Plus on sait, moins on affirme

Fête du Québec 2017: un hommage à l’esclavage?

Au Québec, chaque année, au 24 juin, les Québécois célèbrent leur identité au fameux défilé de la Saint-Jean. D’année en année, la carte inclusive y est jouée de la part des organisateurs pour y faire scintiller un semblant de bonheur collectif total pour une fête qui fut prise en otage par un parti politique à la diversité bien douteuse.

Chassez le naturel et il revient au galop dit la maxime. Malgré tous les efforts mis pour camoufler un malaise ethnique intemporellement moulé au défilé de la Saint-Jean Baptiste sur l’ile montréalaise, la mouture 2017 en a surpris plus qu’un.

Défilé de la Saint-Jean Baptiste, le 24 juin 2017 sur la rue Saint-Denis à Montréal

Défilé de la Saint-Jean Baptiste, le 24 juin 2017 sur la rue Saint-Denis à Montréal

Un char allégorique ayant pour thème l’Histoire du Québec, le tout premier du cortège, fut tiré à jus de bras par des Noirs, en habit visuellement sali, sinon crasseux, entouré d’une trentaine de Blancs en immaculés vêtements d’une blancheur impeccable, comblés, satisfaits, festoyant leur journée anniversaire de gestes jubilatoires et de chants joyeux.

La seule joie des Noirs, ou plutôt les trois Noirs et ce qui pourrait être un Latino ou un Arabe, était, sous un soleil de plomb, de faire avancer, pas à pas, le char allégorique où s’époumonait la staracademicienne Annie Villeneuve, symbole local de la convergence  Quebecor Media, d’où le PDG n’est nul autre que l’ex-chef du Parti Québécois, parti politique phare de l’identité québécoise, les fameux usurpateurs de la fête Nationale.

La vision scandaleuse a soulevé un tollé sur les réseaux sociaux. Les Montréalais de toutes origines se sont montrés indignés contre une telle représentation. Les organisateurs du défilé ont eu tôt fait de témoigner leur incompréhension de face l’outrage.

Maxime Laporte président du comité organisateur ose: « Jamais le défilé n’a autant représenté dignement la diversité québécoise.» Pour ensuite préciser que les élèves de l’école Louis-Joseph Papineau, une école secondaire située dans le quartier Saint-Michel, un quartier multiethnique de l’ile Montréal qui trône parmi les plus défavorisés avec Montréal-Nord, Parc-Extension et Hochelaga, ont été opté pour servir de propulsion aux voitures de la parade.

Dans cette école au vécu très difficile, 22 % des élèves ont le créole comme langue maternelle, 22 % l’espagnol. Peu de Québécois dits « de souche » fréquentent l’institution ouverte à l’immigration. Ceci étant, pour M. Laporte, sur les ondes de la télévision d’état, en réponse aux Noirs habillés en gens tout frais descendus d’un négrier :  « C’est un parfait hasard que ça été des gens de couleur noir qui se sont trouvé à pousser le char en question. »…

Autre fait intéressant, le personnage de Louis-Joseph Papineau, les célébrations de la Saint-Jean Baptiste (la fête du Québec) et la communauté noir. M. Papineau fut un avocat né à Montréal en 1786, mort en 1871. Bien qu’encensé dans les livres d’histoire pour son fort patriotisme envers le Québec francophone blanc et son aversion du British-Canadian, Louis-Joseph Papineau fut un fervent raciste qui a ouvertement plaidé pour la continuation de l’esclavage dans la ville de Montréal. Oui, il y a eu esclavage des Noirs et Amérindiens au Québec et Louis-Joseph Papineau voulait que la province prenne exemple sur les impitoyables états du sud des États-Unis dans leurs relations avec les afro-descendants. Le patriote prit donc publiquement position contre la Proclamation d’émancipation instituée par Abraham Lincoln le 1er janvier 1863.

Mais en y pensant bien, peut-être que le char allégorique à la tête du défilé 2017 de la Saint-Jean, un char qui devait évoquer l’Histoire du Québec, peut-être n’était-il qu’un hommage à Louis-Joseph Papineau? Une incarnation toujours bien vivante du nationalisme québécois.

En Afrique, les adeptes de religions dites « africaines traditionnelles » seraient environ 100 millions, ce qui représenterait 70 % des adeptes des religions dites « traditionnelles » dans le monde. Ils ne représenteraient cependant que 12 % de la population africaine, 45 % des Africains étant chrétiens et 40 % environ musulmans. Cependant, il existe des syncrétismes importants entre ces pratiques religieuses.

Le Noir face au christianisme: un schisme socioculturel

C’est au XIX ème  siècle, pendant le déferlement colonial que le christianisme s’est largement implanté en Afrique noire. Asseoir cette nouvelle religion ne se faisait pas sans impacts psychologiques, voire une crise identitaire pour le Nègre converti.

La religion est un trait principal du peuple africain. Elle constitue le creuset où s’entremêlent son patrimoine idéologique et ses manifestations sentimentales. Avec l’avènement du christianisme, des apports occidentaux rattachés à cette religion apparaissent pour envahir cet apanage socioculturel. La diffusion du christianisme, tel qu’elle a été faite par des méthodes souvent imprégnées d’occidentalisme, était un élément de déstabilisation des structures sociales traditionnelles.

En Afrique, les adeptes de religions dites « africaines traditionnelles » seraient environ 100 millions, ce qui représenterait 70 % des adeptes des religions dites « traditionnelles » dans le monde. Ils ne représenteraient cependant que 12 % de la population africaine, 45 % des Africains étant chrétiens et 40 % environ musulmans. Cependant, il existe des syncrétismes importants entre ces pratiques religieuses.

En Afrique, les adeptes de religions dites « africaines traditionnelles » seraient environ 100 millions, ce qui représenterait 70 % des adeptes des religions dites « traditionnelles » dans le monde. Ils ne représenteraient cependant que 12 % de la population africaine, 45 % des Africains étant chrétiens et 40 % environ musulmans. Cependant, il existe des syncrétismes importants entre ces pratiques religieuses.

Les préjugés avec lesquels arrivaient les missionnaires, leurs pratiques souvent loin de compatibilité avec la mentalité indigène provoquèrent des problèmes d’adaptation des Noirs avec la nouvelle religion. De là résulte le problème d’une crise identitaire du nègre chrétien. Intolérant à l’égard de l’héritage animiste ancestral qui fait partie intégrante de la culture africaine, la nouvelle religion plonge les nouveaux convertis  dans la crise identitaire. L’Africain  ne cesse de se demander comment devenir chrétien et rester soi-même :

« Le vrai problème paraît être le suivant : comment l’Africain peut-il, et est-ce possible, se sentir à la fois authentiquement africain, c’est-à-dire assumant pleinement l’héritage culturel du négro-africain dans ce qu’il a d’essentiel, et authentiquement chrétien ou musulman c’est-à-dire en vivant réellement le message évangélique ou coranique? N’est-ce pas là le vrai dilemme existentiel de nous autres, négro-africain, et le drame que d’aucuns intellectuels convertis au Christianisme ou à l’Islam vivent par moment, en ces heures, des crises de conscience, où l’on se sent mal à l’aise, voire quelque peu honteux sinon coupable de renier le patrimoine ancestral en changeant de mentalité pour épouser une culture autre. »
– Maurice Ahanhazo. Religion, Cultures et Politique en Afrique noire, Paris, Ed. ECONOMICA, 1981

Pour maintenir un équilibre culturel et religieux, il existait des cas où des Noirs convertis pratiquaient une duplicité, autrement dit, avoir la foi chrétienne et garder les croyances et les pratiques animistes. On se permet de dire ici que bon nombre de chrétiens africains sont, en vérité, des animistes chrétiens. Nous pouvons avancer que les missionnaires avaient en quelque sorte leur part de responsabilité dans l’ébauche de la crise identitaire du Nègre. En effet, pour implanter la nouvelle religion dans le continent noir, l’Église avait contribué, volontairement ou involontairement, à la destruction des traditions et coutumes indigènes : polygamie, pratiques magiques, rites funéraires, rites d’initiation ou excision; tout est considéré comme primitif ou satanique et, par conséquent, il est condamné à l’anéantissement.

Si, toutefois elle trouve son compte dans certains usages et mœurs, l’Église en profite pour se montrer tolérante vis-à-vis de la tradition indigène : en somme, pour qu’une civilisation païenne devienne chrétienne, il faut déceler ce qui en elle doit vivre et ce qui s’achèvera dans l’Évangile.

L’appréciation des missionnaires décide donc du sort des mœurs et des usages indigènes. C’est une véritable illusion de penser que les Occidentaux, et en particulier les missionnaires, pouvaient imposer intégralement leur civilisation. Une civilisation ne se transfère pas.

C’est un ensemble de composants cognitifs, intellectuels, organisationnels et même techniques qui ont besoin d’une longue gestation pour se concrétiser et non seulement d’un heurt intermittent comme c’est le cas de la colonisation. Certes, la culture indigène était masquée ou plutôt asphyxiée par des contraintes politiques, économiques ainsi que par le modernisme; cependant, elle persistait, mais de quelle façon : Elle était agonisante. Favorisés par la protection coloniale et l’appui financier et logistique de son administration, les missionnaires exerçaient dans un contexte dichotomique : coopérer avec les dominants et évangéliser les dominés.

La sclérose de la culture du peuple asservi laisse l’indigène dans un vide culturel et devient ainsi un déraciné à la recherche de son identité culturelle telle une épave à la merci des vagues et des courants. Appréciant la métaphore de G. MOSMANS :

« Devant l’effondrement de toutes les valeurs traditionnelles qui donnaient un sens à la vie, qu’allait devenir l’Africain? – Un désespéré errant à la recherche de son âme perdue, une épave que le hasard des vagues et des courants allait ballotter à son gré. Ces courants avaient noms : religion, politique, civilisation. La religion chrétienne fut une désillusion, la politique, une imposture. »
– MOSMANS,  Guy. L’Eglise à l’heure de l’Afrique, Tournai, Ed. Casterman, 1961.  p.95

Des fables comme « mission civilisatrice» et de « sauvagerie des noirs » n’étaient qu’alibis pour justifier le colonialisme. En réalité, l’administration coloniale œuvrait pour mettre le Nègre en situation de dépendance. Cette dépendance saisit tellement le Nègre jusqu’à créer chez lui des conflits psychologiques ou ce que Mosmans appelle le complexe de dépendance. À lui encore la parole :

« La colonisation n’a été possible que parce que le « sauvage » à coloniser était affecté d’un complexe de dépendance /…/ Si complexe de dépendance il y a, il est conséquent et non antécédent à la colonisation. A leurs yeux, l’aspect le plus tragique de la colonisation c’est précisément la blessure profonde qu’elle cause dans la spontanéité de la liberté humaine, la mutilation qu’elle fait subir à l’auto détermination, à l’esprit d’initiative qui caractérise l’homme, en faisant de lui un acquiescement inconditionné à une autorité qui le brime. »
– MOSMANS,  Guy. L’Eglise à l’heure de l’Afrique, p. 91

Ici, il est légitime de se demander où sont passés les mécanismes organisant la civilisation ancestrale avant l’arrivée des missionnaires. La réponse à cette question passe d’abord par admettre la supériorité de la civilisation occidentale avec son système organisationnel, intellectuelle et technique. Les mécanismes de la civilisation indigènes, autrefois dynamiques, se trouvaient, dans la situation coloniale, broyée par la mise en place des organismes coloniaux. Cette agonie, cette inertie, était caractéristique de toutes les sociétés colonisées qu’elles soient en Afrique noire, en Afrique du Nord ou en Asie. Le déchirement identitaire des Noirs  servait à merveille la cause missionnaire. Sous un voile bienveillant, l’église recueille à bras ouverts un être déchiré et en discorde avec soi-même.

Entre un malaise ressenti par le Noir devant les instructions de la nouvelle religion et l’hégémonie de certains missionnaires, la non-compréhension régnait entre les deux côtés. La distance était grande entre les bergers missionnaires et leurs brebis.

Soit par survivance du phénomène esclavagiste traditionnel, soit à travers de nouvelles formes dites « modernes », l'esclavage est resté une réalité au XXe siècle.

Esclavage et nouvel esclavagisme

L’homme est un loup pour l’homme. C’est la citation qui me semble la plus proche de la vilenie et du cynisme de l’homme envers son congénère. Je dis proche car le philosophe anglais Thomas HOBBES, en pensant à cette métaphore, n’avait certainement pas imaginé que l’homme serait beaucoup plus cruel que le carnivore. L’exploitation de l’homme par l’homme est une ignominie qui existe depuis que le monde est monde et dont les méthodes évoluent et s’aggravent au fil du temps.

Soit par survivance du phénomène esclavagiste traditionnel, soit à travers de nouvelles formes dites « modernes », l'esclavage est resté une réalité au XXe siècle.

Soit par survivance du phénomène esclavagiste traditionnel, soit à travers de nouvelles formes dites « modernes », l’esclavage est resté une réalité au XXe siècle.

Vers la fin du XVe, siècle l’histoire allait connaître un phénomène traumatisant sans précédent. Il s’agit de la traite négrière. Des commerçants, des concessionnaires et des administrateurs étaient arrivés aux côtes africaines à la recherche d’hommes valides et de jeunes femmes pour en faire des esclaves. Ces derniers furent transportés sur la côte occidentale. Il faudrait signaler à ce propos que les pays de la péninsule ibérique étaient les premiers à pratiquer la traite négrière.

Plus tard, vers la fin du XVIe siècle, la France, la Hollande, la Grande-Bretagne ou encore le Danemark entraient en concurrence dans le commerce des esclaves. À cette époque des grandes conquêtes maritimes, des armateurs avaient l’idée de transporter les Nègres vers l’Amérique pour les vendre ou les échanger contre des produits.

C’est le début du commerce triangulaire : expression désignant le processus d’échange et de commerce entre la France, l’Afrique et les Antilles. Des bateaux partaient de l’Hexagone, ils embarquaient des marchandises de toutes sortes : verroteries, des armes, des bijoux… etc. Arrivés en Afrique, au Sénégal le plus souvent, les négriers échangeaient leur cargaison contre des esclaves. Le voyage se prolongeait vers les Antilles, où des Noirs étaient débarqués chaque année en échange de sucre, de vanille et de différents produits tropicaux, rapportés en France pour y être vendus.

Par ailleurs, on peut dire que l’ère de la société marchande commence par la commercialisation des êtres humains; il faudrait être naïf pour croire que l’abolition de l’esclavage en Angleterre en 1833 était un acte pur et dévoué. En effet, l’argument économique pèse beaucoup sur cette décision et on assure que le travail accompli par des hommes libres coûte finalement moins cher que celui effectué par des esclaves.

En plus, la dénonciation de la traite n’entraînait pas systématiquement la mise en place d’une répression effective et le trafic des nègres a connu son essor grâce aux multinationales anglaises. De surcroît, la lutte contre les négriers favorisa le développement des relations entre les Britanniques et les souverains africains : c’est était un grand pas vers la colonisation de l’Afrique. C’était de l’Histoire.

Actuellement, l’exploitation de l’homme pour l’homme n’a rien perdu de son infamie, seulement elle est très subtile, trop indiscrète pour qu’on en s’aperçoive. Qui dit capitalisme dit esclavage. L’un des plus grands paradoxes de ce système est d’appeler à la liberté tandis qu’il nous traîne dans un état de dépendance et d’assujettissement… Je ne pourrais jamais me passer de ma tasse de café matinale, dirait quelqu’un; et du thé dirait l’autre ignorant que ces produits n’existaient dans notre société qu’à une époque récente : l’époque de leur commercialisation en abondance au début du XVIIe siècle pour le café et juste quelques décennies auparavant pour le thé.

Et les exemples se multiplient de ces dépendants dont l’indisponibilité de certains produits représente un manque cruel. Le capitalisme marchand adopte une stratégie simple: on fait habituer à la chose puis on en fait un besoin. On peut illustrer ces propos par les boissons de soda distribuées quasi gratuitement jusqu’à ce qu’on crée la demande; ou encore le sport, et en l’occurrence le football qui était transmis sur toutes les télés pour avoir un plus grand nombre d’accros avant que l’exclusivité ne le fasse passer sur celles des plus payants.

Les nouveaux esclaves ne sont même pas conscients de leurs états de servage dont les chaînes sont recouvertes de velours et revêtues de modernité.
Si François-Dominique Toussaint Louverture a mené son combat pour l’émancipation des Noirs, je doute fort qu’un leader puisse lutter contre l’assujettissement des temps modernes par le biais de l’abrutissement. Comment convaincre l’abruti?

Info concert : Urbain Rinaldo fait danser la poésie, de Guy Tirolien à Max Rippon 7 Juillet, Paris

Compositeur de talent, Urbain Rinaldo prend les plus beaux poèmes de la langue française et les met en musique !

Auteur, Compositeur, Interprète, Arrangeur, Urbain Rinaldo est né en 1965 à Baimbridge en Guadeloupe . Après avoir obtenu son Prix de piano et de musique de chambre au Conservatoire Gabriel Fauré (75005 Paris), il se perfectionne à l’Ecole Normale de Musique de Paris et sort diplômé en piano, histoire de la musique, analyse, harmonie et musique de chambre.

Auteur, Compositeur, Interprète, Arrangeur, Urbain Rinaldo est né en 1965 à Baimbridge en Guadeloupe .
Après avoir obtenu son Prix de piano et de musique de chambre au Conservatoire Gabriel Fauré (75005 Paris), il se perfectionne à l’Ecole Normale de Musique de
Paris et sort diplômé en piano, histoire de la musique, analyse, harmonie et musique de chambre.

Il vous fait découvrir trois poètes de son île la Guadeloupe : Guy Tirolien, Ernest Pépin et Max Rippon.

« Entendre la poésie antillaise résonner sous ses doigts et dans sa voix est une exaltation proche de la transe; comme si cette poésie était universelle et définitivement à nous : un spectacle chaud, à voir absolument !  » Christian Paccoud

« Urbain Rinaldo est un magicien inspiré. Il a converti mes poèmes en un partage musical rythmé par la nuit de mon « Jardin de nuit » sans pour autant perdre le sens créole de la Guadeloupe. Son CD est un rendez-vous où se mélangent sensibilité et ferveur poétique. C’est pourquoi il est précieux pour le coeur et pour l’oreille.  » Ernest Pépin


URBAIN RINALDO

Urbain Rinaldo fait danser la poésie

7 juillet 2017

21H00

Théâtre du Gouvernail
5 Passage de Thionville, 75019 Paris
01 48 03 49 92

Tarif :
12 euros – Tarif plein
10 euros – Tarif réduit (billetreduc http://www.billetreduc.com/188238/evt.htm , par téléphone 01.48.03.49.92/ 06.16.13.98.32 ou [email protected]]
8 euros – RSA, Demandeurs d’emploi, adhérents Tranches de Scène

Production Label TH
Paris

Le Naturel Hair Congress Canada 2017 est amené par le salon InHairitance

Natural Hair Congress Canada 2017: La gloire du cheveu crépu et bouclé

Quotidiennement des millions de femmes noires étouffent leurs cheveux naturels sous une perruque, greffe, tissage, lissage et autres ingénieux moyens. Cette option qui leur permet d’avoir une apparence plus proche de leurs consœurs occidentales, est-il symptomatique d’un sentiment de rejet ou est-ce un réel choix délibéré?

Boucles de toutes les nations: Diversité & acceptance de soi

Le panel Boucles de toutes les nations: Diversité & acceptance de soi

Pour la femme noire, le simple geste d’afficher sa chevelure naturelle semble être devenu un geste politique. Le second Natural Hair Congress Canada 2017 (NHCC) tentait à répondre à ces interrogations et surtout outiller les femmes dans leur cheminent capillaire. Khady, Yves-Céline et Janelle, les coiffeuses et analystes de boucles chez Inhairitance, organisateur de l’événement, offraient gracieusement des conseils et services aux femmes qui le sollicitaient.

Dans le centre-ville de Montréal, c’est le 3 et 4 juin 2017 que le Loft Hotel était l’hôte du congrès adressé exclusivement aux femmes bouclées. Noires, Métisses, Maghrébines composant naturellement l’essentielle de l’assistance. Très peu d’hommes y assistaient. Les luxueuses chambres du Loft Hotel furent adroitement travesties en salles de conférences, les espaces communs en aires d’expositions. Un congrès tentaculaire pourtant difficile à suivre. L’on pouvait facilement se perdre dans ce dédale d’événements et de kiosques. La richesse et la qualité des exposants et panelistes invités supplantaient par contre cet inconvénient.

Première journée,  le 3 juin 2017, dans la salle de conférence principale, deux modératrices: Déborah Cherenfant qu’on a pu rencontrer plus tot cette année à l’exposition Impressions et Shari Okeke; Cinq femmes: Meryem Saci, Myriam Laabadi, Marième Ndiaye, Sahar Saidi et Brenda Sufer allaient tenter d’expliquer, chacune dans sa diversité, les défis auxquels font face les femmes qui décident d’exposer leurs cheveux naturellement bouclés.

Au-delà de son amour pour ses boucles, les cheveux de Marième Ndiaye envoient un message clair de ses origines dit-elle. Dans le cadre de son travail dans les médias à TVA, LCN, à VRAK elle choisit de constamment porter ses boucles naturelles. « Plus on  va me voir, plus on va reconnaitre que les standards de beauté sont différents. » Applaudissement. À la question, quels conseils donnerais-tu à quelqu’un lorsque l’on dit que ce type cheveux est non-professionnels? Elle répond tout bonnement : « Dans la mesure où tu fais ton métier et tu le fais bien, tu es professionnelle. Plus il y aura de professionnelles qui font bien leurs métiers, qui se respectent, qui portent leurs cheveux naturellement, plus ce sera accepté

Pour Sahar Saidi instigatrice de Love Ur Curls, ne pas lisser ses cheveux, le port de ses boucles naturelles commence d’abord par la pleine acceptation de soi. La chanteuse Meryem Saci qui évolue également dans le monde de l’immobilier en ajoute: « Il y a une autre réalité qui est au-delà de nos sentiments d’authenticité. Nous sommes des enfants de migrants ou venons de pays colonisés. Nous ne sommes pas sur notre terre, pas dans notre système, pas dans notre culture.» La native d’Algérie poursuit ainsi : « Les standards ne nous promeuvent pas et ils ne sont pas là pour nous rendre la vie plus facile. Je dis que cela doit être un ajustement entre pirater le système et être qui l’on est.»

Dans la foule composée de 99 % de femmes noires, une intervenante à la peau d’ébène, culminé d’une longue greffe lisse a tôt fait de prendre le micro pour soutenir son opposition. Étayant son histoire aux gens présents,  cette femme d’affaires communiqua que depuis des années elle ne porte que la perruque pour sauver du temps affirme-t-elle. « Tout ce que j’entends, c’est que porter les cheveux naturels c’est s’accepter, c’est ne pas se défendre, c’est accepter son héritage. Je suis tanné de vivre depuis trente ans comme si, black outside-white inside, parce que dans vos messages vous stigmatisez la personne qui n’a pas le temps de prendre soin de ses cheveux. C’est blessant!» Déborah Cherenfant lui répondit simplement que pour elle, cela ne lui prend guère plus de temps. Elle mouille, sèche et hop!

Atelier Milca – LesCurls: Le pouvoir de Youtube

Atelier Milca – LesCurls: Le pouvoir de Youtube

Tout de même, l’acceptation de soi est majeure pour Myriam Laabadi. Enseignante dans un cégep montréalais, la doctorante affiche franchement ses mégaboucles depuis toujours. Imposant sa chevelure naturelle à ses étudiantes, elle s’en trouve réjouit au bout de chaque année scolaire, lorsqu’une ou plusieurs de ses élèves suis la voie pavée par l’enseignante et qu’elles se départissent de leurs subterfuges capillaires.

Les débats et les prises de paroles ont tout au long bien sûr dépassé le cadre de la simple pilosité féminine. Des échanges constructifs d’autres libérateurs ont été émis. Jamais de prise de bec.

Simultanément dans une pièce plus intimiste, aménagée pour une vingtaine de participantes passionnées, on retrouvait une guru de la boucle, Milca. Cette jeune youtubeuse enjouée, créatrice de la chaine Milca LesCurls est suivie par près de 30 000 abonnées. Avec sa détermination et surtout sa constance sur YouTube, L’Oréal l’a repéré en avril 2016. Elle choisit de signer un pacte avec le géant de la cosmétique, un choix qui la permet de vivre de sa passion et surtout d’en apprendre plus sur le métier. La globe-trotter a offert ses trucs et astuces aux participantes, toutes afro-descendantes, pour démarrer efficacement sur la plate-forme de partage de vidéo la plus populaire au monde.

Aussi attendu qu’intéressant était le panel offert par Taren Guy: « My hair journey to freedom. » Lucid Living sur YouTube, suivit par plus de 250 000 personnes,  elle raconte, par coiffure interposée, les différentes phases de sa vie. Par son tempérament obsessif,  la New-Yorkaise a fait cheminer la salle comble aux travers ses choix et tenté de faire comprendre la différence entre la nécessité et le choix. Ses cheveux sont le catalyseur de ce qui se passe en dedans. Le simple fait d’exhiber ses vrais cheveux n’a pas suffi à libérer la femme noire en elle. En 2011 elle rase tout. Aujourd’hui, après un afro qui la labellisait, elle décide de porter des « free form locks» des dreadlocks formés naturellement.

Lorsque Taren posa la question à l’audience « qui de vous se sent libre?« , moins de la moitié des femmes présentes osaient le prétendre, la main levé. Quand elles prirent la parole, certaines indiquaient que ce traumatisme est un problème d’éducation ou de souvenir de parents qui sermonnaient : « Tu auras l’air d’une domestique avec tes cheveux comme ça! »  Une autre a soulevé qu’elle désirait ressembler à la poupée qu’elle avait petite.

Défilé InHairitance 2017

Artisans du défilé InHairitance 2017

Beaucoup de témoignages ont émané de la salle. Des participantes se sont même emparées de la scène. Dans un anglais parfait, une jeune demoiselle apparemment très émue a signalé à la youtubeuse que sans aucun modèle pour comprendre son cheveu, elle a appris l’anglais afin de mieux comprendre sa mentore sur YouTube.  On sentait la satisfaction de ces femmes béates de pouvoir échanger ouvertement sur ce qui pourrait paraitre insignifiant sinon étrange pour quelqu’un à l’extérieur de cette sphère.

Animé par Jerry Fernezan et Yvana Labouda, le HairStylist competition and HairShow terminait cette première journée de façon grandiose.  Des défilés extravagants,  un concours de styliste et de barbiers ont émerveillé les spectateurs.   Le jury était composé, Michal Harewood,  Teren Guy et Vickie Joseph aussi porte-parole du NHCC 2017.  Les stylistes devaient présenter leurs modèles :  un professionnel, une signature et un mariage. Les Salons As God made me, Vision D. C,  Jo’Ann Salon de Beauté se sont disputé la couronne du meilleur style. Du coté barbier, Jerry’s Coiffure et Notorious étaient les deux pugilistes. Les gagnants 2017 du NHCC ont été  le Jo’Ann Salon de Beauté, Salon de Beauté Vision D.C. et Notorious.

Abisara Machold, fondatrice d’InHairitance, allait finalement prendre la parole pour remercier amies, commanditaires, et les participantes qui ont fait de cette journée un succès avant la soirée dansante animée par DJ Chronix.

Cette journée exceptionnelle annonçait la suivante. Le Natural Hair Congress Canada s’inscrit définitivement dans les événements afro-culturels à ne pas manquer dans la métropole québécoise.

Née en Espagne, la maire de Paris Anne Hidalgo qui se proclame féministe ne voit pas d'un bon œil qu'un pan du festival NYANSAPO soit réservé aux femmes noires.

Paris: Malaise face à un festival afro-féministe

Devant l’annonce du premier Festival NYANSAPO à Paris, un événement afro-féministe destiné majoritairement aux femmes noires, Anne Hidalgo, la mairesse de la Ville lumière, s’est offusqué que les Blancs en soient tenus à l’écart et a initialement tenté l’interdiction de l’inauguration du festival problack.

Née en Espagne, la maire de Paris Anne Hidalgo qui se proclame féministe ne voit pas d'un bon œil qu'un pan du festival NYANSAPO soit réservé aux femmes noires.

Née en Espagne, la maire de Paris Anne Hidalgo qui se proclame féministe ne voit pas d’un bon œil qu’un pan du festival NYANSAPO soit réservé aux femmes noires.

Hier, dans une série de tweets en furie contre le festival qui fait l’éloge du féministe noir, la première maire de Paris a demandé son annulation et annonçait qu’elle allait « saisir le préfet de police en ce sens » en plus de se réserver la possibilité de poursuivre les initiateurs de ce festival pour discrimination! Pourtant, le cœur de la socialiste penche bien pour le féminisme.

La mairie de Paris ne voit rien d’outrager dans son partenariat avec un festival de films lesbiens, uniquement réservé aux femmes. De plus, en octobre 2013, au cours d’une émission télévisée, Mme Hidalgo déclare avoir de la bienveillance pour le groupe radical féministe ukrainien Femen, et va jusqu’à les trouver émouvantes. Peut-être que ce penchant pour les acquis des femmes n’est qu’eurocentrique, à peu près comme la vision humanitaire du dramaturge Victor Hugo?

C’est ce que les prétendus bien-pensants font. Ils pèsent du même poids l’oppresseur et l’oppressé. Évidemment  qu’un festival problanc serait, et avec raison, taxé de raciste, xénophobe. Tous savent bien que ces groupes se mobilisent pour discuter du racisme décomplexé, de l’homogénéité, du  refoulement de l’autre. À défaut de cela, c’est dignement que ces femmes noires se réuniront pour parler solidarité et résistance dans un système qui les résistent.

Comme solution entre l’État français qui a vu des millions d’esclaves Noirs nés dans ses colonies et le collectif Mwasi, créé en 2014 par un groupe d’Africaines et Afrodescendantes, initiateur du festival NYANSAPO , le choix a été fait que les éléments du festival réservé aux non-Blancs se tiendront dans un espace privé. L’an dernier cette solution a été empruntée lorsque le même collectif a lancé le camp d’été « décolonial ».

Selon les organisatrices du festival, NYANSAPO est un symbole visuel créé par les Akans du Ghana, un  adinkra qui se traduirait par noeud de la sagesse, ingénuité, intelligence. La soirée d’ouverture du festival afro-féministe NYANSAPO se tiendra le 28 juillet 2017 avec une table ronde ouverte à tous, titrée:  De la marge au centre: Nounous, femmes de ménage, aide soignantes, résistance face à l’exploitation du travail.

Pour les ateliers réservés uniquement aux femmes noires, des thèmes plus  intimes seront abordés : Nos cheveux sont politiques, Comprendre le racisme et le sexisme contre les femmes noires,  Penser des solidarités radicales entre les femmes trans et cis dans des contextes afroféministes en France, Afroféminisme et lutte contre l’islamophobie…  Et pour clore le festival,  le 30 juillet, une table ronde ouverte à tous : Nos perspectives d’organisation pour un afroféminisme révolutionnaire.

Gratuit, 80% du Festival NYANSAPO est donc réservé aux premières concernées de ce rassemblement militant, la femme noire.

Né un 26 février 1802, Victor Hugo, l’un des plus importants écrivains de langue française dira: "Que serait l'Afrique sans les blancs? Rien: un bloc de sable; la nuit; la paralysie; des paysages lunaires. L'Afrique n'existe que parce que l'homme blanc l'a touchée."

Une Martiniquaise demande le retrait d’un Victor Hugo raciste du cursus français

Les auteurs classiques français, bien de leurs temps, vivaient dans des sociétés  au bout de leur savoir, remplies de préjugés, du racisme grivois au racisme paternaliste. De l’apologie de la blancheur de la  peau de Balzac, aux discours condescendants de Victor Hugo, avec le savoir qui s’universalise, les Noirs ne sont plus si enclins à béatifier les protagonistes occidentaux sans un réexamen minutieux du personnage.

De la Martinique, ile antillaise toujours dans la poigne du plus important producteur de sucre d’Europe, une étudiante au bac, Alexane Ozier-Lafontaine abouti devant ce portrait plus austère de Victor Hugo, blanchi dans les livres d’histoire, encenser dans les manuels scolaires.

Né un 26 février 1802, Victor Hugo, l’un des plus importants écrivains de langue française dira: "Que serait l'Afrique sans les blancs? Rien: un bloc de sable; la nuit; la paralysie; des paysages lunaires. L'Afrique n'existe que parce que l'homme blanc l'a touchée."

Né un 26 février 1802, Victor Hugo, l’un des plus importants écrivains de langue française dira: « Que serait l’Afrique sans les blancs? Rien: un bloc de sable; la nuit; la paralysie; des paysages lunaires. L’Afrique n’existe que parce que l’homme blanc l’a touchée. »

Outre ses romans, un regard sombre du dramaturge se jette sur l’Afrique noire qu’il représente comme « farouche » avec seulement deux aspects « peuplés, c’est la barbarie; déserte, c’est la sauvagerie. » Dans un banquet commémoratif du 18 mai 1879 sur l’abolition de l’esclavage dans lequel préside Victor Hugo, il entame:  » Puisque nous sommes de simples chercheurs du vrai, puisque nous sommes des songeurs, des écrivains, des philosophes attentifs; puisque nous sommes assemblés ici autour d’une pensée unique, l’amélioration de la race humaine…  »  pour ainsi trouver son fil : « La Méditerranée est un lac de civilisation; ce n’est certes pas pour rien que la Méditerranée a sur l’un de ses bords le vieil univers et sur l’autre l’univers ignoré, c’est-à-dire d’un côté toute la civilisation et de l’autre toute la barbarie.» pour poursuivre: « Quelle terre que cette Afrique! L’Asie a son histoire, l’Amérique a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire; l’Afrique n’a pas d’histoire. Une sorte de légende vaste et obscure l’enveloppe.  »

Les positions de Victor Hugo, l’auteur des Misérables,  ont harassé l’étudiante qui demande son retrait des livres d’école, où faire plus simple en disant la vérité sur ce fils de général. Alexane Ozier-Lafontaine n’est pas la seule à s’ouvrir les yeux, c’est l’inévitable constat de la population estudiantine qui regarde froidement les épisodes qui ont mené à l’élaboration des pouvoirs actuels.

Aux États-Unis, de façon chronique, on se propose d’altérer l’oeuvre emblématique de Mark Twain, l’auteur des Aventures de Huckleberry Finn jugé calomnieux. Les héros occidentaux goûtent aussi à ces pétitions vindicatives. Dépouillé des œillères de l’enseignement subjectif occidental on découvre un Christophe Colomb esclavagiste, cupide, rapace, sanguinaire, empalant des populations soumises.  De plus, après lui avoir jeté des excréments, en 2015, les étudiants de la nation arc-en-ciel,  d’Afrique du Sud, se sont mis à arracher les statues du colonialiste Cecil John Rhodes.

Au Canada, les pro-esclavagistes d’antan jouissent toujours d’une réputation sans taches, car si l’on se fit aux manuels scolaires, rien de tout cela n’a existé! On ne parlera pas de Louis Joseph-Papineau , leader des Patriotes,  qui a plaidé pour faire reconnaître les droits de propriété des maîtres sur leurs esclaves, mais on dira que « La vie politique de ce grand homme est gravée, par le burin de l’histoire, en caractères indélébiles; les luttes qu’il a soutenues pour conserver intacte une constitution octroyée par la Grande-Bretagne.»

Michel Ducharme dans « Louis-Joseph Papineau. Lettres à ses enfants. Texte établi et annoté par Georges Aubin et Renée Blanchet, y trouve à redire. « Dans ses lettres allant de 1859 à 1862, le seigneur de la Petite-Nation prend clairement position pour le Sud.  Selon lui, l’esclavage n’est pas contraire aux principes républicains. Il en veut pour preuve le fait que Washington et Jefferson ne l’ont pas aboli (1er décembre 1859, 4 juillet 1861). S’il veut bien reconnaître que cette institution domestique est peut-être un « malheur » au point de vue philosophique, il soutient qu’elle n’est ni « crime » ni « péché » (4 juillet 1861). Dans ce contexte, il se montre très acerbe contre « le fanatisme abolitionniste » (1er décembre 1859, 25 décembre 1861) qu’il considère comme responsable de la guerre. »

Si la suppression des personnages historiques racistes des bouquins est inenvisageable, puisque les sociétés contemporaines se sont apparemment construites ainsi, les recadrer dans leurs justes perspectives ferait honneur à tous. Continuer à propager ces faussetés ou demi-vérités, l’usurpation de l’Histoire, ne sert qu’à tirer avantage et tenter de s’arroger l’avenir des Afro-descendants, les instruments essentiels dans cette mondialisation. Comme on dit, l’avenir appartient à celui qui détient le passé.

Samy Moussa est un chef d'orchestre et compositeur né à Montréal le 1er juin 1984, vivant à Paris et à Munich.

Une co-création de Samy Moussa et Moment Factory sur scène avec l’OSM

L’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et la Société des célébrations du 375e anniversaire de Montréal convient le public à une expérience symphonique hors du commun alors qu’il présentera sur scène la Symphonie no 1 (Concordia) du jeune compositeur canadien Samy Moussa, dans une prestation unique, en co-création avec le studio multimédia Moment Factory.

Samy Moussa est un chef d'orchestre et compositeur né à Montréal le 1er juin 1984, vivant à Paris et à Munich.

Samy Moussa est un chef d’orchestre et compositeur né à Montréal le 1er juin 1984, vivant à Paris et à Munich.

Ce concert sera présenté 3 soirs seulement, les 31 mai, 1er et 2 juin à la Maison symphonique et diffusé en direct et en différé sur OSM.CA.

Pour cette soirée de Symphonie montréalaise qui s’annonce mémorable, la co-création de Moussa et Moment Factory sera précédée de la Symphonie no 9 «Du Nouveau Monde» de Dvořák.

Madeleine Careau, Chef de la direction de l’OSM s’est montrée enthousiaste de retrouver ce concert dans la programmation officielle des célébrations du 375e de Montréal : « Nous sommes heureux de représenter Montréal sur la scène internationale, avec un orchestre qui porte le nom de notre ville, et fiers de faire partie des célébrations officielles qui nous ancrent davantage dans notre ville ouverte sur le monde ».

Une première mondiale
Les musiciens de l’OSM feront vibrer leurs instruments au rythme de la première symphonie de Moussa sous les projections de Moment Factory, proposant au public choyé une expérience auditive et visuelle unique.
Sous l’impulsion de la musique, les murs de la Maison Symphonique se métamorphoseront pour vous faire voyager dans une évocation onirique de Montréal. Unissant le futur au passé, quatre tableaux vivants rythmeront la pièce : Terre, Feu, Eau et Air.

Chaque mouvement sera introduit par les mots de quelques poètes qui ont tissé l’histoire de Montréal. Des auteurs oubliés, des écorchés vifs dont la vision interpelle et bouscule : un hommage poignant à la vitalité historique de la ville.

Les représentations pour La Symphonie montréalaise des 31 mai, 1er et 2 juin à la Maison symphonique affichent déjà COMPLET mais il sera possible de visionner gratuitement le concert en direct et en différé sur OSM. CA. La Symphonie montréalaise sera également diffusée ultérieurement sur ArTV et icimusique.ca.

La collaboration entre l’OSM, Maestro Nagano, Samy Moussa et Moment Factory est un gage de succès dans une œuvre musicale inspirante qui transcendera, en 2017, une première mondiale mémorable pour des célébrations historiques!Alain Gignac, directeur général des Célébrations du 375e anniversaire de Montréal

Samy Moussa  Samy Moussa a d’abord acquis sa formation en composition et en direction d’orchestre à l’Université de Montréal, où le compositeur José Evangelista a été son principal professeur. Il perfectionne ensuite sa direction d’orchestre auprès de Paolo Bellomia, en République tchèque, et de Magnus Lindberg, en Finlande, et participe à plusieurs classes de maîtres données notamment par Pierre Boulez, Peter Eötvös et Klaus Arp. En 2007, il s’installe à Munich pour étudier auprès de Matthias Pintscher et de Pascal Dusapin. Samy Moussa réside à Paris et à Berlin. Il a reçu en 2012 le Bayerischen Kunstförderpreis pour son travail à titre de directeur musical de l’Ensemble INDEX et, en 2013, le Prix de composition de la Fondation Ernst von Siemens. En 2015, il a remporté le prix québécois Opus dans la catégorie « Compositeur de l’année ». En 2017, il recevait le prestigieux Prix Hindemith.

Moment Factory  Moment Factory est un studio de divertissement multimédia spécialisé dans la conception et la production d’environnements immersifs. Combinant la vidéo, l’éclairage, l’architecture, le son et les effets spéciaux, nous créons des expériences mémorables. Depuis ses débuts en 2001, Moment Factory a créé plus de 400 spectacles et destinations uniques dans les quatre coins du monde, pour des clients tels l’Aéroport International de Los Angeles, The Walt Disney Company, Nine Inch Nails, Microsoft, la NFL, Sony, Toyota, Universal Studios, la ville de Barcelone, Madonna et la Royal Caribbean.

Un an après la victoire du millionnaire Patrice Talon à l'élection présidentielle du Bénin du 20 mars 2016, toujours aucun chef d'État n'a rendu visite au nouveau président de l'Afrique occidentale

Le Bénin rejette un don de la France d’appareils médicaux usés

C’est bien connu, par des vides étatiques bien entretenus, l’Afrique reçoit des milliards de dollars de dons en produits de toutes sortes. Vêtements, nourriture périmée, technologies déclinantes, débris, tout y passe.

Le 27 juillet 2016, une première pour une ancienne colonie africaine, le Bénin demande officiellement la restitution des trônes, statues et bijoux pillés en 1892 et exposés au musée du Quai-Branly à Paris. Sans excuse, la France qui ne conteste pas le fait que ces objets aient été pillés refusa catégoriquement de s'en séparer

Le 27 juillet 2016, une première pour une ancienne colonie africaine, le Bénin demande officiellement la restitution des trônes, statues et bijoux pillés en 1892 et exposés au musée du Quai-Branly à Paris. Sans excuse, la France qui ne conteste pas le fait que ces objets aient été pillés refuse catégoriquement de s’en séparer.

Alors qu’hier le Président nigérian quittait son pays, la plus forte économie d’Afrique, pour aller se faire soigner à Londres, la semaine dernière, la France libérait du Centre Hospitalier Régional d’Orléans du matériel médical vétuste en direction du Centre hospitalier départemental et universitaire du Borgou et de l’Alibori de Parakou.

On peut bien prétendre qu’il ne faut pas regarder la bride du cheval donné, mais là, l’offrande avait plus l’allure du Cheval de Troie. Selon Alassane Séidou, le Ministre de la Santé béninois, accepter ce « cadeau» viendrait a créer « des couloirs de la mort et des poubelles de ferrailles médicales ».

Après une année de service en tant que Ministre de la Santé, Alassane Séidou annonçait  le 7 mai 2017  dans une chaine de télévision privée béninoise qu’il avait ses propres plans pour moderniser les infrastructures de santé de l’ancien protectorat français jadis connu sous le nom de République du Dahomey.

Effectivement, avec l’aide du Japon, le Programme d’actions du gouvernement (Pag) prévoit l’aménagement de nouveaux hôpitaux avec du matériel neuf.  Cette construction devrait aboutir fin décembre 2017 selon les dires du Ministre.

Cet événement, loin d’être bénin, conforte l’idée des avantages des échanges Sud-Sud. Comme disait le Dr. Loum Ndiaga, politicologue, professeur à l’Université du Québec dans une conférence vantant les échanges entre voisins:  « La proximité géographique et culturelle fait qu’en route nos problèmes deviennent vos problèmes». Ici, en livrant délibérément du  « matériel qui pourrait entrainer des contre-performances au niveau du diagnostic  » selon M.  Séidou , la France ne montre aucun intérêt réel  à la santé physique des habitants de son ex-colonie. Les conséquences de cette négligence pourraient être catastrophiques et surement létales dans certains cas.

Entrée en vigueur en 1992, la convention internationale de Bâle interdit l’exportation de déchets dangereux des pays membres de l’OCDE (des pays développés pour la plupart )vers ceux du Sud. En Europe, les règles sont encore plus dures : une directive interdit à ses États membres en 2002 d’exporter leurs déchets, dangereux ou non, pour les faire éliminer dans un pays étranger. Malgré cela rien n’est fait. Les déchets s’empilent au Sud. Pourquoi ? Les États-Unis n’ont pas ratifié la convention de Bâle. Et les pays européens font passer les exports de déchets électroniques pour des dons d’équipements usagés.

Et évidemment, ce n’est pas le seul cas où l’Occident exfiltre ses déchets. En 2016, il y eut polémique au Maroc sur l’envoie de 2500 tonnes de déchets en provenance d’Italie à 90 km au sud de Casablanca. Aussi, en 2012 le Zimbabwe interdisait légalement l’envoi de tout sous-vêtement de seconde main, un geste suivit par le Ghana.

Brito Nama Boniface prend la parole

Cote d’Ivoire: Formation des Conseillers régionaux et personnel de la Région

Les conseillers régionaux et les membres du Comité Economique Social Environnemental Régional du Haut-Sassandra ont bénéficié d’un séminaire de renforcement de capacités le vendredi et samedi dernier, dans la salle de réunion du Conseil.

Pour mieux appréhender les techniques de gestion d’une collectivité, les responsables du Conseil Régional et les agents ont été formés. Cette séance de formation s’est déroulée le weekend dernier dans les locaux de l’organe situé au quartier commerce de Daloa.

Venus en grand nombre, les séminaristes ont d’abord assisté à la cérémonie d’ouverture marquée par trois allocutions. Celle du président du Comité d’organisation et 2e Vice-président du Conseil Régional, Brito Nama Boniface, du Pr. Alphonse Djédjé Mady, Président du Conseil Régional du Haut-Sssandra et celle de la représentante du Préfet, la Secrétaire Générale Mme Sanogo Karidja, épouse Dao.

Le Vice-président Brito Nama Boniface, dans son propos, a planté le décor en situant le contexte et les objectifs du séminaire. Dans son intervention, le Professeur Alphonse DJEDJE Mady a remercié tous les participants pour leur présence effective et s’est excusé auprès des conseillers pour n’avoir pas songé à l’organisation d’un tel séminaire plutôt.

En effet, à la tête du Conseil Régional depuis avril 2013, il a estimé que le bureau aurait dû mettre en première priorité, la formation des conseillers, car, beaucoup d’entre eux n’ont pas fait de l’administration et une mise à jour aurait été bénéfique.

Cependant, il a continué pour dire qu’il n’était jamais trop tard pour bien faire, c’est pourquoi, presqu’à mi-parcours de son mandat, il a tenu à initier ce séminaire de renforcement de capacités, afin que la tutelle puisse les informer sur les droits et devoirs des membres du Conseil.

Mme Sanogo Karidja, épouse Dao, Secrétaire Générale de la Préfecture de Daloa, représentant Monsieur le Préfet de Région, M. DIGBE Bako Anatole-Privat, a pour sa part félicité le président du Conseil pour cette initiative, avant de déclarer officiellement ouverte la séance de formation.

Trois modules ont meublé la journée de formation. Il s’agit : « des droits et des devoirs des Conseillers Régionaux et les membres du CESER », « de l’élaboration et l’exécution du programme Triennal » et de «l’élaboration et l’exécution du budget de la Région».

Les formateurs ont inculqué aux participants les notions et les techniques de programmation, d’élaboration, d’exécution et de suivi de ces deux éléments-clés de la gestion de la collectivité. En effet, le programme triennal étant la boussole de toutes les actions et opérations de la collectivité, il doit être rédigé avec minutie, selon une procédure précise que l’expert en la matière a pris soin de rappeler aux participants.

Les conseillers régionaux et les membres du Comité Economique Social Environnemental Régional du Haut-Sassandra

Les conseillers régionaux et les membres du Comité Economique Social Environnemental Régional du Haut-Sassandra

Le séminaire s’est achevé avec le mot de clôture de Mme la secrétaire générale n°1 qui a réitéré ses félicitations aux conseillers. Il faut signaler qu’en marge de la formation des conseillers, les agents d’encadrement du conseil Régional ont également bénéficié de 2 jours de formation les 22 et 23 février 2017. Au cours de ces journées, ils ont été également instruits sur les techniques d’élaboration budgétaires, et bénéficié en plus de cours en techniques managériales, de sorte à être mieux préparés dans le fonctionnement harmonieux de l’institution.

Exprimant son sentiment, Mme Bouabré Mahi Jeanne, Directrice du Plan et du Développement à la Région du Haut-Sassandra a souhaité que ce genre de cérémonie se renouvelle afin de les outiller davantage dans l’exercice de leurs tâches quotidiennes. Des diplômes de participation ont été remis aux participants.

Une chose est sûre et tous les reportages et les enquêtes sérieusement conduites reconnaissent que Saint-Nicolas est loin d'être une joyeuse fête pour tous les enfants. Car, aujourd’hui encore, beaucoup d’enfants noirs sont moqués et traumatisés par ces fêtes à cause du caractère raciste que représente Père Fouettard.

Traditions racistes de la « Saint Nicolas »: Black Pete, Père Fouettard, les « Noirs » de Dunkerque et les Noirauds Belges

En novembre de chaque année, et les semaines autour du 6 décembre pour la célébration de la Saint Nicolas (la fête de Noël version hollandaise et belge), le débat renaît. Les défenseurs avec la même rengaine : Saint Nicolas c’est une tradition ; c’est une joyeuse fête pour les enfants… Des reportages vidéo sont faits de cette « fête » que l’on retrouve facilement sur le net . Or, il faut se dire que cette fête n’est malheureusement pas joyeuse pour tous les enfants…

Une chose est sûre et tous les reportages et les enquêtes sérieusement conduites reconnaissent que Saint-Nicolas est loin d'être une joyeuse fête pour tous les enfants. Car, aujourd’hui encore, beaucoup d’enfants noirs sont moqués et traumatisés par ces fêtes à cause du caractère raciste que représente Père Fouettard.

Une chose est sûre et tous les reportages et les enquêtes sérieusement conduites reconnaissent que Saint-Nicolas est loin d’être une joyeuse fête pour tous les enfants. Car, aujourd’hui encore, beaucoup d’enfants noirs sont moqués et traumatisés par ces fêtes à cause du caractère raciste que représente Père Fouettard.

Il faut rappeler les qualifications racistes de l’évènement par des autorités indépendantes et par la justice hollandaise. Après le débat lancé vers les années 1993, le Comité des droits de l’Homme de l’ONU a reconnu dans son rapport publié en août 2015 que « Le personnage de Black Pete est parfois représenté d’une manière qui reflète les stéréotypes négatifs des personnes d’ascendance africaine et est vécue par beaucoup de personnes d’ascendance africaine comme un vestige de l’esclavage. » ; ce Comité exhorte les Pays-Bas à « promouvoir activement l’élimination » de stéréotypes raciaux.…. la justice hollandaise a emboîté le pas en reconnaissant le « caractère raciste » de Black Pete :

La cour reconnaît que « … que l’apparence de Black Pete, en combinaison avec le fait qu’il est souvent dépeint comme stupide et servile, en fait un« stéréotype négatif des Noirs »..

Comme se sentant visée, les réactions des journalistes en Belgique ont été rapides et méprisantes : La plupart des quotidiens ont amplement réagi. “L’ONU n’a-t-elle pas d’autres chats à fouetter que le Père Fouettard ?” (Editorial du quotidien Le Soir du 19 octobre 2013). Et d’ailleurs, “Qui est cette experte jamaïcaine des Nations unies?” se demande, un peu dédaigneux, Het Nieuwsblad dans un encadré qui résume le profil de Verene Shepherd.

Les internautes ne sont pas en reste : créée le 22 octobre 2013, la page facebook « contre la suppression de la Saint-Nicolas » a atteint 1,5 million de “likes” en un temps record, ce qui en fait la page Facebook à la croissance la plus rapide jamais enregistrée, affirme De Morgen du 23 octobre 2013. Elle compte aujourd’hui, 1.789.060 likes.

Suivra une surprenante position du Centre belge pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme . En décembre 2014 : la réponse est que dans la figure de Saint-Nicolas et du Père Fouettard, il ne peut être question d’une forme punissable de racisme ou d’une forme légalement prohibée de discrimination raciale. Les dispositions pénales contenues dans les articles 20 et 21 de la loi contre le racisme du 30 juillet 1981 exigent en effet une « intention spécifique (appelée dol spécial) », et ce n’est ici pas le cas, ce serait le cas lorsqu’une représentation concrète de Saint-Nicolas et du Père Fouettard était associée à des propos ou à des actes punissables racistes.

Les opposants à Black Piet ne condamnent pas la tradition, ils veulent la voir s’adapter à son temps, à la démographie, et être dépouillée de stéréotypes et préjugés raciaux qui ont un impact négatif sur une partie de la population. Posture d’ouverture certes de ces derniers, mais qui ne doit pas oublier les origines racistes du « Blackface » qui est perpétuée à travers ces traditions.

Origines racistes du Black Face :
Le « Blackface » ou se « grimer » est le fait pour un Blanc de « se peindre le visage en noir dans le cadre d’un déguisement ».

Les personnages noirs caricaturaux existent en France dès le XVIIIe siècle, ce que rappelle les spécialistes comme Pap Ndiaye, historien spécialiste de l’Amérique du Nord ,. La pratique de « Black Face » est populaire aux États-Unis au XIXe siècle : consistait à se « grimer », se peindre le visage (ou à se déguiser en Noir ) et à tourner en ridicule les personnes noires, le plus souvent dans le cadre des « minstrel shows Comedy », «… spectacles (qui) visaient à donner la race en spectacle et s’adressaient d’ailleurs aux Blancs. Il s’agissait de faire rire aux dépens des Noirs », précise Eric Fassin, professeur de sociologie .

C’est durant ces spectacles que sont véhiculés représenter « toutes les tares définies par le regard des blancs sur les esclaves noirs: paresseux, insouciants, stupides et indolents », selon Sylvie Chalaye, anthropologue des représentations coloniales (…) ; véhiculant ainsi la plupart des faux préjugés sur les Noirs et qui ont la peau dure jusqu’à aujourd’hui. Le caractère raciste de ces déguisements est reconnu par les spécialistes comme Pap Ndiaye , pour qui, « Le blackface s’est prolongé dans les premières décennies du XXe siècle au cinéma: les acteurs noirs étant absents, les personnages noirs étaient joués par des acteurs blancs grimés. Soit pour les caricaturer de manière ouvertement raciste, c’est le cas dans The Birth of a nation, soit de manière plus subtile comme dans le Chanteur de Jazz, le premier film parlant. » (…) « Ces caricatures racistes ont pu prospérer pendant longtemps et de manière absolument évidente dans l’espace public français, au cinéma ou dans le spectacle».

Né en Allemagne en 1947 , Michel Leeb est un humoriste français applaudit sur toutes les scènes durant les années 80, 90.

Né en Allemagne en 1947 , Michel Leeb est un humoriste français applaudit sur toutes les scènes durant les années 80, 90.

Dans les années 30 en France, avec Michel Leeb dans la pièce de théâtre «Ténor» en 1988, plus récemment dans des émissions TV ou de radio en France . Mais, on les retrouve également dans les carnavals, comme celui du Groupe des « Noirs » de Dunkerque (Nord de la France) ; carnaval (dont il faut rappeler), qu’il « est violent dans la réduction de l’autre, car il joue justement sur la caricature et le défoulement », précise Sylvie Chalaye . Et c’est sur cette base que certains, en France ou en Belgique, semblent vouloir ne pas en reconnaître leur caractère raciste comme aux É.-U. : « La logique même du blackface consiste à faire de la domination raciale un jeu —alors que les Noirs en font l’expérience brutale », conclut Eric Fassin.

Les étudiants de l’Université de Lille (France) où de l’Université de Saint-Louis ou de l’Université catholique de Louvain (Belgique), ne peuvent invoquer leur ignorance du caractère raciste du Blackface. La coïncidence de leurs évènements se tient à quelques semaines de la célébration de la Saint-Nicolas (6 décembre), ne laisse aucun doute sur leurs intentions de « rire » du Noir.

Ne soyons pas dupes, les défenseurs de la célébration de la Saint-Nicolas en Belgique savent l’intérêt économique que génère cet évènement, de même que les enjeux cachés de mépris et de domination qu’elle véhicule, à l’égard des personnes d’ascendance africaine (noire).

Enjeu économique :

Nous savons que la Saint Nicolas est une opération commerciale qui rapporte beaucoup d’argent. C’est aussi l’occasion pour de nombreuses personnes de se faire un petit job bien rémunéré.

En effet selon RTL-Info du 5 décembre 2016, lors des fêtes de Saint-Nicolas et de Noël, l’industrie du jouet réalise en Belgique 47% de son chiffre d’affaires de l’année, soit environ 250 millions d’euros. 504 millions ont été dépensés en tout l’an dernier par les Belges, avec une moyenne de dépense par Belge de 250 à 350 euros à l’achat de jouets par enfant .

Par ailleurs, nous apprenons qu’il faut 100 EUR pour faire venir le personnage de la Saint Nicolas à domicile, et qu’une société débourse jusqu’à 700 EUR pour la même prestation. Recrutés par la voie des agences d’intérims, les Saints Nicolas et Petre Fouettards sont payés entre 10 et 11,40 euros de l’heure pour distribuer les bonbons et gérer les cadeaux offerts. Comme les entreprises font appel à ces deux personnages durant 4 heures, elles déboursent plus de 700 EUR, en raison de 120 euros pour une heure de prestation pour Saint-Nicolas lorsque l’invitation émane d‘ organisateurs de grands évènements et d’associations. Si on veut lui adjoindre le Père Fouettard, il faut ajouter 60 EUR. Même à ce niveau de prestations, il y a déjà une discrimination… Cette discrimination se retrouve même lorsque des firmes privées commanditent des prestations dans les établissements scolaires, une heure de prestation de Saint Nicolas revient à 80 euros alors que Père Fouettard coûte 60 euros. Saint Nicolas bénéficie d’un bonus de 0,35 euro en moyenne par kilomètre parcouru pour se rendre au lieu de la prestation.

Black Pete, Père Fouettard : des stéréotypes stigmatisants et traumatisants pour les enfants noirs

Une chose est sûre et tous les reportages et les enquêtes sérieusement conduites reconnaissent que Saint-Nicolas est loin d’être une joyeuse fête pour tous les enfants. Car, aujourd’hui encore, beaucoup d’enfants noirs sont moqués et traumatisés par ces fêtes à cause du caractère raciste que représente Père Fouettard.

En effet, l’accent particulier de Black Pete ou Père Fouettard, son second rôle, celui de servant, l’accoutrement, les lèvres lippues, retranscrivent les stéréotypes universellement ressassés sur les Noirs.

Il faut rappeler l’histoire autour de cet évènement. Pour des historiens de l’art Elmer Kolfin, Black Pete renvoie clairement aux images d’enfants noirs esclaves qui ont été utilisés par des familles riches européennes à la fin du 17e siècle, et que l’on voit sur des images et tableaux de peintres de l’époque . Black Pete n’est pas aussi vieux que l’histoire de Saint Nicolas qui s’appuie sur une tradition qui remonte à l’époque préchrétienne. La figure de Black Pete n’a été introduite qu’au milieu du XIXe siècle, pendant la période coloniale hollandaise. En réalité, Black Pete n’a donc que 150 ans, ce qui signifie que seules six générations d’enfants ont grandi et l’ont connu.

Des traditions belges teintées de racisme et de négrophobie ?

Il est important d’analyser la question soulevée avec les autres traditions belges qui posent problème : la Ducasse d’Ath ou les Noirauds.

Sauvage de la Barque des Pêcheurs Napolitains

Sauvage de la Barque des Pêcheurs Napolitains

Lors de Ducasse d’Ath, toujours en Belgique, célébrée le 4e week-end d’août, le Magnon, le « diable cornu », du service d’ordre du couple Goliath, qui, muni de sa vessie de porc est grimé de cirage noir, est connu pour faire peur aux bébés. Comme un autre personnage de la tradition athoise, le Sauvage de la Barque des Pêcheurs Napolitains, qui ne sort que le dimanche, et est également grimé de cirage noir.

Chaque 2e week-end de mars, les Noirauds sillonnent le centre de la Ville de Bruxelles en visage grimé de cirage noir, arborant des accoutrements attribués à d’anciens rois d’Afrique, soi-disant pour collecter des fonds pour l’enfance déshéritée. Voilà 133 ans que cela dure. Le Ministre des affaires étrangères belge Didier Reynders s’est prêté à ce jeu le 14 mars 2015… Sans que des voix ne se lèvent en Belgique pour réprouver l’acte. Il aura fallu un article d’un journaliste français de France 2 pour soulever le problème. Le ministre se défendra : « C’est juste un héritage culturel du passé » … et à la question du journaliste « Est-ce qu’il faut se déguiser en « nègre » parce que c’est de ça dont il s’agit », il poursuit « Alors les Blancs-moussis à Stavelot, c’est du racisme anti-blanc, les bonobos qui font de la danse et qui se griment en blanc, c’est du racisme anti-blanc, c’est cela qu’on veut dire ? Mais non pas du tout, c’est juste un héritage culturel du passé. Et ce côté qu’il faut être bien-pensant et ne plus heurter aucune majorité ou minorité.« . Le site web du ministre continue de s’enorgueillir de cette prouesse d’un racisme décomplexé!

Et il faut ajouter que, depuis 1959, en l’honneur des Noirauds, chaque 2e week-end de mars, le célèbre petite bonhomme Mannenken-Pis lui-même est vêtu de leur costume : haut de forme blanc, habit noir, pantalons bouffants de couleur vive, chaînes et breloques clinquantes.

Au final, on a beau pérorer, ne pas voir le problème, justifier les folklores aux relents racistes, ils restent les tristes reliquats d’une époque où le « Noir » était objet de mépris et de moquerie, héritage le plus détestable de l’époque coloniale. C’est ce qu’écrit l’éminent spécialiste du folklore belge, J.-P. Ducastelle, pour qui, « l’exhibition de ce personnage témoigne tout à la fois du mépris pour les peuples extraeuropéens et de la croyance en la supériorité de l’Occident ».

Magnon, le « diable cornu »

Magnon, le « diable cornu »

Il est évidemment significatif que le « diable», incarnation du mal, soit représenté comme un « Noir » dans notre tradition occidentale… Et Pap Ndiaye de poursuivre, le rapport avec la colonisation et l’esclavagisme est évident: « Les caricatures violentes de ce genre ont une histoire qui est liée à des situations de dominations anciennes et à des situations contemporaines de discriminations. Bien entendu, c’est un héritage de l’histoire de la colonisation et de la mise en place du système esclavagiste: lorsque la race noire a été inventée en tant que notion, à partir du XVIIe siècle avec la mise en place du grand commerce transatlantique. C’est à partir de ce moment là que la notion de race noire émerge avec ses caractéristiques physiques, intellectuelles et morales. »

On ne peut que se féliciter de l’évolution de la position d’UNIA (ancien Centre belge pour l’égalité des chances) qui, le 14 novembre 2016, plaide pour que la discussion autour de la fête de Saint-Nicolas puisse servir de base pour un débat de société constructif ; et lance un appel afin en tout cas que la figure du Père Fouettard soit représentée autrement que comme un homme noir bête, inférieur ou dangereux – caractéristiques par lesquelles les stéréotypes volontaires ou pas sur les personnes noires se perpétuent. On évolue. Ce « Saint-Nicolas dans les écoles », vidéo postée sur ne net le 5 déc. 2014 préfigure-t-il les prochaines évolutions de la célébration de la Saint-Nicolas sans le Père Fouettard grimé en noir ?

Le Kiebe-Kiebe est une danse-spectacle initiatique des peuples mbochi et koyo. Il constitue une exclusivité culturelle et sociale de la République du Congo dans le monde, bien qu’il soit peu connu du grand public.

Le Kiebe-Kiebe: une danse sans liens culturels avec les Afro-descendants Bantu du Brésil et des Amériques en général

« La Connaissance du Passé est la clé de notre compréhension du présent » dit un adage historique. C’est pour ainsi dire que si l’Histoire est mal dite ou connue, elle nous empêche de mieux discerner notre vie contemporaine, notre présent.

Cet article a pour objectif de démontrer sur la base des faits historiques fiables que la danse de Kiebe Kiebe des populations Mbochis du Congo Brazzaville n’a rien avoir avec le patrimoine Bantu d’Afrique Centrale des Afro-descendants au Brésil et des Amériques en général.

Le Kiebe-Kiebe est une danse-spectacle initiatique des peuples mbochi et koyo. Il constitue une exclusivité culturelle et sociale de la République du Congo dans le monde, bien qu’il soit peu connu du grand public.

Le Kiebe-Kiebe est une danse-spectacle initiatique des peuples mbochi et koyo. Il constitue une exclusivité culturelle et sociale de la République du Congo dans le monde, bien qu’il soit peu connu du grand public.

Tout commence en avril 2013, lorsque madame Teixeira arrive à Brazzaville. Au cours d’une interview qu’elle accorde au quotidien congolais (Les Dépêches de Brazzaville numéro 1723 du 18 avril 2013), elle déclare que le Kiebe-Kiebe présente des similitudes avec les danses africaines pratiquées au Brésil et l’importer au Brésil, permettront aux Afro-Brésiliens de découvrir les racines de leurs ancêtres.

Cette dame est coordinatrice du Museu Afro Brasileiro ou Musée afro-brésilien de l’université Fédérale de l’État de Bahia (État situé au nord-est du Brésil). Une région ayant une forte présence d’Afrodescendants qu’on estime à 80%. On y retrouve une présence massive de Bantu issue issue de la période coloniale au XVI. Ces populations y ont fait émerger le candomblé ainsi que la capoeira toujours pratiquée par leurs descendants.

Mon malaise provient de façon dont la coordinatrice a présenté le Kiebe-Kiebe sur le site internet du musée et la façon dont cette danse a été présentée à la population noire de Salvador de Bahia lors de l’exposition. Précisément l’exposition à Bahia au Musée afro-brésilien (mafro) de l’université fédérale de Bahia du 9 septembre au 29 novembre 2013 où on y a présenté cette danse comme étant du patrimoine ancestral africain d’Afrodescendants Bantu brésilien.

Cette déclaration est tout à fait fausse. Le mot Kiebe-Kiebe n’est même pas dans le dictionnaire folklore du brésilien CAMARA CASCUDO ou dans les livres de spécialistes Bantu du Brésil comme STUART SCHAWRTZ, RICHARD PRIX, SYDNEY MINTZ, SIMAO SOUINDOULA, JOHANNES MENNE POSTMA.

1-Le Kiebe-Kiebe est une danse des populations Mbochis au nord du Congo:

Les populations Mbochis du nord du Congo Brazzaville, une composante des Bantu, qui pratiquent la danse Kiebe-Kiebe sous sa forme actuelle, sont arrivées dans le nord du Congo Brazzaville au XIXe siècle et de ce fait, elles n’ont pu participer au commerce transatlantique des esclaves.

La carte des peuples d’Afrique centrale illustrée par l’historien belge Jan Vansina de l’Université du Wisconsin-Madison  (DE L’HISTOIRE GÉNÉRALE D’AFRIQUE DE L’UNESCO, Tome IV, page 599), il ne fait aucune mention des populations Mbochis. On y indique plutôt qu’à l’arrivée des Portugais, seul le puissant et majestueux Royaume de Kongo et ses principaux vassaux sont connus.

Carte d’orientation de l’Afrique centrale vers 1500 (carte J. Vansina). Aucune mention des de la population Mbochis.

Carte d’orientation de l’Afrique centrale vers 1500 (carte J. Vansina). Aucune mention des de la population Mbochis.

Même, les premières références sur les côtes de l’Afrique centrale du Portugais Duarte Pacheco Pereira « Esmeraldo de Situ orbis» (1506), Chapitre II, rapporte que seul l’ancien royaume Kongo et ses vassaux qui étaient connus.

Dans la partie nord du Congo Brazzaville, les Bantu qui ont participé au commerce sont les Téké et Bobanguis à la fin du XVIIIe siècle. Les Tekés étaient bien placés dans le Pool Malebo-Zone (Mpumbu) parce qu’ils étaient en amont de trafic terrestre des esclaves Bobanguis. Les Bobanguis n´etaient pas des Mbochis. Ils étaient des groupes composés de Oubanguiens et Likouba qui étaient des grands pêcheurs au fleuve Congo. Ils étaient également appelés ‘’les gens d’eau’’ ou Ngala en langue Lingala; un terme, que les Mbochis s’approprieront plus tard, quand ils s´installèrent dans cette région du grand fleuve.

 2-Les origines des Esclaves du commerce Atlantique en Afrique centrale

Dans le volume V de l’UNESCO : Histoire générale de l’Afrique, parlant des origines des esclaves d’Afrique centrale déportés aux Amériques, il n’est pas spécifié qu´il y’ avait les populations Mbochis comme esclaves dans l’immense cuvette congolaise, mais, plutôt des esclaves Oubanguiens, provenant de l’aire du lac Mayi Ndombe (avant 1800).

Les autres caravanes cherchant des hommes valides atteignirent Matamba et Cassange (capitale du royaume Kasange), au sud de l’actuel Angola et le long de la rivière Kwango dans la zone du Royaume de Kongo (qui était l’une des premières structures sociales politiques africaines victimes de l’esclavage), et Mayombe ont été les plus touchées, notamment Loango, Ngoyo et Kakongo et aussi l’empire Lunda au XVIIIe siècle. Mpinda (ancien et premier port de l’esclavage atlantique), Benguela et Luanda (NDONGO ou colonie Angola) étaient des ports où sont partis la plupart des esclaves de l’Afrique centrale pour le Brésil. La colonie de l’Angola était dépendante économiquement du commerce d’esclaves avec le Brésil jusqu’en 1800: 88% des revenus de la colonie d’Angola provenait du commerce des esclaves avec le Brésil (p.642, Tome V, HISTOIRE GÉNÉRALE DE L’AFRIQUE- DE L’UNESCO ).

L’historien américain Joseph C. Miller dans « The Way of Death: Angolan Capitalism Merchant and Slave Trade », a confirmé que ce sont des esclaves du Kongo et de l’Angola, qui ont peuplé le Brésil à partir de l’Afrique centrale, il ne mentionne nulle part les esclaves Mbochis.

Les recherches les plus récentes sur le commerce transatlantique entre le Brésil et l’Afrique Centrale, comme celles du professeur et historien brésilien Luiz Felipe de Alencastro dans sa publication «Le versant Brésilien de LAtlantique sud» dans le sous titre « La Traite des Noirs et Lesclavage dans lAtlantique Sud, le Brésil et lAngola« . nous parle du trafic intense des navires entre Luanda et le Brésil qui est devenu un axe bilatéral et non triangulaire, et naturellement il faut aussi regarder le sud du Congo, puisque l’Angola faisait partie du grand Kongo, mais nulle part on ne mentionne des populations Mbochis.

En somme, Il n’y a donc pas de lien entre le Kiebe-Kiebe et les populations noires du Brésil, ayant participé à la traite des esclaves. Tous les livres qui parlent de la présence et du patrimoine des esclaves d’Afrique centrale dans les Amériques, ne font pas références aux Mbochis et aucun à la danse Kiebe-Kiebe. Je suis désolé qu’une dame si cultivée fasse une telle aberration historique.

Il faut préciser que le Kiebe-Kiebe est une danse Mbochi du Congo Brazzaville et n’a aucun  lien avec l’arrivée des esclaves venus d’Afrique Centrale vers Brésil, qui eux sont les Bantu Kongo (Kongo, Umbundu, Ovimbundu).

Les Montréalais ont pu célébré la mode caribéenne dans le cadre du 375e anniversaire de la ville.

Clôture de la seconde Semaine de la Mode Caribéenne

Le 22 avril 2017 au Musée Grévin de Montréal clôturait la seconde édition de la Montréal Caribéenne Fashion Week (MCFW). Une soirée select ou près de 30 designers, 70 mannequins on fait le voyage pour Montréal  pour exhiber leur technique.

Les Montréalais ont pu célébré la mode caribéenne dans le cadre du 375e anniversaire de la ville.

Les Montréalais ont pu célébré la mode caribéenne au Musée Grévin dans le cadre du 375e anniversaire de la ville.

Une soirée plutôt réussie de Playmas Montréal, l’organisateur de cette soirée. L’animation ponctuée d’humour de la part de Gemma Raeburn-Baynes, présidente du Montréal Caribéenne Fashion Week était excellente.

Du côté moins bien réussi, la soirée s’étirait en longueur, le cocktail était nettement insuffisant, le son était un désastre. On était à des années-lumière de l’excellentissime acoustique de l’église Saint-Jean Baptiste du Black Fashion Week et on s’explique mal que dans cette ère numérique, la musique sautait comme un vieux vinyle des années 80. De plus, malgré des couleurs peau bien maitrisées, la finale très attendue du designer Calvin S. d’Antigua manquait une touche de oumf et n’a pas su satisfaire les hautes attentes du public qui s’étiolait avec le temps.

Du côté positif, le choix du Musée Grévin pour un défilé de mode était charmant. Aussi on a pu admirer, des reproductions grandeur nature de stars comme Michael Jackson, Celine Dion, Dany Laferriere, John Lennon ou même Steve Jobs.

Aussi, l’organisation a réussi le coup de force d’amener un bon nombre d’artisans de la mode des caraïbes à Montréal. Chapeau. Ce qui a permis de belles découvertes et certains applaudissements bien nourris de la part du public. Des Bermudes, Amethyst Richardson a certainement remporté la palme du Oh la la!!

Notez aussi des oeuvres intéressantes de  Stephanie Atkinson pour ZBThe Label de la Jamaïque, Mildred Lawrence de Hot Needles Designs de Toronto pour la Grenade, Afrodesiack Swimwear d’ Athaliah Samuel et Sabine Monpierre pour la Guadeloupe pour son vêtement qui reflétait sa créolitude. Mais ce qui a surtout fait survolter ces dames, c’est bien la collection de maillots de bain pour hommes!

Avant-goût de la 2e Montreal Caribbean Fashion Week

Quand on pense Caraïbes, inévitablement  on se visualise des palmiers, la plage et surtout le Soleil omniprésent qui illumine tout sous son passage. Peu de gens évoqueront la mode avant la gastronomie qui a conquis tant de palais. Mais la mode y est bien vivante et c’est ce que démontre le Montréal Caribbean Fashion Week (MCFW) 2017.

C’est sous le thème Chaude Caraïbe, Oh! La! La!, que les Montréalais pourraient assister à un authentique événement de mode caribéenne. Plus de 30 créateurs de mode, 70 modèles en provenance des quatre coins de la caraïbe se sont fait un plaisir de démontrer tout leur savoir-faire à la journée de lancement de la Semaine de la mode Caribéenne du 19 avril 2017.

Athaliah Samuel, Miss Trinité-et-Tobago 2015 compte parmi les mannequins de cette seconde édition de la Semaine de la Mode Caribéenne

Athaliah Samuel, Miss Trinité-et-Tobago 2015 compte parmi les mannequins de cette seconde édition de la Semaine de la Mode Caribéenne

« Le plus important, le plus exquis défilé de mode caribéenne qui n’ai jamais été présenté à Montréal. »  Annonçait fièrement le duo de présentatrices, qui auraient certainement mérité un anglais plus maitrisé pour solidariser plus efficacement avec la masse d’unilingues anglophones montréalaises ou des autres venus d’iles qui se sont approprié la langue de Shakespeare, ici présents.

Cette inattention n’a pas semblé trop froisser Gemma Raeburn-Baynes, présidente et fondatrice de l’événement. Tout sourire, joviale, la militante pour les droits des Noirs native de l’île de la Grenade, fait d’année en année rayonner la ville grâce, entre autres, à son Carifiesta très bien connu sous le nom du Jump-Up. Elle remercia gracieusement le maire de Pierrefonds pour son support et sa présence.

Thierry Carries, un phare sur la scène événementielle montréalaise, spécialement pour la communauté noire anglophone, vice-président pour ces journées de mode et également de l’organisation Playmas, nous parle d’un événement rassembleur. « Toutes les communautés caribéennes peuvent se sentir impliquées dans un projet comme celui-là. » Il nous retrace dans un court interview l’origine du projet, du Montréal Caribbean Fashion Week.

Cette pulsion, nous confit-il,  ne provient de nul autre que Gemma Raeburn-Baynes. « Il y a environ trente ans, elle créa le Black Model Agency . Elle a donc fait des fashions show depuis belle lurette. » Pour en faire un résumé, c’est avec tout pour son expérience dans le domaine, ses contacts, qu’on lui demandera de récidiver et d’avancer ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Montréal Caribbean Fashion Week.

Malgré cela, toutes entreprises, tous projets rencontrent forcément ses difficultés. Cette seconde itération de la MCFW ne fait pas exception. Thierry Carries nous révèle que certains modèles, certains designers n’ont pas pu prendre l’avion. Dans le cas des designers, ils ont eu la générosité d’envoyer leurs créations.

Tout de même, ceux qui ont su s’embarquer dans l’avion en ont mis plein la vue à la centaine de curieux présents. C’est en rafale, sans aucune  interruption que les designers, mannequins, ont survolé le catwalk. On a pu avoir un avant-gout des soirées de vendredi et samedi, avec des créations de Trinité-et-Tobago, d’Antigua, des Bermudes, du Canada, de Saint Kitts, de la Grenade, d’Haïti, de la Martinique, de la Dominique, de Saint-Vincent-et-les Grenadines, de la Jamaïque déployés par les plus jolies mannequins des Caraïbes incluant une authentique Miss Trinidad 2012.

Richard Young est le directeur créatif de la MCFW 2017. Venu de Trinité-et-Tobago, il recevra un Prix d'Excellence pour ses réalisations.

Richard Young est le directeur créatif de la MCFW 2017. Venu de Trinité-et-Tobago, il recevra un Prix d’Excellence pour ses réalisations.

Les designers locaux sont également de la partie. Narcissé a proposé un vêtement inspiré et la Canado-haïtienne Mirmonde Phildor s’est reconnue dans une robe cousue d’or fait main. Mirmonde un nom qui tient pour Miroir du Monde, nom qui lui a été offert par sa grand-mère nous révèle-t-elle.

L’ex-employée des Caisses Populaires Desjardins qui a choisi de se laisser guider par sa passion fut présente au tout début de MCFW, il y a deux ans de cela. Se lançant officiellement dans le design en 2001, puis le lancement d’une collection en 2005 au Bar Rouge, 2011 l’a ramené à la case départ. Mais comment vivre sans passion? Cette année cette flamboyante femme rebâtit une importante collection qui sera disponible en ligne en 2018. Dix de ces créations exclusives seront exposées samedi.

Le clou du spectacle, la grande finale du Montréal Caribbean Fashion Week sera avec Calvin S. Directement venu d’Antigua, une paradis de 280 km2, Calvin Southwell trempe dans la mode depuis 25 années. Son talent se matérialise dans le maillot de bain jusqu’à la haute couture. Cet artiste, comme il se décrit, ce fils unique, a été sensibilisé à la mode à un tout jeune âge par sa mère, aujourd’hui décédée. Jeune, modèle, il a transigé pour le métier de designer. Un choix qui lui réussit puisqu’il a jusqu’à aujourd’hui parcouru le Japon, la Russie, la Chine, l’Afrique du Sud, l’Équateur et bien évidemment les États-Unis.

Nous décrivant son vêtement : « fonctionnel et confortable », Calvin nous dit que le confort est une chose très importante.  Récipiendaire du « Grand Order of Merit » pour les arts en 2003 par le gouverneur général d’Antigua-et-Barbuda, un documentaire hollywoodien « Calvin S.  of Antigua» lui a même été dédié. Une sélection de sa collection « Memories » sera présentée samedi au musée Grévin,  une collection qui recoupe diverses de ses  créations tout au long de son illustre carrière. Présent en ligne, sur Instagram, Facebook, tous peuvent se procurer un vêtement original signé Calvin S.

Maintenant allez voir si Montréal conservera sa pudeur frigide face à ces bikinis affriolants d’Antigua, ces aguichants pumpum short et batty rider jamaïcains, ces robes vaporeuses de la Guyane et décolletés abyssaux de la Guadeloupe. « Attendez-vous à beaucoup de sexyness… beaucoup de style, du nouveau avec ces designers qui viennent de l’extérieur.» soutient Thierry Carries pour les soirées du 21 et 22 avril 2017 de la Montréal Caribbean Fashion Week au Musée Grévin. Cela risque bien d’être Chaud la Caraïbe, Ohhhh la la.

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