Plus on sait, moins on affirme

Fashion Show Mode 2017

Le Fashion Show Monde 2017 s’exhibe au Saint-James

Mené par Ama Design, présidé par la femme d’affaires très en vue Danièle Henkel, sous la direction attentive d’Yves de Lima, le Fashion Show Monde proposait un programme prodigieux pour s’incarner dans l’enceinte majestueuse du Théatre Saint-James ce samedi 16 septembre 2017.

Ce fut salle comble au plus prestigieux espace du Vieux-Montréal. Les places assises se raréfiaient bien avant que le show ne commence. Quelques spectateurs ont même dû apprécier le spectacle debout. Et malheureusement pour eux, ils n’ont pu se consoler sur les bouchées offertes par la maison qui étaient aussi rares que les chaises vides.

C'est salle comble au sixième Fashion Show Monde organisée par AMA Design le 16 septembre 2017 au Théatre Saint-James

C’est salle comble au sixième Fashion Show Monde organisée par AMA Design le 16 septembre 2017 au Théatre Saint-James

La foule miroitait l’éclatante communauté noire montréalaise.  Par applaudissement nourri, elle réclamait le début du show retardé de près de trente minutes. France Antoine et Myriam Mompoint, deux aficionados de la mode,  étaient présentes pour découvrir les coutures de Flerish par Carine Louis, une designer montréalaise qui trouve l’inspiration dans sa petite fille.

D’autres ont certainement été attirés par la présence attendue de Danièle Henkel, une mécène qui siège parmi les Dragons dans une émission téléréalité sur les ondes radiocanadiennes calquée sur l’émission américaine The Shark Tank. Malheureusement pour elles et eux, la femme d’affaires a offert dans une vidéo de cinq minutes de plates excuses pour expliquer son impossibilité d’assumer sa présidence de la soirée festive. On lira le lendemain dans le LaPresse Plus que celle qui était de tout coeur au Fashion Show Monde était en chair et en os à la Tohu, au Bal du Mac, un événement mondain, privé, ou vous ne pouvez que constater la nature du privilège blanc. Cet événement-bénéfice annuel est couru par les poches les plus profondes de la société québécoise et artistes en mal de visibilité.

21 h 30. Fondé en 2008, White label amorce la soirée en sensualité. Designée à Montréal par Evelyne Fay, la délicate collection pour hommes et femmes « assumés» fut toute en transparence. Evelyne Fay s’inspire de la musique pour créer. Puis Les Hommes de Fauvette et Mirmonde se sont réunis pour remontrer des morceaux de leurs collections qui ont triomphé dans des événements antérieurs avant que la soirée ne soit officiellement lancée.

Si la Chine est de plus en plus présente dans nos vies, elle l’est autant plus dans la mode africaine. Né en Cote d’Ivoire, Issa Sorogo pour la collection Saponé affichait des mannequins coiffés de chapeaux triangulaires, aux premiers abords un clin d’oeil au mythique chapeau asiatique, mais l’organisation a tenu à nous corriger sur ce point. C’était en fait des chapeaux Saponé, un héritage du Burkina-Faso. Beaucoup de tissus et lignes chez le designer qui vit aujourd’hui aux États-Unis.

Flerish de Carine Louis a beaucoup plu. Ses adorables jeunes mannequins y sont peut-être pour quelque chose puisqu’elles ont su éveiller les instincts maternels de l’assistance majoritairement composée de femmes . Se dévouant principalement aux fillettes, puisque son inspiration lui vient directement de son unique fille nous confia-t-elle, ses teintes se concentrent sur les orangés et jaunes agencés dans des tissus traditionnels africains. La Gabonaise, Chirlet Ella pour Cella Mode Emcha poursuivait dans cet élan en étendant ses créations aux adolescentes et adolescents.

Yves de Lima, fondateur et directeur artistique du Fashion Show Monde

Yves de Lima, fondateur et directeur artistique du Fashion Show Monde

Plus dans la sobriété, du Chili, Lucci Rojas pour Lushyne affichait une collection de prêt-à-porter pour adultes aux couleurs ombrageuses. Confectionnés à Montréal, ses habits de polyester, de nylon et de spandex, se marient jalousement aux corps. Pour les intéressés, quelques morceaux uniques sont actuellement disponibles dans sa boutique en ligne.

Phelicia Dell pour Vèvè collection représentait bien par son vêtement l’essence haïtienne. Sa collection dominée de blanc cassé respirait le bien-être et la joie de vivre. Chaque présentation était assortie d’un distingué sac ou était dessiné ce qui devait être un vèvè: sorte de symbole vaudou haïtien. Ava Paris embrassait la même palette de couleurs dans des habits pour juvéniles.

Les trois derniers designers, se sont tous déjà présenté à Montréal, soit pour la réussite Black Expo Design 2016, soit pour la mémorable la Black Fashion Week, ou encore la Semaine de la mode Caribéenne qui s’est tenu quelques mois plus tôt au Musée Grévin. Milly Lawrence pour Hot Needle démontre encore une fois un savoir-faire remarquable. Fourrure, dentelles, tout lui réussi. Fauvette Nacto pour Les Hommes de Fauvette décontenance une nouvelle fois avec des créations inspirées, inusitées, viriles, nuancées, pimpantes. Ses lignes et couleurs captent, frappent. Personnellement c’est ma préférée. Martial Tapolo allait clore la soirée avec de magistrales robes aux détails infinis. Robes de marié, robes de soirée, le génie de ce créateur de mode s’exclamait sous chacune de leurs coutures.

En plus l’invisible présidente Danièle Henkel, il est à noter l’absence de plusieurs designers pourtant annoncés dans le communiqué : Zineb Ammari, Kacem Sahl, l’excellent  AlphaO Bah, Mikaelle Merlin, Patrick Asso , Vickie Joseph. On espère découvrir pour la prochaine édition du Fashion Show Monde différents visages, acteurs, designers de l’inépuisable mode afro.

Pour la finale, mannequins, designers, distingués invités et conviés ont joyeusement partagé le plancher de danse jusqu’aux petites heures du matin.

Deux polémiques marquent les premiers jours de Macky Sall, quatrième Président de la République du Sénégal : sa visite à son homologue français, Nicolas Sarkozy, à quelques jours de sa défaite à la présidentielle française, et la publication de son patrimoine, dont les 1,3 milliard de Francs CFA étonnent.

Note critique à Macky SALL

Monsieur le Président,

Il est de notoriété publique que vous et à la grande majorité de vos hommes, femmes et jeunes ignorez carrément le sens du mot « générosité politique ». Cela s’est manifesté de manière flagrante lors des dernières investitures pour les Législatives ou vous vous êtes gavés de presque tous les postes. L’installation des Comités électoraux et la campagne au niveau local fut une affreuse douleur pour le Parti socialiste sénégalais (PS), tellement les militants de l’Alliance pour la République (APR) sont difficiles, incapables d’aucuns dépassement, voulant s’accaparer de tout. Triste scénario pour un Parti au pouvoir, mais compréhensible, car la culture politique, je dirai la formation politique, est un vaccin jamais pris chez bon nombre de vos militants.

Deux polémiques marquent les premiers jours de Macky Sall, quatrième Président de la République du Sénégal : sa visite à son homologue français, Nicolas Sarkozy, à quelques jours de sa défaite à la présidentielle française, et la publication de son patrimoine, dont les 1,3 milliard de Francs CFA étonnent.

Deux polémiques marquent les premiers jours de Macky Sall, quatrième Président de la République du Sénégal : sa visite à son homologue français, Nicolas Sarkozy, à quelques jours de sa défaite à la présidentielle française, et la publication de son patrimoine, dont les 1,3 milliard de Francs CFA étonnent.

Monsieur le Président,
Le dernier gouvernement, grosse forfaiture politique, ou vous vous en êtes déloyalement pris au PS en le privant du nombre de ministres à la hauteur de sa fidélité à la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY), de ses sacrifices et de tous les efforts consentis pendant les dernières joutes électorales est inacceptable et démontre une fois de plus l’incapacité de l’APR et de ses leaders à respecter foncièrement leurs alliés. Être nommé chef ne suffit jamais à asseoir un pouvoir. Vous le savez certainement, encore que la soif du monarque n’est pas étanchée.

Monsieur le Président,
L’apport significatif du Parti Socialiste qui a joué pleinement sa partition lors des dernières élections législatives, particulièrement à Dakar, n’était pas à négliger. En effet, tous les Maires socialistes qui s’étaient engagés dans cette bataille électorale ont gagné leur commune avec un écart de deux mille quarante une (2.041) voix pour Jean Baptiste DIOUF de Grand Dakar, mille trois cent soixante-dix-neuf (1.379) voix pour le doyen Doudou Issa Niasse de Biscuiterie, mille deux-cent vingt une (1.221) voix pour Alioune NDOYE de Dakar-Plateau et trois cent quatre-vingt-quinze (395) voix pour Amadou Samba de Camberène. De même, sur un différentiel positif de deux mille sept cent cinquante-quatre (2.754) voix de Benno Bokk Yaakaar (BBY) à Dakar, le Parti socialiste a apporté cumulativement cinq mille trente-six (5.036) voix.

En outre, il y a le travail considérable des autres responsables socialistes qui ont participé activement à la victoire de notre liste à Dakar : Babacar SARR à Ouakam, Idrissa NDIAYE à Yoff, Mamadou WANE aux Parcelles Assainies, Latyr DIAGNE à Fass Gueule-Tapée Colobane, Ousmane FAYE à Hann Bel-Air. Et encore que je ne vous ai rappelé ici que les résultats de Dakar dont vous avez bien connaissance.

Monsieur le Président,
Ce n’est pas parce que le baobab ne court pas que le sol n’en ressent pas le mouvement. De futures joutes pointent à l’horizon et vous n’aurez qu’à vous en prendre à vous-même si vous continuez à arbitrer de la sorte. Il n’est pas question que le PS se laisse affaiblir à cause de notre compagnonnage avec la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY). La jeunesse prendra ses responsabilités.

En tout cas celle de mon Parti vous le fera sentir. Et croyez-moi ceci n’est pas que parole d’un jeune politique. Et rassurez-vous, même dans vos propres rangs « apéristes », le vote sanction et l’inaction seront monnaie courante car vous semblez être le seul à comprendre votre arithmétique collaborative. Votre jeunesse, la jeunesse de votre Parti, est même désabusée et marche à tâtons.

Monsieur le Président,
Je ne me laisserai pas museler et si cette posture est pour vous une offense voire un crime à votre égard alors que votre police vient me chercher. De toute façon, je ne serai pas le dernier à qui vous tenterez d’imposer le silence parce qu’apparemment vous vous sentez si souvent offensé en tant que chef de toute une nation, de quatorze millions de sénégalais.

En ce sens, vous avez encore beaucoup à apprendre du Président Ousmane Tanor DIENG. Laissez respirer le peuple. Laissez s’exprimer la population et occupez-vous de relever les défis de son insatisfaction au lieu de la bâillonner à tour de bras et à chaque éternuement. Thomas SANKARA ne prévenait-il pas que « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple ! ».
Monsieur le Président,

Le PS est un fidèle allié. Souvenez-vous-en. La politique n’est pas une caresse et demain il fera jour. J’ose espérer que vous me comprenez.

La zone franc rassemble quinze États africains, dont douze nations, anciennement sous le joug colonial français en Afrique de l'Ouest et du Centre.

Expulsé du Sénégal pour avoir brûlé un billet de 5,000 francs CFA

L’activiste franco-béninois, Stélio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kémi Séba, bien connu pour ses prises de position anti-impérialisme, se voit expulsé par un décret ministériel rendu public le 6 septembre 2017 du sol sénégalais pour avoir mis le feu à un billet de franc CFA.

La zone franc rassemble quinze États africains, dont douze nations, anciennement sous le joug colonial français en Afrique de l'Ouest et du Centre.

La zone franc rassemble quinze États africains, dont douze nations, anciennement sous le joug colonial français en Afrique de l’Ouest et du Centre.

L’accusation exacte émanant du document officiel du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique sénégalais est « destruction volontaire et publique par le feu d’un billet de banque ayant cours légal ».  Ce qui ferait de M. Séba :  « une menace grave pour l’ordre public. »

L’utilisation du Franc CFA par les puissances africaines aura toujours sa part de polémique. La monnaie initialement baptisée en 1945 Colonie Françaises d’Afrique  se masque aujourd’hui sous une appellation plus digeste: franc de la Communauté Financière d’Afrique. Pourtant, ce billet n’a rien d’Africain. Un peu comme pour le dollar américain qui se fait imprimer à gogo par la Fed, une nébuleuse hors du contrôle du gouvernement américain, le franc CFA se fait reproduire hors de tout regard africain, en toute lassitude, dans un village de l’ex-colonisateur français.

Cette histoire dépasse donc de loin Kémi Séba selon M. Hery Djehuty, coordinateur de l’ONG urgences panafricanistes annonce sur le web qu’un grand rassemblement était prévu le 16 septembre 2017 pour contesté cette monnaie imposée qui pérennise l’étreinte de la France dans l’économie africaine.

Seydi Gassama, Chef de la direction d’Amnesty International, sur les ondes de radios sénégalaises qualifie cette expulsion de déportation puisque M.Séba aurait du être notifié puis jouir d’un moment pour avoir le temps d’introduire un recours en bon et du forme.

Quelques jours après l’arrestation de M. Séba à Dakar, à Paris, le 31 aout 2017, le Président ivoirien , Alassane Ouattara, flanqué d’Emmanuel Macron, son homologue français qui tous deux jouissent d’une autre vie de banquier, n’ont pas hésité a vanter la zone franc, voire élargir sa domination sur le territoire africain. « Un total mépris de la souffrance africaine. » selon M. Hery Djehuty, « Un cracha jeté à la figure de tous les Africains. »

Plusieurs grands chefs d’État africains se sont rebellés contre l’utilisation de cette devise étrangère :

Sylvanus Olympio, premier Président du Togo, il est assassiné dans un coup d’État, soutenu par la France , par Gnassingbé Eyadema qui gardera le pouvoir près de 38 ans.  Aujourd’hui, son fils, Faure Gnassingbé Eyadéma  est encore au pouvoir et le FCFA est encore en vigueur au pays.

Thomas Sankara, éminent anti-impérialiste est assassiné dans un coup d’État par Blaise Compaoré qui conservera le pouvoir 27 ans. M. Compaoré a rétabli les relations avec la France qui s’étaient détériorées.  En avril 2006, le Comité des droits de l’Homme des Nations unies a condamné le Burkina Faso pour refus d’enquêter sur les circonstances de la mort de Thomas Sankara (et d’en poursuivre les responsables). Évidemment, le Burkina Faso est toujours sous l’influence du franc CFA.

En 1985 et 1997 respectivement, les deux narcos états d’Afrique, la Guinée équatoriale et la Guinée Bissau rejoignent la zone CFA. En Guinée équatoriale, le Président Teodoro Obiang tient le pouvoir jusqu’à ce jour, d’un règne de plus de 38 ans.

L’action de Kémi Séba n’était pas seulement dirigée contre la France, mais cela s’adressait également aux dirigeants africains accusés par ces militants d’être complices de la France. Kémi Séba « s’est fait aussi remarquer pour les propos désobligeants contre des chefs d’État et dirigeants africains et envisagerait de mener des actions préjudiciables à l’ordre public en appelant à des rassemblements intempestifs sur la voie publique », a encore jugé le ministère.

Le Président angolais João Lourenço

Après 38 ans, l’Angola met au pouvoir un nouveau Président

Pour les élections présidentielles du 23 aout 2017, le Président angolais José Eduardo dos Santos a choisi, contre toute attente, de ne pas se représenter comme candidat.  Placé au pouvoir depuis 1979, l’homme fort du pays lusophone contraste avec les quelques irréductibles qui s’accrochent aux commandes des pays africains.  Un jusqu’au-boutisme qui heureusement se raréfie sur le continent noir.

Le Président angolais João Lourenço

Le Président angolais João Lourenço

José Eduardo dos Santos  était après le Président  équatoguinéen, le chef d’État toujours en fonction qui a conservé le plus longtemps le pouvoir. Notons que l’écart entre ces deux indéboulonnable n’est que de quelques semaines. 10 septembre 1979 pour de Santos,  3 août 1979 pour Teodoro Obiang.

A ce qu’on dit, le pouvoir corrompt, s’il ne corrode pas…

En République Démocratique du Congo, les 17 ans de pouvoir de Joseph Kabila, successeur de son père Laurent-Désiré Kabila assassiné, ne l’empêchent en rien de repousser continuellement ses élections présidentielles à cause de problèmes « logistiques ».

Aucune entrave pour Paul Kagame qui vient tout juste de remporter son élection le 4 aout 2017 avec 98,79% des voix, puisqu’il fait amender la Constitution du pays 2015 afin de s’autoriser un troisième mandat de sept ans. Quand même, cette élection marque la première fois de l’histoire du pays qu’un parti d’opposition est autorisé à participer à une élection présidentielle.  Avec sept autres années au pouvoir au Pays des mille collines M. Kagame comptera près de 25 années de pouvoir. Il est à souligner que Kigali, connu comme la ville la plus propre d’Afrique, malgré le désastre du génocide de 1994, rencontre un essor économique important.

Au Zimbabwe, à 98 ans Robert Mugabe ne démord pas.  Président depuis le 31 décembre 1987, il est le plus âgé des chefs du monde en exercice. Malgré un incontestable aura de dictateur qui plane sur lui, les élections au Zimbabwe n’en ont pas moins été considérées « honnêtes et crédibles », en 2013, par les observateurs de l’Union africaine chargés d’en observer le déroulement. Anticolonialiste, le père de l’indépendance de l’ancienne colonie britannique de Rhodésie du Sud est dans la mire des pouvoirs occidentaux selon un câble de Wikileaks.

Teodoro Obiang, le plus ancien chef d’État africain en exercice, est à la tête de la Guinée équatoriale depuis 1979. Il est le neveu du premier Président du pays Francisco Macías Nguema de qui il s’accapara le pouvoir par la force militaire. Ce dernier sera exécuté le 3 aout 1979. En février 1997, l’International Narcotics Board, dans son rapport officiel, plaça la Guinée équatoriale parmi les neuf narcoÉtats africains. La Dépêche internationale des drogues, publiée par l’observatoire géopolitique des drogues de Paris, publia en août de la même année : « Depuis 1988, plus d’une dizaine de diplomates ou membres de la famille présidentielle ont été arrêtés à cause du trafic des drogues dans différents pays. ». Obiang-fils surnommé Teodorin, ancien diplomate aux États-Unis, y a été arrêté en février 2001 pour détention illicite et introduction illégale de drogue aux États-Unis et n’a dû son salut qu’à son immunité diplomatique (l’affaire est étouffée). Teodorin a fréquenté la rappeuse Eve qu’il nomma présidente, trésorière et directrice financière de son entreprise-écran Sweet Pink.

L’apparence éthique du tournant angolais, troisième puissance du continent africain, demeure selon les pronostics, que fumée. Le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), le parti au pouvoir, conservera ce privilège. Après avoir tenté d’installer son fils, José Filomeno de Sousa dos Santos, puis un ami redevable,  le dauphin de dos Santos, João Lourenço est le candidat du parti et nouveau Président élu.

Les finalistes prometteurs de 14 pays se partageront les 100 000 dollars du Prix Anzisha 2017, récompense prestigieuse décernée aux plus jeunes entrepreneurs africains.

Quinze jeunes entrepreneurs africains en devenir vont mettre leurs talents au service du continent

Quinze jeunes entrepreneurs africains ont été sélectionnés comme finalistes parmi plus de 800 candidats pour la septième édition consécutive du Prix Anzisha, récompense prestigieuse décernée aux plus jeunes entrepreneurs africains. Soutenue par l’African Leadership Academy (ALA), en partenariat avec The Mastercard Foundation, le Prix Anzisha encourage et rend hommage à la nouvelle génération de jeunes leaders africains de l’entrepreneuriat qui créent de l’emploi, résolvent les problèmes de développement locaux et sont des moteurs de l’économie. Sélectionnés parmi 14 pays, environ la moitié des candidats sont de jeunes femmes représentant des secteurs aussi divers que les énergies renouvelables, l’agriculture, le recyclage des déchets et l’émancipation des jeunes. Pour la première fois, des candidats d’Angola, du Liberia, de l’île Maurice et du Soudan participaient au concours.

« Nous nous réjouissons de constater que parmi les finalistes se trouvent de nombreuses jeunes femmes et nous sommes enchantés que le prix contribue à leur émancipation économique. », déclare Melissa Mbazo, responsable du Prix Anzisha. « La réussite de ces entreprises ayant à leur tête des femmes sera accélérée grâce à l’accompagnement pratique et financier fourni par le Prix Anzisha. »

Les finalistes prometteurs de 14 pays se partageront les 100 000 dollars du Prix Anzisha 2017, récompense prestigieuse décernée aux plus jeunes entrepreneurs africains.

Les finalistes prometteurs de 14 pays se partageront les 100 000 dollars du Prix Anzisha 2017, récompense prestigieuse décernée aux plus jeunes entrepreneurs africains.

Parmi ces jeunes innovateurs, on trouve la Libérienne Satta Wahab,fondatrice de Naz Naturals, une société de cosmétiques qui crée des produits capillaires bio permettant aux femmes et jeunes filles de se sentir belles et d’avoir confiance en elles avec leurs cheveux naturels. Le groupe de finalistes inclut également la Sud-Africaine de 21 ans Maemu Lambani, jeune propriétaire d’une agence de marketing digital ; et  Thowiba Alhaj, la fondatrice de Work Jump-Up Sudan, un organisme qui assiste les étudiants en université en leur donnant accès à des offres d’emploi.

« Le calibre et la diversité des jeunes hommes et femmes concourant cette année au Prix Anzisha est impressionnante et progresse chaque année », déclare Koffi Assouan, responsable du programme Moyens de subsistance des jeunes chez The MasterCard Foundation. « Plus le groupe des lauréats du Prix Anzisha augmente, plus son impact et son influence sur les communautés et les économies locales s’intensifie. »

Les finalistes se rendront à Johannesbourg pour participer à un atelier de 10 jours dédié au leadership entrepreneurial où ils seront coachés sur la manière de présenter leur entreprise à un panel de juges pour gagner une partie des 100 000 dollars de prix et d’accompagnement. Le grand gagnant du prix recevra 25 000 dollars et les 2e et 3e places, respectivement, la somme de 15 000 et 12 500 dollars. Le reste du prix sera partagé entre les finalistes exceptionnels, notamment un prix de l’agriculture d’une valeur de 10 000 dollars financé par la fondation Louis Dreyfus, ainsi que quatre prix challenge de 5 000 dollars destinés à soutenir les projets de précédents finalistes du Prix Anzisha. Tous les autres finalistes recevront chacun des prix d’une valeur de 2 500 dollars.

Ils bénéficieront également de l’unité de soutien des jeunes entrepreneurs (Youth Entrepreneur Support Unit / YES-U) de l’ALA, qui propose des services de conseil et de formation aux finalistes du Prix Anzisha. Cela comprend l’atelier Anzisha Accelerator, des services d’accompagnement et de conseil, des opportunités de voyage pour développer ses réseaux et du matériel pour l’entreprise, d’une valeur d’environ 7 500 dollars.

Les finalistes seront évalués par un panel de cinq juges expérimentés ayant contribué au développement du jeune entrepreneuriat en Afrique, parmi lesquels Wendy Luhabe, pionnière de l’entrepreneuriat social et militante économique.  Les lauréats seront annoncés lors d’une soirée de gala inspirante, le 24 octobre, qui comprendra un discours du « serial entrepreneur » Fred Swaniker,fondateur de l’African Leadership Academy et de l’African Leadership University.

Les finalistes 2017 du Prix Anzisha Prize:

1. Ajiroghene Omanudhowo, 22 ans, Nigeria: Ajiroghene est le fondateur de trois entreprises exploitées par la société mère 360 Needs. ASAFOOD livre des denrées alimentaires aux universités, ASADROP est une société logistique spécialisée dans la livraison de colis et Beta Grades aide les étudiants à préparer leurs examens en leur proposant une formation informatique.

2. Victoria Olimatunde, 15 ans, Nigeria: Victoria est la fondatrice de Bizkids qui enseigne aux lycéens la culture financière, l’épargne, la gestion financière et la gestion des petites entreprises. Bizkids encourage les jeunes à créer leur emploi en qualité d’entrepreneur et pas seulement à rechercher un poste en tant qu’employé.

3. Dina Mohamed Ibrahim, 22 ans, Egypte: Dina est l’une des fondatrices de Metro Co-Working Space, une société qui loue des espaces de travail aux entrepreneurs et propose des ateliers et des ressources pour leur permettre de réussir.

4. Edgar Edmund, 17 ans, Tanzanie: Edgar est le fondateur de GreenVenture Tanzania dont l’objectif est de recycler les déchets plastiques en matériaux de construction bon marché tels que des pavés. GreenVenture aide les populations à construire des maisons tout en encourageant la durabilité environnementale.

5. Fadwa Moussaif, 22 ans, Maroc: Fadwa est la fondatrice de Boucharouette Eco Creation (B.E.C.) qui permet aux femmes autochtones de devenir indépendantes en utilisant des tissus de qualité pour faire revivre l’art de la fabrication de tapis Boucharouette.

6. Gerald Matolo, 20 ans, Kenya: Gerald est le fondateur d’Angaza Africa Technologies, une entreprise qui fabrique des machines de briquetage, des fours de carbonisation des déchets solides et qui traite les briquettes de biomasse.

7. Ibrahima Ben Aziz Konate, 22 ans, Côte D’Ivoire: Ibrahima est la fondatrice de Poultry d’Or, une entreprise qui traite et distribue les produits volaillers et agroalimentaires le même jour.

8. Ignatius Ahumuza, 21 ans, Ouganda: Ignatius est l’un des fondateurs d’Art Planet Academy, entreprise qui propose une formation agricole pratique dans les écoles. Art Planet crée et innove dans le domaine des technologies d’exploitation agricole favorables au climat, les teste dans des fermes de démonstration et les intègre dans un cursus de formation agricole pratique.

9. Jessan Kumar Persand, 22 ans, Ile Maurice: Jessan est le fondateur de Crab Aquaculture Project (Jessan Seafood), une entreprise d’élevage des crabes. Il produit environ 2 000 crabes par mois, vendus aux hôtels et restaurants.

10. Maemu Lambani, 21 ans, Afrique du Sud: Maemu est la fondatrice de Fearless Trendz, une agence de marketing digital dont la finalité est de faire rayonner les entreprises locales et en expansion au niveau international à l’aide des réseaux sociaux.

11. Moonga Chowa, 22 ans, Zambie: Moonga est la fondatrice de Chilimba, une plateforme mobile qui fonctionne sur tous les téléphones mobiles et permet aux groupes d’épargne de gérer leurs contributions de manière efficace et transparente, facilitant ainsi leur migration vers un argent électronique plus sécurisé.

12. Rebecca Andrianarisandy, 20 ans, Madagascar:Rebecca est la fondatrice de GasGasy qui fournit un engrais biologique durable et écologique fabriqué à Madagascar pour les Malgaches. Il est plus facile à vaporiser sur les cultures car c’est un engrais liquide. GasGasy fait office d’insecticide et préserve les sols.

13. Satta Wahab, 21 ans, Liberia: Satta est la fondatrice de Naz Naturals, une société de cosmétiques libérienne qui crée des produits capillaires bio à partir de beurre de karité non raffiné permettant aux femmes et jeunes filles de se sentir belles et d’avoir confiance en elles avec leurs cheveux naturels.

14. Thowiba Alhaj, 20 ans, Soudan: Thowiba est l’une des fondatrices de Work Jump-Up Sudan, un organisme dont la finalité est d’assister les étudiants à l’université en leur donnant accès à des offres d’emploi. Son activité principale consiste à rechercher des employeurs potentiels et à les encourager à proposer aux étudiants des emplois à temps partiel.

15. Vicente Zau, 19 ans, Angola: Vicente est le fondateur de Vicente News Company, une plateforme en ligne qui a pour but de promouvoir la musique africaine, et en particulier, la musique angolaise, sur l’ensemble du continent, pour encourager son exportation vers les pays étrangers.

Pour être au courant des dernières actualités, rencontrer les finalistes, en savoir plus sur leur entreprise, et regarder le gala de remise des prix en direct sur YouTube.

À propos du Prix Anzisha
Le Prix Anzisha est décerné par l’African Leadership Academy en partenariat avec The Mastercard Foundation. Par l’intermédiaire de ce prix, les organisateurs aspirent à catalyser l’innovation et l’entrepreneuriat d’envergure chez les jeunes sur l’ensemble du continent.

Porgy and Bess réunit aussi Gardy Fury (ténor), Justin Welsh (baryton) et Janai Brugger (soprano), ainsi qu’un chœur sous la direction de Andrew Megill, dans une mise en espace d’Oriol Tomas. Le comédien André Robitaille, également porte-parole 2017 du Festival, en assurera l’animation.

Porgy and Bess: l’opération charme de l’OSM envers la diversité montréalaise

Dans le cadre de sa 6e Virée Classique, l’Orchestre Symphonique de Montréal (OSM) présente un concert gratuit ou les Noirs seront à l’honneur. Porgy and Bess du compositeur américain George Gershwin sera dirigé par maestro Kent Nagano.

 Porgy and Bess réunit aussi Gardy Fury (ténor), Justin Welsh (baryton) et Janai Brugger (soprano), ainsi qu’un chœur sous la direction de Andrew Megill, dans une mise en espace d’Oriol Tomas. Le comédien André Robitaille, également porte-parole 2017 du Festival, en assurera l’animation.

Porgy and Bess réunit (du haut vers le bas) Will Liverman, Gardy Fury (ténor), Justin Welsh, Janai Brugger (soprano), Marie-Josée Lord, ainsi qu’un chœur sous la direction de Andrew Megill, dans une mise en espace d’Oriol Tomas. Le comédien André Robitaille, également porte-parole 2017 du Festival, en assurera l’animation.

Plusieurs têtes d’affiche de ce concert en plein air sur l’opéra de Porgy and Bess sont issues des communautés racisées.  On y retrouve entre autres Will Liverman, Marie-Josée Lord, Gardy Fury, Justin Welsh et Janai Brugger. C’est bien par la force des choses que ces talents se réunissent dans cette pièce des années 30 puisque l’opéra raconte l’histoire de Porgy, un mendiant noir estropié vivant dans les taudis de Caroline du Sud, qui tente de sauver Bess des griffes de Crown, son concubin, et de Sportin’Life, un dealer qui voudrait la prostituer. Rien de très valorisant pour ce spectacle familial. Une option très peu originale pour mettre en scène la communauté noire en 2017.

Porgy and Bess, un opéra que « Maestro Nagano souhaitait présenter depuis très longtemps » d’après le communiqué de l’OSM, demeure un choix controversé. Trempant profondément dans le stéréotype racial du genre: les Afro-américains vivent dans la pauvreté, prennent de la drogue, se battent pour résoudre leurs différents, l’acteur Harry Belafonte refusa d’interpréter Porgy dans un film des années 50. L’opéra rencontre de persistantes critiques des mouvements pour les droits des Noirs.

« C’est une adaptation de 90 minutes du célèbre opéra qui sera présentée en ouverture de la Virée classique OSM, tout en respectant l’esprit du compositeur américain et en proposant ses plus beaux extraits. » préviens le communiqué.

On peut remarquer la tentative de l’OSM de jouer la carte inclusive.  Plus tôt cette année, l’orchestre des Montréalais a eu l’audace de présenter une programmation 2017-18 dénudée d’un bout à l’autre de femmes ou d’hommes issus de la communauté noire.  Porgy and Bess de George Gershwin, un auteur aux racines juives et russes, proposé a l’extérieur des murs de l’enceinte de la Maison Symphonique, pourra peut-être sensibiliser, la communauté noire et juive, deux publics qui boudent les guichets de l’OSM, à tendre l’oreille.

L’ensemble de l’audience montréalais ne peut qu’attendre que l’Orchestre Symphonique de Montréal embrasse une réelle diversité à l’intérieur de son organisation, ses musiciens et ses prestations régulières. L’idée de présenter l’opéra de Porgy and Bess démontre peut-être un certain intérêt envers les autres communautés que celles qui à l’habitude des estrades de la Maison Symphonique. Mais ceci dénote aussi le manque de créativité, d’audace, de courage afin que la représentativité soit permanente et surtout visible partout où rayonne l’orchestre montréalais. Avec le départ de Kent Nagano annoncé en 2020, on espère que les efforts persévéreront pour assurer l’originalité de la diversité montréalaise au sein de l’organisme culturel.

Ce spectacle plein-air au Parc olympique est le coup d’envoi de la 6e Virée Classique de l’Orchestre Symphonique de Montréal qui aura lieu du 10 au 13 août 2017.

S'il avait a choisir entre changer de visage chaque jour en faisant du stand-up ou la célébrité, Trevor Noah pencherait pour le stand-up. « La célébrité est l'ennemi de la comédie...»

Une discussion avec Trevor Noah

Jeune, charmant, drôle, tout semble avoir réussi à Trevor Noah. Sa carrière professionnelle l’amène à 33 ans dans les nues. Dans le cadre du festival Just For Laughs (la contrepartie de Juste Pour Rire en anglais), le Sud-africain s’amène à Montréal le temps d’une discussion.

S'il avait a choisir entre changer de visage chaque jour en faisant du stand-up ou la célébrité, Trevor Noah pencherait pour le stand-up. « La célébrité est l'ennemi de la comédie...»

S’il avait a choisir entre changer de visage chaque jour en faisant du stand-up ou la célébrité, Trevor Noah pencherait pour le stand-up. « La célébrité est l’ennemi de la comédie…»

Salle comble dans le Grand Salon Opera de l’hôtel Hyatt, ce samedi 29 juillet 2017 à midi. Trevor Noah, présentateur de l’émission satirique new-yorkaise The Daily Show présente son spectacle In Conversation with Trevor Noah. Le tableau prend plus l’aspect d’une amicale discussion entre Noah et son coanimateur Richard Crouse, un animateur télévision de la Nouvelle-Écosse.

Durant la dernière campagne américaine, Trevor Noah fut l’un des plus critiques de Donald Trump. « Il est comme de la cocaïne. Blanc, il rend dingue et on peut facilement en faire une overdose.» alignera Noah récipiendaire du comédien de l’année par le festival Just For Laughs (JFL) la veille. La foule a donc eu droit à sa dose de Trumpmania, puisque les premières minutes du show étaient consacrées au Président américain.

Avec le recul, il en rit. « Trump fait tellement de conneries que tu ne sais pas laquelle regarder. » Trevor qui prends la barre du Daily Show à l’heure où les bulletins d’infos font leur prêche, affirme être en constante réécriture. Parfois même, lui et son scripteur (un Ougandais, un superAfricain dira-t-il) se permettent une blague sur un événement de toute dernière minute. Étant non-américain, comme il aime le rappeler, sa vision de la politique américaine en est courbée. C’est sans complexe qu’il compare Trump à Berlusconi ou Mugabe au Zimbabwe.

Ce que ce Trevor Noah, fils d’une Sud-africaine noire et d’un Suisse blanc au temps de l’apartheid, voulait surtout partager avec les spectateurs est sa joie de vivre. Il estime qu’il a gagné à la loterie de la vie. Il fait ce qu’il aime. Il a sincèrement oublié comment la vie était dure dans son jeune temps. « Tout ce qui se passe maintenant n’est que du bonus. » Les problèmes qui se présentent désormais devant lui sont des ennuis de gens de first world country. « On est poussé à désirer. Nous n’avons pas assez de vêtements, d’argent, d’espace dans votre maison. Les gens des pays plus pauvres, comme les Cubains sont relativement plus heureux que les gens de pays plus développé. Je crois que c’est parce que quand tu viens d’un endroit où tu ne possèdes rien, étrangement, tu te concentres sur ce que tu as. »

Les leçons de vie qu’il a encaissé, sa vie avec sa mère qui connait la Bible du bout des doigts, sa grand-mère à Soweto, l’impact de son père sur lui, tout cela est raconté dans un livre: Born a Crime stories from a south african childhood. Ce recueil prend la forme d’essais, d’idées, cimenté par la relation de Trevor Noah et de sa mère. « C’est le livre de ma mère, je n’y suis qu’un acteur. » constatera Trevor après  une première lecture du document. Au-delà de leur gout et personnalité, l’exercice d’écriture lui a permis de réellement connaitre la vie de ses parents:  établir le contexte de la rencontre, les sentiments qui les ont liés, leurs pensées. Un peu comme une approche journalistique à sa propre vie.

À la fin du spectacle, qui est arrivée très vite, le public encore très vif, a eu droit à quelques questions personnelles pour satisfaire leur curiosité pour cerner le personnage. Son meilleur invité au Daily Show? Jennifer Lopez.

En plus de son émission, ses vidéos virales sur Facebook, Trevor Noah parcourt l’Afrique du Sud et les États-Unis avec un stand-up qu’on annonce hilarant. Ses spectacles affichent déjà presque tous complets jusqu’en décembre 2017.

Que connaissez-vous des Noirs dans l’industrie du cinéma?

Le cinéma, le septième art, est universelle et bien propre à chaque culture. D’Afrique, d’Amérique ou d’Europe, les Noirs ont su s’approprier ce médium qui bouleverse les sociétés.

Dès le cinéma des frères Lumières, les Noir étaient sur les écrans. Comment ont-ils évolués dans le grand écran? Devant et dernière la caméra, arrive-t-il désormais à raconter leurs propres histoires?

Malgré l’importante diversité de la production cinématographique mondiale, les productions américaines prennent la plus grosse part du marché, présentant même des situations de quasi-monopole dans des pays tels que le Chili et le Costa Rica où 95 % des films importés proviennent des États-Unis, ou encore à Chypre où ce chiffre atteint 97%.

Survolons le cinéma black en dix questions!

 

Ti-Kid a.k.a. Bazz pa Bloker, l’ambassadeur du rap créole québécois

Jean-Philippe Guillaume alias Ti-Kid ou encore Bazz pa Bloker, s’est surtout fait connaitre dans le milieu des années 90 avec le mythique groupe Sans Pression, un duo qui fixait de nouvelles bornes au hip-hop québécois. Après avoir vendu 50 000 albums, avoir performé en France en 1998, à la Coupe du Monde en 2002, aujourd’hui l’artiste de quarante ans qui rap en créole, partage sa vie entre Haïti et le Québec, se livre à nous, le temps d’un brunch au Parma-Café, dans le centre-ville montréalais, un joli mercredi 19 juillet 2017.

C'est en exhibant ses nombreux tatous que Ti-Kid brise la glace: La mère spirituelle, le père spirituel, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Michel Archange, Saint-Jacques de multiples vèvès (une sorte de symbole de prêtres vaudous) , qui se positionnent un peu partout sur le torse et les bras de l'artiste. « C'est les croyances haïtiennes, c'est le vaudou. » En répondant à la question si tout cela n'est pas quelque peu péjoratif, Ti-Kid poursuit: « Tu ne rentres pas dans un restaurant indien ou chinois sans y voir un Bouda. C'est la colonisation qui tente de démontrer que ce qu'est l'homme noir est toujours plus bas. »

C’est en exhibant ses nombreux tatous que Ti-Kid brise la glace: La mère spirituelle, le père spirituel, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Michel Archange, Saint-Jacques de multiples vèvès (une sorte de symbole de prêtres vaudous) , qui se positionnent un peu partout sur le torse et les bras de l’artiste. « C’est les croyances haïtiennes, c’est le vaudou. » En répondant à la question si tout cela n’est pas quelque peu péjoratif, Ti-Kid poursuit: « Tu ne rentres pas dans un restaurant indien ou chinois sans y voir un Bouda. C’est la colonisation qui tente de démontrer que ce qu’est l’homme noir est toujours plus bas. »

Sans Pression était la réalité de deux jeunes Noirs vivant au Québec. Après le succès « 514-50 dans mon réseau », le groupe se sépare. Kamenga (S.P.), l’autre moitié du duo, décide poursuivre sa route seul. « Moi, j’étais vu comme le mouton noir, par rapport à mon passé de rue. J’ai quand même fait beaucoup de bêtises et de conneries.» précise Ti-Kid qui célèbre son anniversaire en même temps que les Québécois à la Saint-Jean-Baptiste (fête du Québec).  En insistant sur les motifs de la séparation du solide duo, Bazz pa Bloker y ajoute: «J’ai fait beaucoup d’entrevue là-dessus puis, dans le fond, je ne la connais pas la raison. Dans le fond c’est surtout S.P. qui pourrait répondre à ça, parce que c’est lui qui avait un conflit. Il voulait que sa musique soit différente, pour un autre marché. Moi je ne fittais plus dans ce que la compagnie voulait, so on m’a juste mis sur le side.»

Ce divorce musical a été une expérience difficile pour le jeune rappeur créole.  Il n’ y a pas seulement perdu un ami de jeunesse, mais son meilleur ami sans compter les milliers d’heures investit dans la cohésion du groupe. Une situation qui perdure jusqu’aujourd’hui, puisque leur relation est toujours sur la glace. Une froideur peut-être alimentée par Ti-Kid lui-même qui s’est mis a en découdre avec S.P. par chansons interposées. Cette prise de bec sur la toile lui vaudra une violente altercation dans les rues avec le rappeur Row, qui y perdra un bout d’oreille selon Ti-Kid. « C’est une histoire triste, je pense que tu peux t’exprimer musicalement et la violence n’a pas sa place. Ce n’est pas un bon exemple ni pour les jeunes, ni pour la communauté, mais c’est la rue! »

Autre temps, autres moeurs. Assagie par le temps, devenue père d’une adorable petite fille, Ti-Kid n’échappe pas au cliché de l’ancien truand tempéré par les aléas de la vie. Maintenant qu’il évolue la majorité de son temps en Haïti, le rappeur se transforme en entrepreneur avec une cause sociale. Sa nouvelle mission: faire connaitre le rap créole du Québec. « Je crois qu’en tant que diaspora on a un travail à faire pour Haïti. On ne peut pas sauver Haïti, on peut sauver un Haïtien à la fois. En passant par la musique on est capable de rentrer à Port-au-Prince sans diviser, en plus de faire connaitre Haïti aux diasporas qui sont ici, qui ne connaissent rien.  » précisant: « C’est beau de dire soupe joumou, 1804, Haïtiens, tu ne sais pas ou est Pétionville, ou est Delmas. En tant qu’artiste, on se doit d’apprendre aux diasporas c’est quoi Haïti, c’est quoi notre réalité, c’est quoi les enjeux.  »

Pour faire vivre la première République Noire à l’intérieur et l’extérieur de l’ile antillaise,  Jean-Philippe initie le mouvement identitaire Snowzoe. “Zoe” en créole, « os » en français est un terme fortement utilisé à Miami pour définir l’Haïtien. Un gang mafieux haïtien très connu y porte aussi le nom de Zoe-Pound. C’est après avoir vécu cinq années à Miami que Ti-Kid s’accable du surnom SnowZoe, probablement parce qu’il est natif du Canada.  « Depuis que tu es un Haïtien, Haïtienne à Montréal, tu es Snowzoe. Ce n’est pas une gang de rue, ce n’est pas une compagnie de disque, ce n’est pas une marque de linge, c’est un OSBL (Organisme sans but lucratif). C’est une plateforme qu’on a créée pour toute la communauté. »

Basé dans la métropole québécoise, dirigé démocratiquement par cinq personnes, Snowzoe travaille en concert avec Haïti sur certains projets dont l’accès à l’eau potable et des toilettes adéquates.  En 2018, pour le Mois de l’Histoire des Noirs, l’organisation promet de tenir des événements chaque semaines à Montréal et à Québec. Cette année au Québec , l’OSBL s’est présenté au public à la Carifiesta, le défilé caribéen montréalais . « C’est la première fois en 42 ans qu’il y avait du rap créole à Montréal sur Ste-Catherine! »  dira fièrement Ti-Kid. De plus, une voiture fut habillée artistiquement du drapeau haïtien par l’artiste Maliciouz.

Ti-Kid et Pascale Gabrielle au Parma Café, au centre-ville de Montréal le 19 juillet 2017

Ti-Kid et Pascale Gabriel au Parma Café, au centre-ville de Montréal le 19 juillet 2017

Malgré que Ti-Kid reconnait ne jamais avoir eu de conversation avec l’un d’eux, il ne comprend pas pourquoi les vedettes haïtiennes québécoises ne font pas plus pour Haïti. “Que ça soit Adonis, que ça soit Jean-Pascal, que ça soit Luck Merville, que ça soit Herby Moreau,  pour moi personnellement je trouve que ces gens ont failli à leur devoir totalement. Et je mettrai là-dedans Bruny Surin aussi. » Ti-Kid, qui s’estime plus Québécois que Canadien dont il dit ignorer la culture, considère que ces stars n’arrivent même pas à soulever la communauté haïtienne de la belle province. Pourtant, le rappeur défend les actions caritatives pour Haïti de Pierre-Yves Lord. Né en Haïti puis adopté par une famille québécoise blanche, l’animateur qui a grandi dans la ville Québec a été critiqué pour sa méconnaissance du créole.

Pour revenir sur sa musique, à la grande déception de ses fans, Ti-Kid ne prévoit plus sortir d’album en magasin. « L’ère moderne n’est plus aux albums. La game a changé. » Le jeune rappeur Enima, qu’il félicite en est une parfaite incarnation.

Pris dans des projets d’agriculture (piments, mangues, cactus, chadeks, café) à Pétionville en Haïti, Ti-Kid concentre désormais son énergie sur des singles, vendu a l’unité en ligne, sur internet. Ses trois derniers vidéos ou il rappe énergiquement en créole, ont tous été tournés en Haïti, dans d’inaccessibles ghettos, gaguè (arène ou est organisé le combat de coqs) dont un avec un Québécois de Limoilou qu’il a emporté dans ses bagages.

Pour le Québec, Jean-Philippe murit un show avec un élément visuel, un « sketch léger » dans lequel sera incorporé de la musique: acapella, spoken words, poésie. Les divers décors sont en créations. Le spectacle qu’il espère présenter entres autres dans des Maisons de Jeunes, des écoles secondaires, devra faire réfléchir et pleurer. « Je veux aller chercher l’émotion des gens. » s’exclame-t-il. Ti-Kid alias Bazz pa Bloker sait se réinventer continuellement face au public. Votre vie sinon votre musique sera inévitablement plus créolisé.

 

Interview mené par Pascale Gabriel

Éloge des combattants Congolais

Héros pour les Uns, zéros pour les autres, les sentiments sont ambivalents lorsqu’il s’agit de parler des combattants congolais. Là où ils font l’unanimité, c’est qu’ils suscitent les passions. Pas étonnant pour des êtres passionnés, qui se sont approprié les affaires publiques congolaises avec un zèle sans précédent.

Combattants congolais

À coup de vidéos quotidiennes sur YouTube, les combattants font ce qu’ils savent, et peuvent, faire : hurlent, mobilisent, et surtout, bloquent les concerts de grandes stars de la chanson congolaise.

Mais, pourquoi empêcher des spectacles de ses compatriotes? Pour mettre l’emphase sur l’incohérence de la situation : comment se fait-il que le peuple qui détient le record de morts depuis la Deuxième Guerre mondiale soit, au même moment, le plus danseur?

Pour répondre à cette question, il a fallu couper la musique. C’est la moindre des choses, tout le monde sait qu’il est ardu de réfléchir dans le bruit…

Mais, le plus grand fait d’armes des combattants est la mouvance Combattant elle-même. Cette nébuleuse, ce genre de désordre organisé, s’est montrée plus efficace que les 80 % des centaines de parties politiques qui pullulent au Congo.

Les combattants ont du génie, ils arrivent, tant bien que mal, à faire ce qu’aucun groupe politisé congolais n’a jamais réussi à faire : créer un mouvement holacratique. Une structure qui avale ses leaders, une organisation qui n’est pas suspendue aux lèvres d’un seul homme, aussi grand soit-il. Ainsi, même les changements d’humeur des plus célèbres d’entre eux n’ont pas d’impact sur la base, celle-ci reste indomptable. Elle n’a pas d’ambition politique, donc ne cherche pas à plaire. Elle demeure droite dans ses bottes, tel un gendarme du peuple.

Bien sûr que ce genre de fonctionnement vient avec des failles, quel système n’en a pas ? Bien entendu que dans ce regroupement, il y a des individus mal intentionnés, quel troupeau n’a pas de brebis galeuses?

Mais, contrôler les égos de tout un chacun et se mettre au même diapason pour une cause commune relève déjà de l’exploit. Mettre tant d’énergie dans une cause sans calculer un poste, un gain financier ou tout autre retour d’ascenseur, mérite un applaudissement, pour quiconque connaît le milieu opportuniste qu’est la politique.

Einstein disait que la « bêtise, c’est de répéter la même chose, et de s’attendre à un résultat différent ». Les combattants ne sont donc pas bêtes, comme beaucoup de détracteurs aimeraient le faire croire. Ils innovent, à coup d’essai-erreur, ils redéfinissent les contours de la chose publique.

Ils rangent dans les tiroirs, cette culture du Sauveur-tombé-du-ciel qui réglera tous vos problèmes par la pensée magique.
Ils sont la preuve que la politique est l’affaire de tous, qu’elle n’est pas statique, et réservée à une certaine élite.

Oui, il y a d’énormes lacunes, mais cela nous renvoie à l’éternel débat du verre à moitié, soit vous le voyez à demi vide, soit à demi plein. Tout est une question de paradigme.

L’Histoire jugera.

Le trio, Benjamin Bonsu, Quansah Joseph Neenyi Kojo Krobo et Ernest Teye Matey, les créateurs de Ghanasat-1 poursuivent leur Maitrise ès Science en Génie et Sciences Appliquées pour l'Ingénierie des Systèmes Intégrés au Kyutech à Fukuoka, au Japon.

Le Ghana devient le premier pays d’Afrique noir à envoyer un satellite dans l’espace

Le Ghana est le premier pays d’Afrique subsaharienne à envoyer un satellite en orbite autour de la Terre. Ghanasat-1 a été libéré de la Station spatiale internationale ce vendredi, près d’un mois après son lancement par la NASA au Centre spatial Kennedy en Floride, à bord du vol 11 de SpaceX.

Les Ghanéens ont pu admirer la mise en orbite historique du satellite, un projet mené de front par les étudiants de l’Université All Nation (All Nations University College( ANUC )) à Koforidua, un ville située dans la région orientale du Ghana.

Le trio, Benjamin Bonsu, Quansah Joseph Neenyi Kojo Krobo et Ernest Teye Matey, les créateurs de Ghanasat-1 poursuivent leur Maitrise ès Science en Génie et Sciences Appliquées pour l'Ingénierie des Systèmes Intégrés au Kyutech à Fukuoka, au Japon.

Le trio, Benjamin Bonsu, Quansah Joseph Neenyi Kojo Krobo et Ernest Teye Matey, les créateurs de Ghanasat-1 poursuivent leur Maitrise ès Science en Génie et Sciences Appliquées pour l’Ingénierie des Systèmes Intégrés au Kyutech à Fukuoka, au Japon.

Le satellite Ghanasat-1 qui a été construit par des étudiants de l’école et est équipé de caméras et d’un dispositif qui facilitera la diffusion de l’hymne national du pays et d’autres chansons indépendantes de l’espace.

Le président du Ghana, Nana Akufo-Addo, a félicité les ingénieurs du satellite : Benjamin Bonsu, Ernest Matey et Joseph Quansah pour l’exploit qu’il a qualifié de « dévouement inspirant ». Ces trois étudiants de l’Université All Nation sont également les fondateurs du Laboratoire de science et de technologie spatiales (Space Science and Technology Laboratory (SSTL)) qui a conçu, développé et lancé des CanSat de l’université africaine le 15 mai 2013.

Un CanSat (Canette-Satellite) est un dispositif autonome de faible volume qui réalise des missions scientifiques à très haute altitude. Cet appareil prend la forme d’une sonde nanosatellite cylindrique. Cet exploit marqua également l’Histoire puisque malgré qu’il n’ai pas atteint les étoiles, les CanSat YANKEY et ROSAM sont devenus les premiers satellites lancés depuis l’Afrique.

Le Dr Richard Damoah, le coordinateur du projet Ghanasat-1, a souligné l’importance de cette réalisation pour les suites possibles du programme. « Cela nous ouvre la porte pour de nombreuses activités dans l’espace », a-t-il déclaré à la BBC.

Dans un message transmis à la Station spatiale par la Ministre des Communications, Mme Ursula Owusu-Ekufulm, au nom du Président, du Gouvernement et du peuple du Ghana, la ministre exprime sa gratitude à l’équipe du Japan Aerospace Exploration Agency and Birds Project Management pour leur soutient à la quête du Ghana de devenir une nation spatiale.

SpaceX est fondé en 2002 par Elon Musk le cofondateur de PayPal né en Afrique du Sud.

Le satellite d’un kilogramme à la forme cubique (100mm x 100mm) a été développé à partir d’octobre 2015 sur une période de deux ans, pour un coût d’environ 51 500 dollars américains.

Dans le cadre de sa mission, le satellite expérimental de l’université ghanéenne effectuera de l’imagerie terrestre à travers ses deux caméras et diffusera de la musique, comprenant l’hymne national de la nation africaine, en utilisant des bandes radio amateurs, de l’espace vers la station terrestre de l’Université All Nations. L’appareil servira également à surveiller le littoral du pays en plus de stimuler la technologie de pointe des satellites du pays d’Afrique occidentale.

Les progrès du satellite seront surveillés par l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale au Tsukuba Space Center au Japon par une équipe dirigée par l’ambassadeur du Ghana au Japon, Sylvester Parker Allotey.

Le projet Ghanasat-1 existe par la signature d’un protocole d’entente entre l’ANUC et Kyutech à Fukuoka, au Japon, en octobre 2015. L’accord vise à faciliter la coopération dans le domaine de la science spatiale entre les deux institutions.

Dans la réorientation de sa stratégie de son aide financière destinée à l'étranger, le gouvernement canadien a annoncé plus tôt cette année une enveloppe de 650 millions de dollars voués à la santé, aux droits sexuels des femmes pour favoriser globalement l'accès à la contraception et à l'avortement légal.

Le Canada annonce un financement de 97 millions de dollars pour la République démocratique du Congo

La ministre du Développement international et de la Francophonie, l’honorable Marie-Claude Bibeau, a annoncé aujourd’hui l’octroi d’un financement de 97 millions de dollars visant à améliorer la protection des enfants, à promouvoir une croissance au service de tous et à fournir une aide humanitaire essentielle en République démocratique du Congo (RDC) et dans la région. La ministre a fait cette annonce alors qu’elle concluait une visite de deux jours en RDC, dans le cadre du renouvellement de l’engagement du Canada envers l’Afrique et de sa volonté à travailler en collaboration pour s’attaquer aux problèmes qu’affronte le continent. 

Dans la réorientation de sa stratégie de son aide financière destinée à l'étranger, le gouvernement canadien a annoncé plus tôt cette année une enveloppe de 650 millions de dollars voués à la santé, aux droits sexuels des femmes pour favoriser globalement l'accès à la contraception et à l'avortement légal.

Dans la réorientation de sa stratégie de son aide financière destinée à l’étranger, le gouvernement canadien a annoncé plus tôt cette année une enveloppe de 650 millions de dollars voués à la santé, aux droits sexuels des femmes pour favoriser globalement l’accès à la contraception et à l’avortement légal.

La RDC est l’un des pays les plus pauvres du monde : plus de 87 p. 100 de ses habitants vivent avec moins de 1,25 $ par jour. En raison des conflits qui sévissent depuis des années, plus de 3 millions de personnes ont dû être déplacées à l’intérieur du pays. Les femmes et les enfants sont particulièrement vulnérables, puisqu’ils disposent de moyens limités pour soutenir leurs familles, ont un faible accès à des services de santé sexuelle et reproductive et sont plus à risque de subir de la violence sexuelle et fondée sur le genre.

Conformément à la nouvelle politique d’aide internationale féministe du Canada, les initiatives annoncées aujourd’hui contribueront à surmonter certaines de ces difficultés et à améliorer la vie des Congolais les plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants :

  • en aidant à protéger les droits de plus de 95 000 enfants de la rue, jeunes à risque et enfants travaillant dans des mines et à proximité de celles-ci;
  • en élargissant l’accès des femmes et des filles à la gamme complète des services de santé sexuelle et reproductive;
  • en fournissant une aide humanitaire vitale à plus de 578 000 personnes touchées par des conflits;
  • en renforçant le pouvoir des femmes en leur permettant d’acquérir les compétences et l’accès aux produits financiers dont elles ont besoin pour soutenir leurs collectivités et leurs familles, afin de favoriser une croissance au service de tous.

Lors de sa visite en RDC, la ministre Bibeau a rencontré plusieurs femmes, jeunes et représentants gouvernementaux, ainsi que des représentants de partenaires humanitaires et du milieu du développement, pour déterminer comment le Canada peut continuer à promouvoir le plus efficacement possible l’avancement des droits des femmes et des filles.

La ministre a aussi souligné l’importance de la bonne gouvernance en RDC. Dans ce contexte, seule une solution politique permettra au pays de sortir de la crise. C’est pourquoi le Canada réclame la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre 2016 et la tenue d’élections présidentielles dans les plus brefs délais.

La ministre Bibeau se rendra maintenant au Ghana où elle effectuera une visite de trois jours pour promouvoir le renforcement du pouvoir des femmes, des filles et des jeunes en Afrique. Pour cette partie de son voyage, la ministre sera accompagnée par des ambassadrices de l’organisme Right to Play : Mme Kaylyn Kyle, médaillée de bronze olympique de l’équipe canadienne de soccer, et Mme Joannie Rochette, médaillée de bronze olympique en patinage artistique pour Équipe Canada.

Fête du Québec 2017: un hommage à l’esclavage?

Au Québec, chaque année, au 24 juin, les Québécois célèbrent leur identité au fameux défilé de la Saint-Jean. D’année en année, la carte inclusive y est jouée de la part des organisateurs pour y faire scintiller un semblant de bonheur collectif total pour une fête qui fut prise en otage par un parti politique à la diversité bien douteuse.

Chassez le naturel et il revient au galop dit la maxime. Malgré tous les efforts mis pour camoufler un malaise ethnique intemporellement moulé au défilé de la Saint-Jean Baptiste sur l’ile montréalaise, la mouture 2017 en a surpris plus qu’un.

Défilé de la Saint-Jean Baptiste, le 24 juin 2017 sur la rue Saint-Denis à Montréal

Défilé de la Saint-Jean Baptiste, le 24 juin 2017 sur la rue Saint-Denis à Montréal

Un char allégorique ayant pour thème l’Histoire du Québec, le tout premier du cortège, fut tiré à jus de bras par des Noirs, en habit visuellement sali, sinon crasseux, entouré d’une trentaine de Blancs en immaculés vêtements d’une blancheur impeccable, comblés, satisfaits, festoyant leur journée anniversaire de gestes jubilatoires et de chants joyeux.

La seule joie des Noirs, ou plutôt les trois Noirs et ce qui pourrait être un Latino ou un Arabe, était, sous un soleil de plomb, de faire avancer, pas à pas, le char allégorique où s’époumonait la staracademicienne Annie Villeneuve, symbole local de la convergence  Quebecor Media, d’où le PDG n’est nul autre que l’ex-chef du Parti Québécois, parti politique phare de l’identité québécoise, les fameux usurpateurs de la fête Nationale.

La vision scandaleuse a soulevé un tollé sur les réseaux sociaux. Les Montréalais de toutes origines se sont montrés indignés contre une telle représentation. Les organisateurs du défilé ont eu tôt fait de témoigner leur incompréhension de face l’outrage.

Maxime Laporte président du comité organisateur ose: « Jamais le défilé n’a autant représenté dignement la diversité québécoise.» Pour ensuite préciser que les élèves de l’école Louis-Joseph Papineau, une école secondaire située dans le quartier Saint-Michel, un quartier multiethnique de l’ile Montréal qui trône parmi les plus défavorisés avec Montréal-Nord, Parc-Extension et Hochelaga, ont été opté pour servir de propulsion aux voitures de la parade.

Dans cette école au vécu très difficile, 22 % des élèves ont le créole comme langue maternelle, 22 % l’espagnol. Peu de Québécois dits « de souche » fréquentent l’institution ouverte à l’immigration. Ceci étant, pour M. Laporte, sur les ondes de la télévision d’état, en réponse aux Noirs habillés en gens tout frais descendus d’un négrier :  « C’est un parfait hasard que ça été des gens de couleur noir qui se sont trouvé à pousser le char en question. »…

Autre fait intéressant, le personnage de Louis-Joseph Papineau, les célébrations de la Saint-Jean Baptiste (la fête du Québec) et la communauté noir. M. Papineau fut un avocat né à Montréal en 1786, mort en 1871. Bien qu’encensé dans les livres d’histoire pour son fort patriotisme envers le Québec francophone blanc et son aversion du British-Canadian, Louis-Joseph Papineau fut un fervent raciste qui a ouvertement plaidé pour la continuation de l’esclavage dans la ville de Montréal. Oui, il y a eu esclavage des Noirs et Amérindiens au Québec et Louis-Joseph Papineau voulait que la province prenne exemple sur les impitoyables états du sud des États-Unis dans leurs relations avec les afro-descendants. Le patriote prit donc publiquement position contre la Proclamation d’émancipation instituée par Abraham Lincoln le 1er janvier 1863.

Mais en y pensant bien, peut-être que le char allégorique à la tête du défilé 2017 de la Saint-Jean, un char qui devait évoquer l’Histoire du Québec, peut-être n’était-il qu’un hommage à Louis-Joseph Papineau? Une incarnation toujours bien vivante du nationalisme québécois.

En Afrique, les adeptes de religions dites « africaines traditionnelles » seraient environ 100 millions, ce qui représenterait 70 % des adeptes des religions dites « traditionnelles » dans le monde. Ils ne représenteraient cependant que 12 % de la population africaine, 45 % des Africains étant chrétiens et 40 % environ musulmans. Cependant, il existe des syncrétismes importants entre ces pratiques religieuses.

Le Noir face au christianisme: un schisme socioculturel

C’est au XIX ème  siècle, pendant le déferlement colonial que le christianisme s’est largement implanté en Afrique noire. Asseoir cette nouvelle religion ne se faisait pas sans impacts psychologiques, voire une crise identitaire pour le Nègre converti.

La religion est un trait principal du peuple africain. Elle constitue le creuset où s’entremêlent son patrimoine idéologique et ses manifestations sentimentales. Avec l’avènement du christianisme, des apports occidentaux rattachés à cette religion apparaissent pour envahir cet apanage socioculturel. La diffusion du christianisme, tel qu’elle a été faite par des méthodes souvent imprégnées d’occidentalisme, était un élément de déstabilisation des structures sociales traditionnelles.

En Afrique, les adeptes de religions dites « africaines traditionnelles » seraient environ 100 millions, ce qui représenterait 70 % des adeptes des religions dites « traditionnelles » dans le monde. Ils ne représenteraient cependant que 12 % de la population africaine, 45 % des Africains étant chrétiens et 40 % environ musulmans. Cependant, il existe des syncrétismes importants entre ces pratiques religieuses.

En Afrique, les adeptes de religions dites « africaines traditionnelles » seraient environ 100 millions, ce qui représenterait 70 % des adeptes des religions dites « traditionnelles » dans le monde. Ils ne représenteraient cependant que 12 % de la population africaine, 45 % des Africains étant chrétiens et 40 % environ musulmans. Cependant, il existe des syncrétismes importants entre ces pratiques religieuses.

Les préjugés avec lesquels arrivaient les missionnaires, leurs pratiques souvent loin de compatibilité avec la mentalité indigène provoquèrent des problèmes d’adaptation des Noirs avec la nouvelle religion. De là résulte le problème d’une crise identitaire du nègre chrétien. Intolérant à l’égard de l’héritage animiste ancestral qui fait partie intégrante de la culture africaine, la nouvelle religion plonge les nouveaux convertis  dans la crise identitaire. L’Africain  ne cesse de se demander comment devenir chrétien et rester soi-même :

« Le vrai problème paraît être le suivant : comment l’Africain peut-il, et est-ce possible, se sentir à la fois authentiquement africain, c’est-à-dire assumant pleinement l’héritage culturel du négro-africain dans ce qu’il a d’essentiel, et authentiquement chrétien ou musulman c’est-à-dire en vivant réellement le message évangélique ou coranique? N’est-ce pas là le vrai dilemme existentiel de nous autres, négro-africain, et le drame que d’aucuns intellectuels convertis au Christianisme ou à l’Islam vivent par moment, en ces heures, des crises de conscience, où l’on se sent mal à l’aise, voire quelque peu honteux sinon coupable de renier le patrimoine ancestral en changeant de mentalité pour épouser une culture autre. »
– Maurice Ahanhazo. Religion, Cultures et Politique en Afrique noire, Paris, Ed. ECONOMICA, 1981

Pour maintenir un équilibre culturel et religieux, il existait des cas où des Noirs convertis pratiquaient une duplicité, autrement dit, avoir la foi chrétienne et garder les croyances et les pratiques animistes. On se permet de dire ici que bon nombre de chrétiens africains sont, en vérité, des animistes chrétiens. Nous pouvons avancer que les missionnaires avaient en quelque sorte leur part de responsabilité dans l’ébauche de la crise identitaire du Nègre. En effet, pour implanter la nouvelle religion dans le continent noir, l’Église avait contribué, volontairement ou involontairement, à la destruction des traditions et coutumes indigènes : polygamie, pratiques magiques, rites funéraires, rites d’initiation ou excision; tout est considéré comme primitif ou satanique et, par conséquent, il est condamné à l’anéantissement.

Si, toutefois elle trouve son compte dans certains usages et mœurs, l’Église en profite pour se montrer tolérante vis-à-vis de la tradition indigène : en somme, pour qu’une civilisation païenne devienne chrétienne, il faut déceler ce qui en elle doit vivre et ce qui s’achèvera dans l’Évangile.

L’appréciation des missionnaires décide donc du sort des mœurs et des usages indigènes. C’est une véritable illusion de penser que les Occidentaux, et en particulier les missionnaires, pouvaient imposer intégralement leur civilisation. Une civilisation ne se transfère pas.

C’est un ensemble de composants cognitifs, intellectuels, organisationnels et même techniques qui ont besoin d’une longue gestation pour se concrétiser et non seulement d’un heurt intermittent comme c’est le cas de la colonisation. Certes, la culture indigène était masquée ou plutôt asphyxiée par des contraintes politiques, économiques ainsi que par le modernisme; cependant, elle persistait, mais de quelle façon : Elle était agonisante. Favorisés par la protection coloniale et l’appui financier et logistique de son administration, les missionnaires exerçaient dans un contexte dichotomique : coopérer avec les dominants et évangéliser les dominés.

La sclérose de la culture du peuple asservi laisse l’indigène dans un vide culturel et devient ainsi un déraciné à la recherche de son identité culturelle telle une épave à la merci des vagues et des courants. Appréciant la métaphore de G. MOSMANS :

« Devant l’effondrement de toutes les valeurs traditionnelles qui donnaient un sens à la vie, qu’allait devenir l’Africain? – Un désespéré errant à la recherche de son âme perdue, une épave que le hasard des vagues et des courants allait ballotter à son gré. Ces courants avaient noms : religion, politique, civilisation. La religion chrétienne fut une désillusion, la politique, une imposture. »
– MOSMANS,  Guy. L’Eglise à l’heure de l’Afrique, Tournai, Ed. Casterman, 1961.  p.95

Des fables comme « mission civilisatrice» et de « sauvagerie des noirs » n’étaient qu’alibis pour justifier le colonialisme. En réalité, l’administration coloniale œuvrait pour mettre le Nègre en situation de dépendance. Cette dépendance saisit tellement le Nègre jusqu’à créer chez lui des conflits psychologiques ou ce que Mosmans appelle le complexe de dépendance. À lui encore la parole :

« La colonisation n’a été possible que parce que le « sauvage » à coloniser était affecté d’un complexe de dépendance /…/ Si complexe de dépendance il y a, il est conséquent et non antécédent à la colonisation. A leurs yeux, l’aspect le plus tragique de la colonisation c’est précisément la blessure profonde qu’elle cause dans la spontanéité de la liberté humaine, la mutilation qu’elle fait subir à l’auto détermination, à l’esprit d’initiative qui caractérise l’homme, en faisant de lui un acquiescement inconditionné à une autorité qui le brime. »
– MOSMANS,  Guy. L’Eglise à l’heure de l’Afrique, p. 91

Ici, il est légitime de se demander où sont passés les mécanismes organisant la civilisation ancestrale avant l’arrivée des missionnaires. La réponse à cette question passe d’abord par admettre la supériorité de la civilisation occidentale avec son système organisationnel, intellectuelle et technique. Les mécanismes de la civilisation indigènes, autrefois dynamiques, se trouvaient, dans la situation coloniale, broyée par la mise en place des organismes coloniaux. Cette agonie, cette inertie, était caractéristique de toutes les sociétés colonisées qu’elles soient en Afrique noire, en Afrique du Nord ou en Asie. Le déchirement identitaire des Noirs  servait à merveille la cause missionnaire. Sous un voile bienveillant, l’église recueille à bras ouverts un être déchiré et en discorde avec soi-même.

Entre un malaise ressenti par le Noir devant les instructions de la nouvelle religion et l’hégémonie de certains missionnaires, la non-compréhension régnait entre les deux côtés. La distance était grande entre les bergers missionnaires et leurs brebis.

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