP « 777 » sera un opus Rap mélodique moderne. Ayant comme influence, le Dieu du Rap, Jay-z et le groupe français Saïan Supa Crew, cette oeuvre artistique piquera la curiosité des observateurs de la planète Rap québ!

Deeshorty nous offre un extrait intitulé Faux Dieux, avec la collaboration du rappeur montréalais RV. Un morceau ambiant qui traite de l’effet « poudre aux yeux » des réseaux sociaux, un sujet qui rejoint tout le monde aujourd’hui.

Le single Faux Dieux de Deeshorty est disponible sur toutes les plateformes numériques (Spotify, Apple Music, Deezer, etc.) depuis vendredi le 22 février et on le retrouve aussi sur les grandes playlists de Spotify tel que « Nouveautés de la semaine » (22 979 abonnés) et « Rap queb » (46 842 bonnés). De plus, le vidéoclip sera en primeur le 6 mars prochain sur Youtube.

Gymnase du Lycée Blaise Pascal

Un cabinet d’architectes ivoirien lauréat du World Architecture Awards 2018

Nominée dans la catégorie Sport, l’Agence Koffi & Diabaté Architectes remporte le prix du meilleur bâtiment sportif des World Architecture Awards 2018, pour le projet du « Gymnase du Lycée Blaise Pascal » d’Abidjan.

Gymnase du Lycée Blaise Pascal

Gymnase du Lycée Blaise Pascal. Blaise Pascal est un mathématicien, philosophe français né à Paris en 1662

Pour cette édition qui se tenait à Amsterdam fin 2018, le cabinet ivoirien était en compétition avec 10 finalistes sélectionnés parmi plus d’une centaine de projets d’envergure internationale. Le jury, composé de professionnels du métier, a qualifié le projet d’ « exemplaire, éthique et magnifiquement réalisé, qui allie parfaitement conception tectonique et environnementale à un contrôle spatial et formel étonnamment mature ».

UN GYMNASE BIO-CLIMATIQUE
« S’inscrivant dans une démarche de durabilité, le Gymnase du Lycée Blaise Pascal d’Abidjan propose un nouveau standard de salle de sport dans un environnement où les méthodes de conception sont trop souvent calquées sur celles des zones tempérées » nous précisent les architectes Guillaume Koffi et Issa Diabaté.

Le bâtiment de 3822m² ouvert, vivant, propice à la pratique sportive des 1500 lycéens, s’attache à proposer une certaine sobriété énergétique, à travers l’utilisation de solutions passives. Notamment sa peau en tôle rouge, qui prend tout son sens dans notre contexte tropical aux températures et humidité élevées, permet la ventilation et l’éclairage naturels de l’ensemble de la salle annulant ainsi tous besoins en climatisation.

À propos de Koffi & Diabaté Architectes
Créée en 2001, l’agence Koffi & Diabaté Architectes s’articule autour de ses deux associés et d’une équipe de 50 personnes qui croient tous fortement que le partage et l’échange sont l’ultime gage d’une nécessaire ouverture d’esprit.

L’agence travaille sur un large éventail de projets allant du logement aux bureaux d’affaires en passant par les lotissements ou encore les opérations immobilières, en Côte d’Ivoire et dans la sous-région. Le but des deux associés est de bâtir des édifices modernes, de qualité, tout en prenant en compte le style de vie et l’identité culturelle de leurs clients.

La bourgeoisie haïtienne est intimement liée à ces grandes famille qui ont repris les rênes de l’économie, qui étaient souvent des "mulâtres". Ces familles sont beaucoup restées entre-elles et ont reproduit un schéma social qui perdure jusqu’à présent.

Haïti, la prostituée des Bourgeois

C’est bien connu : ce sont toujours les personnes les plus vulnérables qui sont exploitées. Il est aussi connu que des situations historiques, politiques et économiques ont mis Haïti à genoux. Une posture indécente qui excite la bourgeoisie haïtienne…

« Mwen pa kapab ankò! » – je n’en peux plus -, clament haut et fort les Haïtiens qui ne trouvent plus de mots pour exprimer leur souffrance. Ils en ont assez, ils sont en colère, ils protestent contre une corruption de plus en plus répandue dans leur pays.

La bourgeoisie haïtienne est intimement liée à ces grandes famille qui ont repris les rênes de l’économie, qui étaient souvent des "mulâtres". Ces familles sont beaucoup restées entre-elles et ont reproduit un schéma social qui perdure jusqu’à présent.

La bourgeoisie haïtienne est intimement liée à ces grandes famille qui ont repris les rênes de l’économie, qui étaient souvent des « mulâtres ». Ces familles sont beaucoup restées entre-elles et ont reproduit un schéma social qui perdure jusqu’à présent. – Slate

Mais au-delà des colères, les manifestations violentes de cette semaine révèlent une bien triste réalité sur laquelle bon nombre d’entre nous, Haïtiens, ferment les yeux.

Le rêve haïtien

Il se trouve que la Terre de Dessalines est exploitée par des profiteurs qui ne sont là que pour le plaisir et la jouissance des richesses. En fait, Haïti est devenue leur prostituée. Une prostituée qui n’est nullement rémunérée pour le service rendu. « Vous êtes du Liban? de la Syrie…? Ah! Un arrière-petit-fils du colon? Venez! La Beauté noire va prendre soin de vous! »

Bien qu’ils maîtrisent assez bien la langue nationale pour formuler leur sollicitation, ces clients venus du Moyen-Orient ne se soucient point du bien-être d’Haïti, « leur beauté noire ». Ils ne se demandent pas si ses enfants sont nourris, vont à l’école.

Ils exploitent à qui mieux mieux un pays déjà appauvri par les resquilleurs occidentaux. À tour de rôle, ils encaissent et ne laissent rien dans la caisse.

Leur rêve haïtien s’est avéré un cauchemar national. Un succès libano-syrien, un échec haïtien.

Aux dernières nouvelles, le meneur de cette orgie oligarchique est natif de l’Égypte. Un dénommé Sherif Abdallah, qui pourrait personnifier magistralement Napoléon Bonaparte ou Christophe Colomb, dans le drame haïtien intitulé « Haïti et ses colons ».

Parlant d’oligarchie, on devrait peut-être demander à ce dernier s’il accepterait qu’un Noir d’Haïti soit au sommet de la « pyramide égyptienne »… Mais bon!

Dimitri Vorbe, homme d'affaire haïtien

Dimitri Vorbe, homme d’affaire haïtien

Érigés en rois par les hauteurs de Pétion-Ville, de Kenscoff, de La Boule, ces bourgeois bienheureux méprisent le monde d’en bas. Le regard patricien qu’ils portent sur les personnes noires, représentant pourtant 90% de la population haïtienne, nous rappelle brutalement l’apartheid de l’Afrique du Sud.

Quel coup bas pour un pays qui, par son internationalisme, a accueilli le monde opprimé à bras ouverts, que ce soit l’esclave en fugue des plantations de la Virginie ou l’Arab bwèt nan do – Arabe boîte sur le dos –.

La marionnette est morte, vive la marionnette

Poursuivant ma réflexion, chers compatriotes, je propose humblement que l’on procède à une autocritique. Honte à nous, qui martelons constamment les colons français que nous avons chassés de notre terre depuis plus de 200 ans, mais faisons semblant de ne pas percevoir le « colonialisme pétion-villois » qui exploite la population haïtienne.

Honte à nous, qui dénonçons l’impérialisme vampirique des Américains, mais tolérons le classisme cynique de ces Haïtiens qui ne chérissent pas notre Haïti chérie.

Honte à nous, qui, pour embellir le visage d’Haïti auprès des étrangers, publions fièrement des images du luxe et de l’opulence de cette bourgeoisie reconnue pour sa rapacité et sa turpitude.

Je ne dis pas que la dette des Français à l’égard d’Haïti appartient au passé, ou que l’invasion de 1915 doit être effacée de notre mémoire.

Non, pas du tout!

Néanmoins, force est d’admettre que notre cécité face aux comportements immoraux de cette minorité très visible n’est pas conforme aux exigences dessaliniennes.

Chers amis, osons le dire : Haïti vit une fracture qui aurait pu être évitée ou guérie par sa classe bourgeoise.

Quant à Jovenel Moïse, je ne le connais pas, et je ne tiens pas à le connaître non plus. Donc, ce texte n’est aucunement influencé par du jovenelisme ou de l’anti-jovenelisme. Il est tout simplement inspiré par le cri du cœur d’un peuple qui n’en peut plus de la perpétuation de sa misère.

Monsieur le Président est une marionnette? D’accord.

Cependant, sachez que derrière une marionnette se cache toujours un marionnettiste. Jovenel partira, mais le marionnettiste restera et gardera Haïti sur la scène théâtrale.

Je conclus ce texte en paraphrasant le Père de la Nation. C’est toujours un honneur pour moi de remettre les pendules à l’heure en évoquant Papa Dessalines.

Après ce que je viens d’écrire sur eux, si les bourgeois de Pétion-Ville ne se questionnent pas, c’est qu’ils ne sont pas des Haïtiens…

Texte original sur https://www.selonwalter.com

Le Black Theatre Workshop est la plus ancienne compagnie de théâtre noir au Canada et s’engage à refléter la culture et la communauté noires en développant et en donnant de la visibilité aux artistes afro-canadiens.

Une exploration poignante de l’immigration et des relations mères-filles, par Trey Anthony

Le Théâtre Black Theatre Workshop (BTW) présente How Black Mothers Say I Love You, une pièce de Trey Anthony, sur la scène du Théâtre Centaur du 28 février au 16 mars 2019. Cette pièce, traitant de l’immigration et de son impact sur la vie des mères et de leurs enfants qu’elles laissent souvent derrière, trouvera écho auprès de plusieurs Antillo-Canadiens.

Le Black Theatre Workshop est la plus ancienne compagnie de théâtre noir au Canada et s’engage à refléter la culture et la communauté noires en développant et en donnant de la visibilité aux artistes afro-canadiens.

Le Black Theatre Workshop est la plus ancienne compagnie de théâtre noir au Canada et s’engage à refléter la culture et la communauté noires en développant et en donnant de la visibilité aux artistes afro-canadiens.

Imprégnée d’une trame musicale originale et audacieuse, mélangeant le gospel, le reggae et le R&B avec la musique classique, How Black Mothers Say I Love You est une histoire de séparation, de réconciliation et d’amour.

« Personne ne parle des cicatrices avec lesquelles les enfants vivent lorsque les parents quittent », explique la dramaturge Trey Anthony. Première femme noire à avoir son émission sur un réseau télévisé canadien (‘Da Kink In My Hair), Trey Anthony occupe présentement un poste permanent en tant qu’auteur pour le Oprah Winfrey Network (OWN).

La metteure en scène Tamara Brown donnera vie à l’histoire de Daphne, une femme jamaïcaine ayant immigré au Canada dans l’espoir de pouvoir offrir une vie meilleure à ses enfants. Cette histoire touchante explore les thèmes poignants et d’actualité de l’impact de l’immigration sur la famille, des conséquences d’un tel sacrifice impensable et des défis reliés à l’homophobie dans une relation entre une mère et une fille qui n’arrivent pas à s’entendre.

How Black Mothers Say I Love You est une production à ne pas manquer du Théâtre BTW. La soirée de première se tiendra le 28 février, au Théâtre Centaur. La pièce sera ensuite présentée au Rose Theatre à Brampton, en Ontario, les 19 et 20 mars 2019.

Le Sommet Pancanadien des Communautés noires 2019: unis et solidaires

Du 1er au 4 février 2019 à l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs et de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine promulgués par les Nations Unies, le Sommet Pancanadien des Communautés noires 2019 a su rassembler des centaines de personnes, de partout au Canada à Ottawa, la capitale canadienne, sous le thème: 4 jours, 4 nuits, tracer notre avenir, un dialogue avec nos élus.

Le Sommet Pancanadien des Communautés noires

Le second Sommet Pancanadien des Communautés noires

Ce second sommet organisé par la Fondation Michaëlle Jean (FMJF) offrait des conférences qui abordaient différents thèmes, notamment la prospérité de la communauté noire, l’éducation, la santé mentale et l’accès à la justice. J’ai assisté à une session intéressante sur la santé mentale et collaboré à un atelier sur l’éducation. Ce fut un réel plaisir de voir une si grande représentation d’Afro-Canadiens provenant d’un océan à l’autre, tous réunis au même endroit avec le même objectif : élever notre voix vers le gouvernement fédéral.

Le Sommet Pancanadien des Communautés noires est une plate-forme idéale pour les Afro-Canadiens qui souhaitent faire une différence au pays. Il se composait de chercheurs, d’éducateurs, de représentants de médias, d’entrepreneurs et de législateurs, qui tous dans leurs domaines, contribuent à la représentation de la voix des Noirs au Canada.

Cet exercice a fourni une expérience d’apprentissage précieuse aux participants. Par exemple, ce fut une excellente occasion de se réunir, d’interagir et d’échanger les points de vue pendant les diverses conversations du sommet. J’y participais à un moment où nous avons engagé un dialogue collectif pour déterminer comment nous pourrions nous soutenir mutuellement tout en tenant le gouvernement sensible aux besoins de ses citoyens afro-canadiens.

De gauche à droite: Sabrina Jafralie, Nana Boahen et Sylvia Parris Drummond

De gauche à droite: Sabrina Jafralie, Nana Boahen et Sylvia Parris Drummond

Le sommet était certes un événement politique, mais aussi avec des volets familiaux. Ce fut une chance de réseauter de manière professionnelle. Mais pour moi, cela a eu un impact plus important, j’ai pu nouer des contacts avec des Afro-Canadiens de renom et participer à des conversations qui m’ont aidé a avoir une meilleure compréhension sur divers enjeux qui me touchent de près.

Les Afro-Canadiens sont une force avec laquelle il faut compter, nous sommes unis et progressons ensemble. Au sommet, la présence de l’unité était écrasante. Chaque orateur, de Dahabo Ahmed Omer à la très honorable Michaëlle Jean a prononcé des paroles d’espoir, d’action et de solidarité. Le Sommet Pancanadien des Communautés noires a réaffirmé son engagement en faveur de l’innovation sociale et de l’entrepreneuriat. Le message était clair: les communautés noires sont essentielles à tous les efforts qui impliquent une prospérité croissante, le bien-être et la justice au Canada.

Développé et conçu par certains des artistes anglophones les plus prolifiques de Montréal, dont l’auteure principale de la pièce Tamara Brown, la production est composée d’une distribution de 12 comédiennes et comédiens issus de la diversité

Faire la lumière avec Blackout

Il y a 50 ans, presque jour pour jour, Montréal vivait un moment déterminant de son histoire en tant que ville multiculturelle. Blackout témoigne de cet événement qui pourtant reste pratiquement inconnu de tous et toutes aujourd’hui, et auquel on ne se réfère jamais dans la mémoire collective lorsqu’on parle de tensions interraciales ou d’émeutes étudiantes. La pièce Blackout est née de la volonté de plusieurs personnes de remettre la lumière sur ce qui fût l’émeute raciale la plus marquante de l’Histoire canadienne.

Une histoire vraie

Développé et conçu par certains des artistes anglophones les plus prolifiques de Montréal, dont l’auteure principale de la pièce Tamara Brown, la production est composée d’une distribution de 12 comédiennes et comédiens issus de la diversité

Développée et conçue par certains des artistes anglophones les plus prolifiques de Montréal, dont l’auteure principale de la pièce Tamara Brown, la production est composée d’une distribution de 12 comédiennes et comédiens issus de la diversité

Si on vous demande de citer un épisode violent ou contestataire de l’histoire étudiante au Québec, vous répondriez quoi? La tuerie de Polytechnique (1989) ou le Printemps érable (2012), probablement. Vous ne penseriez jamais qu’en 1969, peu après les luttes de Martin Luther King aux États-Unis, et quelques mois avant que Neil Armstrong ne pose le pied sur la Lune, 6 étudiants d’origine antillaise se sont tenus debout devant des injustices commises par l’un de leurs professeurs de l’Université Concordia, jadis appelée l’Université Sir George Williams. Venus de l’étranger pour parfaire leur éducation, afin de devenir médecins, avocats, philosophes, psychologues; élèves assidus, motivés, sérieux, ils ont réalisé au fil du temps qu’ils subissaient de la discrimination raciale jusque dans l’évaluation de leurs travaux et la manière dont on leur adressait la parole. 200 étudiants, Blancs et Noirs, se sont joints à eux pour revendiquer leurs droits. Un professeur de biologie, Perry Anderson, s’est retrouvé accusé de racisme. Malheureusement, l’histoire de termine comme d’habitude :   les Noirs finissent menottés, dont certains carrément en prison, et les Blancs sans égratignure, voire même avec des titres honorifiques.

Soir de première

Dr. Rodney John

Dr. Rodney John

À la première de Blackout, l’émotion était palpable. Étaient présents entre autres le Dr. Clarence Bayne, professeur d’économie en poste en 69, et Dr. Rodney John, ancien étudiant militant impliqué dans l’histoire, qui nous a révélé, ému aux larmes : « La pièce était fantastique! J’étais venu voir une pièce de théâtre, je me suis retrouvé à vivre une expérience. J’ai revécu toute la séquence des événements de l’époque. »

La pièce reconstruit la chronologie des événements qui ont mené à l’émeute, nous faisant ressentir jusqu’aux agitations vécues par les personnages. Les jeunes acteurs ont su nous retransmettre l’ambiance qui régnait dans ce groupe d’étudiants et nous émouvoir grâce à un réel apport culturel. Tous et toutes afro-descendants, ils rendent leur jeu aussi réaliste qu’un documentaire, tout en gardant un point de vue subjectif voulant refléter la vision des étudiants impliqués. Cette pièce est vraie, dynamique, campée dans un décor simple et empreint d’un parfait réalisme. Les costumes et coiffures sont fidèles à l’époque, les chorégraphies et chants servent bien le propos et les dialogues ne manquent pas de saveur, propre à la culture antillaise des étudiants personnifiés.

Le nécessaire retour sur les lieux du crime

Mathieu Murphy-Perron

Mathieu Murphy-Perron

Le producteur et metteur en scène, Mathieu Murphy-Perron, nous raconte que ce projet a commencé à germer à l’automne 2007, devant une projection d’images de l’émeute de 1969, au Musée des Beaux-Arts de Montréal. Ancien étudiant de l’Université Concordia lui-même, il était déjà informé de l’affaire Sir George Williams, et très inspiré par l’idée de créer un jour quelque chose dans cette veine, pour que cela serve à la mémoire collective. Il s’affaire donc à des demandes de subventions pour se permettre de louer cette salle prestigieuse, car il imagine produire une pièce portant sur l’émeute, et de la faire jouer dans le théâtre même de l’Université Concordia, le théâtre D.B. Clarke, nommé en l’honneur de l’homme qui était recteur l’Université à l’époque. Ce même D.B. Clarke qui a alerté la police antiémeute pour arrêter les étudiants protestataires. Ironie du sort, Murphy-Perron obtient les fonds nécessaires ainsi que la disponibilité de la salle aux dates précises pour commémorer le 50e anniversaire des événements. Blackout se tiendra donc jusqu’au 10 février 2019 dans l’immeuble où a eu lieu l’émeute, neuf étages au-dessous précisément. « Les étoiles étaient bien alignées » ajoutera-t-il, non sans fierté dans les yeux de faire ainsi un pied de nez à l’Histoire. Il se dit heureux de la couverture médiatique que reçoit la pièce en ce moment et espère que les gens prendront conscience de la portée historique de ces événements pour la population montréalaise.

La réflexion qui subsiste

Les actrices et acteurs de la pièce Blackout le 30 janvier 2019

Les actrices et acteurs de la pièce Blackout le 30 janvier 2019 au théâtre D.B. Clarke de l’Université Concordia

Pour la jeune actrice Briauna James, c’est seulement en se préparant pour la pièce qu’elle a pris connaissance de l’Affaire Sir George Williams, comme la plupart d’entre nous d’ailleurs. Très touchée de pouvoir participer à ce genre de projet, elle souligne qu’il est important de prendre conscience qu’historiquement, on a toujours diminué l’apport des revendications des Noirs. Elle espère que la pièce aura un futur et un impact sur beaucoup de gens.

N’est-ce pas en effet grâce à cette émeute à l’Université Concordia si deux ans plus tard, le gouvernement canadien s’est doté d’une politique multiculturelle pancanadienne? Pourquoi ne reconnaît-on pas plus souvent socialement que c’est précisément cet événement qui a engendré des règlements et politiques contre toute forme de discrimination raciale dans les universités québécoises? Il serait grand temps que l’autruche sorte sa tête du sable.

La pièce Blackout lance ici et là subtilement des pistes de réflexion allant dans ce sens, pour en finir avec l’héritage postcolonial et la discrimination raciale sous toutes ses formes.

Pour visionner le documentaire sur cet événement marquant de l’Histoire canadienne:  https://www.onf.ca/film/neuvieme_etage/

En octobre 2017, Juda Allahondoum, éditeur du journal Le Visionnaire, a été arrêté pour avoir prétendu être un journaliste après avoir publié un article sur une compagnie aérienne tchadienne privée qui aurait transporté illégalement des armes en Syrie.

Le monde est un village dont les Tchadiens sont exclus

Depuis près d’un an maintenant, les réseaux sociaux sont verrouillés dans la République du Tchad suite à une recommandation du pays d’Afrique centrale de reconduire le Président Idriss Déby au-delà de 2030. Selon le dirigeant du pays en 2016 « le Tchad ne peut pas se concentrer sur un système qu’un changement de pouvoir mettrait en difficulté. »

En octobre 2017, Juda Allahondoum, éditeur du journal Le Visionnaire, a été arrêté pour avoir prétendu être un journaliste après avoir publié un article sur une compagnie aérienne tchadienne privée qui aurait transporté illégalement des armes en Syrie.

En octobre 2017, Juda Allahondoum, éditeur du journal Le Visionnaire, a été arrêté pour avoir prétendu être un journaliste après avoir publié un article sur une compagnie aérienne tchadienne privée qui aurait transporté illégalement des armes en Syrie.

Le blocage des médias sociaux a débuté le 28 mars 2018 à la suite de tensions politiques. Une conférence nationale réunissant des politiciens et des chefs traditionnels a recommandé des changements constitutionnels qui permettraient au président Idriss Déby de gouverner jusqu’en 2033. Placé par la France qui lui permet de chassé du pouvoir Hissène Habré en 1990, Idriss Déby âgé de 66 ans aujourd’hui préside le pays exportateur de pétrole situé au sud de la Libye depuis 28 ans avec des mesures d’austérité et des réductions de dépenses qui conduisent ces dernières années à des manifestations nationales et à des grèves contre son régime.

La perturbation d’Internet au Tchad est symptomatique de ce qui se passe ailleurs en Afrique, où les gouvernements coupent la connectivité plus qu’ailleurs dans le monde. En janvier seulement, le Soudan, le Zimbabwe et la RD Congo ont tous fermé Internet lors de manifestations antigouvernementales et de scrutins tendus. Les gouvernements deviennent de plus en plus spécifiques dans leurs coupures en ciblant les réseaux de médias sociaux et non l’ensemble de l’infrastructure Internet, qui est essentielle à leur croissance économique.

Une nouvelle campagne mondiale veut mettre en lumière la fermeture des médias sociaux au Tchad en déployant des actions en ligne et hors-ligne pour faire pression sur le gouvernement Déby afin qu’il rétablisse la communication en ligne. Dirigée par l’ONG Internet Sans Frontières (ISF), cette initiative qui a débuté le 19 janvier 2019 demande aux responsables tchadiens de faire respecter les droits des utilisateurs et de cesser la suppression de plateformes telles que Facebook, Twitter et WhatsApp.

Internet Sans Frontières  a également appelé ses supporters à participer aux manifestations à Paris et à N’Djamena, la capitale administrative et la plus grande ville de la République du Tchad,  et à utiliser le hashtag #Maalla_Gatétou (en arabe tchadien pour « Pourquoi vous avez coupé?») pour partager leurs expériences. De nouvelles actions seront proposées par l’ONG fondé à Paris chaque mois, jusqu’en juin 2019.

Une fermeture des médias sociaux de 300 jours constitue sans aucun doute un record pour le Tchad et l’Afrique en son entier. Cela dépasse notamment l’interruption de 280 jours au Cameroun suivi de 199 jours pour l’Éthiopie. Depuis le 31 décembre 2018, la République Démocratique du Congo connaît un shutdown complet de l’Internet  imposé par les autorités du pays. Selon l’ONG Netblocks, au huitième jour sans internet, soit le 7 janvier 2019, l’économie congolaise avait perdu plus de 22 millions d’euros à cause de la coupure.

Abisara Adouko Machold: Militante du cheveu naturel

Fondatrice du salon et boutique InHAIRitance , Abisara Machold est une femme intemporelle et universelle qui a décidé de mettre à la disposition des femmes afro-descendantes, son expérience personnelle et sa maîtrise de la science des ingrédients chimiques utilisés dans les produits capillaires et cosmétiques.Son concept est très simple, aider chaque femme à découvrir la nature de ses cheveux naturels, bouclés, frisés et locksé, apprendre à les aimer, pour savoir comment les mettre en valeur. Cela participe à l’affirmation de l’identité culturelle noire.

Posted by LencreNoir.com on Monday, January 14, 2019

Abisara Machold, la force du cheveu naturel

Fondatrice du salon et boutique InHAIRitance , Abisara Machold est une femme intemporelle et universelle qui a décidé de mettre à la disposition des femmes afro-descendantes, son expérience personnelle et sa maîtrise  de la science des ingrédients chimiques utilisés dans les produits capillaires et cosmétiques.

Son concept est très simple, aider chaque femme à découvrir la nature de ses cheveux naturels, bouclés, frisés et lockés, apprendre à les aimer, pour savoir comment les mettre en valeur. Cela participe à l’affirmation de l’identité culturelle noire.

L'icône mondiale du R&B, Robert Sylvester Kelly (52 ans) mieux connu sous le nom de R. Kelly, s'est vue lapidée publiquement par une série documentaire américaine Surviving R. Kelly

R. Kelly: monstre ou icône?

La semaine dernière, l’icône mondiale du R&B, Robert Sylvester Kelly (52 ans) mieux connu sous le nom de R. Kelly, s’est vue lapidée publiquement par une série documentaire américaine Surviving R. Kelly. Des révélations-chocs accusent la vedette américaine de pédophilie, pornographie infantile, voire même d’être à la tête d’une secte qui laverait le cerveau de jeunes femmes noires. Le plus inquiétant dans cette série documentaire de six épisodes, est que les derniers faits reportés ne datent que de quelques mois.

Très vite, comme dans les cas de Bill Cosby ou celui de Michael Jackson, un clivage entre les fans s’est fait pour celui qui fut nommé artiste n ° 1 du R&B des 25 dernières années par Billboard. Les inconsidérés dénoncent une tactique médiatique pour salir une importante figure publique noire qui a apporté une contribution extraordinaire à la culture; les autres exigent que la loi fasse son travail, alors que d’autres proposent un musellement de la star avec le mouvement #MuteRKelly qui s’amplifie.

L'icône mondiale du R&B, Robert Sylvester Kelly (52 ans) mieux connu sous le nom de R. Kelly, s'est vue lapidée publiquement par une série documentaire américaine Surviving R. Kelly

Le service de diffusion de musique en continu Spotify a annoncé le 10 mai 2018 qu’il cesserait de promouvoir ou de recommander la musique de R. Kelly. Spotify a déclaré: « Nous ne censurons pas le contenu en raison du comportement d’un artiste ou d’un créateur, mais nous voulons que nos décisions éditoriales – ce que nous choisissons de programmer — reflètent nos valeurs ». Deux jours plus tard, Apple Music et Pandora ont également annoncé qu’ils ne représenteront plus ni ne feront la promotion de la musique de R. Kelly.

Déjà en 2008, après avoir réglé plusieurs cas hors cours, un verdict dramatique (qui a semblé étonner ses propres avocats grassement payés), la star de R&B, âgée alors de 41 ans, a été blanchie de quatorze chefs d’accusation de pornographie infantile. Une vidéo d’ébats sexuels entre prétendument R. Kelly et une jeune ado de quatorze ans était au centre de l’histoire.  Quinze témoins (parmi eux d’autres jeunes maîtresses de Kelly qui ont participé à ces ébats sexuels embarrassants avec la jeune victime ainsi que des membres de la famille de celle-ci) ont identifié la victime présumée comme étant la jeune fille sur la fameuse sextape de 27 minutes, et une douzaine d’entre eux ont identifié R. Kelly comme étant le pédophile dans la vidéo. Mais le jury en a décidé autrement, il ne pouvait en être certain. Robert Kelly a déclaré que ce n’était pas lui.

En se fiant au documentaire Surviving R. Kelly, les victimes de R. Kelly sont exclusivement des femmes noires. Certaines jeunes femmes de 17 ans, battues, séquestrées, affamées si elles n’obéissent pas aux doigts et à l’oeil du chanteur R & B, n’ont pas revu leurs parents depuis plusieurs  années. D’ailleurs, en mai 2017, le docu a filmé en live la libération d’une de ces jeunes captives d’un hôtel de Beverly Hills par une mère obstinée. D’autres de ces parents afro-américains, au cœur tout aussi démoli, n’ont pas eu cette « chance » et attendent toujours des nouvelles de leurs filles après des années de silence.

On ne peut que se poser l’inévitable question : « Quelle justice pour ces jeunes femmes noires? Si elles avaient été de jeunes blanches, la Justice aurait-elle eu des dents plus aiguisées? Cette perceptible double justice existe-t-elle vraiment? Peut-être bien. Alors qu’il avait seulement 16 ans, pour avoir agressé sexuellement entre 2005 et 2006, neuf femmes et adolescentes exclusivement blanches,  en 2009 un jeune Noir de Montréal-Nord a reçu une peine extraordinaire pour adultes de huit ans de pénitencier. De plus pour ajouter à la lourde sentence, ce fut la première et unique fois qu’un mineur s’est vu mettre le chapeau de délinquant à contrôler par la Justice canadienne. Aux États-Unis, ces cas sont légions.

L’histoire de R. Kelly n’a pas fini de faire couler de l’encre. Suite à la diffusion de la série documentaire Surviving R. Kelly de nouvelles victimes ont contacté les services policiers et une investigation criminelle est nouvellement en cours dans l’état de la Géorgie. Même la fille de Robert Kelly, Johann Lee Kelly (Buku Abi) qualifie maintenant ouvertement son père de monstre et laisse tomber « ça va encore plus loin que ça« .

Maintenant que la vie excessive de R. Kelly est portée à la loupe, celle du défunt roi de la pop, Michael Jackson suivra obligatoirement avec la docusérie à venir Leaving Neverland. Cette série de deux documentaires, totalisant quatre heures de visionnement, dresse un portrait d’expériences de deux jeunes garçons, James Safechuck, âgé de dix ans, et Wade Robson, âgé de sept ans, avec Michael Jackson. Le docu démontre l’intérêt de rompre le silence, même lorsqu’il implique une figure puissante et vénérée. Leaving Neverland sera diffusé en première sur HBO et Channel 4 ce printemps. Une autre importante icône noire sera plausiblement immolée publiquement.

Frantz Voltaire, un gardien de notre Histoire

En décembre 2018, nous avons eu l’immense privilège de rencontrer Monsieur Frantz Voltaire à son bureau du CIDIHCA (Centre international de documentation et d’information haïtienne, caribéenne et afro-canadienne),  niché dans un appartement du Vieux-Montréal (450, rue Sainte-Hélène, bureau 401, Montréal).

Cofondateur du centre pendant les années quatre-vingt, M. Voltaire était de ces jeunes intellectuels haïtiens qui sont devenus les gardiens de notre mémoire collective à l’étranger. D’abord avec une formation d’historien, puis diplômé en politique et en relations internationales, Frantz Voltaire porte aussi des chapeaux d’écrivain, de cinéaste, réalisateur, producteur, conférencier international, éditeur. À lui seul, il est un monument national.

La bibliothèque du CIDIHCA qui s’est construite au fil des ans grâce à des acquisitions et des dons, regorge de trésors, telle une véritable caverne d’Alibaba. Il y a même des ouvrages précieux ayant appartenu à Toussaint Louverture lui-même.  Il est possible de s’y abonner annuellement pour 40 $ et d’emprunter ainsi des documents uniques, traitant de l’histoire d’Haïti ou des diasporas africaines. N’hésitez pas à y faire un détour.

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