Plus on sait, moins on affirme

Vice-versa : penser l'Afrique et son rapport au monde

Penser l’Afrique autrement

Dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, un colloque sur l’Afrique d’aujourd’hui et de demain intitulé : « Vice-versa : penser l’Afrique et son rapport au monde » se tiendra à l’UQAM du 21 au 23 février. Cette activité est organisée par le Regroupement pluridisciplinaire sur les Afriques innovantes de l’UQAM et présentera des perspectives nouvelles sur le développement

Vice-versa : penser l'Afrique et son rapport au monde

Vice-versa : penser l’Afrique et son rapport au monde

économique, social, politique et culturel du continent africain.

Entrée libre.

OÙ ET QUAND ? —

  • 21 FÉVRIER  : PK-1140, de 18h à 21h.
    • Conférence d’ouverture par le romancier et essayiste Boubacar Boris Diop, suivie d’un cocktail.

  • 22 FÉVRIER  : PK-1140, de 9h à 12h30 et A-5020, de 13h30 à 17h.

  • 23 FÉVRIER  : PK-1140, de 9h à 18h.
    • 14h à 16h : Lancement de la Chaire de recherche sur l’islam contemporain en Afrique de l’Ouest (titulaire : Marie Nathalie LeBlanc, professeure, Département de sociologie, UQAM), suivi d’une table-ronde intitulée « Regards critiques sur les dynamiques de mobilisation collective en islam en Afrique de l’ouest »
    • 16h15 à 18h00 : Conférence de clôture par la professeure Ousseina Alidou (Department of African, Middle Eastern and South Asian Languages and Literatures and Comparative Literature, Rutgers University)
      Sahel Muslim Women’s Social Movements : From Old Hard Own Gains to New Creative Consciousness

  • 23 FÉVRIER EN SOIRÉE  : Espace Mushagalusa, 533 Ontario Est #100, à partir de 18h30.
    • Visite des expositions Collection de Dr Bogumil Jewsiewicki, Expérience Congolaise de 1968 à 1974 et Art visuel de l’Héritier Séadé + conférence- causerie par Bogumil J. Koss, Professeur émérite, Université Laval et l’Héritier Séadé, artiste (arts visuels)
    • Cocktail de clôture et de lancement de la Chaire sur l’Islam contemporain en Afrique de l’Ouest (Chaire ICAO)

Une Afrique innovante

Le continent africain vit des transformations importantes dans tous les secteurs. Au-delà des taux de croissance économique record, plusieurs auteurs évoquent la consolidation du processus de démocratisation, la plus grande diversité de partenaires internationaux, le renforcement des institutions interafricaines, la jeunesse démographique du continent, l’accès accru à la scolarisation, aux technologies ainsi que l’inverstissement dans des infrastructures et des services et une certaine densification de la classe moyenne.

Parallèlement, le discours médiatique sur l’Afrique est appelé à changer. Cette dynamique de l’émergence génère un discours optimiste mais un regard critique doit être apporté pour mettre en valeur les mouvements sociaux à l’origine de nombreuses avancées.

Expertises de l’UQAM sur l’Afrique

Parmi les expertises de l’UQAM sur l’Afrique, nourries par des expériences de terrain, mentionnons celle des spécificités de l’Islam dans ce continent avec la nouvelle Chaire de recherche sur l’islam contemporain en Afrique de l’Ouest dirigée par Marie Nathalie Leblanc, une des organisatrices de ce colloque.

Les nouvelles formes de mobilisation sociale seront aussi étudiées à ce colloque. Permettront-elles l’envol d’un nouveau « printemps africain », une poussée de mouvements citoyens pour la démocratisation et de médias sociaux qui se sont manifestés ces dernières années au Sénégal, au Burkina Faso et au Zimbabwe?

La diversité culturelle du continent africain est sous-estimée par beaucoup d’observateurs. Le colloque permettra d’interroger les forces et les leviers de cette richesse culturelle.

L’émergence de la classe moyenne représente-t-elle sa part d’illusions, un phénomène voulu par l’Occident mais non encore actif dans la réalité des pouvoirs africains?

Notons que l’UQAM organise depuis quelques années des universités d’été en Afrique, avec la collaboration de professeurs et de chercheurs africains.

Le film Black Panther, plus grand qu’un succès au box-office

Plus qu’un film, Black Panther est un événement culturel. Les cinéphiles et les communautés Noires semblent être emballés par le dernier film de superhéros de Marvel, Black Panther, qui mettra en vedette Chadwick Boseman et Lupita Nyong’o.  Une semaine avant sa sortie en salle, le film de Disney bat des records de tous les temps de prévente de billets aux États-Unis.

Blade avec Wesley Snipes fut bien le premier film de Marvel mettant en vedette un superhéros noir, mais le film Black Panther est réalisé, coécrit par un Afro-Américain, Ryan Coogler (Fruitvale Station (2013), Creed (2015)). Il affiche donc une distribution saisissante d’acteurs majoritairement afro-américains: Chadwick Boseman, Michael B. Jordanm, Lupita Nyong’o, Danai Gurira, Daniel Kaluuya, Letitia Wright, Angela Bassett, Forest Whitaker ont tous de puissantes présences.

Le héros Black Panther est antérieur au nom du groupe militant américain du même nom Black Panther. Afin de se distinguer, Marvel décida de renommer, un action qui ne dura que quelque temps, son Black Panther en Black Leonard pour éviter toute analogie.

Le héros Black Panther est antérieur au nom du groupe militant américain du même nom Black Panther. Afin de se distinguer, Marvel décida de renommer, un action qui ne dura que quelque temps, son Black Panther en Black Leonard pour éviter toute analogie.

Dans le dernier film de superhéros Black Panther, les Noirs sont enfin dépeints comme des individus élevés, intelligents, intenses. Le scénario fictif avant-gardiste redresse historiquement des faits; l’Histoire des Noirs ne débute plus dans les délabres de l’esclavage, mais bien au-delà, dans de vastes, florissants et puissants royaumes  africains.

Après Fast and the Furious 8, Black Panther est le film le plus dispendieux dirigé par un Afro-américain. Le film de superhéros de Marvel, une filiale de Disney, place les protagonistes africains au centre de l’œuvre, coupant avec la tradition cinématographique hollywoodienne reconnue pour son whitewashing outrancier.  On a qu’a revenir aux films de 2016 Nina sur Nina Simone, celui de 2014  Exodus, God and Kings de Ridley Scott,  le Prince of Persia : Les Sables du temps avec un Jake Gyllenhaal incarnant le perse dans le rôle principal ou de penser aux difficultés de financement que rencontrent un film comme Red Tails pour se rendre compte la flagrante marginalisation des Noirs au cinéma occidental.

L’excuse qu’au cinéma, un Noir n’est pas banquable ne tient plus. Avant même sa sortie, le phénomène du film Black Panther est déjà un succès mondial.  Des vedettes américaines comme Octavia Spencer se sont fait un devoir de ramasser de l’argent pour permettre à un maximum d’enfants afro-américains, en mal de modèles,  d’assister à une représentation du 18e film de l’univers de Marvel. Obi Umunna, une avocate née de migrants nigérians, a participé à la collecte de fonds : « Je pense que c’est une opportunité formidable pour eux de se voir représentés sous un jour très positif … comparé à certaines des images négatives que vous voyez au quotidien.  »

Le héros Black Panther fut créé en 1966 par le bédéiste Stan Lee à qui l’on doit aussi Spiderman. Le Black Panther  s’appuie sur son génie intellectuel qui émane de sa connexion avec ses ancêtres et des divinités, son entraînement physique rigoureux, ses compétences en arts martiaux, son accès aux technologies avancées et à sa richesse pour combattre ses ennemis. De son vrai nom T’ Challa, il est le roi et protecteur de Wakanda, une nation est-africaine fictive, technologiquement la plus avancée au monde. Wakanda serait une version utopique de l’Empire Monomotapa du Zimbabwe (aussi appelé Empire du Grand Zimbabwe ou Mutapa)du XVe siècle.

Au plus fort de son essor commercial, l’Empire Monomotapa semblait presque aussi invincible que son homologue de la bande dessinée. En fin de compte, une combinaison de facteurs a conduit à sa chute : luttes intestines entre les provinces, affrontements religieux causés par les chefs de village convertis au christianisme, et prises de contrôle des ressources (beaucoup d’or puis le commerce des esclaves) par les Portugais  pour n’en nommer que quelques-uns. Au milieu des années 1700, l’Empire Monomotapa s’était effondré au milieu d’une guerre civile.

Black Panther a fait sa première mondiale au Dolby Theatre de Los Angeles le 29 janvier 2018. La première a présenté un tapis violet. les membres de la distribution, et d’autres invités portaient des vêtements africains, pour honorer les racines africaines du film.

Pierre-Yves Lord et Valérie Plante

Un second Gala Dynastie pour célébrer l’excellence Noire

Le 3e jour de février 2018, le Gala Dynastie, pour sa seconde édition quittait le centre-ville montréalais et s’emparait de l’espace de la Tohu situé dans le nord-est de la ville, dans le quartier Saint-Michel. Cette salle unique de près de 23 mètres de hauteur, cofondée par le Cirque du Soleil, peut accueillir confortablement 1200 personnes. Elle était investie d’une trentaine de bénévoles qui assuraient le bon déroulement du, dorénavant consacré, plus important événement culturel de la communauté Afro-Québécoise du calendrier.

Le Gala Dynastie, 3 février 2018 à la Tohu

Le Gala Dynastie, 3 février 2018 à la Tohu

Pour celles et ceux qui ignorent le phénomène qu’est le gala Dynastie, pour celles et ceux qui continuent de donner le dos ou simplement tendre la main ou même l’oreille à tout un pan de la société canado-québécoise, sachez que ce gala qui célèbre l’excellence noire est la réplique à cette indifférence.  Et bien au-delà de cette contestation instituée, le Gala Dynastie trouve pied dans l’excellence des communautés noires du Québec.

Dès 17h, un court, mais bien enflammé tapis noir a accueilli les finalistes, les stars de la soirée fringuée. Massés et entassés, les photographes, journalistes et blogueurs ont pu apprécier le calibre des invités qui se sont pointés au second Gala Dynastie. L’événement gagne vraisemblablement rapidement en notoriété. Avec un prix d’entrée abordable pour la qualité de l’organisation, l’enceinte se remplissait inévitablement.

La Ministre de l’Économie du Québec :  Dominique Anglade, le Chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ (dont Dominique Anglade était présidente)) François Legault, la maire de Montréal : Valérie Plante accompagnée de Pierre-Yves Lord qui allait raflé deux trophées, la Personnalité sportive de l’année : Patrice Bernier, la Personnalité radio anglophone de l’année :  Isabelle Racicot, Pénélope McQuade accompagné de son conjoint Philippe Fehmiu et puis SP de Sans Pression ont tous foulés le tapis noir pour une première fois, à part bien sûr de Philippe Fehmiu qui raflait un trophée l’année dernière. Curieusement l’animateur radio nous a confié, lui qui était encore parmi les finalistes cette année, de ne pas vouloir l’emporter et de laisser la chance du prix à quelqu’un d’autre.

Pourtant très populaires à la télévision québécoise, Normand Brathwaite et Boucar Diouf ne semblent pas faire la même unanimité chez leurs pairs…

Pourtant très populaires à la télévision québécoise, donc d’une audience moins colorée, Normand Brathwaite et Boucar Diouf ne semblent pas faire la même unanimité chez leurs pairs…

Interloqué, par notre interviewer Muriette Michelot aka Mimi, quelques instants avant d’être couronné Acteur de l’Année 2018, Gouchy Boy, nous confie : « Nous devons arrêter avec la division. Nous sommes tous Africains. Point. Nous sommes Africains et nous devons tous nous unir et bâtir des ponts et commencer à faire des choses pour les générations futures parce qu’ils ont besoins de nous. » Un point de vue partagé plus tard par Malik Shaheed. Puis, le colosse nigérian termine : « Je ne souhaite pas que mes enfants soient instruits par Facebook ou Instagram . Nous devons cesser de toujours regarder ce que font les Américains tout le temps et regarder dans notre propre cour et prendre soins des nôtres. » Gouchy Boy qui joue dans la série Unité 9 pourra être vu dans un caméo dans Death Wish, un film américain en salle le 2 mars 2018 prochain et mettant en vedette Bruce Willis.

On s’est dirigé vers Mme Dominique Anglade pour notre prochaine discussion. La première Ministre Noire du Québec nous informe de ces impressions sur cette soirée de Gala : »Cela démontre toute l’effervescence de la communauté noire au Québec dans plusieurs secteurs d’activités. Souvent quand on parle de la diversité, les gens ont des références, mais pas suffisamment, mais, de voir que toutes ces personnes la sont réunis en une seule et même soirée, cela démontre la force de frappe de la communauté et ça, je trouve cela remarquable! »

J’aurai bien aimé prendre quelques commentaires de François Legault qui, en plus d’avoir emmené Dominique Anglade dans l’arène politique, a renouvelé l’exploit avec le Dr Lionel Carmant, mais son vigile, peut-être peu familier à ce genre de foule, avait sur moi le regard que portent les footballeurs de la NFL sur un sac de sable! Passons. Shit happens

19 h 45. Après un départ plutôt mou du groupe Parlor Social qui n’a pas su tirer avantage de la salle pleine qui suggérait, comme le soulignait avec émotion une intervenante à une remise de prix, une représentation de l’avant-première du film Black Panther de Marvel, Gardy Fury entrait en scène sur des pas de James Brown. L’animateur du Gala Dynastie 2018 assura une bonne animation du Gala avec quelques hors-jeu comme une prestation incompréhensible d’air-guitare qui laissa le public coi.

Il serait ici un peu long de nommer toutes les nominations et gagnants de chacune des catégories proposées par le Gala, mais les discours de victoire étaient pour la plupart teinté de l’apathie des médias de souche, des médias convergé dominants, envers la communauté Noire qui brillait ici de talents, d’intelligence et de beauté.

Pierre-Yves Lord: « Aux petits jeunes Noirs qui nous regardent, qui nous entendent et qui se disent – Hey, j’aimerais ça faire cela, j’ai tu ma place dans l’univers télévisuel ou radiophonique au Québec, et bien, n’oublions pas que la place qu’on leur agrandit va leur servir et qu’à leur tour, ils vont l’agrandir encore plus. » Adopté par une famille blanche québécoise, le natif d’Haïti précisera au public dans son second discours de victoire qu’un certain M. B. mettait fin à un contrat en prétextant carrément à l’artiste québécois que le Québec n’était pas prêt pour un Noir.

Carla Beauvais, Présidente Gala Dynastie

Carla Beauvais, Présidente du Gala Dynastie

Bo Diaw, Trophée Artiste Musique du Monde de l’année: « Je suis fière d’être Noir, d’être Africain, d’être Sénégalais, et je vous dis aussi d’être fier de qui vous êtes! »

Personnalité capsule web de l’année – Aba & Preach, un duo comique qui enjolive nos fils Facebook, y vont avec un discours militant. Les humoristes sont toujours les plus sérieux dans ce genre de happening. Aba —  » Même si on est assez talentueux pour faire un travail respectable, les Québécois devraient prendre conscience que la raison de notre croissance si rapide est qu’il y a un vide. Les gens qui nous ressemblent, les gens qui parlent comme nous, les gens qui ont le même parcours ne sont pas visibles dans aucun média. ” Preach, poursuivant, prêchant à gorge déployée – « N’attendez pas que les plateformes fassent de la place pour vous, ça n’arrivera pas! Maintenant, vous avez un outil comme internet, c’est gratuit, faites vos trucs, faites vos vidéos, faites vos téléséries, faites vos spectacles, faites vos web-séries, allez chercher l’argent!” s’exclama-t-il avant de faire, devant une foule hystérique, un ultime mic drop, en jurant devant le bon Dieu de réussir!

Alors qu’Isabelle Racicot souhaitait ne plus pouvoir compter les Noirs dans les médias sur les doigts d’une main, Malik Shaheed exprimait le besoin d’unité de la diversifié communauté noire: “Nous devons travailler ensemble comme un seul peuple, parce que nous sommes loin derrière les autres communautés ici au Québec. We loosing it people. Real talk.

Noémi Mercier — journaliste presse écrite :  « On sait que le sentiment de méfiance envers l’étranger, envers l’immigrant, envers la personne de couleur, envers l’Autre avec un grand a, sont des sentiments qui sont très faciles a attisés, cela a fait élire un Président au sud de notre frontière. Bravo d’être ici ce soir. Ce que je vous souhaite c’est que ces sentiments-là ne vous servent pas de tremplin électoral.” En terminant, elle ajoute “Des élections non pas sur la division, mais des élections rassembleuses s.v.p., parce que les gens qui sont dans la salle sont Québécois eux aussi et ils votent eux aussi!

Des prix honorifiques ont été offerts à Wilson Sanon pour son implication dans la lutte contre l’anémie falciforme et Doudou Boicel pour avoir amené les plus grands du Jazz dans la ville des saints afin qu’elle devienne un terrain propice au plus important festival de jazz au Monde, Le Festival de jazz de Montréal.

La présidente de la Fondation Dynastie,  co-organisatrice du Gala Dynastie, Carla Beauvais fut remercié à un nombre incalculable de fois dans les divers commentaires et interventions. Malgré une année que je qualifierais d’anémique dans la programmation du Mois de l’histoire des Noirs, et le « boudage » constant des télévisions et médias québécois,  le Gala Dynastie semble avoir rejoint, atteint, et surpassé, encore une fois, toutes les aspirations. Chapeau bas à l’organisation.

Ottawa - 30 janvier 2018

Le Canada soulignera officiellement la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine

Le gouvernement du Canada est déterminé à bâtir un pays meilleur, plus inclusif, qui reconnaît l’apport de tous et crée de meilleures opportunités pour un plus grand nombre de Canadiens.

Ottawa - 30 janvier 2018

Ottawa – 30 janvier 2018

Le premier ministre, Justin Trudeau, a annoncé hier que le gouvernement du Canada soulignera officiellement la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine. Cette Décennie, qui s’étend de 2015 à 2024, est une occasion de mettre en valeur et de célébrer les importantes contributions que les personnes d’ascendance africaine ont apportées à la société canadienne. Elle sert aussi de soutien à la reconnaissance, à la justice et au développement pour contrer le racisme, la discrimination et les inégalités continues auxquelles les Canadiens d’ascendance africaine font face.

Le gouvernement du Canada a entendu les préoccupations de citoyens et d’organisations à travers le pays, notamment de la Fédération des Canadiens noirs, indiquant que nous devons en faire davantage pour travailler avec et soutenir les Canadiens d’ascendance africaine.

En soulignant la Décennie internationale, le gouvernement du Canada s’engage à améliorer l’avenir des Canadiens noirs. Il s’agira d’en apprendre davantage au sujet des enjeux qui touchent les Canadiens noirs, notamment en améliorant la recherche et la collecte de données, afin que nous puissions mieux comprendre les défis particuliers auxquels ils font face. En particulier, des leaders communautaires ont mis l’accent sur les problèmes de santé mentale et la surreprésentation dans le système carcéral. Ces obstacles empêchent les Canadiens noirs de participer pleinement et à titre égal à l’ensemble de la société.

Au cours des derniers deux ans, le gouvernement du Canada a pris des mesures concrètes pour lutter contre les inégalités et pour améliorer la vie de tous les Canadiens, y compris ceux d’ascendance africaine. Nous avons aidé les parents à subvenir aux besoins de leurs enfants avec l’Allocation canadienne pour enfants. Nous avons bonifié le Régime de pensions du Canada pour que plus de gens puissent profiter d’une retraite sécuritaire et digne. Nous avons aussi fait d’importants investissements dans les programmes de bourses pour étudiants, les initiatives de santé mentale et les services de garde abordables. Nous avons présenté une Stratégie nationale sur le logement qui répondra aux besoins de nombreux Canadiens vulnérables en matière de logement.

Le gouvernement du Canada continuera à poursuivre ces efforts pour créer un pays où un plus grand nombre de Canadiens ont une chance réelle et égale de réussir.

Citation

« C’est aujourd’hui une journée importante pour le Canada. Grâce à notre engagement à l’égard de la Décennie internationale, nous pourrons mieux relever les défis concrets et particuliers auxquels les Canadiens noirs font face. De cette façon, nous irons de l’avant vers un pays plus juste et plus inclusif. »
Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Faits saillants

  • La Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine, proclamée par la résolution 68/237 de l’Assemblée générale des Nations Unies, a commencé en 2015 et sera observée jusqu’en 2024.
  • Le thème de la Décennie internationale est le suivant : « Personnes d’ascendance africaine : reconnaissance, justice et développement »
  • Les objectifs de la Décennie internationale sont de promouvoir le respect, la protection des droits de la personne et les libertés fondamentales des personnes d’ascendance africaine, ainsi que de favoriser une plus grande connaissance et un plus grand respect du patrimoine diversifié, de la culture et des contributions de ces communautés à la société, partout dans le monde.
  • Le gouvernement du Canada rend aussi hommage aux Canadiens d’ascendance africaine, à leur rôle dans l’histoire canadienne et au sein de la société canadienne, tous les ans, dans le cadre de la campagne du Mois de l’histoire des Noirs.
L'association des amis du général Dumas, depuis le 4 février 2014, renouant avec une tradition qui remonte à 1795, et qui a été officialisée dès 1798, organise, pour la 5e année consécutive, la commémoration qu'imposent l'honneur, la dignité, l'équité et le bon sens.

Paris pl. du général Catroux 17e 4 février 2018 18 h 224e anniversaire abolition esclavage

À l’occasion du 224e anniversaire de l’abolition de l’esclavage

L'association des amis du général Dumas, depuis le 4 février 2014, renouant avec une tradition qui remonte à 1795, et qui a été officialisée dès 1798, organise, pour la 5e année consécutive, la commémoration qu'imposent l'honneur, la dignité, l'équité et le bon sens.

L’association des amis du général Dumas, depuis le 4 février 2014, renouant avec une tradition qui remonte à 1795, et qui a été officialisée dès 1798, organise, pour la 5e année consécutive, la commémoration qu’imposent l’honneur, la dignité, l’équité et le bon sens.

(4 février 1794 – 4 février 2018)

L’association des amis du général Dumas et Claude Ribbe vous invitent à vous rassembler symboliquement à Paris

dimanche 4 février 2018 à 18 heures précises

Devant le monument au général Dumas
Place du général-Catroux
75017 Paris
Métro Malesherbes
ligne 3 bus 94

Partagez l’événement sur Facebook

avec le soutien du site:  www.une-autre-histoire.org

« Périssent les colonies plutôt que nos principes ! »

Robespierre

Voici 224 ans, prenant acte de la révolte victorieuse des hommes et des femmes mis en esclavage dans la partie française de l’île de Saint-Domingue (depuis République d’Haïti) la convention nationale abolissait l’esclavage et reconnaissait la citoyenneté à tous les habitants des colonies, sans distinction de couleur. Aucune indemnité n’était accordée aux esclavagistes.

En mai 1802, Napoléon Bonaparte allait rétablir l’esclavage, perdant la colonie de Saint-Domingue et noyant la résistance héroïque de la Guadeloupe dans un bain de sang.

L’esclavage ne devait être définitivement aboli qu’en 1848, moyennant une indemnité pour les colons.

Même si l’abolition de 1794 a été imposée par la révolte des victimes, il s’agit d’un acte qui fait honneur à la République et fixe ses principes fondateurs.

Toute personne qui aspire à obtenir la nationalité française déclare adhérer aux valeurs de la Révolution.

L’abolition de l’esclavage raciste d’État, encouragé depuis 1627, avec l’aval de Richelieu, codifié en 1685 par Louis XIV, fut l’un des acquis les plus significatifs de la Révolution et donc figure au nombre des valeurs les plus sacrées de la République française.

Pourtant, cet événement fondamental, qui universalisait la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, semble avoir été effacé sinon de l’histoire de France du moins de la mémoire nationale.

Pour réparer cette injustice, l’association des amis du général Dumas, depuis le 4 février 2014, renouant avec une tradition qui remonte à 1795, et qui a été officialisée dès 1798, organise, pour la 5e année consécutive, la commémoration qu’imposent l’honneur, la dignité, l’équité et le bon sens.

C’est pourquoi il est important de se rassembler symboliquement, une fois de plus, le dimanche 4 février 2018, à 18 heures, place du général-Catroux, Paris 17e.

En mémoire des millions d’Africaines et d’Africains arrachés à leur terre, déportés, massacrés, violés, déshumanisés, tués au travail dans des conditions génocidaires, réduits, par la violence d’une législation monstrueuse, à la condition d’esclaves, mais qui toujours, pour ne jamais se départir de leur humanité, résistèrent jusqu’à la mort ou jusqu’a ce que la liberté leur soit enfin reconnue.

Conférence conjointe du Mois de l'Histoire des Noirs et du Gala Dynastie 2018

Le Mois de l’Histoire des Noirs et le Gala Dynastie 2018 s’annoncent conjointement

Pour une 27e année, du 1er au 28 février 2018, toutes les communautés sont invitées à célébrer l’amplitude, la noblesse,  la force du Mois de l’histoire des Noirs (MHDN). Cette année l’inauguration se déplace du Vieux-Montréal vers le cœur du centre-ville, à la Place des Arts où les curieux et passants ont pu s’enquérir de l’événement culturel annuel.

Gardy Fury sera l'animateur du Gala Dynastie 2018

Gardy Fury sera l’animateur du Gala Dynastie 2018

Enrichi de ses deux nouveaux porte-paroles, Myrna LashLey et Karim Ouellet, la Table ronde du Mois décide de porter l’Histoire vers l’avant avec la phrase thème de l’édition 2018 « Notre histoire s’écrit chaque jour. »

En appui aux ambitions du second Gala Dynastie, qui fut toute une réussite l’année dernière, cette année le MHDN a choisi de divulguer, conjointement avec le gala présidé par Carla Beauvais, son calendrier 2018 qu’on peut retrouver sur le site web revampé pour l’occasion.

Comme le propose le communiqué du MHDN, après avoir affiché d’uniques expositions qui seraient peut-être demeurées anonymes dans le désintéressement total de la piétinante culture blanche perpétuellement en exclusivité dans le média québécois,  la vitrine sur Prince présenté à l’Espace Georges-Emile-Lapalme de la Place des Arts d’une création des « idées les plus folles» de l’annonceur de radio Duke Eatmon, lauréat 2018 du mois du MHDN, sous la direction artistique de Kevin Calixte et Félicité Mvioki, se joindra aux expositions de MLK, Malcom X, les Égéries Noires, aux Porteurs de Lumière, à l’Exposition Impression précédemment impulsés par Mois de l’Histoire des Noirs.

Pour le Gala Dynastie, « né d’un père haïtien » a-t-il tenu a précisé, Gaël Comptois, très heureux de voir ses symboles comme Malik Shaheed et Dramatik nommé comme lauréat du MHDN 2018, reviens à l’animation, mais cette fois pour le tapis noir de la soirée chic. Gardy Fury, porte-parole de la cuvée 2014 du MHDN, assurera l’animation de « l’excellence black au Québec » pour paraphraser M. Comptois, qui se tiendra le 3 février 2018 à la Tohu.

Radieuse, la présidente du Gala Carla Beauvais, a bien pris le temps de remercier ses collaborateurs, le v-p Jacques Léonard,  la trésorière Marjorie Morin, sans omettre la participation de la Banque TD qui y aurait doublé sa mise dans l’événement pro-black. « C’est important pour nous d’avoir ce gala. Dès la journée de sa création, le jour un j’y ai crut. » émettra Angelo Cadet, le directeur artistique pour le Gala Dynastie 2018.

Dans la seconde édition du gala Dynastie, on y retrouve abondamment de figures familières. Un nombre non négligeable de gens qui gravitent autour de l’organisation du MHDN se retrouvent sélectionnés ou partie intégrante du gala. C’est comme si pour un second rendez-vous, on tentait de recréer la magie des circonstances favorables d’un premier amour ou peut-être, n’est-ce que par simple complaisance des organisateurs?

« Il ne faut pas oublier la vision, le pourquoi qu’ont le fait. C’est vraiment pour libérer les talents en libérant les artistes. On sait comment au Québec, au niveau médiatique il y a BEAUCOUP de talents qui ne sont pas exposés. Quand je parle de talents, c’est dans tous les secteurs confondus. » soulignera Jacques Léonard, le vice-président de Dynastie, qui a quand même tenu à souligner la difficulté du choix du jury dans les nominations.

'actrice Mata Garbin qui joue Hélène Bijou dans le film Lumumba de Raoul Peck.

Hélène Bijou ou la dernière danse de Patrice Lumumba

Fin août 1960, dans un jeune état à peine âgé de deux mois, le nouveau Congo est désormais libre de l’occupation belge, mais aussitôt pris avec ses propres luttes intestines.

Si le président Kasa-Vubu et le premier ministre Lumumba tentent, tant bien que mal, de cohabiter, certains pères de l’indépendance comme Albert Kalonji ont déjà jeté l’éponge de l’unité nationale.

'actrice Mata Garbin qui joue Hélène Bijou dans le film Lumumba de Raoul Peck.

L’actrice Mata Garbin qui joue Hélène Bijou dans le film Lumumba de Raoul Peck.

Kalonji enclenche la sécession de son coin de pays, le Sud-Kasaï. C’est pour mâter cette dernière que Lumumba y envoie les troupes de l’armée. Pour cette opération, le groupe de soldats conduit par Mobutu utilisa une force excessive qui se résulta par un bain de sang. Cette brutalité est entrée dans les annales de l’histoire comme le tristement célèbre « massacre de Bakwanga ».

Cette boucherie fit un tollé, non seulement national, mais aussi au sein de la communauté internationale. La faute est imputée à Patrice Lumumba, car même s’il y a eu dérapage, l’ordre initial d’utiliser l’action militaire venait de lui.

Les Occidentaux, qui veulent la tête du jeune premier ministre non-aligné trouvent là une bavure parfaite à exploiter. Même Kasa-Vubu qui résistait aux pressions de destituer Lumumba, commence sérieusement à y penser, et le fera quelques jours plus tard.

S’il y en a un autre qui est vraiment déçu, c’est Kwame Nkrumah. À plusieurs reprises il a tenté, en vain, de convaincre Lumumba d’oublier l’option des armes pour mettre fin à l’autonomie créée par Kalonji. Le président ghanéen avait-il prévu ce scénario? Mobutu qui travaillait déjà avec les assassins des services secrets français « La Main rouge » avait-il délibérément orchestré cette tuerie pour saboter son chef? Des questions qui laissent le champ à beaucoup d’interprétations…

À ces accusations, la réponse de Patrice Lumumba est complexe, symbolique, voire poétique. Quelque temps après le massacre de Bakwanga (ancienne Mbujimayi), Lumumba…danse dans un bar, suivi d’une meute de journalistes.

En effet, le 1er premier ministre du Congo esquisse des pas de rumba avec une certaine Hélène Bijou. Cette dernière serait d’une beauté si précieuse qu’on la surnommait Bijou.

La scène semble banale, mais pour Anicet Kashamura, porte-parole et ami de Patrice Lumumba, elle est tout sauf anodine.  Dans son bouquin, De Lumumba aux colonels, Kashamura avance qu’en dansant avec Hélène Bijou, une Lulua, Lumumba voulait célébrer et se moquer de la fuite d’Albert Kalonji. Le but serait donc politique, et renverrait au conflit Lulua-Baluba qui fît rage, et dont Kalonji était un des principaux protagonistes.

Une autre hypothèse voudrait que Lumumba souhaitait exprimer à la presse internationale qu’il était au-dessus des guerres fratricides des ethnies congolaises. Qu’il savait trop bien que c’est eux, les colons, qui avaient monté cette tension entre Lulua et Baluba.

Toutes ces interrogations autour de ce moment entre Lumumba et Hélène Bijou ont continué à persister. Dans sa pièce de théâtre « Une saison au Congo », Aimé Césaire reprend la scène. L’écrivain martiniquais présente un Lumumba sentant sa vie s’écourter. Il veut d’Hélène Bijou qu’elle « danse sa vie » et qu’elle continue à être belle quand il ne sera plus de ce monde.

Bien que bouleversant l’ordre chronologique, Raoul Peck reprend aussi la partie de cette danse dans son film Lumumba.

Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a toujours pas beaucoup d’informations sur cette Hélène Bijou, son nom de famille est toujours ignoré, comme si elle était volontairement passée entre les mailles du filet de l’histoire.

Toujours dans le livre De Lumumba aux colonels, Anicet Kashamura affirme qu’elle présidait un « comité de vigilance », exclusivement composé de femmes, pour protéger la sécurité de Patrice Lumumba dans les jours précédents sa fameuse fuite vers l’Est du pays et sa mort.

Ce que l’on sait cependant est qu’elle était une de ces « femmes libres » fréquentant les bars de Léopoldville. Et qu’aux yeux du monde, Hélène Bijou a été la dernière danse de Patrice Lumumba.

Des organisations internationales, notamment l'ONU et l'Union africaine, des politiciens et des représentants de pays africains et caribéens sont indignés par les dernières remarques racistes du président américain Donald Trump.

Donald Trump et ses mots de “merde”

Jeudi dernier, dans le cadre d’un accord d’immigration bipartite, Donald Trump, l’énergumène qui  sert de Président aux Américains, qualifie dans le bureau ovale de la Maison Blanche, Haïti, le Salvador et des pays africains, de “pays de merde”.

Pourquoi avons-nous tous ces gens provenant de pays de merde qui viennent ici?” aurait prononcé Donald Trump selon les négociants du congrès démocrate et républicain sur le nouvel accord sur l’immigration américaine.

Des organisations internationales, notamment l'ONU et l'Union africaine, des politiciens et des représentants de pays africains et caribéens sont indignés par les dernières remarques racistes du président américain Donald Trump.

Des organisations internationales, notamment l’ONU et l’Union africaine, des politiciens et des représentants de pays africains et caribéens sont indignés par les dernières remarques racistes du président américain Donald Trump.

Cette bêtise de plus de la part de Donald Trump a convaincu John D. Feely, l’Ambassadeur des États unis au Panama, appointé par le Président Obama en juillet 2015, de quitter définitivement ses fonctions en mars 2018. L’ambassadeur avoue ne plus être en mesure de servir fidèlement l’inquiétant Président Trump et son administration.

La remarque présidentielle clairement raciste, disgracieuse, grossière, a soulevé beaucoup d’indignations de la classe politique, du peuple américain en général tout en confortant le noyau raciste qui constitue la base des électeurs de Trump. David Duke, un leader du Ku Klux Klan  (KKK), un groupe ouvertement raciste, a toute de suite exprimé sa joie da la part  des » plus ardents soutiens » au Président Trump en puis terminant son tweet par « Hail Trump».

Pendant ce temps, le Daily Maverick, un site d’information basé à Johannesburg, a ironiquement suggéré que « Bientôt, chaque vendredi à la Maison Blanche les gens porteront des capirotes (chapeau pointu) et des torches à ce rythme », faisant référence aux cérémonies du KKK.

Trump aurait poursuivi ses paroles racistes.: « Pourquoi avons-nous besoin de plus d’Haïtiens? Mettez-les dehors.” Pourtant, la population haïtienne est très présente en Floride et c’est peut-être elle, avec son demi-million d’habitants, qui lui a donné l’état aux dernières élections fédérales américaines. Rahm Emanuel , le maire de Chicago, qui ne désirait pas faire de politique au 32th annual Interfaith Breakfast,  a tenu a souligner sur sa tribune que les mots de Donald Trump appartiennent aux valeurs d’Hitler et de rappeler que c’est un Haïtien, Jean Baptiste Pointe du Sable qui fonda ce qu’est aujourd’hui la troisième ville des États-Unis, Chicago, en 1770.

L’Union africaine, un groupe représentant les pays du continent, et les ambassadeurs africains auprès des Nations Unies ont vivement dénoncé la référence du président américain Donald Trump et l’ont invité à se rétracter puis s’excuser non seulement aux Africains, mais à tous les descendants africains autour de globe.

« Compte tenu de la réalité historique de la façon dont un bon nombre d’Africains sont arrivés aux États-Unis durant la traite des esclaves, cette affirmation est inacceptable», a déclaré la porte-parole de l’UA, Ebba Kalondo.

La grogne africaine sue ces commentaires belliqueux de la Maison Blanche envers les Noirs pourrait bien miner les relations économiques et les pactes militaires qui lient les États-Unis et la région du monde qui connait la plus importante croissance économique.

Il sera intéressant de voir comment les yankees exigeront la coopération de pays tel le Nigéria, un des plus importants producteurs de pétrole, dans le combat qu’ils disent mener contre les islamistes, alors que ceux-ci n’auront qu’a relayer les visions acerbes du commandant en chef des États-Unis envers les nations africaines.

Au cours des douze derniers mois, le marché africain a vu naitre des dizaines de points de vente de Bitcoin et autres cryptomonnaies qui fournissent de nouveaux services de négociation aux consommateurs africains parallèlement au système bancaire déficient.

La fièvre du Bitcoin et autres cryptomonnaies s’empare de l’Afrique

Créé depuis 2009, c’est en 2017 que les cryptomonnaies, avec en tête le Bitcoin, se sont immiscées de façon importante dans l’espace public. Décentralisées, sans contrôle bancaire, ces nouvelles monnaies virtuelles sortent maintenant de la marginalité et gagne en respectabilité alors que l’argent papier, frénétiquement imprimé  de manière subversive, perd en crédibilité.

Au cours des douze derniers mois, le marché africain a vu naitre des dizaines de points de vente de Bitcoin et autres cryptomonnaies qui fournissent de nouveaux services de négociation aux consommateurs africains parallèlement au système bancaire déficient.

Au cours des douze derniers mois, le marché africain a vu naitre des dizaines de points de vente de Bitcoin et autres cryptomonnaies qui fournissent de nouveaux services de négociation aux consommateurs africains parallèlement au système bancaire déficient.

Des plus de mille cryptomonnaies qui ont submergé le marché jusqu’à nos jours,  dix-sept ont une capitalisation de plus de 1 milliard de dollars, quatre-vingt-sept de plus d’un million et le Bitcoin domine avec 56% de cet espace. Si nous avions tous acheté 10 $ de Bitcoin il y a cinq ans nous serions tous millionnaires.

Armés d’un téléphone intelligent, les Africains milléniaux plongent désormais dans un nouvel écosystème économique en plein essor qui ne discrimine en rien.

En Afrique du Sud, le Bitcoin connaît une croissance exponentielle.  200.000 à 300.000 Sud-Africains transigeraient en monnaie virtuelle.  Si on se fit aux chiffres de Google, c’est au pays de Mandela que le Bitcoin attire le plus d’attention dans le monde. Des sites comme LocalBitcoins.com annonce des chiffres grandissants dans l’adoption de cette monnaie au Nigeria, Kenya et en Afrique du Sud.

La reconnaissance de l’impact du Bitcoin sur sa population se matérialise avec l’acceptation d’acquitter les frais d’admission de l’Université sud-africaine d’affaire Red & Yellow en Bitcoin. « La réalité est que Bitcoin est là pour rester et avec de nombreux jeunes qui ont fait un bon retour sur leur investissement dans les cryptomonnaies. Maintenant ils veulent utiliser cet argent numérique pour investir dans leur éducation. Ce sont exactement ces étudiants que nous voulons, les plus avant-gardistes, parce qu’ils seront les chefs d’entreprise de demain. » émets Rob Stokes, président du conseil d’administration de l’Université.

Du côté de la population générale, la cryptomonnaie bouleverse également les habitudes. A Kampala, en Ouganda, Peace Akware, s’est converti aux cryptos.  Malgré ses hautes études terminées, la femme de trente ans n’a pu trouver un emploi valorisant ses compétences dans un milieu ou la débrouillardise économique prime. Après avoir trempé dans le vêtement et le prêt, l’investissement dans la monnaie virtuelle fut une réussite.

Ce ne sont pas seulement ceux qui espèrent devenir riches rapidement qui se lancent dans l’action. Dans certaines parties du continent – en particulier les centres commerciaux comme Lagos, Nairobi et Johannesburg – un nombre croissant de personnes trouvent que les cryptomonnaies offrent une solution moins coûteuse à un problème coûteux – le transfert de fonds à travers les frontières.

Avec les entreprises traditionnelles de transfert de fonds comme Western Union, lorsque vous transférez de l’argent au départ, il passe de votre monnaie locale en dollars, puis de l’autre côté, il reçoit des dollars qui sont ensuite convertis en monnaie locale.  Beaucoup d’argent s’évapore dans cette conversion. Les cryptos, comme le Bitcon, le Litcoin ou l’Éthereum, passent sans être convertis et surtout sans l’intervention d’une improductive banque.

Une société appelée BitPesa fonctionne comme une société de transfert de fonds, transférant de l’argent à travers les frontières, mais au lieu d’utiliser un support comme le dollar américain, ils ont opté pour le Bitcoin.

Au Nigeria, lorsque le gouvernement a contrôlé l’accès au dollar américain pendant une crise financière, le Bitcoin a facilité le transfert d’argent aux entreprises, ce qui a accru l’intérêt pour les cryptomonnaies dans le pays.

Dans des endroits comme le Zimbabwe, où il y a eu une instabilité politique et économique, le Bitcoin est devenu un lieu où stocker de la valeur, acheter des biens et des services de l’étranger et, surtout, un moyen de transfert de richesse.

Non seulement les cryptos permettent d’échanger sur de nouvelles bases, son adoption par de gros joueurs fait rayonner d’autres possibilités pour ses adhérents, et ce, partout dans le monde. Aujourd’hui même, ce mercredi 19 janvier 2018, le géant Microsoft annonçait qu’il accepterait de nouveau le paiement par Bitcoin sur ses plateformes Windows et sa boutique en ligne Xbox.

Évidemment, les banques grincent des dents devant ce déconcertant nouveau concurrent.  La Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), une Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), est une organisation intergouvernementale de banque centrale composée de six pays d’Afrique de l’Est. Le groupe espère créer une monnaie unique, mais les membres croient que « l’intérêt du Bitcoin » en Afrique entrave le processus. Les avertissements concernant le Bitcoin ont donc émané de banques centrales comme la Banque de Tanzanie, le Kenya et d’autres régions au cours des derniers mois.

Les fonds étrangers représentent plus de 90% des dépôts et des prêts en République démocratique du Congo. La création d’une cryptomonnaie, bien africaine, pourrait bien être la solution à ce problème puisque la technologie est open source, ouverte à tous. Les récents déboires du franc CFA, une monnaie coloniale toujours bien vivante en Afrique, pointent également dans ce sens. Une monnaie virtuelle africaine pallierait au prix enflé du Bitcoin sur le continent noir du à son extrême demande et permettrait d’unifier les marchés. Certain ont déjà vu le jour comme le NuruCoin, le Sureremit et le premier né du continent, le controversé PipCoin.

Clairement, avec le système bancaire déjà imparfait, très désuet même à son meilleur, provoquant beaucoup de frustrations en Afrique, profitant outrageusement à une élite déconnectée, l’alternative devient un impératif.

Joseph Kanila devient président de la République démocratique du Congo après l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, le 16 janvier 2001, au cours de la deuxième guerre du Congo.

La déconnexion émotionnelle de Joseph Kabila

Le 31 décembre 2017, dans son discours de fin d’année, le président « hors mandat » Joseph Kabila présente ses vœux à ses « chers compatriotes ». Comme à l’accoutumée, sa voie est basse, son ton est monotone et son attitude nonchalante.

Joseph Kanila devient président de la République démocratique du Congo après l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, le 16 janvier 2001, au cours de la deuxième guerre du Congo.

Joseph Kanila devient président de la République démocratique du Congo après l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, le 16 janvier 2001, au cours de la deuxième guerre du Congo.

À peine quelques heures plus tôt, 8 personnes ont trouvé la mort et une quarantaine ont été blessées lors de manifestations organisées par l’Église Catholique. Et pourtant, l’homme censé être le garant de la nation ne prononce pas un mot sur ces incidents. Pas de condamnations des violences, pas d’assurance qu’il y aura une enquête pour faire la lumière, pas d’offre de condoléances… rien !

Cela peut sembler étonnant aux yeux du monde, mais pour les Congolais c’est le Kabila qu’ils connaissent, ou plutôt ne connaissent pas, depuis 16 ans : d’un froid glacial. Dur d’avoir l’impression qu’il croit en ce qu’il dit tant il parle comme un robot, comme si on lui soufflait des phrases à l’oreille en temps réel.

Cette manière méprisante d’être détaché ne fait qu’accentuer le fossé entre une majorité des Congolais et lui.

Il faut remonter à la colonisation belge pour se rappeler un dirigeant aussi froid. Car, tous les Congolais qui ont précédé Joseph Kabila à ce poste, de LD Kabila à Mobutu en passant Kasa-Vubu, n’ont jamais été si peu démonstratifs d’empathie envers leurs compatriotes.

En 2016, Le Togolais Edem Kodjo était négociateur chargé de faciliter un dialogue entre le pouvoir congolais et son opposition, il a eu à côtoyer Kabila durant la médiation instiguée par l’Union africaine. Dans une entrevue accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique, Kodjo décrit que le jeune président est d’une « sensibilité à la fois vive et rentrée… »

La journaliste belge Colette Braeckman abonde dans le même sens, dans son ouvrage « les nouveaux prédateurs : politique des puissances en Afrique centrale », elle dit de Joseph Kabila, que selon son entourage, il passerait beaucoup de temps à lire et écouter ses critiques sur internet.

Que se cache-t-il donc derrière cette carapace de fer? Cette froideur sans nom serait-elle un mécanisme de défense pour un être plus sensible que la norme ou Kabila n’est qu’un asocial incapable de ressentir la souffrance des autres?

Il en revient aux spécialistes de la santé mentale de s’attarder sur ce cas. En ce qui concerne le Congolais lambda, peu importe le diagnostic, Joseph Kabila est le pire communicateur de l’histoire du leadership de ce pays.

Même l’éleveur parle à ses vaches. Comment peut-on penser conduire un peuple en jouant les muets mystérieux?

Ce n’est surement pas à Joseph Kabila que l’on demandera d’être un tribun, mais il est d’un tempérament si désinvolte que l’on est on droit de se questionner s’il n’est pas émotionnellement déconnecté des Congolais?

Né au Bénin en 1978, Serge Ananou a grandi dans les quartiers populaires de Cotonou, bercé par les rythmes et cultures Voodoo.

Spectacle ‘CLAIR DE LUNE’ au Café de la Danse, avec Tita Nzebi, Alphonse Tierou, Serge Ananou

Imaginons un monde sans pollution lumineuse, sans énergie électrique, un monde où pour s’éclairer l’Homme n’a que le feu ou dans le meilleur des cas des lampes tempêtes…Dans ce monde là, à la tombée de la nuit, dense, l’Homme est contraint de cesser ses activités et d’attendre le lever du jour pour les reprendre.

Né au Bénin en 1978, Serge Ananou a grandi dans les quartiers populaires de Cotonou, bercé par les rythmes et cultures Voodoo.

Né au Bénin en 1978, Serge Ananou a grandi dans les quartiers populaires de Cotonou,
bercé par les rythmes et cultures Voodoo.

Il existe là-bas des clairs de lune si intenses qu’en pleine nuit il est possible de discerner les objets à des mètres à la ronde, de distinguer une aiguille sur le sol , une clarté si intense qu’elle dessine des ombres.

C’est lors de ces clairs de lune qu’en Afrique on sort dans les cours pour chanter, danser et conter. Le 3 février 2018, le chorégraphe Alphonse Tierou et ses danseuses, Serge Ananou, chanteur et guitariste béninois et Tita Nzebi auteure, compositrice et interprète franco-gabonaise seront sur la scène du Café de la Danse pour un Clair de lune … à Paris.

‘Clair de Lune’ se veut une ode à la beauté : trois artistes issus du continent africain mélangent tradition et modernité dans un spectacle de danses et de chants. Ils s’adressent à l’universalité présente en chacun de nous, où que nous soyons, qui que nous soyons.

CLAIR DE LUNE
Avec Tita Nzebi, Alphonse Tierou, Serge Ananou
Samedi 3 février 2018
20h

au Café de la Danse
5 Passage Louis-Philippe
75011 Paris

Métro Bastille
Tél 01.41.00.57.59 – Ouverture des portes à 19h30
Tarifs : 20 euros sur place – 18 euros en pré-vente
Achats des billets sur les sites Digitick.com et Fnac.com ainsi qu’en magasin Fnac.

Chance the Rapper, de son vrai nom Chancelor Bennett, né le 16 avril 1993 à Chicago, est un rappeur et chanteur américain. Il gagne la reconnaissance du public en 2013 après la diffusion de ses mixtapes sur Internet.

Chance the Rapper déplore l’allégorie boiteuse sur le racisme du film « Bright » de Netflix

Chancelor Bennett,  plus connu sous son nom d’artiste Chance The Rapper, est désappointé par le dernier film de Netflix, Bright, ou Will Smith incarne un agent de police mexicain accompagné d’un être fantastique à la face bleue, un orc.

Chance the Rapper, de son vrai nom Chancelor Bennett, né le 16 avril 1993 à Chicago, est un rappeur et chanteur américain. Il gagne la reconnaissance du public en 2013 après la diffusion de ses mixtapes sur Internet.

Chance the Rapper, de son vrai nom Chancelor Bennett, né le 16 avril 1993 à Chicago, est un rappeur et chanteur américain. Il gagne la reconnaissance du public en 2013 après la diffusion de ses mixtapes sur Internet.

Le film Bright, le plus couteux projet de Netflix avec budget de 90 millions de dollars US fut lancé directement sur cette plateforme en décembre 2017. Le long-métrage qu’on dirait sorti tout droit d’un algorithme est dirigé par David Ayer (Suicide Squad) et propose d’immerger le spectateur dans un monde alternatif composé d’Orcs, d’elfes et d’humains.  De ce tout inclus nait prévisiblement des tensions, qu’on qualifieraient de raciales, entre ces différents êtres surnaturels.

Ces tensions superposent apparemment les relations multiraciales que connaissent nos sociétés, pourtant elles, bien réelles. Selon un rapport du FBI aux Etats-Unis, les crimes à caractères racistes ont connu une hausse de 26 % autour de l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis (octobre-décembre 2017). Pour l’AFP, la campagne électorale de Donald Trump, jouant sur la peur de l’étranger et liant constamment la criminalité aux minorités issues de l’immigration, serait en cause dans cette forte hausse.

Dans le film Bright, l’attention du rappeur américain s’est portée principalement sur une scène ou un orc se fait pendre. Dans son fil Twitter Chance The Rapper commente : « J’ai trouvé cela un peu superficiel la façon dont ils ont essayé d’illustrer le racisme américain à travers des créatures mythiques. »

Cette scène trash aurait bien pu être perçue autrement si les dialogues ne tentaient pas de se coller à l’expérience afro-américaine avec autant de peine. Après quelques minutes dans le film ou Joel Edgerton interprète l’orc policier à la face bleue et Noomi Rapace une elf, on peut entendre le personnage de Will Smith s’exclamer, un rappel évident  au mouvement du Black Lives Matters,  ‘Fairy Lives don’t Matter’.

« Je n’aime vraiment pas l’idée que parler de l’acceptation des différences des gens est la solution au racisme. Il y a des systèmes et des lois qui affectent de vraies personnes. » ajoute Chance The Rapper, sélectionné en juin 2017 pour un Emmy Award pour sa chanson Last Christmas.

Malgré les critiques acerbes sur le film qualifié du pire long métrage de 2017, Netflix proposera une suite avec Will Smith au petit écran.

Pour Netflix, il s’avère que le battage médiatique importe plus que la qualité.

Longtemps discrets, essentiellement pour des raisons de sécurité, les militants LGBT en Tunisie sortent maintenant au grand jour. En 2015, au lendemain de la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie en Tunisie, l'association « Shams » (Soleil en arabe), pour la dépénalisation de l’homosexualité obtient son visa d’activité.

La Tunisie annonce une première radio LGBT dans le monde arabe

Dans le monde arabe, la Tunisie, flanquée de l’Algérie et de la Libye, est la figure de proue d’un Islam ouvert. C’est encore vrai de nos jours avec l’ouverture à ce que l’on dit être la première radio LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels , transgenres) du moyen orient.

Longtemps discrets, essentiellement pour des raisons de sécurité, les militants LGBT en Tunisie sortent maintenant au grand jour. En 2015, au lendemain de la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie en Tunisie, l'association « Shams » (Soleil en arabe), pour la dépénalisation de l’homosexualité obtient son visa d’activité.

Longtemps discrets, essentiellement pour des raisons de sécurité, les militants LGBT en Tunisie sortent maintenant au grand jour. En 2015, au lendemain de la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie en Tunisie, l’association « Shams » (Soleil en arabe), pour la dépénalisation de l’homosexualité obtient son visa d’activité.

Élaborée par le groupe Shams, une organisation légale tunisienne qui défend les droits des homosexuels, avec son slogan «dignité, égalité»,  la webradio Shams Rad s’en prend ouvertement à l’hostilité enracinée profondément dans l’État nord-africain, où l’homosexualité est officiellement illégale.

Commentant les diffusions quotidiennes de Shams Rad, le directeur de la webradio Bouhdid Belhadi annonce à l’AFP qu’il compte « sensibiliser la population tunisienne, citoyens ordinaires et décideurs politiques, sur l’homophobie de la société et à défendre les libertés individuelles. »

La station est censée diffuser tous les jours du petit-déjeuner à minuit et commentera sur des questions politiques, économiques et sociales, en mettant l’accent sur la communauté LGBT. Une des émissions proposées par Shams Rad révélera le quotidien d’une personne LGBT en Tunisie.

Alors que les activistes ont accueilli favorablement le lancement de la station de radio qui testera la tolérance des Tunisiens, elle a suscité d’inévitables et d’attendus réactions hostiles sur les médias en ligne, imprimés et les réseaux sociaux.

Des prédictions funestes pour le futur de  Shams Rad font surface. Saïda, une musulmane d’une trentaine d’années de Montréal pense: « Ça brule la semaine prochaine, ils n’attendront pas un mois! » Ce dur pronostic qui trouve écho chez les présentateurs de la chaine radio tunisienne Mosaïque FM qui ont lancé un appel pour la fermeture de cette station, se joint aux plus de 4.000 autres insultes et menaces en ligne, y compris des menaces de mort que rapporte avoir reçu le directeur de la webradio Bouhdid Belhadi.

En  2011, le printemps arabe a permis aux militants des droits des homosexuels de s’exposer plus ouvertement dans cette société nord-africaine musulmane conservatrice. Cependant, être homosexuel est encore très mal perçu. Aujourd’hui, le seul pays africain accueillant une marche de la fierté gaie est l’Afrique du Sud : un défilé a en effet lieu chaque année à Johannesburg depuis 1990 et un autre dans la ville du Cap depuis 2001.

En Tunisie, l’article 230 du Code pénal datant de 1913 prévoit une peine allant jusqu’à trois ans de réclusion pour sodomie entre adultes consentants. En 2014, une proposition de plusieurs organisations de la société civile visant à annuler l’article 230 dans le cadre de la réforme du Code pénal est refusée par le ministère de la Justice. L’association Shams lutte pour la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie.

La radio tunisienne Shams Rad  promet d’être ouverte à tous et prévoit traiter de sujets qui « toucheront toutes personnes vivant sur le sol tunisien » précise M. Belhadi.

En Afrique, sur une population estimée à 1,3 milliards on dénombre 362 millions d’internautes soit un taux de pénétration de 29% et 168 millions d’utilisateurs de réseaux sociaux avec un taux de pénétration de 14%

Les réseaux sociaux, poison pour la solidarité des peuples ?

Solidarité, voilà un mot international, traduisible dans toutes les langues, conceptualisées dans toutes les cultures.  Quand nous nous remémorons que l’homme est animal social, le terme prend tout son sens.  En effet, se sentir solidaire, n’est-ce pas là une des manifestations les plus humaines ?

Même dans les sociétés les plus individualistes comme les États-Unis où « l’American Dream » ne se conjugue qu’au singulier, les taxes, impôts, et « food stamps » viennent rappeler aux plus fortunés qu’il est une obligation de faire un pas vers les plus précaires.

En Afrique, sur une population estimée à 1,3 milliards on dénombre 362 millions d’internautes soit un taux de pénétration de 29% et 168 millions d’utilisateurs de réseaux sociaux avec un taux de pénétration de 14%

En Afrique, sur une population estimée à 1,3 milliards on dénombre 362 millions d’internautes soit un taux de pénétration de 29% et 168 millions d’utilisateurs de réseaux sociaux avec un taux de pénétration de 14%

De même, lorsque l’on apprend qu’en Libye, en Mauritanie et ailleurs dans le monde des hommes sont mis en esclavages, l’être humain, partout où il se trouve, devrait monter au créneau contre ces pratiques irréelles avec la dernière énergie.

Curieusement, face à cet affront de la dignité humaine, la réponse est faible, ou plutôt, disproportionnée. C’est que la vague d’indignation sur les Facebook, Twitter et Compagnies, ne s’est pas traduite dans les rues, devant les ambassades ou dans les cotisations pour aboutir à des projets concrets.  La révolte est restée numérique, laissant la révolution sur le pavé.

En réagissant sur les réseaux sociaux, nous sommes dans l’illusion d’avoir fait notre part. Que quelqu’un quelque part se chargera de mener le combat plus loin ! Le problème est que tout le monde attend ce, « quelqu’un quelque part ».

Les réseaux sociaux sont comme l’argent : un bon serviteur, mais un bien mauvais maître. En effet, ces technologies sont d’excellents outils de communications, mais ils atteignent leur seuil d’incompétence lorsque l’on veut en faire un chef de file. Changer sa photo de profil Facebook pour contester l’esclavage d’êtres humains en Libye, c’est comme aller à la guerre avec un couteau de cuisine.

À l’instar des jeux vidéo, il y a quelque chose de « dangereusement confortable » dans les réseaux sociaux. Une sorte de bon vivre virtuel qui crée, lentement mais surement, une déconnexion bien réelle.  Ce que les spécialistes de la question appellent la cyberdépendance a subtilement empoisonné toutes les sphères de notre société. Nous sommes bien loin des années 60 où des manifestations spontanées dans les capitales du monde avaient eu lieu pour dénoncer l’assassinat d’un… jeune premier ministre congolais, Patrice Lumumba.  N’est-il pas ironique que près de 60 ans plus tard, nous ayons fait un grand pas en avant technologiquement pour faire un bond en arrière humainement ? Qu’un instrument crée pour nous rapprocher nous a distancés émotionnellement ?

La Ligue des Noirs du Québec aura le défi de répondre à ces questions. En effet, elle invite toute personne à participer au grand rassemblement qu’elle organise contre l’esclavage en Libye, ce samedi 16 décembre – 12h00 au parc Toussaint Louverture à Montréal.

Une initiative qui veut redonner à l’homme sa grandeur, une démarche ô combien salutaire à l’heure où tout se règle en ligne en moins de 140 caractères.

Copyrıght 2014 MILOTCHE MEDIA. All RIGHTS RESERVED.

Share