Plus on sait, moins on affirme

Rimouski: Des personnes immigrantes et nouveaux arrivants à la découverte du patrimoine de la région

Les 5 à 7 Découvertes sont de retour cet été à raison d’une fois par mois. Découvrir le terroir tout en socialisant. Le Cabaret de la diversité invite la population de Rimouski-Neigette et des environs au pique-nique interculturel, le samedi 29 juin 2019, dans le cadre du premier d’une série de 5 à 7 – Découvertes; réalisé en partenariat avec Place aux jeunes Rimouski-Neigette et REZO Rimouski-Neigette.

Lenine Nankassa Boucal du Cabaret de la diversité, Julie Carré de Rézo Rimouski-Neigette et Martin Poirier de Place aux jeunes Rimouski-Neigette

Convaincu que la connaissance des codes culturels de la société d’accueil peut être un outil à l’intégration, ce projet d’innovation sociale et culturelle vise à faire connaitre le patrimoine local et régional aux personnes immigrantes et nouveaux arrivants tout en favorisant les rapprochements interculturels, le réseautage et le maillage avec la société d’accueil. Une occasion à la fois pour les néo-rimouskois de découvrir le patrimoine et s’imprégner davantage de la culture, des valeurs, des us et coutumes de leur société d’accueil et pour cette dernière de se réapproprier et de partager son propre patrimoine.

Contrairement à la première édition 2017 qui consistait en des 5 à 7 où le site touristique ou patrimonial parrain mandatait une personne pour venir faire un exposée et échanger avec le public, l’innovation de cette édition 2019 est de se déplacer sur le site proprement dit et faire vivre concrètement une expérience aux participants.

Pour s’inscrire ou suivre ce projet, suivez la page Facebook : Le Cabaret de la diversité ou nous écrire à : cabaretdiversite@gmail.com

Entretien avec Ndiaga Loum, prix d'excellence en enseignement à l'Université du Québec en Outaouais

Entretien avec Ndiaga Loum à l'exposition d'Omar Ba au Musée des Beaux-Arts de Montréal

Posted by LencreNoir.com on Thursday, June 20, 2019

Ndiaga Loum s’exprime sur le 4e pouvoir, la place des médias en Afrique

Le dernier ouvrage, de Ndiaga Loum, professeur agrégé au Département des sciences sociales à l’université de l’Outaouais, coécrit avec Ibrahima Sarr, professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar,  « Les médias en Afrique depuis les indépendances : Bilan, enjeux et perspectives », fait un état des lieux de la place des médias en Afrique aujourd’hui, de leurs rôles dans la démocratisation des États et comment la création de l’Internet et les médias sociaux a permis de créer un nouveau rapport de force.

Le professeur Ndiaga Loum consacre ses recherches aux questions touchant la communication internationale, les rapports entre les médias et les États en démocraties. Il s’intéresse également droit, à l’éthique, la déontologie et la régulation en information et en communication, aux relations internationales, au droit international humanitaire et aux Droits de la personne. – UQO

La compréhension des enjeux et du rôle des médias en Afrique aujourd’hui, ne peut se faire sans une analyse éclairée du passé culturel, économique, social et politique des États, confronté à un bilan des réalités actuelles. Pendant longtemps, les médias classiques étaient la chasse gardée des européens et d’une élite africaine émergente. Ils constituaient le « quatrième pouvoir ».  Pour Ndiaga Loum «Ils sont les témoins privilégiés de la trajectoire politique, économique, sociale et culturelle de l’Afrique avec les différentes séquences liées à la colonisation, à la décolonisation, au règne du parti unique, à l’avènement du « printemps politique africain », à la fin du monopole de l’État sur les médias. »

Mais depuis l’avènement de l’Internet et des réseaux sociaux, les rapports de force ont changé de paradigme. Le pouvoir des médias classique a diminué  pour laisser place au pouvoir social également appelé « le cinquième pouvoir ». Pour Ndiaga Loum « c’est la fin d’une ère, la fin du monopole de l’État sur les médias. »

Rappelons que,  le professeur Ndiaga Loum, est également expert en communications internationales et médias. Il est titulaire de la chaire Senghor de la Francophonie créée par le président Abdou Diouf.  Il a reçu en novembre 2018,  le Prix d’excellence Christiane-Melançon en enseignement de l’Université du Québec en Outaouais. Il a publié plus d’une centaine d’articles et écrit plus six ouvrages dont «  Les médias et l’État au Sénégal : l’impossible autonomie » et « Essai sur la justice pénale internationale »

Marié, il s’est aussi vu décerné par trois enfants, le prix du « Papa le plus cool au monde ».

55 ans des relations Russo-Congolaises (Congo Brazzaville) sous le signe de l’Amitié et de Coopération politico-économique

Du 16 mars 1964 au 16 mars 2019, cela fait 55 ans qu’ont été établies les relations bilatérales entre la République du Congo, jeune république nouvellement indépendante au moment de ce début de coopération et la Fédération de Russie, qui à cette époque, faisait encore partie de l’URSS.

La République du Congo, indépendante le 15 août 1960, pays francophone d’Afrique Centrale, de 242.000 km2 avec une population d’environ 5 millions d’habitants, a connu depuis son indépendance jusqu’au 15 août 1963, le chemin de l’idéologie capitaliste avec son premier président de la République, l’abbé Fulbert Youlou, un homme grandeur nature, qui a posé les prémices démocratiques et du développement du Congo devançant beaucoup les autres pays d’Afrique Noire à cette époque, comme le témoigne par exemple la chaine publique de télévision Congolaise, la toute première dans toute l’Afrique Noire francophone, inaugurée le 28 novembre 1962 par l’abbé Youlou.

En rappel, c’est le 16 mars 1964 que l’ex-URSS et le Congo ont établi leurs relations diplomatiques et signé les premiers accords bilatéraux. En 2018, dans le domaine de la formation des cadres congolais dans les universités civiles et militaires russes ainsi que de l’octroi de bourses d’études aux jeunes congolais, deux domaines qui demeurent « la locomotive de la coopération bilatérale », plus de trois cents étudiants ont bénéficié de la bourse russe pour une formation dans diverses filières.

Après le 15 août 1963, après la démission forcée ou le coup d’État du palais, le destin idéologique du Congo a basculé vers la gauche ou le socialisme. Le 15 août 1963, fait partie des trois journées symboliques, le 13, 14 et le 15 août 1963, appelées dans l’histoire politique du Congo, « Les Trois Glorieuses », du fait de la Révolution socialiste déclenchée par les Syndicats et les militaires socialistes pendant ces trois jours, pour renverser l’abbé Youlou.

La même année de 1963, voit arriver au pouvoir sur proposition des militaires putschistes ou révolutionnaires, Alphonse Massamba-Debat, qui jusqu’à là, était président de l’Assemblée Nationale du pays.

Massamba-Debat socialiste dans l’âme, instaure un régime politique socialiste. Mais son socialisme n’est pas le socialisme dit scientifique ou marxiste léniniste de l’URSS. Son socialisme est dénommé « Le Socialisme Bantu». Un Socialisme qui s’inspire des us et coutumes bantous, des traditions africaines, qui puise son identité dans la solidarité, la communauté africaine bantu, tout en coopérant avec les pays socialistes ayant réussi dans cette idéologie, comme l’URSS, la Chine de Mao Tse Toung, le Cuba de Fidel Castro, etc. pour doter le pays d’industries et d’infrastructures nécessaires.

C’est dans cette perspective que le 16 mars 1964, le président Massamba-Debat établit officiellement les relations bilatérales de coopération multiforme avec l’URSS. Cette coopération était initialement basée sur la formation des futurs cadres congolais dans divers domaines comme l’agriculture, l’élevage, la santé, l’enseignement et la formation militaire.

Ainsi à l’issue de cette coopération, plusieurs Congolais, étudiants, fonctionnaires civils et militaires ont été envoyés en URSS pour se perfectionner. De même, plusieurs cadres russes sont arrivés au Congo, pour justement encadrer et accompagner le personnel congolais travaillant avec les domaines des connaissances et l’expertise soviétique.

En 1965, suite aux nombreuses dérives du pouvoir dont plusieurs militaires en souffriront le martyre, Massamba-Debat est renversé du pouvoir par un groupe d’officiers militaires parachutistes socialistes, se revendiquant du socialisme scientifique ou marxiste léniniste, dont le chef du groupe, était Marien Ngouabi, le futur troisième président du Congo, victime aussi de ces dérives. Et parmi d’autres figures de ce groupe, il y’avait aussi l’officier Denis Sassou Nguesso (actuel président du Congo), Joachim Yombi (ancien président du Congo).

Marien Ngouabi et certains de ses proches prônaient la révolution populaire, sur toutes ses tendances. Selon lui, l’Union des Républiques Socialistes Sovietiques(URSS), Karl Marx, Lénine, Staline, étaient des modèles de la révolution qu’il fallait suivre du doigt et à l’oeil. Cette idéologie sera son leitmotiv.

Sous sa présidence, Marien Ngouabi applique le Socialisme marxiste-léniniste à la lettre. C’est ainsi, il rebaptise le pays « République Populaire du Congo » change l’hymne national par « Les Trois Glorieuses » et le drapeau national devient rouge avec un marteau et une faucette croisés à sa gauche et une étoile jaune en haut. Au niveau d’éducation, les pionniers font leur apparition avec des matières d’éducation civique populaire enseignant les vertus socialistes et du patriotisme.

Marien Ngouabi renforce de même sa coopération avec l’URSS, notamment dans la formation militaire et des cadres administratifs congolais, dont plusieurs cadres politiques de son parti politique le PCT (Parti Congolais du travail). À cet effet, plusieurs contingents militaires sont envoyés en URSS pour aller se former. Sa présidence a été marquée entre autres faits, dans cette coopération soviétique congolaise, par l’appui de l’URSS au Congo pour la libération de l’Angola du joug colonial portugais, avec l’hébergement, la logistique et la protection des membres du MPLA (parti au pouvoir en Angola)

À la mort de Marien Ngouabi, le 18 mars 1977, du à un assassinat, il y eu un bref passage à la présidence de Joachim Yombi sous le même régime socialiste.

En 1979, sous la même idéologie socialiste, Denis Sassou Nguesso prend le pouvoir pendant 13 ans (1979-1991) et même lui continue et renforce la coopération bilatérale avec l’URSS. Après la chute de celle-ci, il continue la coopération avec la Russie, jusqu’à la fin du socialisme d’État en 1992. Par exemple parmi les faits marquants de cette coopération sous la présidence du président Sassou, le Congo et la Russie ont oeuvré pour la fin de l’apartheid en Afrique du Sud avec la libération de Nelson Mandela en 1990.

Lorsque le Congo fait un retour à la démocratie libérale occidentale, il garde ses relations privilégiées avec Moscou, qui jusqu’à de nos jours, elles sont toujours au beau fixe, tant dans le domaine d’éducation ou militaire, comme en témoignent de nombreuses bourses d’études de la Russie et du Congo offertes aux étudiants et militaires congolais formés en Russie. Ou encore la coopération économique avec les commissions mixtes entre les deux pays, notamment pour le commerce, les infrastructures, le gaz, le pétrole.

Pour ces 55 ans, le président Sassou Nguesso a effectué en mai de cette année, une visite officielle d’une semaine en Russie, où il est attendu pour des entretiens en tête à tête avec son homologue russe Vladmir Poutine, une adresse devant la Douma (le parlement russe) et la signature de plusieurs accords de coopération entre le Congo et la Russie.

55 ans de coopération bilatérale, est sans doute, l’âge de maturité, de raison, d’histoire commune partagé, de partenariats et d’intérêts mutuels. C’est aussi une relation renforcée qui certainement profitera aux « deux pays camarades », s’il le faut le dire ainsi.

Une allée « Solitude » ou une allée de « la Mulâtresse Solitude » à Paris?

Le 12 juin 2019, par un voeu défendu par l’adjointe à la mémoire Catherine Vieu-Charier, la ville de Paris envisageait de donner à une voie parisienne le nom de Solitude, et l’on ne peut que s’en réjouir, car Solitude est une héroïne bien ancrée dans la mémoire collective des Guadeloupéens.

Née vers 1772, Solitude est la fille d’une esclave africaine, violée par un marin sur le bateau qui la déportait aux Antilles.
Lorsque, par la loi du 20 mai 1802, Napoléon Bonaparte rétablit l’esclavage dans les colonies, Solitude se rallie à l’appel de Louis Delgrès et combat à ses côtés pour la liberté. Survivante de la bataille du 28 mai 1802, elle est condamnée à mort et emprisonnée, entre mai et décembre 1802, jusqu’à son accouchement. Elle est exécutée par pendaison le 29 novembre 1802, le lendemain de son accouchement.

Cependant, l’idée de reprendre l’épithète de « mulâtresse » accolée au nom de Solitude dès 1858 par le magistrat Auguste Lacour, conseiller à la cour de Basse-Terre, héritier d’une grande famille esclavagiste, et par ailleurs auteur d’une histoire de la Guadeloupe, intéressante, mais bien souvent discutable, a de quoi surprendre.

Tous les personnages guadeloupéens présentés par Lacour comme secondaires dans son histoire sont en effet affublés d’une épithète raciste évoquant leur couleur: le nègre Sans-Peur, la mulâtresse Marthe-Rose… Bien sûr, Solitude n’échappe pas à la règle.

Lacour partageait les préjugés coloniaux de son époque — le Second Empire — et surtout de sa caste, celle des grands planteurs.

Force est de reconnaître, pourtant, que c’est grâce à lui que Solitude est connue.

Et voici ce qu’il en dit (Histoire de la Guadeloupe, Basse-Terre, 1858, tome 3, p 311):

« Les négresses et les mulâtresses surtout se montraient acharnées contre les femmes blanches. La mulâtresse Solitude, venue de la Pointe-à-Pitre à la Basse-Terre, était alors dans le camp de Palerme. Elle laissait éclater, dans toutes les occasions, sa haine et sa fureur. Elle avait des lapins. L’un d’eux s’étant échappé, elle s’arme d’une broche; court, le perce, le lève, et le présentant aux prisonnières : “Tiens, dit-elle, en mêlant à ses paroles les épithètes les plus injurieuses, voilà comme je vais vous traiter quand il en sera temps!” Et cette malheureuse allait devenir mère! Solitude n’abandonna pas les rebelles et resta près d’eux, comme leur mauvais génie, pour les exciter aux plus grands forfaits. Arrêtée enfin au milieu d’une bande d’insurgés, elle fut condamnée à mort; mais on dut surseoir à l’exécution et la sentence. Elle fut suppliciée le 29 novembre [1802], après sa délivrance. »

Solitude avait évidemment laissé une trace dans la mémoire collective. Mais c’est à partir de ce paragraphe de Lacour que les Guadeloupéens du XIXe et du XXe siècle ont fait de Solitude — par réaction sans doute à l’image féroce qu’en donne le magistrat — une héroïne de la résistance à l’esclavage qui a inspiré plusieurs romans.

Le plus célèbre est celui d’André Schwarz-Bart, publié en 1972, qui a repris pour titre la formule de Lacour, La mulâtresse Solitude. Outre qu’il ne faut pas prendre ce titre au premier degré, un nom de rue n’est pas la même chose qu’un titre de livre. On imagine difficilement à Paris une rue du Nègre qui vous emmerde, en hommage à Aimé Césaire.

D’ailleurs, la traduction américaine de l’ouvrage de Schwarz-Bart est A woman called Solitude (une femme nommée Solitude). « Mulatto », l’équivalent de « mulâtresse » est une épithète si dégradante en anglais qu’elle n’était pas envisageable un seul instant.

Il en va de même en français. Plus encore que « mulâtre », « mulâtresse », comme l’a bien reconnu le lexicologue Jean Rey dans l’édition de 2011 du Robert, est un adjectif particulièrement péjoratif et dépréciateur.

Bien sûr, il y aura toujours des gens pour dire le contraire et pour vouloir donner des leçons d’histoire aux Guadeloupéens. Des gens qui savent mieux qu’eux ce qui est bon ou mauvais pour eux. Ce sont les mêmes pour qui c’était une bonne idée de rebaptiser Bal nègre, le Bal Blomet.

Pourtant, « mulâtresse » ou « mule », c’étaient des termes méprisants de colons racistes pour désigner les filles issues généralement d’un viol, avec l’idée sous-jacente d’une prétendue lubricité appelant de nouveau au viol.

On sait par ailleurs que le mulet est le produit stérile de la relation âne-cheval. Le terme de mulâtre – mulatto – était une façon de plus d’animaliser pour inférioriser.

Le plus triste, c’est que beaucoup reprennent l’expression en ignorant complètement ce qu’elle véhicule.

S’il est évident que Solitude ne mérite pas d’être rabaissée par une épithète outrageante — surtout sous le prétexte d’être honorée — les Guadeloupéens, déjà meurtris par les propos de Christine Angot (que la classe politique est loin d’avoir unanimement condamnés) n’avaient, en ce qui les concerne, pas besoin d’une humiliation de plus.

À moins qu’on en arrive, comme dans le livre de Lacour, à indiquer sur (presque) toutes les plaques des noms de rue de Paris qu’il s’agit bien de « blancs ».

À moins que demain, dans les écoles parisiennes, certains professeurs, encouragés par l’existence d’une allée de la mulâtresse Solitude, puissent impunément apostropher certains de leurs élèves en accolant eux aussi l’épithète de « mulâtre » ou de « mulâtresse » aux patronymes.

Pour en savoir plus sur Solitude

Pour en savoir plus sur les termes « mulâtre » et « mulâtresse »

Propos de Christine Angot sur l’esclavage sur France 2

L’association des amis du général Dumas, organisatrice des commémorations du 10 mai à Paris et Villers-Cotterêts (journée nationale des mémoires de la traite et de l’esclavage) sous le haut patronage du Président de la République, et présidée par l’écrivain Claude Ribbe, dépose plainte contre X pour apologie de réduction en esclavage (article 24 de la loi du 29 juillet 1881).

L’association des amis du général Dumas, déclarée à la préfecture de police de Paris (récépissé du 28 juin 2006) a pour objet de « faire connaître la vie du général Thomas-Alexandre Davy de La Pailleterie, dit Alexandre Dumas (1762-1806), figure emblématique issue de l’esclavage, général républicain, d’origine africaine par sa mère, né esclave à Saint-Domingue (république d’Haïti), mort libre à Villers-Cotterêts (Aisne) ; honorer et défendre sa mémoire, au regard notamment de ses origines africaines et de la condition d’esclavage qui fut la sienne dans sa jeunesse ; honorer et défendre la mémoire de sa famille : ascendants, descendants ou collatéraux » (journal officiel de la République française du 5 août 2006, p 3812)
Depuis 2009, l’association des amis du général Dumas, qui est à l’origine de l’installation du monument Fers, place du général-Catroux à Paris, 17e arrondissement, organise, tous les 10 mai – à l’occasion de la journée nationale des mémoires des traites, de l’esclavage et de leurs abolitions- une commémoration populaire et consensuelle de l’abolition de l’esclavage à Paris, place du général-Catroux et à Villers-Cotterêts (depuis 2018 dans la cour du château), en présence de nombreuses personnalités.

Christine Angot

Depuis 2018, la commémoration organisée par l’association des amis du général Dumas est placée sous le haut patronage du Président de la République.

Le samedi 1er juin, lors de la diffusion de l’émission (préalablement enregistrée) « On n’est pas couchés », animée par Monsieur Laurent Ruquier, sur la chaîne de service public France 2, Madame Christine Angot a déclaré :« Les Juifs, pendant la guerre, ça a bien été de les exterminer, c’est-à-dire de les tuer. Et ça introduit par exemple une différence fondamentale, alors que l’on veut confondre, avec par exemple l’esclavage des noirs, envoyés aux Etats-Unis, ou ailleurs… C’était exactement le contraire : l’idée c’était au contraire qu’ils soient en pleine forme, en bonne santé pour pouvoir les vendre et qu’ils soient commercialisables. Donc non, ce n’est pas vrai que les traumatismes sont les mêmes, que les souffrances infligées aux peuples sont les mêmes »

L’animateur de l’émission, M. Ruquier, n’est pas intervenu pour modérer sa chroniqueuse. Bien au contraire, il a maintenu la séquence au visionnage pour qu’elle soit diffusée et il a ultérieurement déclaré que les réactions indignées provoquées par les propos de Madame Angot constituaient une « polémique inutile ».

Il est par ailleurs constatable que M. Franz Giesbert, qui était aux côtés de Madame Angot pendant l’émission, approuve manifestement ce qu’elle dit, non seulement en hochant la tête, mais en lui suggérant des mots : « pour qu’ils soient en bonne santé, bien sûr… travailler massivement, oui… » L’incident a très profondément choqué l’opinion et a donné lieu à plus de 900 signalements au conseil supérieur de l’audiovisuel.

Ces propos, en l’occurrence appliqués aux victimes de l’esclavage à un moment et à un lieu donnés, ne concernent pas seulement les Africains déportés en Amérique. Ils sont manifestement et logiquement transposables à toutes les victimes de l’esclavage, quelle que soit leur origine ou la couleur de leur peau, et en particulier aux victimes de l’esclavage contemporain, puisqu’ils tendent à démontrer que, de manière générale, l’esclave est en quelque sorte préservé, voire bien traité par l’esclavagiste et que, dès lors, il ne subit pas de préjudice, où en tout cas un préjudice mineur.
Il est d’ailleurs assez courant que le parallèle soit fait, notamment à l’occasion des journées mémorielles, tant par la presse que par les responsables politiques, entre l’esclavage du passé et l’esclavage contemporain.

De ce fait, les propos tenus par Madame Angot et diffusés par la chaîne France 2 sont de nature à atténuer la culpabilité de tout auteur du crime de réduction en esclavage et ils sont par conséquent constitutifs du délit d’apologie du crime de réduction en esclavage visé et réprimé par l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881.

C’est la raison pour laquelle, Claude Ribbe, en sa qualité de président de l’association des amis du général Dumas, a déposé plainte le 5 juin 2019 contre X du chef d’apologie du crime de réduction en esclavage entre les mains du Procureur de la République de Paris.

5 conseils de voyage pour Noirs avertis

Visiter un autre pays, c’est décider de devenir l’étranger pour un moment. Bien qu’on puisse être surexcité par la nouveauté et tout ce qui va avec, il ne faut pas oublier que votre terrain de jeu, c’est la maison des autres. Par simple instinct de survie, le corps humain se met sur la défensive devant la nouveauté. Il a besoin d’être sûr que ce qui rentre dans son environnement n’est pas dangereux pour lui. En ayant cela en tête, il est bien possible que les gens rencontrés en voyage soient sur la défensive à votre contact, surtout s’ils n’ont jamais vu de personnes Noires.

Sur le continent noir, après l’Afrique du Sud et le Maroc, le Rwanda s’impose comme troisième destination du continent avec 1,2 million de visiteurs par an en se positionnant sur le haut de gamme et le tourisme d’affaires.

Voici donc 5 conseils de voyage pour les Noirs afin de rendre votre séjour le plus agréable possible.

1. Soyez prêt mentalement

Si vous vivez dans un milieu pluriethnique, il faut comprendre que partout, ce n’est pas le cas. Certaines populations restent entre elles seulement ou ne sont habituées qu’à voir des gens qui habitent dans un espace plus ou moins rapproché d’eux. Il faut donc se préparer mentalement à se faire regarder, admirer, parfois même dévisager et, dans le monde technologique dans lequel on vit, filmer et prendre en photo sans consentement. Je peux vous dire que ce dernier point m’a vraiment choqué durant mon voyage en Asie en 2018. C’est bien pour cela que je vous le dis : soyez prêt mentalement.  De plus, il ne faut pas minimaliser les impacts du colonialisme sur des générations de personnes. Certains seront curieux par ignorance, mais d’autres seront malheureusement carrément racistes à votre égard. Je le répète : soyez prêt mentalement.

2. Allez-y graduellement

On peut avoir la fibre voyageuse, mais il faut aussi savoir se ménager pour ne pas qu’une grande histoire d’amour avec la découverte devienne une catastrophe traumatisante. Commencez par voyager avec quelqu’un, si possible, dans des pays où il y a beaucoup de tourismes et où vous maitrisez la langue. Cela vous permettra de vous accoutumer au dépaysement plus facilement que de vous lancer dans un voyage solitaire en sac à dos au fond d’une jungle où il n’y aurait aucune connexion Internet. J’ai d’ailleurs commencé à voyager en tout inclus, ce qui m’a permis de profiter de belles vacances avant de connaître le voyage, car, avec l’expérience, vous verrez qu’il y a bien une distinction entre les deux!

3. Amenez « vos produits blacks »

On se sent encore mieux ailleurs quand on part avec une partie de chez soi. Amenez donc votre sauce piquante préférée, vos produits pour cheveux crépus, votre huile pour les petits bobos, votre crème pour la peau. N’oubliez pas que vous êtes l’étranger. Les magasins où vous irez offriront des produits aimés par les locaux. Ils peuvent bien différer de vos goûts et habitudes quotidiennes.

4. Écoutez-vous

Ce conseil, comme le second, peut rejoindre tous les voyageurs. Si vous avez l’impression d’être discriminé ou que vous ne vous sentez pas à l’aise quelque part, peu importe la raison, changez d’endroit. Oui, vous aurez peut-être déjà payé votre séjour au complet, mais la paix d’esprit n’a pas de prix.

5. Oubliez votre couleur de peau

Soyons clairs là-dessus : soyez toujours fière de vos origines Noires et de votre parcours. Ce que je veux dire par «oubliez votre couleur de peau» c’est que vous n’avez pas à voyager en ayant en tête l’évangélisation du monde entier sur la culture noire. Il faut que les gens que vous rencontrez tombent amoureux de votre personne avant tout. C’est avec une attitude d’ouverture et d’échange qu’ils seront plus aptes à s’intéresser à la culture noire et aux beautés qu’elles cachent. N’allez pas vers les gens en pensant qu’ils ont automatiquement une réticence à rencontrer une personne Noire. Vous êtes, que vous le vouliez ou non, pour ceux qui ne Nous côtoient pas, des représentants de toute une communauté. Allez vers le monde avec positivisme. On a plus de chance de recevoir un sourire quand on en offre un.

Élections 2019 en Belgique, une pléthore de candidats afrodescendants pour très peu d’élus

Comme les années électorales précédentes, les afrodescendants de Belgique se sont retrouvés nombreux sur les listes électorales. Comme en 2014, ils sortiront déçus des élections de 2019. Car ils ne seront que très peu à être élus, victimes du jeu mesquin, voire méprisant des partis politiques à l’égard d’une certaine classe politique afrodescendante.

Le système électoral de listes et les votes de préférence devraient inviter les élus politiques afrodescendants à faire attention à leurs positions sur les listes et à exiger des places éligibles. Car dans ce genre de système, toutes les voix comptent.

Les Afrodescendants doivent se rendre compte que malgré la négation publique des élites politiques, la Belgique est un pays « communautariste » par son histoire, sa composition humaine, socio-ethnologique, géographique et linguistique. Par conséquent, son système politique et électoral n’en est que la pure expression.

Le système électoral de listes et les votes de préférence devraient inviter les élus politiques afrodescendants à faire attention à leurs positions sur les listes et à exiger des places éligibles. Car dans ce genre de système, toutes les voix comptent.

En outre, la nature et la réalité du racisme devraient être reconnues : le racisme est avant tout le premier des « communautarismes », du fait des privilèges et places de préférences et d’emplois, qui sont accordés ou que s’accordent les uns en fonction de la prétendue supériorité ou suprématie de leur « race » sur les autres.

Fort des deux éléments ci-dessus, la réponse efficace contre le racisme et les discriminations qui en découlent consiste à se faire valablement représenter dans les instances de décisions des organisations publiques et privées. Ce communautarisme de réaction et « d’autodéfense » est malheureusement peu compris de la majorité des afrodescendants. Les autres communautés l’ont compris, et les résultats électoraux parlent pour elles positivement à chaque élection.

 

À quoi assistons-nous en réalité? Un spectacle puéril et désolant d’une classe politique afrodescendantes, qui, depuis des années a bâti sa « carrière politique » à travers des concurrences stériles entre hommes et femmes politiques originaires parfois du même pays ou de pays différents. Parmi eux, certains, adoubés par le système dominant, s’illustrent dans le « diviser pour mieux régner », jouent de leur « congolité » pour affirmer leur préséance et légitimité historique et sociale en Belgique par rapport à d’autres communautés africaines. En fait, ils revendiquent en quelque sorte leur « statut d’évolué », comme à l’époque coloniale.

Les conséquences, que certains d’entre nous n’ont cessé de dénoncer depuis un quart de siècle, sont celles que Bertin Mampaka, un des leaders incontestés de la communauté afrodescendante en Belgique, constate lui-même dans une interview du 22 mai 2019, dans le journal en ligne « Congo indépendant »[1] : « On a assisté une prolifération de candidatures. Le risque est qu’il y ait une énorme dispersion des voix au niveau spécialement de la communauté congolaise. À titre d’exemple, Ixelles compte 45 candidats dont 5 Subsahariens. Il y a sans doute des candidatures de complaisance. Des attrapes-voix. Contrairement aux Belges d’origine turque et maghrébine, les Congolais de Kinshasa voient leur représentativité s’amenuiser. Sans vouloir jeter la pierre sur qui que ce soit, je constate que le subsaharien est facilement « divisables ». Les Européens, eux, sont constamment dans une attitude de rapports de force. Nos divisions sont exploitées par les autres communautés. En fait, il manque à la communauté congolaise une sorte de « sage » devant jouer le rôle « d’arbitre ». Pour tout vous dire, nous avons eu une « campagne électorale pourrie ».

Bertin Mampaka, qui ne peut pas se plaindre de n’avoir pas reçu le soutien de la communauté, fait-il une autocritique de plus d’un quart de siècle de vie politique ? regrette-t-il de n’avoir pas pu faire plus pour renforcer les capacités politiques des afrodescendants ? Est-ce le constat d’un héritage politique mal préparé ?

« Je veux simplement dire, poursuit Bertin Mampaka, qu’on ne s’improvise pas politicien. On assiste à l’apparition d’une importance quantité de jeunes candidats – toutes tendances politiques confondues – quelque peu « indisciplinés ». Ces jeunes considèrent que « les anciens n’ont rien fait ». Que dire des emplois créés, des logements sociaux pour lesquels nous nous sommes battus et des subsides accordés à des associations? La campagne a été « pourrie » parce que nous avons côtoyé des gens dénués d’une bonne éducation. Je leur dis: on peut battre campagne tout en restant courtois et respectueux des autres » (…) Il s’agit, à mon avis, d’un problème d’ambitions mal gérées, voire démesurées. Une situation due à une ignorance des « codes » de la politique. Pour réussir en politique, il faut commencer par coller les affiches d’un candidat. Lorsqu’on colle ses propres affiches, on ne va jamais loin… ». Bertin Mampaka peut se tromper.

En effet, la nouvelle génération de jeunes afrodescendants est certainement mieux outillée, encadrée et consciente des dégâts de la mentalité de « colonisé » et du racisme et de la négrophobie, tirent les leçons de l’expérience de leurs aînés. Le rapport de force dont parle Bertin Mampaka se construit, dans une attitude et posture de dignité. Ce que les jeunes mettent en avant. Le résultat des prochaines élections surprendront sûrement, des jeunes afrodescendants détrôneront des anciens. On pourra être surpris par une volonté de changement de génération : au CdH par exemple, une surprise pourra venir de la jeune comme Gladys Kazadi, 12e effective à la région de Bruxelles.Doit-on s’en offusquer ? N’est-ce pas la nature des choses ?

Les jeunes générations doivent cependant se garder de trois attitudes pièges/défauts : le complexe de « colonisé », une intériorisation de la supposée infériorité dans laquelle enferme le discours raciste. Or, l’amour de soi doit être entretenu, qui favorise la confiance en soi et le développement des potentialités intrinsèques. Le second défaut est le « Mhoiceulisme » (« moi seul » décrié par l’écrivain africain Bernard Dadié dans les années des indépendances africaines), attitude solitaire qui anéantit toute posture de travail en équipe. Enfin, il faut s’écarter du « plairisme », qui consiste selon nous à faire plaisir à l’Homme « Blanc » et au système dominant, ceci parfois dédoublé de bouffonnerie et de pitrerie.

Aussi, conseillerions-nous aux afrodescendants conscients des réalités et difficultés de la communauté, de ne pas gaspiller leurs « munitions » électorales le 26 mai prochain. Allez voter. Tout vote compte. Voter nominativement, donner votre voix de préférence à des candidats épris de changement politique et social de la société. Donnez vos voix à ceux qui vous ont démontré qu’ils se battaient pour la justice et l’égalité sociale réelle. Donnez vos voix aux afrodescendants qui ont mis leur expertise et leur savoir-faire au servir d’un autre monde, d’une société ouverte pour une meilleure vivre ensemble.

Une analyse attentive des listes laisse entrevoir les choix politiques communautaristes fait par les partis politiques dans la composition des listes, élargissant la base des nationalités africaines. Cependant, on ne prend que rarement en compte et le respect de la compétence, de la notoriété affirmée des afrodescendants. Comme ci le système dominant a manifestement peur de la montée des afrodescendants de qualité dans la politique européenne, notamment dans le fait qu’il trouve sa force de domination de l’Afrique dans la neutralisation de l’émergence de toute force politique afrodescendante en Europe. La précarisation des afrodescendants en Europe a pour projet politique leur affaiblissement vis-à-vis du continent africain.

Pour le 26 mai 2019, ceux des afrodescendants qui ont des chances d’être élus ne sont pas nombreux. Les candidats en positions éligibles sont les suivants : au niveau fédéral, à la chambre, Alain Eyenga de Défi (2e effectif sur la liste du Hainaut qui compte 18 députés à élire) ; à la région de Bruxelles : Barbara Trachte et Kalvin Soiresse d’Ecolo, respectivement 2e et 3e effectifs et Pierre Kompany, du CdH, 2e effectif ; à la région wallonne : Germain Muguemangango, PTB de Charleroi et Joelle Kampompole, PS de Mons, respectivement têtes de liste.

Aux autres candidats, donnez-leur vos voix pour les aider à faire du poids à l’intérieur de leur parti politique. Mais qu’ils ne vous fassent pas croire que vos voix permettront leur propre élection. Donnez-leur directement vos suffrages (voix), ils pourront mieux défendre vos droits. Votez pour changer la, société. Votez pour changer le monde. Votez pour combattre le racisme, la négrophobie et l’islamophobie. Mais gardez-vous des discours des bonimenteurs, qui, à la veille de chaque élection, vous font des promesses pour les renier, et vous reniez le lendemain.

[1]– Mampaka Bertin : « Le royaume de Belgique n’est pas un ennemi. C’est un allié du Congo », Baudouin Amba Wetshi, 22 mai 2019 (https://www.congoindependant.com/mampaka-le-royaume-de-belgique-nest-pas-un-ennemi-cest-un-allie-du-congo/comment-page-1/….).

Un moment avec Michael Farkas

Michael Farkas: Président de la Table Ronde du Mois de l'Histoire des Noirs

Posted by LencreNoir.com on Thursday, May 23, 2019

Michael P. Farkas: le dandy de la Table ronde du mois de l’Histoire des Noirs

Mi-dandy, mi-épicurien, Michael P. Farkas, est une personnalité incontournable de l’environnement culturel et communautaire montréalais.  Président de la Table ronde du mois de l’Histoire des Noirs depuis 2009 et directeur de la maison des jeunes, Youth in Motion depuis 2008, Michael Farkas est ce que les Américains appellent le Self-Made-Man, c’est-à-dire  l’homme qui a acquis son statut social par son mérite personnel, en partant de rien ou avec peu de choses.

Entrevue avec Michael Farkas

Michael P. Farkas a grandi dans la ville de Mont-Saint-Hilaire dans sa famille adoptive avec une mère suisse, un père hongrois, et huit frères et sœurs issus de toutes les communautés culturelles du monde.

Cet environnement familial aux allures d’un sommet des Nations-Unies ne l’a pour autant pas protégé du racisme et du rejet. « C’est au secondaire que j’ai le plus souffert d’être le seul Noir. Bien que mes parents étaient aussi blancs, je n’étais pas autorisé à rentrer dans la maison de mes ami(e)s. » Consciente de la souffrance que cela générait chez son fils, sa mère lui répétait régulièrement cette phrase « Sois juste toi-même et puis, ça va aller. »

Difficile d’être soi-même, quand on ne sait pas qui on est réellement et qu’on a baigné dans autant de diversité. Cette quête identitaire l’a amené sur des chemins peu recommandables. Il aurait pu ne jamais s’en sortir, mais c’était sans compter sur sa résilience, le goût d’aider les autres et sa passion pour la musique. S’il y a bien un proverbe qui illustre la personnalité de Michael P. Farkas, c’est celui de Winston Churchill qui dit « l’échec n’est pas fatal, le succès n’est pas final. »  C’est ce que Michael Farkas tente à son tour de transmettre à ses enfants, ainsi qu’aux jeunes de l’organisation Youth in Motion.

Échos de la consultation sur le racisme et la discrimination systémique de Montréal

Le mercredi 15 mai 2019, l’Office de Consultation Publique de Montréal (OCPM), présidé par Dominique Ollivier, exécutait son mandat reçu de la Ville de Montréal de mettre sur pied une consultation sur l’état actuel du racisme dans la métropole québécoise.  Cette consultation publique réunissait près de 190 intéressés au Evo Hotel situé dans le centre-ville de Montréal.

Selon les derniers chiffres disponibles, un contexte offert par cette consultation dans un document qualifié « d’opaque » par une intervenante : à Montréal, 1 migrant sur 5 déclare avoir été discriminé. La propension est similaire chez la 2e génération. Plus du tiers de la population montréalaise s’identifie comme une minorité visible. De 2016 à 2017, on y note une hausse de 60% (194 à 311) des crimes haineux. De plus, un test de la Commission des Droits de la personne a permis de découvrir un taux de discrimination de 35 % à l’embauche lié au patronyme du candidat qui évoquerait une personne racisée. Ce qui explique surement que 17% des migrants chôment alors que chez les non-migrants le taux est de 8% selon le document.

Il est bon à savoir que l’initiative de cette consultation publique sur le racisme ne revient pas du tout aux élus montréalais et encore moins aux élus provinciaux qui ont reculé devant un tel projet l’année dernière, face à un électorat Blanc qui refusait de se faire taxer de « raciste » si poliment. Alors, tout ceci devait resté sous couvert avant l’initiative de Balarama Holness, un ancien sportif de haut niveau et un candidat défait de l’élection municipale de 2017, entouré d’une cinquantaine de jeunes et quelques organismes.

22 jeunes leaders déposant 22.000 signatures pour initier une consultation sur le racisme à Montréal

En utilisant le droit d’initiative qui permet d’obtenir une consultation publique par le dépôt d’une pétition qui devra recueillir 15.000 signatures en 90 jours, le groupe militant a réussi le tour de force d’imposer cette consultation sur le racisme à l’agenda. 22 jeunes leaders ont donc déposé ensemble 1000 signatures chacun dans les bureaux de la Ville.

L’organisation solennelle de cette consultation a donc permis aux Montréalais de poser leurs questions directement aux personnes concernées qui évoluent dans l’engin étatique municipal. Formule, deux questions que l’ont souhaite concises  par intervenant. Mme  Maryse Alcindor, native d’Haïti et récipiendaire de l’Ordre National du Québec (la plus haute distinction émise par le gouvernement du Québec) dispatchait avec discernement les questions vers qui de droit. La première au micro sera Linda Gauthier, une personne en état de handicap, non-racisée, qui se sentira exclue du débat puisqu’elle aussi discriminée. La seconde, une femme malentendante non-racisée confirmera cet état d’esprit pour une partie courte de l’assistance.

Suite à cela, la totalité des questions était formulée par une personne racisée qui en avait marre et dénonçait le racisme croulant dans la métropole québécoise. Norah Jones, Afro-Canadienne pur laine (ses racines canadiennes datent de 300 ans), demanda, sans réelle réponse reçue, comment réconcilier son fils de 12 ans qui souffre sévèrement du profilage racial mené par les forces policières. James Oscar, un grand gaillard de 49 ans né au Canada s’en est pris a l’écrasante culture blanche ambiante (musée, télé d’état…)  après avoir signifié son incompréhension de la séparation faite par la consultation entre Immigrants et non-immigrants.

Sacha-Wilky, un autre participant, a même déclaré que le terme « immigrants » est choquant. Il ne l’est pas et il sent que les Noirs sont d’éternels immigrants dans la nomenclature actuelle.  Balarama Holness, qui siégeait à cette consultation en a profité pour ajouter que le terme « minorité visible » suscite déjà débat dans les plus hautes instances puisqu’il standardise le Blanc et met tout le reste dessous.

Plusieurs thèmes comme l’emploi, la politique et l’accessibilité à cette consultation ont été soulevés lors de cette première journée de l’exercice citoyen qui s’est terminé quelques minutes après 22 h.  La consultation sur le racisme et la discrimination systémique se poursuivra aujourd’hui 16 mai 2019 à 19h au même endroit et pourra être consultée en ligne sur le site web de l’Office de Consultation Publique de Montréal (OCPM).

Le Tourisme Noir

J’adore voyager. Pour moi, le voyage c’est une nécessité, un besoin vital. Partir me permet de m’énergiser, de retrouver celle que j’aimerais être tous les jours. Je reviens toujours pleine d’espoir et d’idées pour la suite de ma vie. Tous n’ont évidemment pas ce besoin de voyager. Chacun trouve son propre soleil derrière ses nuages. Je me questionne cependant sur l’intérêt du voyage chez les Noirs.

En 2017, les pays le plus visités par les touristes  sont : 1. la France, 2. l’Espagne, 3. Les États-Unis. Pour l’Afrique le top trois est: 1. Le Maroc, 2.l’Afrique du Sud, 3. l’Égypte.

Durant nos expéditions, mon mari, éternel acolyte, et moi n’avons pas nécessairement rencontré beaucoup de Noirs. Pourquoi cela? Est-on plus intéressé par le voyage dépendamment de la couleur de notre peau? Peut-on davantage se permettre de voyager selon notre ethnie? Les Noirs vont-ils davantage dans certaines destinations que les autres ethnies? C’est ce à quoi j’ai tenté de répondre dans ma petite réflexion sur le Voyage Noir.

Tout d’abord, il faut se demander pourquoi les Noirs voyagent-ils? Si je me fie simplement aux gens que je connais, je répondrais  que les Noirs voyagent principalement pour visiter leur pays d’origine. Puisque je vis à Montréal, les Noirs que je connais, dont ma propre famille, sont ici parce qu’ils sont immigrants. La première génération peut avoir le besoin de retourner aux sources pour retrouver ce qu’elle a laissé derrière elle. Les générations suivantes semblent, quant à elles, en recherche d’elles-mêmes. La recherche existentielle passe parfois par le retour à une source qu’on n’a jamais vu, c’est un vrai pèlerinage. Cette réflexion m’amène donc à penser que les pays où il y a majoritairement des Noirs sont ceux vers lesquels notre communauté se tourne lorsqu’elle veut voyager.

Quant à la question, peut-on davantage se permettre de voyager selon notre ethnie, je répondrais que oui. Oui, parce que malheureusement, les Hommes discriminent énormément. Déjà, il est plus simple de voyager quand on est un homme qu’une femme. Bien que tous doivent  faire attention à leur sécurité, on ne se cachera pas que celle des femmes est fragile à bien des endroits dans le monde. Rajoutez à cela la couleur de peau et le racisme bien vivant qui peut se ressentir entre les membres d’un même peuple. Dans de nombreuses communautés, plus on est foncé, moins on est considéré. On ne pense alors pas à aller au bout du monde quand le coin de la rue peut être dangereux.

Finalement, je ne crois pas que l’on soit plus intéressé par le voyage selon la couleur de notre peau. Je crois simplement que les réflexions qui doivent être réalisées ne sont pas les mêmes quand on est Noir et qu’elles peuvent être si lourdes que certains d’entre nous laissent tomber l’idée de voyager à cause de la charge anxiogène que tout cela amène. Je comprends cette réflexion,  mais si on ne va pas frapper à la porte de l’Inconnu, on ne sera jamais le bienvenu chez lui. Le voyage Noir s’est passé outre ce que l’on peut penser de nous pour aller mettre de la couleur là où on ne s’y attend pas.

Mais le besoin de voyager ne s’inscrit peut-être pas en Nous à cause d’un mal qui se serait peut-être greffé à notre ADN : le déracinement causé par l’esclavage et la colonisation. Cette réflexion serait-elle exagérée ou bien plus simple que tous les remue-méninges possibles sur ce sujet?

Je vous laisse sur cette question jusqu’à notre prochain voyage ensemble.

Dans le cadre de la tournée mondiale, organisée à l’occasion de la sortie de son livre « Becoming », « Devenir, en français», Michelle Obama, a donné une conférence au Centre Bell, à Montréal, ce vendredi 3 mai 2019.

Michelle Obama, « DEVENIR » soi

Dans le cadre de la tournée mondiale, organisée à l’occasion de la sortie de son livre BecomingDevenir en français, Michelle Obama a donné une conférence au Centre Bell, à Montréal, ce vendredi 3 mai 2019. Devant un parterre de 15000 personnes, venues de tout le Canada et des États unis pour l’écouter, la femme la plus célèbre du monde, s’est adressée au public avec son cœur. D’une transparence et une lucidité étonnante, elle a partagé ses souvenirs, depuis sa naissance jusqu’à sa vie, à la Maison Blanche, en passant par son rôle de mère, d’épouse et de fille. Son principal message est un encouragement à l’auto-accomplissement et à la réalisation de soi.

Dans le cadre de la tournée mondiale, organisée à l’occasion de la sortie de son livre « Becoming », « Devenir, en français», Michelle Obama, a donné une conférence au Centre Bell, à Montréal, ce vendredi 3 mai 2019.

Dans le cadre de la tournée mondiale, organisée à l’occasion de la sortie de son livre « Becoming », « Devenir, en français», Michelle Obama, a donné une conférence au Centre Bell, à Montréal, ce vendredi 3 mai 2019.

Une femme, presque comme les autres.

Ce n’est pas ce que dit Michelle Obama qui est exceptionnel, c’est parce que c’est Michelle Obama qui le dit, que cela devient exceptionnel. L’actrice canadienne, Maya Judy, l’exprime assez bien: « Elle n’a rien dit que je n’ai pas entendu auparavant, sur le moment j’étais un peu déçue que ma tête n’ait rien appris de nouveau, mais c’est le lendemain que les bribes de ses paroles se sont révélées en moi. C’est au niveau du cœur qu’elle m’a touchée. »

C’est ce qui fait la force de Michelle Obama, elle ne joue pas avec les sentiments des personnes, elle est sincère et ça se sent. Bien qu’elle soit la femme la plus puissante du monde, quand elle s’exprime, on a l’impression, qu’elle s’adresse à chaque participante, de façon personnelle et individuelle. Elle sait de quoi elle parle, elle a vécu les mêmes situations.

Ses difficultés de couple ressemblent aux histoires de milliers de femmes à travers le monde. C’est d’ailleurs ce qui a le plus marqué une participante: « C’est fascinant de réaliser que Michelle Obama peut aussi avoir des problèmes de couple comme tout le monde, et qu’à certains moments, elle peut aussi avoir envie de balancer par la fenêtre son mari, qui n’est autre que le président des États-Unis.  Elle est comme moi, juste une femme, c’est fabuleux. »

Quant à Fabienne Devers, elle a été séduite par sa force et sa liberté de ton: « Je l’ai trouvé concrète, pragmatique, presque terre-à-terre, je me retrouvais dans son témoignage. Mais par-dessus tout, elle a démontré la force de la femme noire à travers les trois générations, sa mère, elle et ses filles. »

 Devenir soi, pour ne pas laisser les autres écrire votre histoire.

Consciente du caractère extraordinaire de son parcours et de ce qu’elle représente pour des millions de femmes. Le message de Michelle Obama est d’encourager, chaque personne à prendre, ou à reprendre le pouvoir sur sa vie, pour se définir et écrire son futur. « Si vous ne sortez pas, et ne vous définissez pas vous-même, vous serez rapidement et inexactement défini par les autres. »

Elle ne voulait pas être, juste la femme du président des États-Unis, ni, juste la première femme noire à la Maison Blanche. Pour cela, elle n’a pas hésité à bousculer les pratiques pour imposer son style, afin de ne pas laisser aux autres la possibilité d’écrire son histoire à sa place.

L’éducation des générations futures, surtout des filles est une de ses priorités. Elle veut utiliser son influence pour aider les jeunes à révéler leur plein potentiel et à trouver l’héroïne qui sommeille en chacun. Elle fait appel à la responsabilité des parents « Laissez chaque petite fille devenir ce qu’elle doit devenir, car juste avec des mots, vous pouvez la briser ou l’élever. »

Elle exhorte les jeunes femmes à faire un choix éclairé de leur futur mari ou du compagnon « A 20 ans, 30 ans, vous pensez tout savoir, mais vous ne savez rien. Ne choisissez pas un futur mari parce qu’il est beau, mais choisissez-le parce qu’il a de bonnes valeurs. »

 Inspirante, Heroïne, Leader, elle est un symbole.

Michelle Obama inspire tout le monde, elle est adulée par toutes les femmes, et par certains hommes. C’est d’autant plus frappant, car elle touche toutes les communautés, issues de toutes les classes sociales et de tous les âges. Dans un contexte politique mondial difficile, elle est inspirante, parce qu’elle montre le chemin et donne de l’espoir à toutes les générations.

À travers son parcours, elle a démontré que c’était possible, bien qu’elle n’ait pas été épargnée par les insultes racistes. Mais loin de s’en plaindre, elle a décidé d’en faire une force, d’agir pour faire évoluer les représentations qui pèsent sur les femmes noires. « Je voudrais que les filles qui m’idéalisent se rappellent que j’ai été traitée de singe à talons. »

Pour Raissa Sintcheu: « Michelle Obama est la figure du black excellence. Elle a montré qu’en tant que femme noire, on peut encore réussir et être une figure pour toutes les femmes, mais encore plus pour les femmes noires. »

Même son de cloche chez cette participante, « Michelle Obama, c’est vraiment une femme que j’adore, je lis ses livres et je regarde ses émissions. Elle m’inspire parce que c’est une femme noire qui a su réussir, montrer l’exemple, c’est vraiment un modèle. Car nous les femmes noires nous ne sommes pas assez illustrées dans les médias, on est souvent enfermé dans des clichés. Elle, elle a dit non, je vais réussir. C’est vraiment un symbole. »

Son énergie, sa liberté de ton et son intelligence ont conquis la salle. Chaque leçon de vie qu’elle a donnée est une leçon tirée de sa propre histoire. C’est ce qui donne autant de force et de crédit à sa parole. À sa manière, elle donne à chaque femme la force de devenir elle-même. Pour Sandra Kouassim, Michelle Obama est une héroïne: « Elle m’a permis de réaliser que j’étais capable, que j’avais de la valeur. »

Déjà vendu à plus de 10.0000.000 exemplaires et traduit dans plus de 30 langues,  Devenir pourrait battre tous les records de vente. Michelle Obama a reçu une avance de plus de 60 millions pour la publication de ce livre.

Louis Farrakhan, né Louis Eugene Walcott le 11 mai 1933 dans le Bronx à New York. Ses deux parents sont Antillais. Sa mère est de Saint-Christophe-et-Niévès et son père est Jamaïcain. Louis Farrakhan a organisé la Million Man March de Washington D.C en 1995.

Louis Farrakhan, un important militant afro-américain, est banni par Facebook

Louis Farrakhan, le leader charismatique de 85 ans du mouvement de la Nation of Islam, s’est vu retirer son accès au plus important réseau social au monde, Facebook.

Louis Farrakhan, né Louis Eugene Walcott le 11 mai 1933 dans le Bronx à New York. Ses deux parents sont Antillais. Sa mère est de Saint-Christophe-et-Niévès et son père est Jamaïcain. Louis Farrakhan a organisé la Million Man March de Washington D.C en 1995.

Louis Farrakhan, né Louis Eugene Walcott le 11 mai 1933 dans le Bronx à New York. Ses deux parents sont Antillais. Sa mère est de Saint-Christophe-et-Niévès et son père est Jamaïcain. Louis Farrakhan a organisé la Million Man March de Washington D.C en 1995.

Louis Farrakhan, photographié souriant auprès de Barack Obama, nommé homme de l’année en 2005 par Black Entertainment Television (BET) et fréquenté par toutes sortes de vedettes américaines, au-delà de l’organisation politico-religieuse de la Nation of Islam, est un des plus fervents défenseurs des droits des Noirs aux États-Unis. Avec son langage imagé, dans la tradition de Malcolm X, Farrakhan irrite une tranche de l’establishment. D’ailleurs, l’Anti-Defamation League (ADL, « Ligue antidiffamation »), une ONG juive américaine a étiqueté Louis Farrakhan, le proéminent défenseur des Droits des Noirs, d’antisémite.

Avec la décision de bannir son profil et ses commentaires de Facebook, qui compte 2.3 milliards de comptes actifs soumis aux idéaux de son fondateur Mark Zuckerburg, on se croirait aux premières places d’un film qui raconterait l’histoire d’une nation pantin de son despote. Mais ici, la réalité  dépasse cette fiction. La nation est élevée ici à l’échelle mondiale. Les dissidents du discours canonique des puissants et des médias qui leurs sont assujettis sont éliminés, effacés, non-existants. Il ne reste qu’un langage javellisé destiné à un public voulu en constant état de consommation par les puissants.

L’idée est que dans l’ère des monopoles, Facebook s’en fou des enjeux sociaux des Noirs. En 2017, Facebook fermait la page de NegroNews en prétendant unilatéralement qu’il incitait à la haine raciale. L’influent média français afrocentriste répondit dans un communiqué : « NegroNews n’est pas et ne sera jamais un média raciste, tout simplement car la haine d’autrui n’a jamais et ne fera jamais avancer une communauté. Cependant, force est de constater qu’il semble exister une inégalité des citoyens/… / N’est-il pas contraire à la Constitution d’empêcher une communauté de se réunir sur un réseau social afin de s’informer, s’inspirer, s’encourager, s’entraider et même s’aimer alors que cela est permis à d’autres ? Le communautariste est-il donc permis à toutes les autres communautés sauf la nôtre? Les Noirs ne peuvent-ils donc pas se réunir autour d’un sujet, d’une cause, d’un problème sans qu’ils soient surveillés, épiés, contrôlés par ceux qui se prétendent pourtant partisans de la liberté d’expression et d’opinion? »

Il y quelques mois seulement, Facebook refusa, même après contestation de notre part, que ce magazine web, L’Encre Noir, supporte ce simple titre Nike offre une ligne de vêtements à Colin Kaepernick sur sa plateforme. Apparemment ce n’est pas le genre d’information qui doit faire réfléchir son public ou ses commendataires.

Dans la liste noire de Facebook, on retrouve une panoplie d’individus louches comme David Duke, raciste assumé, membre du Ku Klux Klan et anciennement de la Chambre des représentants de Louisiane aux États-Unis. Amalgamer le mouvement des droits des Noirs à celui des Blancs est une indélicatesse crasse. Durant les 300 dernières années, les Afro-américains ont subi tous les outrages possibles. Pendus, décapités, violés, brûlés pour être aujourd’hui ségrégués et dévalorisés en plein sol américain, les mouvements de militantismes noirs se collent plus avec l’amour de soi comparativement celui des Blancs qui réclament la haine de l’autre (Noirs, Juifs et homosexuelles).

Plusieurs personnalités publiques ont pris la parole pour dénoncer ce qui semble être un nouveau musellement pour une grande partie de la population noire et musulmane si on y ajoute le bannissement du livre de Louis Farrakhan par Amazon, The Secret Relationship Between Blacks & Jews. Cet événement ajoute a l’animosité et suggère que le Noir n’a pas le droit  ou l’autorité d’écrire, raconter sa propre Histoire. Hier, le rappeur Snoop Dogg a appelé carrément au boycottage de la plateforme web de douze milliards de dollars. Snoop Dogg suivit par 35 millions de personnes sur Facebook a annoncé avec vigueur qu’il continuera à partager les propos de Louis Farrakhan sur son mur.

En 1987, les Flyers de Philadelphie ont érigé une statue de Kate Smith à l’extérieur de son aréna, le Spectrum. Elle fut recouverte puis enlevée en avril 2019 en raison des paroles racistes de certaines de ses chansons précédentes.

Une équipe de hockey professionnelle élimine une statue dérangeante

En 1987, les Flyers de Philadelphie inaugurèrent une statue de Kate Smith, une chanteuse porte-bonheur qui avec son God Bless America fait aligner victoires après victoire à l’équipe du Nord-est des États-Unis. Aujourd’hui, la sculpture est recouverte par un drap de la honte pour des chansons racistes vocalisées par la cantatrice.

En 1987, les Flyers de Philadelphie ont érigé une statue de Kate Smith à l’extérieur de son aréna, le Spectrum. Elle fut recouverte puis enlevée en avril 2019 en raison des paroles racistes de certaines de ses chansons précédentes.

En 1987, les Flyers de Philadelphie ont érigé une statue de Kate Smith à l’extérieur de son aréna, le Spectrum. Elle fut recouverte puis enlevée en avril 2019 en raison des paroles racistes de certaines de ses chansons précédentes.

Les Flyers de Philadelphie font leur entrée dans la Ligue Nationale de Hockey en 1967. Avant le match du 11 décembre 1969, l’équipe de hockey fait entendre une interprétation du God Bless America chanté par Kate Smith. Suivant cette victoire, l’équipe orange, noir et blanc choisira de faire entendre la chanson avant les matchs à domicile, de temps en temps. La perception était que l’équipe avait plus de succès à ces occasions, alors la tradition prit de l’ampleur.

Kate Smith, née dans l’État de Virginie en 1907 puis décédée d’un arrêt respiratoire en 1986, a pourtant vocalisé de bien douteuses mélodies durant sa carrière musicale. En 1931, elle rend célèbre la chanson That’s Why Darkies Were Born (C’est pour cela que les Noirs sont nés). La première strophe dérange :

Quelqu’un devait cueillir le coton,
Quelqu’un devait cueillir le maïs,
Quelqu’un devait faire l’esclave et pouvoir chanter,
C’est pourquoi les foncés sont nés.

Texte original:
Someone had to pick the cotton,
Someone had to pick the corn,
Someone had to slave and be able to sing,
That’s why darkies were born

Malgré tout cela, l’interprétation de Kate Smith de la chanson patriotique par excellence des Américains, le God Bless America, s’est vue porté par bien d’autres. Peut-être est-ce sa médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute décoration civile des États-Unis reçu en 1982 qui lissa son image,  mais toujours est-il que depuis la date du 11 septembre 2001, les Yankees de New York l’adoptèrent. A chaque septième manche, ils tourmentaient l’atmosphère du Yankee Stadium de la voix résonnante de Kate Smith. La plus ancienne franchise, la plus titrée,  de la Ligue Majeure de Baseball est aussi la première qui a choisi de se défaire de ce legs embarrassant, jeudi dernier, en retirant l’enregistrement de l’Oiseau chanteur du Sud de leur répertoire. « Les Yankees prennent très au sérieux les insensibilités sociales, raciales et culturelles. Et même si aucune conclusion finale n’a été tirée, nous penchons du côté de cette sensibilité. » annonce un porte-parole de l’équipe de baseball dans le Daily News.

Les Flyers ont tôt fait d’emboîter le pas. « Nous avons récemment appris que plusieurs chansons interprétées par Kate Smith contiennent des paroles offensantes qui ne reflètent pas nos valeurs en tant qu’organisation », laissent-ils couler dans un communiqué le jour suivant.   « Le principe de la LNH, ‘Le hockey est pour tout le monde ‘, est au cœur de tout ce que défendent les Flyers  », notifie le président de l’équipe de hockey de la ville de l’amour fraternelle, Paul Holmgren. « En conséquence, nous ne pouvons pas rester immobile pendant que des items d’une autre époque nous empêchent de devenir qui nous sommes aujourd’hui. »

La statue de Kate Smith qui avait été érigée à l’extérieur du Spectrum en 1987 puis déplacée lorsque l’aréna a été démoli a été recouverte vendredi d’un drap sombre puis retirée définitivement, le dimanche 21 avril 2019.

Rhodnie Désir

De l’art noir sans concession au M.A.I.

L’art enrichit nos vies, c’est bien connu. Durant trois semaines, du 8 au 27 avril 2019, le M.A.I. (Montréal, Arts Interculturels) tentera d’embellir la vôtre avec son exposition Black.Art.Empowerment.

Montréal, arts interculturels propose pour la première fois une série exceptionnelle dédiée aux arts des communautés noires. 3 semaines d’évènements où se succéderont les performances de 4 artistes internationaux interdisciplinaires, entourée d’un volet de 3 conférences autour des enjeux et des expériences relatives aux droits civils et à l’engagement social.

Montréal, arts interculturels propose pour la première fois une série exceptionnelle dédiée aux arts des communautés noires. 3 semaines d’évènements où se succéderont les performances de 4 artistes internationaux interdisciplinaires, entourée d’un volet de 3 conférences autour des enjeux et des expériences relatives aux droits civils et à l’engagement social.

Depuis le printemps 1999, le M.A.I. est un allié culturel pour les artistes qui cherchent un accompagnement dans leur démarche artistique tout en offrant aux Montréalais une vitrine sur un art qui bat au rythme des diverses cultures qui composent la métropole québécoise.

La série Black.Art.Empowerment a été segmenté en deux volets :  performances & conférences. Michael Toppings , directeur général et artistique du M.A.I. s’est occupé des performances et Rhodnie Désir est commissaire du volet conférence. Rhodnie, qui porte également le chapeau de présidente du conseil d’administration du M.A.I précise la pulsion de l’événement artistique qu’elle a elle-même conceptualisé : « C’est de faire sans demander permission, de poser là ou l’on est, le propos des communautés noires à Montréal, de prendre l’espace pour nous, pour s’élever et pour dire par l’art et le pouvoir de l’art. »

Les conférences exploreront quatre thèmes : I see, I speak, I do, I am movement. L’anglais est utilisé ici par préférence de la chorégraphe « J’ai choisi que les titres soient en anglais parce que c’est ce qui allait droit au but. C’est comme si dire ‘je parle’, pour moi cela ne donne rien de fort. I speak ca s’ancre.  L’anglais est une langue d’action, une langue de guerre. »

Le panel I speak où participait le documentariste Wiel Prosper  avait lieu le lundi 8 avril 2019, quelques minutes avant notre entretien avec Rhodnie. L’exercice a dévoilé devant une vingtaine de participants, des leaders Noirs inspirants qui ont marqué le temps (Thomas Sankara, Sheik Anta Diop) mais aussi, a réussi à mettre en lumière le leadership que nous possédons tous en nous. « Le but était de prendre des discours de leaders importants Noirs qui nous inspirent, de s’en inspirer pour réfléchir aujourd’hui à ce qu’on a envie d’écrire maintenant. » clarifie Rhodnie Désir.

Marikiscrycrycry au M.A.I le 9 avril 2019

Marikiscrycrycry au M.A.I le 9 avril 2019

Malik Nashad Sharpe, danseur chorégraphe, a déjà créé pour le English National Opera. Le jeune artiste noir affilié au monde queer sera la tête d’affiche les 17 et 18 avril 2019. Né à New York de parents natifs de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, le chorégraphe de 26 ans habite maintenant la ville de Londres où il a étudié la danse. « Quand j’ai étudié la danse au Royaume-Uni, dans le but de m’intégrer dans l’université, je devais mettre de côté mon histoire, ils n’étaient pas intéressés à mon style. Ils m’imposaient du ballet ou de la danse contemporaine, ces genres de techniques qui ne sont pas créés par des corps comme le mien. De plus, aucun de mes professeurs ne me ressemblait. On m’a même suggéré d’abandonner les choses que j’avais acquises. »

Aujourd’hui  la plus grande fierté du jeune chorégraphe connu aussi sous le pseudo : Marikiscrycrycry, est de continuer a faire des routines qui exposent le « blackness ». « Je tente de faire des chorégraphies qui humanisent le Noir le plus que possible, de toutes les manières possibles. »

La performance que Malik Nashad Sharpe offrira au M.A.I. s’intitule $elfie$. Cette pièce a été complétée il y a maintenant trois ans.« L’œuvre démontre un esthétisme du blackness et du queerness. J’ai créé cette pièce en 2016 alors que beaucoup de choses sont arrivées cette année-là dans le pays où j’ai grandi et le pays où j’habite maintenant. Donald Trump a été élu, le Brexit est arrivé. Je me suis demandé “comment vais-je traiter cela comme une personne qui est affectée par ces circonstances, puisque le racisme est plus manifeste qu’auparavant et l’hostilité se répand. Honnêtement, cela a un impact dans la façon dont j’évolue dans le monde /…/ Alors cette routine, “poursuit le chorégraphe” est une tentative de faire quelque chose qui est anti ceci, contre cela, en investiguant ma propre humanité ma une culture noire qui m’est si familière.

Marikiscrycrycry  termine avec ce souhait: “Une chose que je désire est que les Noirs qui ne sont pas habituellement en contact avec des performances, des musées, ce genre de choses, qu’ils viennent nous regarder et ils verront s’ils peuvent se retrouver dans notre oeuvre.

Une ribambelle d’acteurs, d’activistes, d’artistes seront aussi présents pour l’événement qui s’échelonne sur trois semaines. La bédéiste D. Mathieu Cassendo, Kapwani Kiwanga, Dorothy Alexandre, Pierre-Michel «Afternoon» pour ne nommer que ceux-ci.  “Attendez-vous à entrer dans un univers que vous ne connaissez même pas!” prévient Rhodnie Désir.

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